Le fusil Mosin Nagant, arme emblématique de l'histoire militaire, est souvent apprécié pour sa robustesse et son histoire. Son acquisition représente pour de nombreux tireurs l'opportunité de posséder une arme capable de tirer "puissant" et "loin et précis", le tout pour un budget "pas cher". Cette recherche de performance est parfois la motivation première pour l'acquisition d'un tel fusil, comme ce fut le cas pour un tireur ayant obtenu son Mosin Nagant de 1934 à la suite d'un échange avec son ARSF cal .223, une construction bulgare Arsenal fortement inspirée de l'AKSU russe, réalisé chez un armurier local à Autun, l'armurerie James. L'Arsenal ARSF ne répondant pas aux exigences de tir à longue distance et de puissance, le Mosin s'est imposé comme une alternative pertinente. Dès sa réception, la personnalisation de ce Mosin est devenue une nécessité pour répondre à ces exigences, tout en cherchant à améliorer son esthétique. L'arme, souvent un modèle 91/30 de 1942, avec un boîtier rond et sorti d'Izhevsk, peut être en excellent état, présentant un canon miroir avec de très belles rayures, ou nécessiter des interventions plus poussées.
Amélioration de la Visée : De la Hausse Ouverte aux Systèmes Optiques
L'un des premiers aspects à considérer pour améliorer la précision d'un Mosin Nagant concerne son système de visée. La hausse d'origine, bien que fonctionnelle, peut se montrer limitante, notamment pour des tirs précis à des distances variées. Certains ont observé que la hausse nous "projette" dans des distances de tirs à partir de 100m, une affirmation qui s'avère "complètement fausse" pour les tireurs à 50m, une distance communément rencontrée dans les stands. L'objectif peut alors être de passer d'un montage hausse à un montage lunette facilement, puisque la lunette vient en remplacement de la hausse, permettant ainsi une meilleure adaptabilité aux différentes situations de tir.
Démontage de la Hausse Originale
Pour permettre la mise en place d'un système optique, la dépose de la hausse d'origine est souvent nécessaire. Cette opération requiert une certaine méthode et connaissance de la construction du fusil. La hausse est généralement soudée à l'étain et tenue par deux goupilles. Le processus de démontage commence par le retrait de la planchette de hausse du support de hausse, une étape qui implique le retrait d'une goupille qui, elle, n'est pas soudée.
Par la suite, il est impératif de chauffer la zone du support de hausse, souvent à l'aide d'un chalumeau. Lors de cette chauffe, l'étain de la soudure devient visible en coulant. Cependant, les goupilles peuvent s'avérer difficiles à chasser. Dans ce cas, percer les têtes des goupilles peut faciliter leur extraction. Après une nouvelle chauffe au chalumeau, il est possible de frapper les têtes des goupilles avec un chasse-goupille pour les faire sortir. Une fois les goupilles retirées, le support de hausse glisse vers l'avant, révélant le rail sous-jacent.
Avant de procéder à cette étape de chauffe et de démontage de la hausse, il est nécessaire de désassembler l'arme. Cela implique de sortir le canon de la crosse. Pour ce faire, il y a une vis au-dessus, devant le pousse, et une autre vis en dessous, devant le pontet. Il faut également faire glisser les anneaux vers l'avant, en prenant soin de les remonter dans le bon sens lors du réassemblage. Pour l'opération sur la hausse, il est conseillé de serrer le canon dans un étau entre deux mors en bois, par le puits de magasin, juste ce qu'il faut pour le maintenir.
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Le rail découvert après le retrait du support de hausse est fin et transpercé par les deux trous des goupilles. Malgré un chauffage minutieux, il peut rester des traces d'étain qui donnent un aspect blanc. Polir le rail est une option pour l'enlever, mais cela peut faire craindre d'enlever trop de matière. Ce rail fait généralement 11mm, ce qui est une information cruciale pour le choix des montages ultérieurs.
Installation et Choix de la Lunette Scout
L'objectif de cette modification est de fixer une lunette avec des anneaux à double vis têtes hexagonales creuses sur le rail de 11mm ainsi dégagé. Il existe une préférence pour les lunettes de type "scout", montées plus loin de l'œil, ce qui nécessite un traitement du verre différent par rapport à une lunette "normale", où l'œil est positionné à une bonne vingtaine de centimètres du verre. Sur le marché, les fabricants offrent souvent plus de lunettes montées proche de l’œil que de lunettes scout.
En termes de budget, une lunette 4x32 peut être acquise pour environ 100€, comme chez SunOptic. La même marque propose également un modèle à grossissement variable 2,5-7x32, bien que non encore testé par tous. Il est vrai que les prix des montages de qualité, qui permettent de maintenir la stabilité sans démonter la hausse et même d'utiliser cette dernière jusqu'à 300m, sont élevés, tout comme ceux des lunettes de qualité résistantes aux gros calibres et offrant une vision claire. Ces lunettes sont principalement développées pour les armes de poing et les armes de type scout. Des exemples historiques, comme les ZF41 sur les Mauser, montrent que ce concept n'est pas nouveau.
Concernant la fixation des colliers, des interrogations peuvent surgir quant à leur tenue. L'absence de tenons de recul sur les colliers, correspondant à des encoches sur le rail, peut faire craindre que la lunette n'avance sur le rail sous l'effet du recul. Cependant, certains témoignages indiquent que, bien serrés (notamment les quatre vis), les anneaux peuvent tenir. Un montage avec deux axes de serrage par anneaux est jugé plus stable et "droit" à l'œil. Une lunette plus lourde pourrait solliciter davantage la tenue des colliers au départ du coup, mais l'expérience montre qu'une fixation rigoureuse peut suffire. L'idée de mettre une lunette de visée moderne sur un Mosin est parfois comparée, de manière exagérée, à mettre une visée laser sur un Charleville 1777, mais chacun reste libre de ses choix, et l'approche technique demeure intéressante.
Résultats de Tir avec Lunette Scout
Les tirs de réglage sont une étape cruciale après l'installation d'une lunette. Sur un Mosin Nagant 91/30 de 1934, après avoir remonté la lunette scout et s'être assuré de bien resserrer les anneaux, surtout par temps froid, des tirs initiaux sont réalisés. Deux tirs à 25m dans une cible C50 permettent de vérifier le point d'impact général. Ensuite, des tirs à 50m sur des visuels noirs sont effectués pour affiner les réglages.
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Les observations initiales peuvent montrer des impacts déportés, par exemple "bien à droite". Plutôt que de régler immédiatement la lunette, il peut être préférable de se concentrer sur l'entraînement au lâcher. Après plusieurs séries, lorsque les groupements s'améliorent, on peut procéder au réglage précis. Par exemple, tourner de quatre clics vers la gauche à 50m, puis ajuster de deux clics supplémentaires. Le groupement à 50m avec une lunette 4x32 est généralement considéré comme bon, même si un parfaire du réglage en hauteur peut être nécessaire pour atteindre le dix. La lunette peut sembler un peu faible pour des cartons de pistolet à dix mètres, le carton "carabine 50m" étant plus adapté. Globalement, la lunette améliore les résultats par rapport à la visée ouverte.
Problématiques de Précision et Solutions Potentielles
Malgré sa réputation de robustesse, un Mosin Nagant peut présenter des problèmes de précision. Il est essentiel d'identifier les facteurs influençant cette précision pour y remédier, plutôt que de simplement changer de fusil. Cette démarche peut s'avérer plus gratifiante et moins coûteuse.
Facteurs Affectant la Précision
Plusieurs éléments peuvent altérer la précision d'un Mosin Nagant :
- Influence du Garde-Main et du Canon : La question de l'influence du garde-main sur la précision du canon est un débat récurrent. Certains pensent que laisser le canon "flotter" peut améliorer la précision, une caractéristique souvent associée à certains Mosin finlandais. Le garde-main étant indirectement lié au fût, il peut impacter les caractéristiques vibratoires de l'arme. Un élément en contact avec le canon peut affecter son régime vibratoire. Lorsque le canon est libre et peut vibrer sans toucher le bois, cela est généralement considéré comme favorisant une meilleure précision.
- Rayures Abîmées : Des rayures endommagées vers la bouche du canon peuvent gravement compromettre la stabilisation du projectile.
- Munitions Incompatibles : L'utilisation de munitions non adaptées au canon ou au pas de rayure peut entraîner des imprécisions.
- Détente Particulièrement Mauvaise : Une détente présentant un départ trop lourd, irrégulier ou avec une longue course peut rendre difficile un lâcher franc et précis.
- Vis du Boîtier qui se Dévissent au Tir : Les vibrations générées par le tir peuvent provoquer le desserrage des vis du boîtier, perturbant la cohérence du système.
- Hausse qui se Dérègle : Même une hausse ouverte, si elle n'est pas solidement fixée, peut se dérégler sous l'effet du recul. Il est donc crucial de vérifier que tout est normalement serré.
Remèdes et Améliorations
Pour remédier à ces problèmes, diverses solutions peuvent être envisagées :
- Stabilité des Vis : Il est recommandé de monter les vis avec du frein filet ou de mettre un coup de pointeau tangent à la tête pour éviter qu'elles ne se desserrent.
- Amélioration de la Détente : Un polissage de la détente, une diminution de la tension du ressort ou son remplacement peuvent améliorer le confort et la régularité du lâcher.
- Traitement du Bois : Refaire le bois avec une gomme-laque peut aider à résoudre les problèmes liés à un garde-main mobile, assurant une meilleure stabilité.
Il est important de comprendre que la réaction de l'arme commence quelques millisecondes avant que la balle ne quitte le canon et se poursuit bien après. Dès 1920, Julian Hatcher a démontré qu'un 1903 tirant une cartouche se déplaçait vers l'arrière avant que la balle ne quitte le canon. Bien que cette distance soit infime, elle n'est pas négligeable lorsqu'une extrême précision est recherchée. Les Mosin finlandais, par exemple, sont réputés pour leur précision, en partie grâce à leur canon qui "flotte" et est bien adapté.
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Entretien et Esthétique du Mosin Nagant
Au-delà des améliorations de visée et de précision, l'entretien et l'esthétique du Mosin Nagant sont des aspects que les propriétaires prennent à cœur.
La Crosse
La crosse du Mosin Nagant est un élément central de son identité. Des modifications, comme l'ajout d'un talon de crosse en caoutchouc, peuvent être tentées, mais certains constatent qu'il peut faire "plus mal qu'avec la plaque de couche d'origine", conduisant à la remettre en place. Cela peut paraître bizarre, mais le recul du MN 91/30 n'est pas toujours aussi "terrible" qu'on pourrait le penser, même en t-shirt, bien qu'après 30 tirs en peu de temps, il puisse se faire sentir. La plaque de couche d'origine est souvent préférée pour son esthétique et son authenticité.
La crosse du Mosin Nagant est historiquement plus courte que celle du Mauser, avec une distance plaque-détente adaptée, notamment parce que le soldat russe portait généralement des vêtements plus épais que le soldat allemand. Le bois peut présenter des marques ou des variations de couleur qui "chiffonnent" le propriétaire. Un carré au-dessus du triangle sur les marquages peut indiquer un reconditionnement. Bien que le bois puisse être en bon état, la couleur à certains endroits peut poser question. L'idée de retravailler la crosse avec un mélange eau/acide oxalique pour faire réapparaître la couleur d'origine est une possibilité, mais il faudrait préalablement enlever la finition à l'huile de lin, potentiellement avec de l'acétone, avant de poncer. Certains préfèrent un bois assez clair, pas trop sombre, sans taches. Cependant, il est possible que le bois soit "tacheté d'origine" et qu'il soit difficile d'obtenir une uniformité parfaite.
Concernant la construction, il a été noté que la crosse du Mosin peut être en un seul bloc, contrairement à la croyance selon laquelle "c'était tous les Mosins" en deux parties collées. En réalité, les crosses en deux parties sont typiquement finlandaises. Le veinage du bois est tout à fait normal et contribue à l'esthétique. Un Mosin de production de guerre, comme celui de 1942, peut présenter des marquages réalisés "à la va-vite", ainsi que des meulages "à l'arrache", ce qui est compréhensible compte tenu du contexte historique de l'année. Un carré au-dessus du triangle signifie souvent que l'arme a été reconditionnée, un processus par lequel "pratiquement tous les Mosin sont passés". D'autres petits symboles sur les côtés du boîtier sont des marquages d'inspection divers. La finition d'origine du Mosin est souvent une laque rougeâtre, mais de nombreux exemplaires sont refinis à l'huile de lin.
Marquages et Reconditionnement
Les marquages, parfois hâtifs pour un fusil de 1942, peuvent intriguer. Un carré au-dessus du triangle indique un reconditionnement. Un petit "T" au-dessus du marquage d'Izhevsk, ainsi que de nombreux petits symboles sur les côtés du boîtier, sont des marquages d'inspection. Pour les collectionneurs, une "pièce doit être dans son initial le plus possible". Le boîtier peut parfois être un "high wall" ; s'il présente une lettre "C" parmi les marquages du tonnerre (initiale cyrillique S pour Sniperskaya), cela pourrait indiquer qu'il s'agit d'un Mosin "désniperisé" après 1945 et reconverti en fusil standard. Des traces de montages (perçages latéraux pour la PU et la PEM, perçage sur le boîtier pour la PE plus ponçage) sont également des indices pour reconnaître ces armes. Si c'est un "low wall", il s'agit alors d'un raté de reconditionnement.
Bronzage
Le bronzage est un autre aspect esthétique pouvant être altéré par le temps ou l'utilisation. Un bronzage parti sur le boîtier peut être "rattrapé" par un rebronzage à froid. Après cette opération, le bronzage peut apparaître comme neuf, sans aucune marque. Pour le bois, le conseil est de bien nettoyer et poncer avant de le traiter. Un ponçage léger est préférable pour conserver les marquages incrustés, suivi d'une couche d'huile.
Autres Ajustements
Des problèmes spécifiques peuvent être rencontrés, comme le tir trop haut à 200m. Si la visée est à ras du noir de la cible et que l'impact est en haut du carton, sur le 1/2, une solution simple consiste à allonger le guidon, par exemple avec un tube de stylo ou un coton-tige, pour corriger la hauteur. La question du "sticky bolt" (culasse qui colle) est parfois soulevée, mais certains Mosin n'en présentent aucun problème.
Alternatives de Visée et Pièces Détachées
Pour les tireurs qui cherchent d'autres options de visée ou des pièces pour leur Mosin Nagant, plusieurs pistes existent.
Lunettes PU et Fusils de Sniper
L'installation d'une lunette PU, une optique historique associée aux versions sniper du Mosin, est une option envisagée pour une visée confortable et plus précise que la hausse-guidon de base, surtout à 200m où la visée peut être difficile. Cependant, le coût financier d'une reproduction de lunette et de son montage est élevé, pouvant atteindre 250€ pour la moins chère, sans compter le besoin d'un levier coudé et les coûts d'installation. Bien que des tutoriels existent en ligne, l'installation peut être complexe, avec la crainte de mal monter l'ensemble et de ne pas pouvoir corriger les erreurs. Faire installer le tout par un armurier risque de coûter autant que la lunette elle-même. Pour celui qui possède une lunette d'époque, la question reste entière.
Le Dioptre : Une Solution Innovante
Une alternative intéressante pour améliorer la visée, notamment pour les yeux fatigués, est le dioptre. Il s'agit d'un système de visée mécanique qui peut être auto-fabriqué à moindre coût. L'objectif est de concevoir un dioptre adaptable à diverses armes, avec une interface de montage spécifique. Plusieurs prototypes ont été développés, chacun avec ses avantages et inconvénients.
Le prototype N°1 utilise les rainures supérieures du pont arrière comme accrochage et un bedding en résine pour la stabilité. Toutefois, il nécessite le démontage du dioptre pour manœuvrer la culasse, ce qui peut être contraignant. Les prototypes 2 et 3 visaient à simplifier la fabrication et la fixation, mais ont été abandonnés au profit d'idées plus abouties. Les prototypes 4 et 5, fixés par une griffe prenant par-dessous, permettent la rotation du bras transversal portant l'œilleton pour laisser passer le levier de culasse. Un prototype n°6 est en cours de réalisation et devrait inclure des dispositifs de réglage pour une utilisation plus pratique. Les assemblages peuvent être réalisés par soudure autogène ou brasure, en utilisant des métaux provenant de petites tôles et des tiges rondes issues d'imprimantes informatiques. La résine de bedding est essentielle pour assurer la stabilité et la conservation des réglages du dioptre.
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