Les Méthodes Essentielles pour le Remorquage d'un Voilier en Panne : Sécurité, Préparation et Réglementation

Le remorquage d'un voilier peut être une tâche difficile et il est essentiel de suivre les procédures correctes pour garantir la sécurité de toutes les personnes impliquées. Que ce soit une panne de moteur, une avarie de gouvernail, un problème de santé à bord, voire un échouement, autant de situations qui peuvent mener un plaisancier à solliciter une assistance pour remorquer son bateau. Bien que l'idée de se retrouver en difficulté en mer puisse sembler inquiétante, une bonne préparation et des réflexes appropriés permettent d'aborder un remorquage avec sérénité. En mer, la sécurité s’appuie beaucoup sur la solidarité des marins ; il est de notre devoir de porter assistance lorsque nous sommes en mesure de le faire en toute sécurité.

Il est assez fréquent de devoir remorquer un bateau, souvent une petite unité. La manœuvre est tout à fait facile à réaliser, pour peu d’y être préparé et de respecter quelques précautions simples mais indispensables. Remorquer un autre bateau n’est pas un exploit facile, et les remorqueurs commerciaux sont équipés d’une bitte de remorquage qui permet de pivoter et offrent une connexion solide, leur permettant d’allonger ou de raccourcir rapidement la ligne de remorquage pour s’adapter aux conditions changeantes. Si cela n’est pas possible avec votre propre navire, il est impératif d’adopter les mesures de sécurité les plus strictes.

Évaluation Préliminaire et Communication avec les Autorités

La première étape, analyser la situation. Avant de remorquer un voilier, il est essentiel d'évaluer la situation pour déterminer si le remorquage est nécessaire ou non. Lorsqu'on est face à un bateau qu'il faut remorquer, il est indispensable de garder l'esprit tranquille et d'étudier les conditions de chaque navire avant d'effectuer ce processus.

Tout d'abord, il faut évaluer que tout l'équipage et les passagers du bateau vont bien, en évitant tout mouvement avant ce contrôle. La priorité est d'assurer la sécurité de toutes les personnes à bord. Une fois qu'il a été déterminé qu'il n'y a pas de blessures corporelles ni de danger, la possibilité d'un remorquage par l'autre navire doit être soigneusement analysée. C'est-à-dire, tous les navires ne remplissent pas les conditions nécessaires pour remorquer un bateau. Il faudra faire attention aux caractéristiques de chaque navire et, si le mouvement n'est pas possible, attendre les secours maritimes tout en restant calme et en apportant l'aide nécessaire.

En cas de problème majeur à bord, le réflexe naturel est de demander de l'aide. Toutefois, il ne s'agit pas simplement de "demander un remorquage". Dans un premier temps, il faut contacter le CROSS par le canal 16 de la radio VHF et adresser un message PAN PAN. En effet, le CROSS et la SNSM se focalisent d'abord sur le sauvetage des vies humaines avant de s'occuper du bateau en difficulté. Si vous avez en visuel un bateau en difficulté ou si un message radio (PAN PAN) vous informe de sa présence à proximité, vous devez, sauf instruction contraire, lui porter assistance. Par conséquent, à moins qu’un bateau plus approprié ou un bateau de secours ne prenne en charge l’assistance, vous allez devoir vous préparer à prendre le bateau en remorque.

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Avertissez par radio le CROSS ou la capitainerie si vous êtes à proximité d’un port. Si c’est le CROSS qui a transmis le message PAN PAN, il suivra votre opération et vous proposera un canal radio de dégagement. Si le remorquage est à votre propre initiative, avertissez le CROSS sur le canal 16. Le CROSS et la capitainerie du port feront en sorte de vous faciliter l’accès et la manœuvre. Pensez à avertir le CROSS également une fois tout le monde rentré à bon port.

Préparation du Matériel Essentiel pour un Remorquage Sécurisé

Une fois la situation évaluée et qu'il est certain qu'il est possible de procéder au remorquage du bateau en toute sécurité, il est indispensable d'avoir certaines connaissances et le matériel adéquat. Avant toute opération, équipez-vous de vos gilets si ce n’est déjà fait, et rangez au mieux votre bateau pour favoriser vos déplacements à bord, en éloignant par exemple les cannes à pêche ou la glacière.

Le Choix et la Préparation de la Remorque

Le matériel principal lors du remorquage d'un bateau est la corde utilisée, qui doit répondre à des caractéristiques spécifiques, car elle pourrait présenter un danger pour l'équipage en cas de rupture. Le câble de remorquage doit être suffisamment solide pour supporter le poids et la taille du navire remorqué. Il doit être préparé avant d'être attaché au voilier, en s'assurant qu'il est suffisamment long pour remorquer le voilier en toute sécurité et qu'il n'y a pas de nœuds ou d'enchevêtrements.

Il convient d'utiliser des cordes d'amarrage sectionnées combinant des fibres synthétiques et ayant une élasticité d'environ 10%. De même, elle doit être suffisamment longue pour que les bateaux n'entrent pas en collision ; pour cela il est recommandé que la longueur de la corde soit un multiple de la longueur de la vague. Un conseil à mémoriser : toujours avoir à bord un bout de remorquage, en Nylon tressé comme les bouts d’amarrage classiques. Un filin de remorquage suffisamment long, minimum 20 m, 30 m c’est mieux. Il permettra une ‘’remorque’’ de 60 m (2 x 30m puisqu’il y a deux bateaux en présence). Par gros temps, cette remorque ne sortira pas de l’eau, ce qui aura pour effet d’amortir les chocs.

Il faut toujours avoir à l’esprit que les efforts s’exerçant sur la remorque peuvent représenter plusieurs fois le poids du bateau remorqué ou remorqueur, soit plusieurs tonnes, cela fixe les idées ! Considérant la taille et le poids de nos bateaux de plaisance, le diamètre du filin sera de 16 mm. On évitera le polypropylène, de moindre résistance, même s'il flotte. Nous l’avons testé : un timonier avec 50 chevaux peut parfaitement remorquer un voilier de 5 tonnes par mer belle.

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La question de la longueur optimale de la remorque est cruciale : "Remorque longue ok, autant que possible ou il y a des valeurs limites ? Moyens d'amortissement ?" Il ne faut pas hésiter à mettre de la distance entre les deux bateaux pour amortir les à-coups. Une longueur de 30 à 40 mètres n’est pas délirante, car elle permet d’avoir de la marge en fonction des conditions météo et du poids du remorqué. Sur un exemple concret, il est souvent nécessaire de relier deux bouts afin que la remorque soit assez longue. Pensez aussi à mettre au préalable un repère voyant sur la remorque (le cordage) à mi-longueur, afin qu’elle soit bien visible pour les autres bateaux et les jet-skis. Il faut bien signaler la remorque avec un objet de couleur en son milieu (par exemple, un gilet de sauvetage).

Les Points d'Attache sur le Bateau Remorqueur

Le meilleur endroit pour attacher une amarre sur le bateau remorqueur est l’anneau de proue, situé près de la ligne de flottaison. Cependant, la plupart des bateaux de plus de 30 pieds n’en sont pas équipés. Il est préférable de frapper le bout sur les taquets du remorqueur avant d’effectuer le lancer ! La tension présente dans le bout sera un indicateur pour juger si la remorque n’est pas assez grande.

Afin de répartir l’effort de traction sur deux points, il faut former une patte-d’oie, un Y, partant des deux taquets arrière du bateau remorqueur. Cette disposition empêchera le bout de raguer sur le moteur, dans le cas d’une motorisation hors-bord. Réaliser une patte-d’oie sur les taquets arrière reste la meilleure solution pour réussir son remorquage. Il est préférable d’utiliser deux taquets pour répartir les efforts. Au milieu de cette patte d'oie, il convient de faire un nœud en huit qui sert de boucle d’attache à la remorque ; puis de passer le bout de remorquage dans cette boucle et faire un nœud de chaise bien ample, pour qu’il soit facile à défaire le moment venu. La patte d'oie coulissante est obligatoire sur le remorqueur pour lui laisser la possibilité de gouverner, et c’est grâce à ce coulissement que l’effort de traction sera bien réparti sur les deux taquets du remorqueur. Le nœud de taquet bien réalisé a l’avantage de tenir la tension et de se défaire facilement. Prenez garde à bien tourner les amarres sur les taquets pour éviter que l’aussière ne tire à faux.

Les Points d'Attache sur le Bateau Remorqué

La fixation d'un câble de remorquage sur un voilier est une étape cruciale du processus de remorquage. Le point d'attache doit être solide et sûr, comme un anneau de gréement ou de remorquage. Assurez-vous que le point d'attache est en bon état et capable de supporter la charge. Le fait d'attacher le câble de remorquage à plusieurs points d'ancrage permet de répartir la charge uniformément sur le voilier, réduisant ainsi les contraintes sur un seul point. Le fait d'attacher la ligne de remorquage à plusieurs coupleurs permet d'assurer la redondance en cas de défaillance de l'un d'entre eux. La répartition de la charge sur plusieurs gréements peut améliorer la stabilité du bateau pendant le remorquage.

L'utilisation d'une bride pour remorquer un voilier peut être un moyen efficace de répartir la charge et d'améliorer la stabilité du remorquage. Un crochet répartit la charge du câble de remorquage sur deux points d'attache du voilier, ce qui permet de répartir uniformément la charge et d'éviter d'endommager un seul point. Une bride peut contribuer à réduire les contraintes exercées sur le voilier remorqué en offrant de multiples points d'attache. En répartissant la charge sur deux points d'attache, une bride peut contribuer à améliorer le contrôle de la direction du navire remorqué.

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Une question fréquemment posée est : "Où frapper la remorque ? Je pense à une remorque qui se bifurque en deux bouts qui arrivent jusqu'aux winch des écoutes de génois, probablement les points le plus solides sur mon bateau ?" Du point de vue du remorqué, l’idéal est, ici encore, de préparer un bout reliant les deux taquets avant pour faire une patte-d’oie. On peut essayer de passer le bout de remorquage dans l’anneau d’étrave du bateau, mais la manœuvre est souvent compliquée. Il est souvent plus pratique d’utiliser les taquets en faisant attention à ne pas déformer le balcon avant quand la remorque se met en tension. L’anneau d’étrave est tentant mais peu pratique ; celui-ci est souvent difficile à atteindre. Une bitte d’amarrage avant offre un excellent point d’ancrage pour fixer la remorque. Elle favorise le maintien du bateau dans l’axe de traction.

Cependant, il est crucial de noter que si le bateau remorqué utilise aussi une patte d'oie avec un nœud coulissant à son niveau, le risque est une mise à l'équerre (selon la capacité du pilote remorqué à garder le cap, et la longueur de la patte d'oie), ce qui peut entraîner la casse de la remorque ou des dommages. Pour éviter l'effet slalom réservé au ski nautique, il est plutôt recommandé un amarrage dans l'axe (bitte, mais gare au ragage, ou cadène de remorquage, la grande longueur et la nature de bout de remorquage assurant son élasticité et évitant les à-coups violents). Si une patte d'oie est choisie pour éviter le ragage (pour un voilier), elle comportera un nœud en son milieu ou deux demi-pattes égales pour ramener le remorqué dans l'axe de tire.

Matériel Complémentaire Indispensable

Préparez ensuite le matériel pour le remorquage : une patte d’oie, un bout de remorquage et la gaffe. Attention, si vos cordages ne sont pas flottants, essayez de les équiper d’un flotteur. Pour l'éclairage, il est indispensable d'avoir une lumière stroboscopique à tout moment, mais encore plus dans des conditions de faible visibilité la nuit, de conditions météorologiques défavorables - lorsque le besoin de remorquer un bateau apparaît le plus souvent - ou de trafic intense.

Voici la liste du matériel qui devrait se trouver à bord de tout bateau de plaisance :

  • Deux mouillages : le premier pourrait avoir été perdu ou être à l'origine du remorquage si son filin se trouve dans l'hélice. Le deuxième mouillage permet d’éviter une dérive dangereuse et d’attendre les secours en restant sur la position signalée, ce qui est primordial.
  • Une ancre flottante : peut également éviter une dérive trop rapide, il faut y penser. Toutefois, "quant à laisser traîner une ancre flottante, mieux vaut qu'elle n'ait guère de traînée… solution explosive… en cas d'impossibilité de gouverner, un long, long, long bout à la traîne (avec un leurre dessus) fera le job…" Il faut donc être prudent sur le choix et l'usage de ce type de dispositif.
  • Lester la remorque avec une ancre peut limiter les à-coups, mais attention de ne pas perdre cette ancre en mer.

Techniques de Lancement et de Connexion de la Remorque

Une fois la ligne de remorquage préparée et les points d'attache identifiés, la connexion entre les deux navires doit se faire avec prudence, surtout par mer formée. Dans l’attente du remorquage, les équipiers du navire en difficulté doivent préparer les filins et l’amarrage avant. Avant tout, ils se mettent en sécurité en s’équipant de gilets de sauvetage.

Au moment de la rencontre des deux navires, il est conseillé, par mauvais temps ou forte houle, de se passer la remorque à l’aide d’un filin souple (touline) dans le but de faciliter l’opération. Une méthode efficace consiste à demander au bateau-remorqueur de traîner un cordage à l’arrière (avec deux défenses attachées à la corde pour la maintenir à flot) et de passer lentement devant le bateau remorqué. Cela permet aux passagers bloqués de saisir facilement le cordage à l’arrière et d’éviter que celui-ci ne s’emmêle dans le mécanisme de propulsion. Réaliser deux boucles assure le bon déroulement du bout au moment de le jeter au bateau.

Lover ensuite le bout de remorquage pour le lancer au bateau remorqué, tout en faisant attention à ne pas emmêler le bout dans l’hélice. La règle veut que cela soit la remorque du bateau en difficulté qui est utilisée.

Avant de commencer à remorquer, vérifiez à nouveau le câble de remorquage et le point d'attache pour vous assurer qu'ils sont bien fixés. Une fois la ligne de remorquage fixée, communiquez avec le bateau remorqueur pour vous assurer qu'il est prêt à commencer le remorquage.

Conduite du Remorquage : Vitesse, Stabilité et Communication

Le remorquage une fois initié exige une vigilance constante et une coordination parfaite entre les deux équipages. Une communication claire entre le navire remorqueur et le navire remorqué est essentielle pendant le processus de remorquage. L'équipage du voilier doit être en communication constante avec le bateau remorqueur, l'informant de tout changement de position du voilier, des réglages de la bride ou de tout autre problème. Les deux barreurs doivent communiquer sur un canal VHF désigné. On convient avec le remorqué d’un canal privé (si il a une VHF) pour échanger durant le trajet (les canaux à utiliser sont le 6, le 8, le 72 et le 77 mais surtout pas le 16).

Maîtrise de la Vitesse

Une fois la ligne de remorquage attachée, le bateau remorqueur doit se déplacer lentement et régulièrement pour commencer à remorquer le voilier remorqué. La vitesse du bateau remorqueur doit être constante et les changements brusques de vitesse ou de direction doivent être évités. Maintenez la vitesse au minimum (moins de sept nœuds) afin d’éviter de surcharger les bateaux et l’équipement de remorquage. Il faut conserver une vitesse basse pour remorquer, entre 3 et 8 nœuds maximum selon l’état de la mer. Le plus important concernant la vitesse de remorquage est qu'elle soit la plus constante possible et, en principe, ne dépasse pas 10 nœuds. En ce sens, plus l'état de la mer est mauvais et plus le processus est rapide, plus la corde doit être longue. Si vous vous trouvez dans des eaux protégées et que vous utilisez une ligne de remorquage plus courte, la vitesse devient critique, car les deux bateaux ralentiront à des vitesses différentes. Maintenez toujours les cordes bien tendues.

Positionnement et Stabilité du Bateau Remorqué

Le processus de remorquage doit être surveillé de près pour s'assurer que tout se passe bien. La barre de remorquage doit être vérifiée régulièrement pour s'assurer qu'elle n'est pas usée ou endommagée.

Concernant les manœuvres, le bateau remorqué doit toujours tourner le gouvernail du côté opposé à la chute du bateau remorqueur. De cette façon, la ligne de remorquage deviendra à tout moment une extension de la ligne médiane, c'est ainsi qu'elle devra être orientée tout au long du processus. Le bateau remorqué doit avoir le safran bien droit (barre à zéro) pour rester dans l’axe du remorqueur. Le capitaine du bateau remorqué restera à sa barre pour favoriser en permanence, autant que possible, le maintien de son navire dans le sillage de celui qui le tire.

Une question légitime est : "On ne peut pas rester à la barre : on bloque au centre ? on met quelques degrés sur un côté ? on laisse libre de bouger ? Quid de l'éventuelle utilisation d'un pilote ?" Idéalement, le barreur du bateau remorqué maintient le cap. Si le remorqué possède un hors-bord, il faudra laisser l’hélice dans l’eau afin d’éviter de transformer le bateau en savonnette qui se déplacerait sans cesse de droite à gauche !… S’il s’agit d’un in-bord, on pourra favoriser la ‘’mise en ligne’’ en traînant une ancre flottante ou à défaut une ancre ordinaire au bout d’un filin de quelques mètres. En cas d'impossibilité de gouverner, un long, long, long bout à la traîne (avec un leurre dessus) fera le job pour aider à stabiliser.

Les équipiers du remorqué resteront à l’arrière sans jamais s’aventurer à l’avant car ils seraient exposés à une rupture brutale de la remorque, scénario toujours possible. La rupture d’un bout soumis à des efforts de plusieurs tonnes peut causer de graves blessures. Les équipiers du remorqueur restent devant la console pour les mêmes raisons de sécurité. Sur le remorqueur, un co-pilote regardera en permanence la remorque pour guider le pilote et sa vitesse.

Situations Spécifiques et Manœuvres Avancées

Certaines situations de remorquage requièrent des précautions ou des techniques particulières.

Remorquage à Couple (À l'Espagnole) : Un Cas Particulier

Il est arrivé de voir le Salvamento ramener des bateaux de toutes tailles en les serrant à couple, peut-être pour avarie de gouvernail. Bon, là à priori ce sont des experts, ce qui n'est pas toujours notre cas. Un cas particulier est celui du remorquage à couple. Dans l’absolu, ce n’est pas une bonne idée, car l’ensemble est moins manœuvrant et, surtout, la moindre vague risque de créer un choc entre les bateaux et de provoquer des dommages potentiels. Le remorquage à couple est déconseillé, mais c’est parfois la seule option quand le bateau tracté a une avarie de barre, par exemple. Erwan Le Canderff nous a raconté une situation où le voilier pris en remorque avait une avarie de barre. Le safran était bloqué d’un côté. Impossible dès lors de garder le bateau dans l’axe en le tractant de manière classique. Le canot SNSM a donc pris le voilier à couple.

Dans cette situation, il faut installer bon nombre de défenses entre les bateaux pour amortir les chocs et éventuellement mettre une garde montante et une descendante pour limiter les mouvements de cisaillement entre les deux coques. Le remorquage à couple, choisi lorsque le remorqueur est plus petit que le remorqué (cas typique du grand voilier remorqué par un petit semi-rigide) n'est possible que par mer plate avec moult défenses. Ce dernier sert alors juste de propulseur, et c'est le grand remorqué qui gouverne. Entre deux semi-rigides, sauf sur un lac ou à l'entrée d'un port, vive la remorque, mais longue, longue !

Le Remorquage d'un Bateau Échoué

Lorsque le navire à remorquer est échoué, il est important de faire preuve d'une prudence maximale et, si nécessaire, d'attendre la marée haute. Sinon, la charge du navire remorqué doit être réduite autant que possible, y compris l'équipage, les passagers, les réservoirs et les réservoirs d'eau. Ainsi la flottabilité du bateau est assurée, évitant d'entraîner la coque et de générer des cassures pouvant conduire au naufrage.

Aspects Réglementaires, Juridiques et Financiers

Au-delà de la technique, le remorquage en mer est encadré par des règles et peut avoir des implications financières.

L'Obligation de Porter Assistance en Mer

Selon la législation maritime, le capitaine d’un navire a l’obligation de prêter attention et de porter secours à tout navire ou personne se trouvant en danger en mer. Néanmoins, cette collaboration ne nécessite pas nécessairement de remorquage lorsque cela n'est pas possible ; il suffit parfois de rester à proximité en attendant l'arrivée des secouristes.

Il est important d'être très clair sur les différences entre remorquer un bateau et effectuer un processus de sauvetage de personnes et de biens. Ce dernier cas se produit lorsque le risque de naufrage du navire est imminent, moment où il faut protéger d'abord les passagers et l'équipage et, ensuite, le navire lui-même.

La Loi 60/1962, qui réglemente l'aide maritime, le sauvetage, le remorquage, les découvertes et les extractions, indique qu'il est obligatoire pour les capitaines ou skippers ayant participé à un processus de remorquage de se présenter dans un délai maximum de 24 heures à compter de leur arrivée au port. Cela se produit, entre autres raisons, parce que les remorqueurs et les armateurs qui participent aux opérations de sauvetage - sauf les équipes professionnelles - reçoivent une indemnisation pour les éventuelles dépenses et dommages résultant du processus, pour autant que le remorqueur n'appartienne pas à la même unité de pêche.

Coûts et Indemnisations

L’importance de se mettre d’accord sur le prix de la remorque est souvent sous-estimée. Un autre aspect à prendre en compte lors du remorquage d’un bateau est le prix de l’opération. Que l'assurance le couvre ou non, il est important d'analyser la nécessité du remorquage, car cela a un coût, et parvenir à un accord avec l'autre bateau sur ce que coûtera l'entrée au port du navire accidenté.

Lorsque le remorquage est assuré par la SNSM, une rémunération est due sauf si l’assistance n’a eu aucun effet. La première heure facturée par la SNSM est incompressible, puis on passe à une facturation au quart d’heure. Si c’est un semi-rigide des sauveteurs en mer qui effectue l’assistance, le tarif pour le remorquage d’un moins de 7 mètres est de 350 € de l’heure. Entre particuliers, la solidarité des gens de mer voudrait que le remorquage soit gratuit, mais celui qui remorque peut exiger une indemnisation.

Couverture d'Assurance et Déclaration aux Autorités

Le processus de remorquage est-il couvert par une assurance ? Le plus courant est que l’assurance inclut une couverture pour le remorquage ou l’assistance en mer. Donc, si le besoin vous amène à contacter le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) ou les secours maritimes, la compagnie d'assurance se chargera du service de remorquage. Bien entendu, lorsque l'on parle de sauvetages qui nécessitent la protection des actifs et pas seulement leur transfert, il est nécessaire de contracter des clauses spécifiques à cet effet, sinon les opérations ne seraient pas couvertes.

Les dommages, suite au remorquage d’un bateau de plaisance, sont normalement pris en charge par votre garantie pertes et avaries. Les dommages causés par le remorqueur (tableau détérioré par filin, collision des 2 bateaux, etc.) relèvent de la même garantie : pertes et avaries garanties par le contrat du navire remorqué. D’où l’importance de prévenir les Autorités qui gardent traces des appels.

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