Automne Pavia est une figure incontournable du judo tricolore. Son histoire fascine par sa résilience et son authenticité, offrant une leçon de courage universelle. De Péronne aux podiums internationaux, elle incarne la réussite. Cet article explore la vie d’une combattante passionnée, une judokate française évoluant dans la catégorie des moins de 57 kg, née le 3 janvier 1989 dans la Somme. Vous y découvrirez ses victoires, ses défis et son humanité.
Les Premiers Pas sur le Tatami : Une Vocation Précoce
Automne Pavia naît le 3 janvier 1989 à Péronne, dans la Somme. Elle grandit au sein d’une famille nombreuse aimante, où le judo rythme sa vie dès son plus jeune âge. Son père, véritable passionné, l’initie aux joies du tatami, et elle montre très vite une énergie débordante. Son talent brut éclate au grand jour au milieu des années 2000, révélant un tempérament de feu rare. Elle marque les esprits en France en 2006 chez les juniors en devenant championne de France junior. La Fédération française repère immédiatement cette gauchère prometteuse. Son ascension semble alors inévitable. Pour vivre son rêve, elle quitte le cocon familial, un éloignement qui forge son caractère d’indépendance. Elle apprend à canaliser sa fougue naturelle, faisant de chaque compétition une étape vers le sommet.
L'Ascension Professionnelle et les Clubs Formateurs
La route vers l’excellence exige une formation rigoureuse. Automne intègre progressivement les structures de haut niveau, passant par le Pôle France pour se perfectionner, notamment le pôle France de Marseille. Elle découvre ensuite l’exigence de l’INSEP, véritable usine à champions du sport français. Les entraînements quotidiens sont intenses et éprouvants, au cours desquels elle peaufine sa technique dans la catégorie des moins de 57 kg. Chaque stage teste ses limites physiques et mentales, et ses entraîneurs travaillent sur son agressivité et sa tactique. Elle apprend également la rigueur de la diététique, car le judo de haut niveau ne pardonne aucune erreur. Automne accepte les sacrifices avec détermination, vivant pour le combat et l’adrénaline. Cette discipline de fer la prépare aux chocs mondiaux.
Après avoir été dans le club de Mulhouse suite à son titre de championne de France junior, en 2008, Automne quitte Mulhouse pour rejoindre le célèbre Levallois Sporting Club. Ce choix marque un tournant décisif dans sa carrière. Ce club est une référence mondiale du judo, offrant des conditions d’entraînement exceptionnelles où elle y trouve une seconde famille sportive. S’entraîner avec des champions la tire vers le haut, et elle profite d’un encadrement médical de pointe. Le LSC lui apporte une stabilité précieuse, lui permettant de se concentrer uniquement sur sa performance d’athlète. Elle progresse vite au contact des meilleurs et devient vice-championne du monde juniors. Elle défend les couleurs de Levallois avec fierté, et les résultats en équipe suivent rapidement. Ce club a véritablement lancé sa carrière internationale. Plus tard, en juin 2012, elle rejoint le club d'Orléans.
L'Éclat Olympique : Le Bronze de Londres 2012
Les Jeux olympiques de Londres en 2012 marquent une consécration pour Automne Pavia. Elle arrive déterminée dans la capitale britannique, visant l’or, mais perd en demi-finale. Elle doit alors se remobiliser pour le match décisif, le combat pour la troisième place étant crucial. Elle affronte la Hongroise Hedvig Karakas pour la médaille. Le duel est tendu et tactique, et Automne puise dans ses ressources mentales. Elle remporte finalement la médaille de bronze, l’aboutissement de tant d’années d’efforts. Elle monte sur le podium des JO de Londres avec émotion, et obtient la 3e place aux Jeux olympiques de Londres. Cette médaille de bronze change son statut, la faisant devenir une médaillée olympique reconnue par le public. Les médias adorent sa spontanéité, et Londres reste, pour elle, son plus beau souvenir sportif.
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La Consécration Continentale et Mondiale : Une Régularité Exemplaire
Après Londres, Automne confirme son talent en Europe. Elle ne devient pas triple championne d’Europe consécutivement, mais son parcours reste royal. En 2013, elle décroche le bronze à Budapest. L’apothéose arrive en 2014 à Montpellier. Devant son public, elle devient championne d’Europe. L’ambiance est électrique, et elle domine sa catégorie avec autorité. En 2016, elle atteint encore la finale à Kazan mais prend l’argent. Ainsi, Automne Pavia est une championne respectée sur le continent, une triple lauréate continentale en 2013, 2014 et 2016. Peu de judokates françaises affichent une telle régularité, et ces titres et médailles prouvent sa valeur. Sur les sept Français engagés lors de la première journée de l'Euro 2014 de judo à Montpellier, elle s'est qualifiée pour les demi-finales, se défaisant facilement sur ippon de ses deux premières adversaires, l'Ukrainienne Shushana Hevondian puis la Bulgare Ivelina Ilieva. Médaillée de bronze aux Jeux 2012, Pavia est alors en course pour réaliser le doublé, après un premier titre européen l'an passé.
Les Championnats du monde représentent le défi ultime. La concurrence asiatique y est féroce, mais Automne ne lâche rien. Elle obtient une superbe médaille de bronze en 2014 à Tcheliabinsk, ce qui est une confirmation de son niveau mondial. Elle est deux fois troisième aux Championnats du monde en 2014 et 2015. Elle brille aussi sur le circuit international, montant sur les podiums du prestigieux Grand Chelem de Paris. Combattre à Paris est le rêve de tout judoka, et le public français la soutient inconditionnellement. Elle prouve sa valeur face aux meilleures. Son palmarès mondial force le respect, et elle compte deux médailles de bronze majeures, celle des JO de 2012 et celle des Mondiaux de 2014. Elle fait preuve d’une constance remarquable.
Partenariats et Inspirations : Entre Figures du Judo Français
Teddy Riner et Automne Pavia partagent une histoire commune. Ils sont issus de la même génération dorée, et tous deux ont porté les couleurs du Levallois Sporting Club. Ils ont grandi ensemble sur les tapis d’entraînement et incarnent la réussite du système français. Teddy Riner est le géant des poids lourds, tandis qu'Automne brille chez les légers. Leurs gabarits diffèrent, mais leur mentalité est identique : ils partagent cette haine de la défaite et se soutiennent mutuellement lors des grandes échéances. Ils sont les visages du judo tricolore des années 2010. Le multiple champion olympique et Automne ont souvent célébré ensemble, témoignant d'une complicité réelle. Par ailleurs, à 18 ans, la junior Amandine Buchard a elle remporté ses deux premiers combats pour sa première sélection en équipe de France senior, évoluant dans les mêmes catégories de poids.
Les Défis et la Résilience : Rio 2016 et les Épreuves Physiques
Les Jeux olympiques de Rio en 2016 sont une épreuve difficile pour Automne Pavia. Elle y arrive avec de l’ambition mais sans être la favorite absolue. La compétition est brutale, et elle termine à la septième place. La déception est immense pour la championne. Les blessures viennent aussi entraver sa carrière, son corps subissant les chocs du haut niveau. Les genoux et les épaules souffrent, et elle doit passer par la case opération. Ces moments testent sa volonté. Malgré la douleur, elle refuse d’abandonner, montrant une résilience incroyable. Chaque retour sur le tatami est une victoire, prouvant que le mental fait la différence.
Un Retour Mémorable : La Maternité, Source de Nouvelle Force
En 2016, dans la tête d'Automne, une chose était claire : elle allait faire une pause après les Jeux olympiques. Toutes ces années au plus haut niveau, à s’entraîner tous les jours, il fallait qu'elle coupe. Elle ne savait pas pour combien de temps et n’avait pas d’idée arrêtée sur ce qu'elle allait faire, se disant : « on verra après ». En février 2017, elle assiste au Grand Chelem de Paris depuis les tribunes. Elle était enceinte et se trouvait bien à sa place, à regarder les copines !
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Puis l’envie est revenue crescendo. D’abord, lorsqu'elle voyait ces dernières partir en compétition ou en stage. Puis les championnats du monde, qui se déroulaient à Budapest, lui ont donné vraiment envie. Automne aime le judo et affirme : « Franchement, oui. Si j’arrêtais maintenant, j’aurais des regrets. » En fait, il y a un moment-clé dans cette réflexion, ce fut en Espagne, cet été, à Casteldefells : les meilleurs du monde étaient là, il y avait deux entraînements par jour, avec une chaleur horrible. Elle s'est dit que ce serait un véritable test. Si elle tenait tête, si elle encaissait le choc, alors cela voulait dire que cela donnait du crédit à sa volonté de revenir au plus haut niveau. Ce fut le cas !
Maman comblée depuis la naissance de sa fille Lana-Rose, Automne Pavia, 29 ans, désormais licenciée à l’OM Judo, a retrouvé le chemin du dojo et des tatamis depuis un an. Pour l’anecdote, Lana-Rose était avec elle en Espagne. Les copines de l’équipe la gâtent, et elle est un peu devenue la mascotte de l’équipe féminine. À cet égard, le fait d’être maman a profondément changé Automne. Elle se décrit comme quelqu’un de très famille et s'est rendu compte, encore plus, que lorsqu’on est athlète, on est très égoïste. Maintenant, c’est clair, il n’y a plus que le judo dans sa vie. Sa maternité va l’aider à relativiser les déceptions possibles. Quitter sa fille pour une compétition, en particulier lointaine, est un crève-cœur. Et paradoxalement une nouvelle source de motivation car elle se dit qu'elle ne part pas aussi loin et aussi longtemps de sa fille pour ne pas donner le meilleur d’elle-même. Tout ce qu'elle obtiendra sera du « plus ». Ce retour inspire de nombreuses femmes, montrant qu'on peut être mère et athlète. Elle concilie les nuits courtes et le sport, travaillant dur pour retrouver son niveau. Elle n’est plus officiellement titulaire indiscutable mais reste passionnée. Elle vise peut-être Tokyo ou Paris symboliquement, montrant une nouvelle facette de sa personnalité.
Le Choix de l'OM Judo : Un Retour aux Sources et un Projet Familial
Automne m’a contacté en juillet 2017 alors qu’elle était en partance d’Orléans. Elle comptait reprendre le judo et était intéressée pour que je la suive, se souvient Bastien Puget, son entraîneur à l’OM Judo. Au départ, il a été surpris qu’elle veule reprendre le judo, flatté et touché. Du coup, il en a discuté avec Mathieu Daffreville et Annabelle Euranie, sa compagne. Après plusieurs conversations, il a été très vite rassuré : Automne est une athlète en or. Au départ, ils n’avaient pas évoqué la question du club. Mais rapidement, l’OM Judo a présenté plusieurs avantages pour elle grâce à un environnement sain, jeune et qu’elle connaît un peu. C’est un joli clin d’œil, de la voir revenir à Marseille. Du coup, Bastien Puget en a parlé très vite à Jean-Marc Villanueva, le président du club, et Stéphane Mongellas, le responsable technique club.
Avant de finaliser tout cela, Bastien Puget a passé un deal à trois conditions avec Automne : d’une part, que toutes les conditions soient réunies, dans sa vie personnelle, pour qu’elle s’entraîne sur Paris, c’est-à-dire avoir un appartement, une place en crèche pour sa fille, etc. D’autre part, qu’elle joue le jeu du club, qu’elle ait envie de partager avec les jeunes de chez eux. Une des raisons de ce choix tient à ce que Bastien Puget en soit l’un des entraîneurs du haut niveau. Automne Pavia a vu comment il a réussi avec sa femme, Annabelle Euranie, lors de l’olympiade précédente. Elle apprécie sa façon de travailler. Et puis, étant passée par le pôle France de Marseille, elle connaît pas mal de gens de là-bas. C’est presque un retour logique à la base, un retour à la maison. Il y a une sorte de pacte entre eux, une atmosphère familiale. Du coup, Automne joue le rôle de « grande sœur » car l’OM Judo est un groupe jeune. C’est pour cela qu'elle a été très déçue de ne pas faire les championnats de France 1re division par équipes à Bourges cette année. Mais ce n’est que partie remise, et elle a vraiment hâte de combattre avec les filles, qui pour beaucoup sortent ou sont encore juniors.
Automne a commencé sa remise en forme physique en septembre 2017 via un programme de réathlétisation. En octobre, elle a repris le judo à l’INSEP avec quelques séances de randori. En janvier dernier, elle s’est remise complètement sur les rails en rentrant dans le collectif national. En avril, elle a repris la compétition en Croatie. Cet été, elle a fait tous les stages. Là, elle est dans les clous pour la course aux JO. C’est un vrai défi que de revenir après une grossesse. Cela donne une force. En fait, Automne n’est plus tout à fait la même personne.
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Le Judo au Quotidien : Entre Exigence et Plaisir Retrouvé
Consciente qu’il lui faudra plusieurs compétitions pour retrouver la bonne carburation, la triple championne d’Europe croit plus que jamais en son étoile et compte bien reprendre une place de titulaire qu’elle a monopolisée entre Londres et Rio. Elle confie que « ça va bien ». Elle doit combattre ce week-end à l’Open de Glasgow en Écosse. Ce sera sa troisième compétition depuis son retour sur les tatamis, après une coupe européenne à Dubrovnik et les championnats d’Europe par équipes. Elle a fait tous les stages d’été : Casteldefells, Houlgate, Montpellier puis l’INSEP. Elle a encaissé une grosse quantité de judo.
Quand elle est arrivée là-bas, elle avait une appréhension : celle d’arriver sans sensation. Et ça a été un peu le cas ! Elle a vraiment eu du plaisir à retrouver l’excitation de la compétition et son atmosphère. Mais quand elle a fait le bilan avec Bastien Puget, elle s'est rendu compte qu'elle manquait clairement de repères : sur la gestion du temps, que ce soit sur le tapis ou entre les combats, au niveau de son positionnement sur le tapis, sur les filles qu'elle avait en face (elle ne les connaissait pas), sur le kumikata. L’un de ses atouts est d’être très agressive à la garde et, à ce moment-là, elle ne l’était pas assez. Au final, elle n’a pas produit du « grand » judo, mais elle s’est accrochée, grâce à l’adrénaline et le plaisir d’être là. Aux championnats d’Europe par équipes, la journée a été beaucoup plus dure, avec beaucoup plus d’impact physique. À partir du deuxième combat, elle était claquée ! Pour être honnête, elle n’avait pas cinq combats dans les jambes.