La plongée en apnée, communément appelée snorkeling ou randonnée palmée, représente bien plus qu’une simple activité de loisir estival. C’est une porte ouverte sur un univers fascinant, un monde de silence et de couleurs où la gravité semble s’effacer. Pour beaucoup, cette pratique commence comme un complément à un séjour balnéaire, une curiosité passagère lors d’une escale tropicale, avant de devenir une véritable passion. Pourtant, cette activité est souvent sous-estimée. Pour tirer le meilleur parti de cette aventure prometteuse, il faut un peu de préparation. Si l’on considère que nous avons vu les bénéfices qu’une visite à la plage peut apporter, imaginez maintenant aller un peu plus loin et explorer la beauté du paysage sous-marin immédiat.
Les Fondamentaux de la Pratique : Maîtriser l’Aisance Aquatique
Une partie très importante de la plongée en apnée est la natation, et elle peut être rapidement améliorée dans n’importe quelle piscine à proximité. Lorsque vous nagez, meilleure sera votre technique de frappe, plus votre expérience de snorkeling sera agréable. Habituez-vous à nager avec des palmes. Nous aimerions être dans l’eau et avoir la chance d’observer de près les poissons colorés, mais nager avec des palmes est une toute nouvelle expérience pour les jambes car beaucoup plus de muscles sont utilisés que d’habitude. Assurez-vous d’apporter une paire de palmes à la piscine lorsque vous allez vous entraîner.
La partie la plus importante de la plongée en apnée est de se détendre tout en le faisant. Une excursion d’une journée signifie des heures d’activité et seule la natation peut grandement affecter votre corps, même si vous ne ressentez pas l’impact. Par conséquent, la conservation de l’énergie est hautement recommandée. N’essayez pas d’aller vite si vous n’obligé. Utiliser les bras n’est pas vraiment utile et donner des coups de pied violents n’est pas recommandé.
Ce n’est qu’une fois que vous avez nagé et respiré à un niveau avancé que vous pouvez commencer à envisager de faire de courtes plongées tout en retenant votre souffle, si c’est quelque chose que vous voulez essayer. Assurez-vous simplement de vous débarrasser d’abord du gilet de sauvetage et d’éviter de descendre en vous sentant épuisé. La tête et le torse sont d’abord suivis des jambes. Il est également nécessaire de contrôler l’expiration, en commençant lorsque vous atteignez la profondeur désirée et en laissant l’air atteindre lentement chaque partie du corps. Les palmes finiront par heurter l’eau et vous propulser vers le bas, vous aidant à regarder de plus près les poissons ou les récifs. C’est le moment idéal pour utiliser un appareil photo étanche si vous en avez un et pour vous faire des souvenirs de vos aventures sous-marines. Assurez-vous d’économiser de l’air pour remonter encore détendu et évitez de vous précipiter. Si vous allez faire une courte plongée, faites-vous exploser vos oreilles. Vous pouvez pratiquer cela avant d’atteindre l’eau ou à la maison. Il s’agit de conduire l’air vers votre nez en le pinçant avec vos doigts, puis l’air ira à vos oreilles. Faites-le hors de l’eau, puis répétez-le au fur et à mesure que vous plongez plus profondément.
L’Équipement : Choisir pour le Confort et la Sécurité
Le snorkeling ne requiert aucune compétence physique, si ce n’est d’être tout simplement en bonne santé et de savoir nager correctement. Il ne faut pas confondre le snorkeling avec l’apnée. C’est avec un peu d’expérience et d’aisance que l’on pourra retenir sa respiration et descendre en apnée quelques mètres sous la surface pour aller observer un poisson ou un poulpe de plus près. La plupart des novices, un minimum à l’aise, sont capables de descendre facilement dans les 3 à 5m sous la surface.
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Le matériel se résume aux trois lettres magiques : Palmes, Masque et Tuba ! On peut toujours se passer de palmes ou du tuba… Mais pour la sécurité et le confort, mieux vaut ne pas s’en priver. Le masque sera un élément important ! Car il permettra d’y voir sous l’eau donc il doit être bien adapté au visage de l’utilisateur. Choisissez un masque à large champs de vision. Une grande vitre vous permettra d’oublier plus facilement votre masque et vous aurez un champs de vision dégagé. Avant de l’acheter, essayez-le sans passer la sangle, plaquez le masque sur vos yeux, inspirez un coup et bloquez votre respiration. Celui-ci doit tenir en place sans tomber. Chaque personne ayant un visage différent, chaque masque ne peut pas convenir correctement à tous le monde. Donc choisissez-le bien, au risque d’avoir des fuites ou de le trouver inconfortable.
Le tuba est l’élément qui parait être le moins important mais qu’il ne faut pas négliger. Optez plutôt pour un tuba à soupape, qui vous permettra de chasser l’eau plus facilement s’il se remplit. Pour les plus craintifs, il existe des tubas avec un clapet qui empêche l’entrée de l’eau lors d’une immersion. Pour les personnes qui ne sont pas à l’aise avec un simple masque et un tuba, il existe maintenant un masque spécial pour le snorkeling qui englobe tout le visage et qui permet de respirer aussi bien avec la bouche qu’avec le nez.
Côté palmes, en snorkeling, on utilise des palmes chaussantes et non réglables. Pour nager en surface, la voilure de la palme devra se déformer facilement, il faut donc choisir une palme souple. Une palme rigide vous donnera l’impression de palmer avec une planche de bois, et sera vite désagréable. En plus du trio de base, selon la température de l’eau, l’utilisation d’une combinaison pourra être nécessaire. Dans une eau dont la température dépasse les 20°C, un shorty peut suffire. Pour les plus frileux ou en-dessous de cette température, il vaut mieux utiliser une combinaison intégrale, avec ou sans cagoule. L’avantage du lycra est qu’il protège des UV nocifs du soleil et évite donc l’usage de crème solaire, pas toujours très appréciée par les fonds marins. N’hésitez pas à découvrir les lycras conçus à partir de nylon provenant de filets de pêche recyclés.
Sécurité et Pratique Responsable
Bien qu’accessible à tous le monde, la pratique du snorkeling n’en est pas moins à prendre à la légère, et il y a de nombreuses règles à respecter pour rester en sécurité. Être vigilent sur sa forme physique est primordial ; évitez en cas de grande fatigue, une crampe ou un malaise est vite arrivé. Reconnaître ou se renseigner sur les lieux est essentiel. Il peut y avoir des dangers comme des courants par exemple. Attention à la navigation des bateaux. Dans le cas où des bateaux peuvent passer, n’y allez pas seul, ou alors signalez-vous avec une bouée. Attention à la distance que vous parcourez par rapport à votre point de départ, surtout s’il y a du courant… Commencez par partir à contre courant, le retour sera plus simple.
Renseignez-vous sur la faune locale. Il peut y avoir des espèces dangereuses comme les poissons pierre, balistes Titan, ou requins. Dans tous les cas, ne touchez à rien ! Si vous ne portez pas de combinaison, protégez-vous du soleil car dans cette position il ne vous épargnera pas. Si vous êtes plusieurs à l’eau, pensez à vous surveiller mutuellement. Si vous faites aussi de l’apnée, soyez vigilent, respirez bien entre chacune, et ne les accumulez pas trop. Attention au froid ; dans l’eau le corps se refroidit beaucoup plus vite que dans l’air. Ne restez pas si vous commencez à trembler. Soyez vigilent par rapport à la météo qui peut changer.
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Il est possible de pratiquer en famille dès le plus jeune âge, dès 4-5 ans, les enfants peuvent commencer à être à l’aise dans l’eau en portant un masque et un tuba. Une combinaison enfant est largement conseillée, même en eau chaude, car elle jouera le rôle de flotteur. Il est possible également de l’équiper d’une bouée de snorkeling : il s’agit d’un tube gonflable que l’on positionne au niveau du torse et sous les bras.
Identification de la Faune : Se doter des bons guides
Il existe de très bons sites internet pour identifier précisément les espèces sous-marines rencontrées lors des sorties en snorkeling comme DORIS par exemple, mais comme nous n'avons pas toujours un accès en ligne à disposition, j'aime bien me référer à des guides papiers, surtout en voyage. Un guide qui fait vraiment référence dans le domaine, il s'agit du "guide d'identification des poissons marins en Europe et Méditerranée" de Patrick Louisy. Ce merveilleux guide très complet présente 860 espèces et comporte 1450 photos de qualité et 1400 dessins. La présentation des poissons dans cet ouvrage est à la fois simple et très rigoureuse, c'est une véritable bible pour les observateurs du monde sous-marin. Ce qui le rend particulièrement efficace dans le rôle d'aide à l'identification c'est que pour chaque espèce figurent des schémas où sont pointés les petits signes distinctifs qui font la différenciation entre des poissons parfois très ressemblants.
Principalement destiné aux voyageurs en partance pour les tropiques, "le guide des poissons des récifs coralliens" aux éditions Delachaux et Niestlé recense 2117 espèces. Afin que l'ouvrage reste suffisamment transportable pour le glisser dans une valise sa pagination a été grandement optimisée, ce guide est particulièrement dense. Les poissons sont décrits au travers d'une petite présentation évoquant le milieu de vie, la distribution dans le monde et les principales caractéristiques de l'animal, le tout rédigé en petite police d'écriture.
Pour ceux qui s'intéressent à l'ensemble de la flore et de la faune sous-marine et pas uniquement aux poissons, je conseille l'excellent "découvrir la vie sous-marine" de Steven Weimberg aux éditions Gap. Je possède celui qui est consacré à la Méditerranée et je le trouve formidable pour sa richesse et sa très bonne lisibilité, il permet d'identifier 665 espèces à l'aide de fiches détaillées et de 1200 images. "Spongiaires de France - Les carnets du plongeur" des éditions Neptune Plongée est d'une aide précieuse dans l’identification des éponges que nous rencontrons durant nos explorations sous-marines. Les livres spécifiquement consacrés à ces invertébrés sont très rares, de ce fait ils méritent d’être signalés.
Dans la catégorie des guides rares et précieux, signalons la sortie du "guide des limaces de mer de Méditerranée" de Cyril et Pascal Girard publié aux éditions Mediterraneus. En tout 256 espèces sont présentées, il est assez complet. Le premier guide d’identification consacré aux Ascidies et Salpes présente plus de 110 espèces des côtes de France et d’Europe. Un ouvrage rare réalisé par Anne Bay-Nouailhat, Wilfried Bay-Nouailhat et publié chez M&L éditions, indispensable pour les plongeurs "bio" qui s'intéressent à ces petits organismes fixés ou dérivants. Enfin, le guide des anthozoaires de l'Europe de l'ouest est un nouvel ouvrage entièrement consacré aux plumes de mer, alcyons, gorgones, anémones de mer, coraux… Il présente 130 espèces que l'on peut rencontrer en plongée sur les côtes de France et d’Europe.
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Professionnalisation et Encadrement
La randonnée subaquatique est une activité entrant dans le champ de la délégation de l’État accordée à la FFESSM et dans l’environnement spécifique au sens du Code du sport, ce qui en fait une prérogative exclusive des encadrants qualifiés en plongée subaquatique. Organiser une randonnée subaquatique nécessite d’anticiper un certain nombre d’éléments dont la météo, le site adapté, le matériel de sécurité, les commodités, la fréquentation, la réglementation locale. Le guide RANDOSUB organise matériellement l’activité lorsqu’elle se déroule sur un autre site que ceux équipés. Animer une randonnée subaquatique est à la fois proposer au public un site adapté avec de l’intérêt et des choses à découvrir, mais aussi être un technicien agile pour équiper le public simplement et rapidement.
Comme annoncé dans les Nouvelles de la formation du 26 juin 2024, le tout nouveau cours de guide de plongée en apnée PADI est désormais disponible. Il s’agit d’un programme conforme aux normes de l’Organisation internationale de normalisation (ISO 13970), développé en réponse à un besoin croissant de guides de plongée en apnée qui peuvent prouver qu’ils ont été formés et certifiés. Les candidats au titre de guide de plongée avec tuba PADI apprennent à connaître leur rôle et leurs responsabilités, à organiser des excursions de plongée avec tuba, à prendre en compte les soins d’urgence et la sécurité, et à insister sur la nécessité pour les plongeurs avec tuba de prendre soin de l’environnement aquatique.