La vie sur un voilier ne s'improvise pas ; elle se compose d'une multitude de petits détails qui, mis bout à bout, transforment une navigation exigeante en un moment de pur plaisir. Que vous soyez un plaisancier occasionnel ou un adepte de la vie à bord à l'année, l'organisation de votre espace, la gestion de votre équipage et l'optimisation technique de votre embarcation sont les piliers de votre confort et de votre sécurité.
La communication : Le nerf de la navigation
Parlons du point de tension récurrent en croisière : la communication ! Ajoutez à cela le bruit du vent et des voiles et la communication peut vite être tendue et/ou interrompue entre le barreur et l’équipier au pied du mât ou à la baille à mouillage. Sans oublier que souvent, durant la manœuvre, on se tourne le dos ! Tout d’abord, détaillez par le menu l’action à venir et le rôle de chacun. Puis privilégiez la communication par gestes (notamment lors du mouillage) ou bien placez un équipier aux haubans dont le seul rôle sera de faire circuler l’information entre la poupe et la proue, à moins d’opter pour des intercoms. Communiquer par gestes est le meilleur moyen d’être compris sans ambiguïté. Une fois ces règles de communication édictées et acceptées par tous, le chef de bord doit s’assurer que son équipage vivra une croisière parfaite.
Prendre soin de son équipage
Prendre soin de l’équipage, c’est avant tout partir en mer reposé et amariné. Une bonne façon pour l’équipage de prendre ses marques à bord et de s’amariner. Pour s’en prévenir, il y a la règle des 3 F : se prémunir de la Faim, du Froid, de la Frousse. Ajoutez à cela la soif et les besoins naturels, eh oui ça joue !
Malgré tout, il est des conditions où il vaut mieux prendre une aide. Mal de mer : notre favori est le Stugeron, ultra-efficace mais à commander sur internet. Chez Voile Mag, on a tout essayé et c’est le Stugeron qui remporte la mise, loin devant bracelets, lunettes et autres antinauséeux. Un médicament indiqué contre les pathologies de l’oreille interne vendu en Belgique, Suisse et Espagne, mais pas en France par « manque d’efficacité ». La pharmacie doit être complète et surtout bien organisée pour répondre à tous les bobos.
Anticipez également le coup de chaud ou de froid en mettant près de la descente et en libre-service chapeaux, crème solaire, eau ou thermos de thé, éventuellement un plaid en polaire et en déployant la capote ou le bimini selon le climat. En quart de nuit, c’est le moment de dorloter les équipiers : friandises et boissons chaudes à volonté ! Thé ou café ? Pensez à bien identifier les thermos, car ils vont s’imprégner de l’odeur du liquide.
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Impliquer les plus jeunes
Des enfants équipiers ne demandent qu’à être impliqués dans les manœuvres : c’est ludique et formateur, alors pourquoi les en dispenser ? Au mouillage, pensez aux plus jeunes et aux moyens amusants de leur gréer des jeux d’eau ! Si vous êtes quelqu’un qui aime que les choses aillent dans votre sens d’une façon précise, vous aurez probablement des difficultés à bord. Pour réussir sa croisière, être « cool » est très important sur un bateau car rien ne se passe comme à terre. En fait, la beauté de la croisière est l’incertitude et la spontanéité. Donc laissez-vous aller et n’essayez pas d’aller à l’encontre des aléas.
Astuces et aménagements du pont
À la rédaction de Voile Magazine, nous adorons les bonnes astuces qui changent la vie à bord. Lors de leurs balades sur les pontons de Locmiquélic, de Port-Louis ou du Crouesty, nos journalistes ont recensé des astuces de toutes sortes.
Le siège de veille fait « maison » en contreplaqué prend la place de la porte de descente. En rehaussant le seuil de la descente, il se rend aussi utile et rassurant par mauvais temps. Dès qu’il y a un peu de vent, la têtière de la grand-voile a envie de remonter toute seule. Quand ça souffle à l’escale ou si vous n’utilisez pas votre enrouleur pendant un moment, il est bien vu de bloquer le génois avec un raban passé dans le point d’écoute pour empêcher tout déroulement intempestif. Pour un accostage en marche arrière avec barres à roue, il suffit au barreur de se mettre dans le sens de la route pour gagner en visibilité et en manœuvrabilité. Ne perdez pas de temps ! Préparez vos aussières en les passant sous le balcon et par-dessus la filière avant de faire votre nœud de taquet. Il est judicieux de ramener la pointe avant aux haubans pour être fin prêt à l’accostage.
Le coussin lesté avec un poids de plongée ne s’envolera plus ! Tout bout ou sangle à plat pont peut retenir l’eau de pluie et des saletés vont venir tacher le gel-coat. Pour éviter cela, on a observé des écoutes lovées sur les filières ou suspendues au point d’écoute de grand-voile. Pour ce qui court à plat pont, il faut procéder autrement, comme en glissant des flotteurs en mousse sous les drisses ou en accrochant cette ligne de vie sur la main courante.
Sécurité et confort au mouillage
Sécuriser le mouillage est essentiel : en reprenant l’ancre avec un bout, on évite de garder le guindeau sous tension (c’est mieux) et l’on s’assure que la pioche restera bien dans son davier. Plus radical, le propriétaire de ce Bavaria 38 utilise un axe fileté et un boulon pour solidariser l’ancre avec le davier. Une estrope passée dans la chaîne et reprise dans le taquet avant permet de soulager le guindeau et le barbotin. Les amortisseurs de mouillage adoucissent les coups de rappel de la chaîne principale. Vision sous-marine : un peu de peinture fluo sur la face supérieure de l’ancre permet de la repérer plus facilement quand elle est posée au fond de l’eau. C’est utile quand on la décroche mais cela peut aussi éviter à vos voisins de mouillage forain de poser la leur trop près.
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Le taud de soleil intégré au lazy-bag de cette grand-voile peut être déployé des deux côtés ou juste côté soleil, laissant l’autre ouvert. Génial ! Le fil de la vie : la bouée fer à cheval est reliée au bateau par un long filin flottant. Mais celui-ci se déroulera d’autant mieux s’il est sur un dévidoir ici sécurisé par une pince à linge qui sautera sous la pression. Que la lumière soit : voici un « feu de mouillage » qui ne risque pas de tirer sur vos batteries. Cet éclairage à énergie solaire se trouve facilement en jardinerie. Inconvénient : il s’allume automatiquement, même au port.
Organisation intérieure et entretien
Avant de partir en croisière et d’utiliser intensivement la cuisinière, protégez-la avec du papier d’aluminium. Un bout qui court sous le plafond du carré, rien de tel pour garder sous la main les poulies, gilets, ou tout ce que vous voudrez y suspendre. Entre la descente et la cuisine de son bateau, Gérard a installé 4 colonnes qui servent de main courante, d’appui pour cuisiner et aussi de rangement. Sous ses planchers, ses réserves de sucre, riz… sont stockées dans des bidons incassables, étanches et translucides car les emballages dans lesquels ils sont conditionnés en supermarché n’ont qu’une espérance de vie limitée en milieu marin.
À bord de ce Sun Shine, la cloison avant a été un peu ajourée. Exit la porte et le mini-triangle de matelas, Dominique profite maintenant d’un lit ouvert, plus facilement accessible. Plexi à l’abri : Jean-Yves et Marie-Noëlle ont confectionné des protections pour leurs hublots et capots en plexiglas. La toile (en skaï) s’accroche à la main courante et au rail de fargue grâce à des crochets reliés à des élastiques pour éviter que les hublots ne vieillissent prématurément. Assurer le capot : Dominique a amélioré le procédé en fixant son bout d’arrêt directement sur la charnière : ainsi la main qui ouvre le capot tient déjà le crochet qui va l’assurer sur le balcon.
Optimisation technique et matelotage
Mettre un nom sur chaque chose : cela va sans dire, mais tellement mieux en le disant : on gagne du temps et on évite de larguer la drisse de grand-voile quand on veut affaler le spi en identifiant chaque manœuvre au niveau des bloqueurs. Gardez du dormant : il faut un nœud d’arrêt à l’extrémité de vos manœuvres, mais il convient aussi de laisser une longueur suffisante de dormant pour pouvoir s’en saisir et frapper un nœud de bosse dessus.
Ridoirs protégés : habiller les cadènes de hauban et les ridoirs fluidifie les manœuvres. Sur un tube, rien n’accroche. Dominique a poussé plus loin l’idée en pratiquant des entailles en haut et en bas de son tube de protection. Ainsi il peut le coincer sur le hauban quand il entretient ses ridoirs. Soyez tendre avec vos mâchoires : en prévoyant de petites boucles textile pour fixer l’extrémité d’un tangon ou le mousqueton d’une écoute de spi, on évite des liaisons aluminium-inox au niveau des pieds de chandelier ou du rail de fargue.
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Écoutes sur estropes : à bord d’un bateau équipé d’un bas-étai, l’estrope et le décalage des nœuds d’écoute permettent à la voile d’avant de passer en souplesse d’un bord sur l’autre, sans « point dur » lors des virements. Nerf de chute : pas facile de reprendre le nerf de chute en bout de bôme, surtout par mer agitée. Ici le voilier a ramené le nerf de chute côté guindant : le circuit est plus long mais la manœuvre plus sûre. Gaffe sous la main (dans la bôme) : glisser la gaffe dans la bôme est une solution pratique et efficace, l’assurer avec une boucle élastique est encore mieux.
Le projet de vie : Choisir son bateau
Tout d’abord, vous devez déterminer quel type ou modèle vous souhaitez acquérir afin de mener à bien votre projet de vie à bord d’un bateau. Plutôt bateau à moteur ou voilier ? Faites aussi en fonction de vos connaissances, il n’est pas évident de partir vivre à bord d’un voilier si vous n’en avez jamais fait. En fonction de votre budget, vous vous orienterez plutôt vers un bateau d’occasion ou un neuf. Il faut bien prendre en compte que si vous préférez opter pour un bateau d’occasion, il y aura sûrement des travaux à réaliser dessus.
Pour Pascal, le bateau doit absolument correspondre aux critères fixés au début du projet : « Trouver le bateau qui correspond à son enveloppe budgétaire est impératif. Les travaux c’est sympa, mais à trop long terme on n’a plus le même plaisir. » Pour vivre à bord, pensez à l’équipement dont vous aurez besoin. Il dépend de votre zone de navigation. Réfrigérateur, éclairage, pompe de cale, GPS, chauffage, ligne de mouillage, système d’assainissement… Tous ces équipements peuvent être ajoutés à bord. Vous devez être sûr de vous et de vos capacités : faites le test pour voir si la vie sur un bateau vous convient. C’est vraiment spécial et vivre toute l’année à bord est bien différent que d’y passer trois jours.
Si vous choisissez d’acheter d’occasion, nous vous conseillons de faire appel à un expert ou un professionnel de la vente qui jugera le bateau en fonction de son prix. Un expert peut faire la visite du bateau avec vous. L’avantage d’avoir fait appel à un expert est qu’en cas de défaut important, il est possible d’annuler la vente ou demander une remise sur le prix.
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