Le Golif : Voilier Mythique, Histoires d'Aventure et Passion Communautaire

Le Golif, ce bateau légendaire des années 60, n'est pas seulement un voilier ; il incarne une âme d'aventurier et représente un chapitre significatif dans l'histoire de la plaisance. Son nom même, souvent associé à une figure haute en couleur - Louis Adhémar Timothée Le Golif, alias Borgnefesse, « détrousseur de galions et trousseur de cotillons » - lui confère une aura particulière, celle d’un compagnon de route aux mille récits. Loin d’être un simple moyen de transport, le Golif a su conquérir le cœur de nombreux navigateurs, devenant un symbole de la démocratisation de la voile et de l’exploration maritime.

La Genèse d'une Icône Nautique : Innovation et Production

L'histoire du Golif est intrinsèquement liée à l'innovation dans la construction navale française. Ce bateau mythique est l'œuvre de Didier Maupas et de son frère Alain, qui sont à l'origine de sa mise au point. Leur collaboration a donné naissance au fameux Golif des Chantiers Jouët, marquant une étape cruciale dans l'évolution des voiliers. En effet, le Golif se distingue comme l'un des tout premiers bateaux à voile construits en polyester, un matériau révolutionnaire pour l'époque qui allait transformer durablement l'industrie. La production de ce modèle fut un succès retentissant ; il a été fabriqué à l'époque à plus de 900 exemplaires, un chiffre impressionnant pour un bateau de plaisance. Le plan Cornu, sur lequel le Golif est basé, fut également l'une des premières grandes séries produites dans ce nouveau matériau. Construit à partir de 1962 par le chantier Jouët, initialement situé à Sartrouville, le Golif compte aujourd'hui environ 1200 unités naviguant à travers le monde, témoignant de sa robustesse et de sa popularité persistante.

Un propriétaire d'un des derniers "Golif" construits par le chantier Dubigeon, qui a racheté Jouet et Yaching France, atteste de la qualité de la production, sa plaque en témoigne, et le qualifie d'« excellent bateau très marin. » L'ampleur de sa diffusion et la fidélité de ses propriétaires soulignent l'impact durable de cette conception novatrice.

Un Design Distinctif : Caractéristiques et Fonctionnalités du Golif

Sous une allure parfois qualifiée de « dégingandée » et malgré un âge respectable, le Golif conserve son originalité et sa personnalité propre. Sa conception intègre plusieurs éléments distinctifs qui le rendent reconnaissable entre tous. Le roof, le mât et la plage avant forment un ensemble en escalier, conférant une esthétique pas banale et une silhouette unique. Un autre élément notable est le hublot « pare-brise » positionné en pied de mât à l'avant de la cabine, qui se distingue également par son emplacement et sa forme.

L'innovation ne se limite pas à l'extérieur. Le dessin des hiloires de cockpit est particulièrement remarquable : elles sont très enveloppantes, remontant jusqu'à hauteur d'épaule, offrant ainsi une protection significative et un sentiment de sécurité accru pour l'équipage, même par gros temps. Cette attention aux détails contribue à l'image du Golif comme un bateau pensé pour la mer.

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L'intérieur, bien que compact pour un voilier de cette taille, est fonctionnel et bien pensé. On y trouve généralement quatre couchettes, comme le confirment plusieurs propriétaires. Si la documentation peut parfois mentionner un nombre différent, certains Golif, comme celui décrit par un utilisateur, possèdent « une couchette double en tête et deux couchettes cercueil sous le pont, ce qui fait 4 couchages et non deux. » Cet aménagement offre un espace de vie suffisant, surtout pour une navigation en couple ou avec un enfant. L'agencement inclut également des rangements au pied des couchettes arrière, un réchaud suspendu, monté sur un cadre coulissant pour une utilisation pratique, et un volume dédié à la glacière, éléments essentiels pour des croisières prolongées. L'absence de cloisons, saluée par certains, rend l'intérieur « très habitable » et contribue à une sensation d'espace.

En navigation, le Golif montre des qualités marines appréciées. La coque passe bien dans l'eau, et le pont reste sec longtemps, même dans des conditions plus difficiles. Il est cependant noté que le bateau est sensible à la répartition des poids, une caractéristique à prendre en compte pour optimiser ses performances. Sa puissance dans la brise et son cockpit profond et bien défendu en font un « vrai marin qui peut aller loin, » comme l'a exprimé un utilisateur.

Concernant sa catégorisation, il est important de noter que « Le Golif était en TROISIEME catégorie et non en quatrième comme indiqué, » du moins pour le brave Golif J.O.G. ("Cristobal"). Cette précision souligne sa capacité à affronter des conditions maritimes plus exigeantes que certains auraient pu le croire.

L'Esprit d'Aventure et les Récits de Jean Lacombe

Le Golif, avec son âme d'aventurier, est indissociablement lié à des figures emblématiques de la navigation, dont l'une des plus marquantes est Jean Lacombe. Ce navigateur hors pair, bien que peut-être moins connu du grand public, a pleinement sa place parmi les écrivains voyageurs du monde entier, comme le souligne sa présence et ses contributions à des festivals dédiés. Son audace et sa persévérance ont jalonné son parcours maritime, et son histoire personnelle résonne avec l'esprit indépendant et robuste du Golif.

Jean Lacombe n'a pas seulement navigué ; il a raconté ses traversées dès 1956 dans les revues nautiques de l'époque, telles que Le Yacht et Bateaux. Ces récits pionniers ont jeté les bases d'une carrière d'écrivain-navigateur. Un ouvrage publié chez Robert Laffont en 1957, puis réédité dans la collection Marabout Junior, nous plonge dans l'univers de sa toute première navigation avec un bateau nommé Hippocampe. Ce premier voilier, il l'avait conçu lui-même dans la région parisienne, et ce, sans aucune connaissance préalable de la construction navale, ce qui témoigne d'un esprit d'initiative et d'une détermination hors du commun.

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C'est avec ce même esprit de "pied-nickelé" que Jean Lacombe quitte le port de Toulon le 20 avril 1955, s'engageant dans la grande aventure avec des moyens dérisoires : « deux pains d’une livre et un pauvre matériel de navigation acheté au marché aux puces. » Plus incroyable encore, il n’avait « encore jamais été sur la mer ! » avant ce départ monumental. Son ouvrage, « À moi l’Atlantique, » est le seul de ses écrits qui ait été publié de son vivant, malgré le fait que « durant toute sa vie, Jean Lacombe ne cessera jamais d’écrire. » Il a également été vu « en train de filmer avec sa caméra 16 mms, » capturant probablement ses expériences pour des récits futurs ou des documentaires.

L'apogée de sa relation avec le Golif se manifeste en 1964, lorsque Jean Lacombe court la Transat en Solitaire (Ostar) à bord de ce voilier. Cette participation à une course aussi exigeante, symbolisant l'endurance et le courage des marins solitaires, a ancré le Golif dans la légende nautique comme un bateau capable de grandes choses, entre les mains d'un homme audacieux et visionnaire. L'histoire de Jean Lacombe est un témoignage puissant de la capacité du Golif à emmener ses marins loin, très loin, bien au-delà de l'horizon.

La Réputation Marine du Golif : Expériences et Appréciations des Navigateurs

Au fil des décennies, le Golif a forgé sa réputation de voilier fiable et attachant, souvent décrit avec une affection particulière par ses propriétaires. Nombreux sont ceux qui le considèrent comme « très marin » et capable de faire face à diverses conditions météorologiques. Un propriétaire, après « 50 ans de voiles et beaucoup de bateaux, » a même déclaré que son « vieux Golif a été mon meilleur bateau par tous les temps !!! » Cette affirmation a suscité un débat, avec la question « Par tous les temps ???????????? » Mais la réponse apportée par un autre marin vient étayer cette vision positive : « Même s’il n’est pas rapide par petit temps, il reste pour moi le plus agréable et plus sécurisant des voiliers de cette taille ! Puissant dans la brise, avec un cockpit profond et bien défendu, c’est un vrai marin qui peut aller loin ! »

Ces témoignages concordent pour dépeindre un bateau résolument sûr et efficace. Le pont, qui « peut déplaire à certains, est un modèle du genre, » et « aucun bateau de cette taille n’offre une circulation aussi confortable et sécurisante ! » L'intérieur est jugé « fonctionnel et bien pensé, » et bien qu'il dispose de « 4 couchettes, » il est « parfait à deux ou encore avec un gamin ! » Cet équilibre entre sécurité, confort et fonctionnalité contribue à son attrait durable.

Le Golif est également loué pour sa capacité à pardonner les erreurs, ce qui en fait un choix « idéal pour débuter à la voile !!! » Il est considéré comme « très habitable car il n'est pas cloisonné, » offrant ainsi un espace de vie ouvert et convivial. Si certains le trouvent « pas très beau, » ils s'accordent à dire qu'il est « très sympa. » D'autres, en revanche, le trouvent « très beau et reconnaissable parmi tous. » L'esthétique de son rouf, plus étroit au centre, a pu diviser les opinions : « Moi, je n'ai jamais compris l'intérêt de faire le rouf plus étroit au centre… » Mais cette singularité participe aussi à son charme.

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Malgré ses qualités, certains aspects sont à prendre en compte. Un propriétaire souligne qu'il est un « bon petit bateau, spacieux, » et « également très marin. » Cependant, « au-dessus de force 6, il dérive pas mal tout de même, » et « il ne faut pas le surcharger de toile. » Ces observations, partagées au sein de la communauté, contribuent à une compréhension nuancée et pratique de ses performances.

Le Golif a même eu son heure de gloire cinématographique, apparaissant comme « une vedette au cinéma » dans le film « Que la bête meure » de Claude Chabrol, ajoutant une touche de célébrité à son héritage. Cette présence à l'écran souligne son statut de bateau emblématique, inscrit dans l'imaginaire collectif.

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