L'Assiduité et l'Inclusion dans l'Enseignement de la Natation au Collège : Enjeux, Réglementations et Adaptations Pédagogiques

L'enseignement de la natation revêt une importance fondamentale au sein du parcours scolaire, étant une discipline obligatoire qui fait partie du programme officiel de l'Éducation Nationale de la maternelle jusqu'au lycée. Permettre à chacun de pouvoir nager en sécurité, dès le plus jeune âge est une des priorités de l’enseignement d’éducation physique et sportive. Les objectifs visés en fin de scolarité obligatoire se traduisent par des exigences de maîtrise qui vont bien au-delà de la simple sécurité en milieu aquatique. En effet, l’École apporte une contribution majeure à l’acquisition de l’aisance aquatique, qui se définit comme une première expérience positive de l’eau qui fonde la capacité à agir de façon adaptée dans une diversité de situations rencontrées en milieu aquatique. Cette aisance aquatique, envisagée comme un continuum ouvert d’acquisitions, est particulièrement visée pour les enfants de moins de 7 ans. L'acquisition du « savoir-nager » en sécurité correspond à une maîtrise du milieu aquatique. Son acquisition doit être envisagée dès que possible au cycle 3 (classes de CM1, CM2 et sixième). Sa maîtrise permet d’accéder à toute activité aquatique ou nautique susceptible d’être programmée dans le cadre des enseignements obligatoires ou d’activités optionnelles en EPS, ou à l’extérieur de l’école.

Cadre Réglementaire et Sécurité des Activités Aquatiques

La mise en œuvre des activités aquatiques scolaires est encadrée par une réglementation stricte visant à garantir la sécurité de tous les participants. La présente note de service a pour objet de définir les conditions de l’acquisition par les élèves, dès leur plus jeune âge, d’une aisance suffisante pour évoluer en sécurité dans le milieu aquatique et de définir l’enseignement de la natation dans le cadre scolaire, dans le respect de la réglementation en vigueur. Il est attendu des élèves une maîtrise du milieu aquatique permettant de nager en sécurité dans un établissement de bains ou un espace surveillé (piscine, parc aquatique, plan d’eau calme à pente douce).

Responsabilités et Encadrement :La responsabilité de l’enseignant, comme celle de tout citoyen, est personnelle sur le plan pénal. L’attention de TOUS les enseignants sera attirée sur le fait que leur responsabilité est à tout instant engagée. Néanmoins, l’article L. 911-4 du Code de l’éducation prévoit la substitution de la responsabilité de l’État à celle des membres de l’enseignement à l’occasion de dommages subis ou causés par les élèves. La présence de personnels de surveillance et d’encadrement au cours de l’enseignement de la natation ne modifie pas les conditions de mise en jeu de la responsabilité des professeurs. Comme pour les professeurs, la responsabilité d’un intervenant professionnel ou bénévole apportant son concours à l’encadrement des élèves durant le temps scolaire peut être engagée si celui-ci commet une faute qui est à l’origine d’un dommage subi ou causé par un élève.

La natation scolaire nécessite un encadrement des élèves renforcé dans le premier degré ; le professeur peut-être aidé dans cette tâche par des intervenants agréés, professionnels ou bénévoles. Dans chaque degré d’enseignement, le professeur veille à présenter les enjeux pédagogiques aux intervenants, professionnels ou bénévoles. L’encadrement est un terme qui s’applique à chaque adulte prenant en charge les élèves du début à la fin de la séance. Dans le second degré, l’encadrement est assuré par le professeur d’EPS responsable de la classe ou du groupe-classe, comme pour toutes les activités d’EPS. Dans le second degré et compte tenu de la qualification des professeurs d’éducation physique et sportive en matière de sauvetage, cette tâche de surveillance des scolaires pourra être assurée par une seule personne, exclusivement affectée à cette tâche, quel que soit le nombre de classes présentes dans le bassin. Les professeurs des écoles qui exercent dans le second degré sont soumis aux mêmes règles du taux d’encadrement du premier degré. Ils peuvent être accompagnés du professeur d’EPS. Pour le premier degré, tout en respectant les taux d’encadrement précisés en fonction du niveau de scolarité, la surveillance pourra être assurée, en surplus du taux d’encadrement minimal, par un personnel titulaire d’un des diplômes prévus à l’article A. L’activité se déroule sous la surveillance d’un personnel titulaire d’un des diplômes prévus à l’article A. Dans tous les cas, un des membres de l’équipe d’encadrement (professeur ou d’un personnel titulaire d’un des diplômes prévus à l’article A. 322-8 du Code du sport) présent sur le bassin devra avoir été formé à l’utilisation du matériel de réanimation et de premiers secours.

Surveillance et Occupation du Bassin :Toutes les formes d’organisation doivent respecter la même exigence de sécurité avec une vigilance renforcée pour les modifications de tâche qui constituent un facteur potentiel d’accident. Les élèves ne doivent accéder aux bassins ou aux plages qu’en présence d’un surveillant. L’enseignement des activités de natation doit obligatoirement être fait sous la surveillance d’un personnel qualifié exclusivement affecté à cette tâche. Les surveillants du bassin sont exclusivement affectés à la surveillance et à la sécurité des activités, ainsi qu’à la vérification des conditions réglementaires d’utilisation de l’équipement et, par conséquent, ne peuvent simultanément remplir une mission d’enseignement. La surveillance des baignades ouvertes gratuitement au public, aménagées et autorisées, doit être assurée par du personnel titulaire d’un des diplômes prévus à l’article A.

Pendant toute la durée des apprentissages, l’occupation du bassin doit être appréciée à raison d’au moins 4 m² de plan d’eau par élève présent dans l’eau, pour des écoliers, et 5 m² pour des collégiens ou des lycéens. Pour les activités visant l’aisance aquatique pour les écoliers dans un bassin mobile, l’occupation du bassin doit être appréciée à raison d’au moins 3 m² de plan d’eau par élève présent dans l’eau. Dans le cas d’une ouverture concomitante du bassin à différents publics, les espaces réservés aux élèves doivent être clairement délimités, compte tenu des exigences de sécurité et des impératifs d’enseignement. Les dimensions des couloirs de nage sont souvent standardisées, avec une largeur du couloir généralement de 2.50 m. Les longueurs des bassins peuvent varier, on trouve par exemple des bassins de 25 m x 2.50 m, de 33 m x 2.50 m, ou de 50 m x 2.50 m.

Le Parcours d'Apprentissage du Nageur : De l'Aisance Aquatique au Savoir-Nager

Le parcours de formation du nageur sécurisé débute dès l’école maternelle, avec l’objectif d’une première expérience positive de l’eau et l’acquisition par tous d’une aisance aquatique. C’est pourquoi l’identification, le suivi et la validation des compétences nécessaires à une évolution en sécurité dans le milieu aquatique pour tous les élèves font l’objet de toute l’attention nécessaire au long de ce parcours. L’acquisition des connaissances et des compétences liées au savoir-nager s’envisage à travers la programmation de plusieurs séquences d’apprentissage réparties dans les cycles d’enseignement de l’école primaire, du collège et du lycée. Cet apprentissage se fait sous la responsabilité des professeurs, dans le respect des consignes de sécurité.

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Le programme est vaste et les objectifs nombreux. Ils dépendent de chaque cycle et diffèrent en fonction du niveau de l’enfant. Tout au long de la scolarité, de l’école élémentaire à la fin du collège, le programme et l’évaluation de natation se divisent en 3 paliers.

Paliers d'Apprentissage :* Premier palier, à la fin du cycle 2 (CP, CE1, CE2) : l’élève doit être capable de se déplacer sur environ 15 mètres, sans appui et sans planche. Il doit également être en mesure de réaliser un petit parcours : sauter dans l’eau, se déplacer sous l’eau et se laisser flotter quelques instants avant de regagner le bord, le tout dans un bassin avec une profondeur moyenne.

  • Deuxième palier, à la fin du cycle 3 (CM1, CM2) : l’élève doit pouvoir se déplacer sur environ 30 mètres sans appui et sans planche. Il doit aussi être capable de faire un virage. Et de réaliser un parcours : saut en grande profondeur, passage dans un cerceau sous l’eau, sur-place de 10 secondes avant de regagner le bord.
  • Troisième palier, dès la 6ème et au plus tard en fin de 3ème : l’élève doit réaliser un parcours complet composé de 5 étapes, sans prendre appui au bord du bassin. Il doit sauter, dans une eau profonde, revenir à la surface et passer sous un obstacle, nager 20 mètres sur le ventre et sur le dos, rester 10 secondes sur place, et terminer en repassant sous un obstacle flottant. Une 10e composante au parcours est ajoutée « s’ancrer de manière sécurisée sur un élément fixe et stable ». Il peut être préparé et passé dès le cycle 2. Elle est validée prioritairement dans les classes de CM1, CM2 ou 6ème.

Attestations et Continuité Pédagogique :L’acquisition du savoir-nager en sécurité est attestée par la réussite au test savoir-nager en sécurité, prioritairement à la fin du cycle 3. L’attestation du savoir-nager en sécurité ne représente pas l’intégralité des compétences fixées par les programmes d’enseignement. La réussite des élèves à l’ASNS est obligatoirement renseignée, dès que possible, dans le livret scolaire unique (LSU) qui suit l’élève tout au long de sa scolarité. La réussite au test Pass-nautique, antérieurement désigné « aisance aquatique », permet l’accès aux activités nautiques et aquatiques dans le cadre des accueils collectifs de mineurs conformément aux dispositions des articles A. 322-3-1 et A. Envisagée comme un continuum ouvert d’acquisitions, l’aisance aquatique est particulièrement visée pour les enfants de moins de 7 ans. Enfin, dans un souci de mise en cohérence des actions scolaires et extra-scolaires visant l’évolution des jeunes en sécurité dans les milieux aquatiques, les dispositions certificatives ont été réorganisées.

Le parcours de formation de l’élève s’initie dans la perspective d’une aisance aquatique, dès le cycle 1. Il se traduit par des situations de découverte et d’exploration du milieu aquatique. La fréquence, la durée des séances et le temps d’activité dans l’eau sont des éléments déterminants pour assurer la qualité des apprentissages. Dans le cadre d’une séquence d’enseignement, une séance hebdomadaire est un seuil minimal. Des programmations plus massées (2 à 4 séances par semaine), voire sous forme de stage sur plusieurs jours consécutifs, peuvent être encouragées. Elles peuvent constituer des réponses efficaces dans des contextes particuliers, à des projets ou à des besoins, notamment pour les actions de soutien et de mise à niveau. Au cycle 3, la natation fera l’objet, si possible, d’un enseignement chaque année du cycle. Une évaluation organisée avant la fin du CM2 permet de favoriser la continuité pédagogique avec le collège et notamment de garantir la validation de l’ASNS en proposant aux élèves qui en ont besoin les compléments de formation nécessaires. L’établissement (le collège ou le lycée) met en place l’enseignement de la natation au regard des objectifs fixés par les programmes d’éducation physique et sportive (EPS) : cet enseignement s’inscrit dans le projet d’établissement et le projet pédagogique d’EPS. La prise en compte des non-nageurs dans les lycées doit être, dans la mesure du possible, une priorité des équipes pédagogiques d’EPS. L’identification des élèves n’ayant pas validé l’ASNS ou pour lesquels le niveau de compétences n’est pas défini doit être un objet de la liaison troisième-seconde.

Gestion des Inaptitudes et Dispenses à la Pratique de la Natation

Bien que la natation soit une discipline obligatoire, il existe des situations où les élèves peuvent être dispensés de sa pratique, nécessitant une gestion rigoureuse et encadrée. Une dispense de piscine scolaire est un document qui autorise un élève à ne pas participer aux cours de natation dispensés par le professeur d’Éducation Physique. Elle peut être à durée limitée ou concerner l’année scolaire dans sa totalité. La dispense est acceptée si les motifs sont valables et si aucune adaptation du cours n’est possible.

Nature et Procédure des Inaptitudes :L’inaptitude est l’incapacité physique (due à un problème moteur) qu'a un élève à participer à un cours de natation. Elle est reconnue par un médecin qui fournit à l’élève un certificat médical d’inaptitude à la pratique de la natation. Cette inaptitude peut être partielle ou totale, temporaire ou permanente. Le cadre juridique et réglementaire de l’inaptitude médicale à la pratique de l’EPS prévoit des situations d’inaptitude partielle. Cela consiste en des contre-indications formulées en termes d’incapacités fonctionnelles (types de mouvements, types d’efforts, situations d’exercice et d’environnement) dans le cadre d’une pratique sécurisée. Le certificat médical doit indiquer le caractère total ou partiel de l'inaptitude.

Pour obtenir une dispense de piscine, il est primordial de se rendre chez le médecin. Si auparavant, un simple mot des parents suffisait, aujourd'hui, un avis médical est obligatoire. Les parents doivent cependant préciser leur souhait dans le carnet de correspondance ou de liaison de l’enfant. Au début du cours de natation, l’élève doit présenter son carnet et le certificat médical au professeur d’EPS (pour les cours au collège et le lycée) ou à l’enseignant en charge des cours de piscine (pour les cours de natation en primaire). C’est à l’enseignant ou au professeur d’EPS de juger si la dispense est valable ou non (en cas d’absence de certificat médical).

Cas Particuliers de Dispense et Présence :Invoquer la période des règles pour être dispensé de piscine n’est aujourd'hui plus un motif valable aux yeux des professeurs pour être dispensé de piscine. Dans certains cas, il est exigé à l’élève d’être présent même s’il ne participe pas aux activités. Dans le cas contraire, l’établissement doit trouver une occupation pour l’élève dispensé. Ce dernier n’est pas autorisé à rentrer à son domicile ni à errer dans les couloirs de l’école.

Inclusion et Adaptations Pédagogiques pour les Élèves à Besoins Particuliers

La natation, en tant qu'expérience corporelle caractéristique liant les élèves à leur environnement, offre des opportunités uniques d'inclusion, notamment pour les élèves en situation de handicap. La diversité des pathologies implique une diversité d’adaptations pédagogiques à mettre en place pour faire de la natation une pratique inclusive : aucune généralisation n’est possible.

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Anticipation et Partenariat :L’accompagnement des élèves en situation de handicap nécessite une préparation minutieuse. Le partenariat de l’équipe enseignante avec les professionnels chargés du soin et les parents est fondamental et permet d’élaborer le projet personnalisé de scolarisation (PPS) ou le projet d’accueil individualisé (PAI). Ces documents doivent permettre d’ajuster les exigences en tenant compte des répercussions du trouble et des besoins particuliers de l’élève. L’enseignant doit pouvoir organiser son enseignement tout en assurant la sécurité du jeune. Une information devra être faite aux responsables de la surveillance de la piscine de la présence dans le groupe de sujets souffrant de troubles particuliers sans indications diagnostiques (seuls les parents peuvent les apporter s’ils le jugent opportun). Une surveillance plus étroite est demandée, notamment pour les troubles épileptiques.

Préparation de la Séance et Accessibilité :La première séance à la piscine peut être préparée en amont par une reconnaissance des lieux ainsi que par un travail avec l’élève sur l’acceptation du regard de l’autre (notamment en cas de port de prothèse ou d’orthèse, de déformation) et par une information auprès de ses pairs afin d’éviter les peurs éventuelles. Selon le type de handicap, il peut être nécessaire de vérifier l’accessibilité de la piscine aux personnes en fauteuil roulant et à mobilité réduite. Tout le parcours de l’élève, depuis l’entrée dans le lieu en passant par les vestiaires, les toilettes, la douche, le pédiluve, le déplacement sur le bord du bassin jusqu’à l’entrée dans l’eau, doit faire l’objet d’une expertise. Le transport jusqu’à la piscine doit aussi être réfléchi et organisé. La première heure le matin ou la dernière heure le soir sont à privilégier : les parents ou le transporteur pouvant déposer ou reprendre directement l’enfant à la piscine.

S’il existe une activité bébés nageurs, il serait intéressant que ce créneau puisse précéder ou succéder celle-ci, car la température plus chaude de l’eau évitera le refroidissement (néanmoins, cette activité a souvent lieu dans des bassins spéciaux). Le port d’une combinaison peut aussi être une solution pour maintenir la chaleur corporelle. Concernant ce point, on permettra si besoin à l’élève d’attendre plutôt dans l’eau, en le surveillant, qu’à l’extérieur. Il est cependant préférable que l’élève puisse, comme les autres, écouter les explications et assister aux démonstrations sur le bord du bassin, alors recouvert par exemple d’une serviette. La piscine est souvent un espace bruyant. Il faut veiller à cette dimension dans le cadre d’apprentissage, certains élèves y étant particulièrement sensibles.

Modalités d'Accompagnement et d'Organisation :La gestion du groupe reste un facteur déterminant des possibilités et des modalités de mise en place de situations adaptées. Les équipes pédagogiques devront, autant que faire se peut, inscrire l’élève dans une classe qui favorise ces adaptations. Un changement de groupe seulement pour la natation, comme pour d’autres Apsa, peut aussi parfois être une solution (des groupes de non-nageurs sont souvent constitués), comme, si besoin, l’inscription dans des cours adaptés. L’accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) peut permettre à l’enfant de se sentir plus en sécurité, notamment en accompagnant l’élève dans l’eau. Comme précisé dans la circulaire n° 2017-127 du 22 août 2017, les AESH qui accompagnent les élèves à la piscine, y compris dans l’eau, n’ont pas besoin d’agrément. AVS ou AESH accompagnent les élèves en situation de handicap à la piscine, y compris dans l’eau, quand c’est nécessaire en référence au projet d’accueil individualisé ou au projet personnalisé de scolarisation. Ils ne comptent en aucun cas dans le taux d’encadrement et ne requièrent pas d’agrément. L’aide des pairs est aussi très bénéfique, néanmoins pour les plus jeunes, elle doit être exceptionnelle et très encadrée.

Le B. La singularité et la spécificité des obstacles rencontrés par les élèves non-nageurs (y compris les élèves en situation d’aptitude partielle) sont prises en compte dans les formes de groupements et l’organisation du taux d’encadrement, au regard des contextes d’enseignement.

Stratégies Pédagogiques Inclusives :Les variables didactiques permettant de rendre la natation accessible concerneront principalement le matériel, l’espace, le temps, les consignes, la relation aux autres, l’évaluation. Avec les élèves à mobilité réduite, l’enseignant doit faire des choix et se centrer sur les compétences attendues essentielles. L’acquisition des mouvements nécessaires à un rétablissement dorsal, au retournement, assurant la survie en cas d’accident est prioritaire, comme souffler et mettre la tête dans l’eau. Il est primordial aussi, bien sûr, que le premier contact avec l’eau se passe au mieux, de mettre en confiance, de rassurer et de ne jamais forcer les élèves sous peine de voir se développer une phobie de l’eau.

L’eau facilite la liberté de mouvement plaçant les élèves en état d’apesanteur et permettant à certains de quitter leur appareillage. Ils peuvent retrouver ou découvrir la position verticale, construire et découvrir de nouveaux équilibres avec un travail sur les changements d’appui et de position du corps, s’immerger, contrôler leur respiration, que le corps soit flottant ou propulseur. Les modes de propulsion peuvent être plus ou moins conventionnels. On peut également proposer des palmes, des gants palmés (mais seulement pour les plus expérimentés) pour faciliter la propulsion. Des pauses ou temps de récupération sont souvent utiles. Il s’agit de soulager l’élève d’une partie de la tâche (par exemple en proposant un retour hors de l’eau). Des zones intermédiaires de repos peuvent être installées (sur des tapis notamment) et on peut donner à l’élève la possibilité de s’asseoir. Aucune contrainte ou limite de temps n’est imposée lors de la réalisation d’un parcours ou d’un déplacement.

L’apport de repères spatio-temporels est souvent nécessaire pour déclencher une action ou aider l’élève à se positionner dans l’espace : ils seront sonores, verbaux (jouer sur les images verbales : par exemple se positionner comme une fusée), visuels (objets, photos, dessins, symboles, pictogrammes, couleurs) ou tactiles (petite tape dans le dos par exemple). Il peut être également important d’aider l’élève à décomposer un mouvement, enchaîner des actions, en le faisant verbaliser ou en verbalisant à sa place les différentes étapes. S’appuyer si besoin est sur des images séquentielles ou une vidéo est intéressant. Cela peut permettre également aux élèves de mieux mémoriser un parcours. Les activités impliquant une double tâche et mobilisant l’attention de l’élève sur deux objets sont à éviter. Tenir compte de la fragilité, de la fatigabilité physique et cognitive, des douleurs, des difficultés pour maintenir l’attention, des troubles de la mémorisation et de la lenteur d’exécution, troubles associés moins visibles, est indispensable pour une adaptation pédagogique efficace.

La médiation de l’image permet aux élèves d’observer et de formuler des hypothèses pour réaliser le parcours le mieux adapté, pour améliorer les déplacements ou l’apprentissage du savoir nager. L’observation doit utiliser des critères précis, qualitatifs et quantitatifs. Les élèves discutent alors entre eux, choisissent leur contrat de travail et les tests à réaliser en fonction des hypothèses émises sur la relation des causes et des effets. On peut pour cela mettre à leur disposition une tablette numérique avec, par exemple, un logiciel comme Kinovéa.

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Évaluation des Acquis en Natation

L'évaluation des compétences en natation doit être adaptée pour tenir compte de la diversité des élèves et des objectifs pédagogiques spécifiques, notamment dans le contexte de l'inclusion. Les connaissances et les capacités s’acquièrent progressivement et doivent être régulièrement évaluées.

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