Chansons engagées contre le nucléaire : voyage musical et réflexions

Depuis plus de 60 ans, la musique s'est emparée de la question nucléaire, qu'elle soit civile ou militaire, pour dénoncer, alerter et inviter à la réflexion. Des mélodies mélancoliques aux rythmes punk, en passant par le rap et l'électro, les artistes du monde entier ont exprimé leurs craintes et leurs espoirs face à cette énergie controversée.

Kraftwerk et l'insaisissable radioactivité

Le groupe allemand Kraftwerk, pionnier de la musique électronique, a su retranscrire le caractère insaisissable de la radioactivité dans l'air à travers un morceau intemporel. Créé à l'aide de synthétiseurs, ce titre évoque des émotions froides et tristes, préfigurant l'avènement du genre new wave.

Hubert-Félix Thiéfaine et le délire nucléaire

Le chanteur jurassien Hubert-Félix Thiéfaine aborde le sujet du nucléaire dans un de ses morceaux les plus connus, suscitant d'abondantes divergences quant à son interprétation. Les paroles, empreintes d'un délire halluciné, dressent un portrait sombre et apocalyptique d'un monde contaminé.

The Clash et la dénonciation politique

Le mythique groupe de rock anglais The Clash dénonce dans un titre sorti en 1979 un obscur politicien réactionnaire australien, Joh Bjelke-Petersen, qui s'était spécialisé dans le délogement de populations aborigènes pour vendre leurs terres afin de développer des mines d'uranium et réaliser des essais d'armes nucléaires.

Gil Scott-Heron et la révolution non télévisée

Le musicien, poète et romancier américain Gil Scott-Heron, célèbre pour ses chansons-poèmes et textes engagés, est l'auteur du très important "the revolution will not be televised".

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Le new-wave et l'histoire d'Hiroshima

Un des morceaux les plus connus du genre new-wave des années 80 raconte l'histoire de l'avion et du pilote qui ont bombardé Hiroshima en 1945.

Castelhemis et la critique des centrales nucléaires

L'auteur engagé Castelhemis signe en 1982 l'un des morceaux les plus revendicatifs contre les centrales nucléaires de la chanson française, soulignant qu'une centrale nucléaire n'est pas une installation infaillible, contrairement à ce que les décideurs tentaient alors de faire croire.

La Movida espagnole et la bombe atomique

Un des tubes de la Movida espagnole, le mouvement culturel post-franquiste qui a embrasé les pistes des discothèques du monde entier, commence pourtant avec un couplet acide : « la bombe a explosé, les radiations grillent et nuancent le bleu du ciel ».

Nena et les 99 ballons rouges

Et si 99 ballons de baudruche traversaient une frontière du Rideau de fer, étaient pris pour une tentative d'invasion et déclenchaient une guerre nucléaire ? C'est le scénario de ce hit allemand des années 80 qui a su s'imposer dans le monde entier.

Sting et l'appel à la paix

Sting, ex-frontman de Police, appelle à un message de paix et à l'apaisement des tensions de la Guerre Froide à travers son morceau "Russians" qui scande : « J'espère que les russes aiment leurs enfants aussi ».

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Le rap et la dénonciation des bombes atomiques

Une petite production indépendante américaine aux sonorités hip hop old-school reste un morceau assez confidentiel, mais son message est on ne peut plus clair contre les bombes atomiques. Le clip a gagné quelques prix dans le domaine de la réalisation indépendante.

The Blue Hearts et Tchernobyl

The Blue Hearts, un des groupes de punk-rock japonais les plus reconnus, ont sorti le morceau "Chernobyl" (チェルノブイリ), qui leur a valu quelques problèmes avec leur label car celui-ci était financé en grande partie par Mitsubishi, une entreprise liée à l'industrie nucléaire.

Oi Polloi et les déchets nucléaires

Les anarcho-punks écossais d'Oi Polloi, qui officient depuis 1981, n'ont écrit que des chansons militantes et bien souvent écologistes. Leur morceau "Nuclear Waste" résonne comme un réquisitoire contre les dangers de continuer à produire des déchets radioactifs ingérables et une ode aux énergies renouvelables.

Ludwig von 88 et le sacrifice des liquidateurs de Tchernobyl

Les Ludwig von 88, célèbre groupe de punk-alterno français à boite à rythmes, ont voué une haine féroce au nucléaire. Leur chanson "Cs 137", sortie sur leur album "Ce jour heureux est plein d'allégresse" en 1990, est une ode au sacrifice des liquidateurs de Tchernobyl.

Dominique A et les conséquences à long terme

Sorti sur le 11è album du talentueux chanteur français Dominique A, "Imprudence", la chanson "Le dimanche à Tchernobyl" souligne à travers des paroles quelque peu énigmatiques comment les conséquences de la catastrophe continueront d'irradier encore longtemps, et ce même après notre fin.

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Rankin Taxi et l'angoisse de Fukushima

Rankin Taxi, pionnier de la scène reggae japonaise, a écrit les paroles de sa chanson "Personne ne peut la voir, ni la sentir" dans les semaines qui ont suivi le début de l'accident de Fukushima, exprimant l'angoisse de la population face aux substances radioactives rejetées par la centrale dans l'air et dans l'océan Pacifique.

Strange Factory et la rage de Fukushima

Obscur groupe de la scène hardcore japonaise, Strange Factory est une bande de punks de Koriyama, une grande ville toute proche de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima. Ayant choisi de rester dans la région malgré les retombées, ils ont décidé d'expier la rage que la catastrophe leur a inspiré à travers un 45 tours d'une violence musicale inouïe proche du bruitisme.

Sexy Sushi et l'angoisse de la bombe

Les enfants terribles de l'electro-clash française Sexy Sushi s'éloignaient eux aussi en 2013 de leur dérision habituelle dans un morceau dédié à l'angoisse de la bombe.

Zweierpasch et la centrale de Fessenheim

François Hollande avait promis de fermer la centrale vieillissante de Fessenheim avant 2016. Mais en 2018, rien n'avait encore changé et le duo de hiphop Zweierpasch, les jumeaux Felix et Till Neumann, rappaient dans cette chanson franco-allemande : "Stop, Fessenheim, stop, il faut fermer la centrale". Si cette fermeture s'est enfin profilée, il aura fallu encore attendre le 30 juin 2020 pour que les 2 réacteurs de cette vieille carlingue soient arrêtés.

Arno et l'envie de vivre

Arno ouvre son album "Human Incognito" sur un blues au tempo lent avec l'existentialiste « I’m Just An Old Motherfucker » qui pleure les faiblesses des expériences de sa vie et de son corps qui fout le camp avec l’âge. Puis il enchaîne avec la ballade déglinguée « Je veux vivre » d’une métaphore à fleur de peau animalière « Je veux vivre dans un monde où les chiens embrassent les chats, et où ils dansent, ils dansent une rumba. La ballade « Oublie qui je suis » comme un dernier signe avant la rupture. La basse envoutante de « Dance like a goose » nous emmène sur un solo de guitare plaintive. A quoi peut-on s’attendre avec « Une chanson absurde » d’Arno ? Bravo Arno qui n’est ni « l’ Higelin ou le Tom Waits Belge » mais tout simplement, Arnold Charles Ernest Hintjens, le rocker au coeur tendre, qui mélange le flamand et l’anglais à la langue de Molière.

Artistes internationaux chantant en français

De nombreux artistes internationaux ont tenté l'expérience de chanter en français, parmi lesquels :

  • David Bowie avec "Heroes" (Héros)
  • Nina Simone avec "Ne me quitte pas" de Jacques Brel
  • Big Soul avec "Le Brio (Branchez la guitare)"
  • Nat King Cole avec "Je ne partirai pas" (version française de "L.O.V.E.")
  • Joan Baez avec "Pauvre Rutebeuf" de Léo Ferré

Le Réseau "Sortir du nucléaire" : un contre-pouvoir citoyen

Totalement indépendant de l'État, le Réseau "Sortir du nucléaire" dépend exclusivement du soutien de ses donateurs. C'est grâce à ce soutien financier qu'il peut mettre tout en œuvre pour offrir aux générations futures l'espoir d'un avenir sans risques nucléaires.

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