L'attraction des profondeurs et l'appel de l'eau
La natation synchronisée a le vent en poupe. Musique classique à plein volume. On peine à l’entendre. Les clapotis font écho et résonnent dans la piscine couverte de l’équipe de France. Une entraîneuse bat la mesure sur une tige en fer qu’elle plonge dans le bassin. Les championnes de natation synchronisée gardent le rythme. Les huit naïades s’entraînent sans relâche, sur le tempo des battements métalliques : des vrilles, des apnées, des poiriers. Elles surgissent, à 1 mètre au-dessus de l’eau. Replongent, émergent. Et certaines semblent flotter dans l’air.
Mélange de gymnastique, de danse et de sport d’endurance, la natation synchronisée a le vent en poupe. « C’est un sport très complet, qui combine exigence et esprit d’équipe », explique Virginie Dedieu, médaillée olympique, septuple championne de France solo et triple championne du monde. Avec 18 000 membres, la discipline représente désormais la troisième plus grosse section de la Fédération nationale de natation, qui compte toujours plus d’adeptes chaque année. Connue depuis l’Antiquité, réinventée au début du XXe siècle, la « nat synchro » est entrée aux Jeux olympiques en 1984. Un temps cantonnée parmi les sports spécialisés et un peu ringards, elle connaît un boom auprès du grand public grâce aux actrices américaines qui le pratiquent. Et en France aussi. Chez nous, les enfants accompagnent leurs mamans qui vont chercher dans l’eau les bénéfices d’un sport tonifiant ! L’engouement s’inscrit dans le contexte général d’un retour aux sports aquatiques.
« En Espagne, aux Etats-Unis ou en Chine, par exemple, les nageuses sont des superstars », dit Corinne Ribault, directrice technique adjointe de la fédération. Si les nageuses de l’équipe de France s’entraînent cinq heures par jour, beaucoup d’amateurs n’hésitent plus à se mouiller une ou deux heures par semaine. « L’eau, c’est tendance », confirme Ludivine Prost, fondatrice d’un club d’Aquabiking qui ne désemplit pas. Son centre propose des séances d’entraînement sur un vélo, en groupe, avec un coach et de l’eau jusqu’au nombril. « L’avantage du sport aquatique est qu’il n’y a presque jamais de traumatismes et de claquages, promet Ludivine. Les gestes sont plus doux. Et l’eau masse. Idéal pour dessiner des muscles fins et longilignes. »
L'héritage d'une sirène : Arielle Dombasle et l'élément liquide
Carole Bouquet et Arielle Dombasle en sont fans. « Je nage depuis toujours, s’amuse Arielle. Dès qu’il y a un lac, une rivière, une cascade, une piscine ou la mer, je suis dedans. J’ai passé toute mon enfance dans les vagues de l’océan Pacifique. On m’appelait “Arielle la petite sirène”… » Un rêve de petite fille, donc. C’est aussi ce qui a fait plonger les adeptes de natation synchronisée, parfois dès l’âge de 5 ans.
Pour Arielle Dombasle, cette connexion avec l’eau n’est pas qu’une simple récréation, c’est une philosophie de vie. « Quand je nage, car je nage, je me sens en apesanteur, oui, j’en profite pour répéter mes textes au cinéma ou les scores de musique. Cet amour de l’eau me vient de mon père. J’ai été élevée au Mexique par un homme très exigeant. Depuis, d’ailleurs, je n’ai peur de rien : à l’âge de 7 ans, j’ai pu descendre des torrents ; à l’âge de 8 ans, faire du ski nautique ; à l’âge de 10 ans, faire de la plongée sous-marine. Pour aider mon corps trop léger à descendre dans les profondeurs, on me mettait une ceinture de plomb autour de la taille. C’était dans les eaux du Pacifique. Mais j’ai obéi aux désirs de mon père : il voulait une fille intrépide. »
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Cette fascination pour la fluidité se retrouve dans sa carrière artistique. Il y a toujours eu quelque chose de singulièrement défiant chez Arielle Dombasle, une présence qui résiste à la définition autant qu’elle invite à la fascination. Actrice, chanteuse, réalisatrice et muse, elle a bâti une carrière non pas en suivant le rythme d’une industrie, mais en composant le sien. « Pour moi, la féminité consiste à inspirer la beauté… mais derrière cette mise en scène, vous devez sentir la vulnérabilité », confie-t-elle.
L'union des arts : entre scène, écran et engagement olympique
Diamant d'exception dans un écrin de beauté, Arielle Dombasle a su marier ses aspirations personnelles avec les exigences de la performance publique. C’est tout naturellement que le mythique cabaret parisien du Crazy Horse, dont l’ambition est de mettre en scène et de célébrer la femme, sous toutes ses formes, a fait appel à elle. Arielle Dombasle y apparaît seule et accompagnée des danseuses du Crazy Horse, dans des tableaux chorégraphiés par Molly Molloy.
Temple de la lumière et de l’élégance, le Crazy Horse Paris accueille sur sa scène des femmes d’exception pour des shows exclusifs, faisant écho à la polyvalence de l’artiste. Arielle Dombasle, liane rohmérienne capable de se lancer dans des airs baroques, a également su transposer son amour de l’eau et son sens du spectacle dans le cadre des Jeux olympiques de Paris.
Pour la cérémonie entourant l'arrivée de la flamme olympique à l'Hôtel de Ville de Paris, elle a interprété un hymne personnel, une performance née des harmonies de la Septième de Beethoven. « Il y a quelques années, alors que je chantais Purcell au Grand Palais, certains membres du Comité olympique sont venus m’écouter. L’art et le sport n’ont pas toujours fait bon ménage. Mais, dans la Septième Symphonie de Beethoven, j’entendais une musique profonde et triomphante. La musique classique, c’est de là que je viens. C’est comme ça que j’imagine une ode au monde du sport dans la passion, le dépassement de soi et la solennité. Cet hymne est né pendant la gestation de mon album Iconics, qui rend hommage aux femmes qui m’ont formée. Je me suis alors penchée sur leur place dans les Jeux olympiques. Elle a été gagnée de haute lutte quand on se rappelle le mépris que leur vouait Monsieur de Coubertin. »
L'esthétique de la liberté : une vie en mouvement permanent
Arielle Dombasle navigue entre les disciplines avec une curiosité qui définit sa carrière. « Je suis vraiment internationale, élevée au Mexique, née aux États-Unis, maintenant française. Tous les artistes doivent se protéger, car une image est créée que vous ne pouvez pas contrôler totalement, elle appartient au public. Mais vous devez rester fidèle à ce qui vous apporte plaisir, joie et satisfaction. »
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Son style, en constante évolution, témoigne de ce besoin de se renouveler sans cesse. Parfois attirée par les esthétiques préraphaélites, elle peut basculer vers le rock gothique ou embrasser des pièces futuristes de Paco Rabanne ou Pierre Cardin. Cette liberté se reflète également dans son rapport à la littérature. Invitée par la librairie parisienne 7L, qui abrite la bibliothèque Karl Lagerfeld, elle a exposé les œuvres qui ont nourri son identité, de Baudelaire à Rimbaud, en passant par Garcia Márquez.
Son éclectisme se nourrit autant de la danse classique, du cinéma de Rohmer ou d’Alain Robbe-Grillet, que des contes de fées qui, dès l'enfance, lui ont appris la vie à travers la plume de Perrault ou Andersen. Cette capacité à absorber des influences disparates pour les recréer avec sa propre signature est le cœur même de sa résilience artistique.
« Ne craignez pas la turbulence du monde. Vous portez quelque chose de précieux en vous, visez-le. Soyez clair sur ce que vous voulez, car il est facile de s'égarer. Restez curieux, restez ouvert, restez vivant. Le succès est imprévisible, alors embrassez le voyage et prenez ce qu'il y a de bon. » Cet impératif de liberté guide également son intérêt pour les nouvelles technologies. « J'adore l'intelligence artificielle. C'est un outil, et il doit être votre partenaire. Les outils pour la musique, le cinéma et les effets spéciaux ouvrent de nouveaux mondes. »
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