Un poisson qui nage sur le dos ou qui flotte le ventre en l'air est un spectacle inquiétant pour tout propriétaire d'aquarium. Il s’agit d’une problématique complexe qui peut être le signe de diverses pathologies, dont la plus emblématique est le trouble de la vessie natatoire. Bien que ce comportement puisse être alarmant, le poisson respire souvent normalement et reste capable de bouger. Il est donc crucial de savoir décrypter les signes pour agir efficacement, car les poissons vivent dans un milieu qui ne nous est pas familier et leur façon de communiquer échappe aux non-initiés.
Le rôle et le fonctionnement de la vessie natatoire
Les poissons possèdent un organe interne appelé vessie natatoire, qui ressemble à un ballon. Le rôle de cet organe est d’aider le poisson à rester stable dans l’eau et de contrôler la façon dont il flotte. Cet organe fonctionne comme un ballast de sous-marin : il se remplit d’eau ou d’air suivant les besoins du poisson pour se déplacer. Si le poisson veut nager vers le haut, il lui faudra plus d’air dans sa vessie natatoire et moins d’eau. À l’inverse, pour nager vers le bas, il va libérer de l’air de la vessie natatoire et la remplir avec de l’eau.
C’est l’incapacité du poisson à réguler cet équilibre air/eau qui cause la flottaison plus ou moins incontrôlée près de la surface. Le poisson peut alors remonter ventre en premier vers la surface, rester à l’envers ou penché d’un côté. De plus en plus fréquent chez les poissons rouges asiatiques, le trouble de la vessie natatoire est le problème de santé numéro un des Carassius auratus.
Causes courantes des troubles de la nage
Les habitudes alimentaires représentent la cause la plus fréquente de ce trouble. La constipation provoque un excès de nourriture dans l’intestin, qui gonfle et appuie contre la vessie natatoire. Avaler trop d’air en mangeant à la surface, ou manger un mauvais type de nourriture qui fermente dans l’intestin, aggrave le problème.
D’autres causes incluent les infections bactériennes ou virales, les blessures suite à un choc, les malformations génétiques, ou un aquarium trop petit. Un volume insuffisant comprime les organes internes du poisson, empêchant leur bon développement. Enfin, une accumulation de nitrates (NO3) ou la présence de nitrites (NO2) dans l’eau peut également entraîner des désordres physiologiques.
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Protocoles de soins et de rétablissement
Si votre poisson présente ces symptômes, la première solution à mettre en place consiste à le faire jeûner pendant 48 à 72 heures. Cette période permet au système digestif de se vider complètement et réduit la pression exercée sur la vessie natatoire. Pendant ce temps, maintenez une température d’eau stable, idéalement autour de 25°C, pour faciliter la digestion.
Si l’amélioration tarde à venir après 10 à 15 jours, vous pouvez faire prendre des bains spéciaux à votre poisson dans un bac hôpital. Dans un récipient temporaire d’une dizaine de litres, ajoutez une cuillère à café rase de sel pour aquarium (pas de sel de table) pour 5 litres d’eau. Laissez votre poisson se « détendre » dans ce bain pendant 30 minutes. Cela fait baisser la pression osmotique. Si vous soupçonnez une infection bactérienne, un traitement médicamenteux (type désinfectant général pour poisson d’aquarium) peut être envisagé.
Après le traitement, modifiez durablement l’alimentation. Privilégiez des granulés coulants avec un bon pourcentage de fibres et variez la nourriture en donnant 1 à 3 fois par semaine des légumes bouillis comme des petits pois décortiqués, de la courgette sans peau ou de la salade cuite.
Autres pathologies et signaux d'alerte
Il est indispensable de ne pas confondre le trouble de la vessie natatoire avec d'autres maladies fréquentes. L'aquariophilie exige une observation fine car de nombreuses pathologies se manifestent par des changements d'aspect ou de comportement.
Maladies parasitaires
- Ichthyophthirius (Points blancs) : Cette maladie est causée par un parasite provoquant l'apparition de petits points blancs de 0,3 à 1 mm. Le premier signe est une agitation anormale, les poissons sautant parfois au-dessus de la surface. Avec l'évolution, ils deviennent grisâtres et peuvent rester immobiles.
- Oodinium (Maladie de velours) : Une multitude de points jaunes ou dorés recouvrent le poisson, lui donnant un aspect velouté. Les branchies sont rouges et le poisson peut se frotter au décor tout en éprouvant des difficultés à respirer.
- Parasites externes (Argulus, Lernaea) : Le "pou de carpe" (Argulus) ressemble à une tête d'épingle noire collée sur le corps, tandis que le ver ancre (Lernaea) s'apparente à un petit bâton blanc provoquant des nodules.
Infections bactériennes et fongiques
- Pourriture des nageoires : Cette maladie attaque les nageoires qui semblent s'effilocher. Un liseré blanc laiteux apparaît à l'extrémité.
- Hydropisie : Le corps du poisson se gonfle et ses écailles se dressent. C'est souvent le signe d'une atteinte bactérienne avancée.
- Mycobactériose (Pseudo-tuberculose) : Elle entraîne un amaigrissement, un affaiblissement général et une déformation de la colonne vertébrale.
- Columnariose : Se caractérise par un voile blanc recouvrant la peau et les branchies, évoluant très rapidement.
Signes comportementaux généraux
Un poisson qui perd du poids alors qu’il s’alimente normalement, qui a une diminution significative de son appétit, qui reste serré contre son corps ou qui présente un comportement apathique doit être rapidement isolé. Les frottements répétitifs sur le fond ou les éléments du décor sont des indicateurs quasi systématiques d'une gêne ou d'une infection parasitaire.
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