Le détendeur de plongée ou régulateur est la colonne vertébrale de la pratique de l’activité. Il est à noter que tous les détendeurs qui sortent sur le marché européen doivent passer la norme EN250 qui consiste à tester les détendeurs à 50 mètres, avec 50 bars dans le bloc, avec un rythme ventilatoire de 25 cycles par minute et un volume de 2.5 litres par cycle. Alors comment choisir son détendeur parmi toutes les offres sur le marché ?
Un détendeur est composé d’un premier étage qui va détendre l’air de la bouteille de 200 bars à une pression intermédiaire ou moyenne pression (MP) de 8,5 bars à 12 bars selon les modèles. Le système de fixation peut être en Din ou en Étrier (INT). Le deuxième étage principal et octopus sont ceux que l’on vient mettre dans la bouche et qui permettent de détendre l’air du premier étage (8,5 bars à 12 bars) à une pression ambiante respirable.
Comprendre les technologies des premiers étages
Il existe des premiers étages à piston simple qui ont l’avantage de présenter peu de pièce, d’être robuste, de demander peu d’entretien, d’être fiable… bref le 4*4 de la mer. L’inconvénient est la performance, en effet la moyenne pression diminue en fonction de la pression de la bouteille d’où un détendeur de plus en plus dur au fur et à mesure de la plongée. C’est souvent le choix des clubs ou des débutants qui ne souhaitent pas aller plus avant. On retrouve le Mk2 de Scubapro, le Calypso d’Aqualung, le Rover 2S de Mares, le AC2 de Cressi… ils sont tous fiables car simples avec le même type de fonctionnement.
On a des premiers étages à piston compensé qui permettent une moyenne pression constante quelque soit le pression dans la bouteille, ce qui a l’avantage d’avoir un détendeur aussi souple en début de plongée qu’en fin de plongée. C’est le cas du mk25 et MK21 de Scubapro, du MC25 de Cressi.
On a des premiers étages membrane compensée qui permettent une pression constante quelque soit la pression de la bouteille. Ce sont des premiers étages robustes, performants, stables dans le temps pour la plupart. C’est une bonne alternative pour les plongeurs loisirs qui souhaitent aller plus loin dans la pratique de l’activité. On a également dans les modèles haut de gamme, des premiers étages sur-compensés dont la moyenne pression va augmenter en fonction de la pression ambiante compensant ainsi l’augmentation de la viscosité de l’air et les efforts inspiratoires.
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Analyse des systèmes de deuxième étage
Concernant les deuxièmes étages, on trouve 2 types de technologies: les non compensés, plus robustes, plus stables mais moins performants et les compensés, plus sensibles mais avec des efforts inspiratoires moindres. Sur certains modèles, on trouve des réglages de sensibilité et de venturi. Le premier étage à piston est un organe fragile en contact avec le milieu ambiant.
Revue des modèles : Du standard au haut de gamme
Parmi les options sur le marché, certains modèles se distinguent par leur conception. Certains sont des pistons simples robustes avec un siège échangeable pour lui redonner sa stabilité d’origine. Il a une bonne résistance au froid grâce à son système breveté XTIS. Il est équipé d’un deuxième étage compensé avec réglage venturi, limitant les efforts inspiratoires. Entrée de gamme de la marque qui équipe beaucoup de Club associatifs ou structures commerciales FFESSM, SSI ou PADI. Il est simple, robuste et d’un entretien facile. En effet, sans outils, vous pouvez accéder à la membrane et soupape d’expiration pour le nettoyer et enlever le sable ou la boue. L’embout ComfoBite d’Aqualung est très agréable en bouche et réduit la fatigue maxillaire.
D'autres sont équipés du système VAD (Vortex Assisted Design) breveté par Mares qui a pour effet de créer un tourbillon favorisant la baisse de la membrane et l’entrée d’air. Il est également doté du DFC (Dynamic Flow Control) qui minimise la baisse de la moyenne pression lors de l’inspiration. Composé d’un premier étage piston simple, il a l’avantage d’avoir un réglage de moyenne pression sans démontage, ce qui est très appréciable pour les centres qui assure la révision. Le deuxième étage non compensé est extrêmement léger et compact (145 grammes). Il est donc parfait pour les enfants.
Des modèles plus avancés, comme ceux dotés d'un premier étage membrane compensé délivrant 5500 litres par minute à 200 bars, possèdent 4 sorties moyenne pression pour un octopus, un direct system, un flexible combinaison étanche et 2 sorties haute pression pour un émetteur et un manomètre. Le deuxième étage est compensé avec un réglage de sensibilité et de venturi dissocié délivrant 1600 litres par minute. La qualité de fabrication et la fiabilité sont celles de Scubapro qui n’a plus rien à prouver. Il est compact et assez léger (1,1 kg) il est donc parfait pour le voyage. C’est le successeur du très célèbre et très fiable Core et Core Supreme.
Il se décline en 2 versions : Le Helix standard est composé d’un premier étage membrane compensé et d’un deuxième étage compensé avec réglage venturi. Il est destiné aux eaux ayant une température supérieure à 10 ° Celsius. Le Hélix pro est équipé en plus du système ACD (Auto Closure Device) limitant l’entrée d’eau, ainsi que d’une chambre sèche permettant une utilisation en eau froide. Le premier étage MK17 est lui membrane compensé avec une chambre sèche lui permettant d’être normé eau froide. De plus, il est très performant puisqu’il délivre 6900 litres par minute.
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Performance en profondeur et plongée exigeante
Le Leg3end est la troisième version du très renommé détendeur haut de gamme de la marque. Le premier étage est à membrane surcompensée pour une respiration plus souple en profondeur. Il est normé anti givre puisqu’il reprend en partie la technologie du Glacia avec ses larges sillons empêchant la formation du givre (+30% par rapport au glacia et +70% par rapport au Légend 2). Il possède également le système ACD comme le Hélix pro. Le deuxième étage est compensé avec réglage venturi.
Il n’est plus besoin de présenter le MK25 S600 tant il équipe bon nombre de moniteurs de plongée et plongeurs exigeants. Le premier étage est un piston surcompensé dont la moyenne pression va augmenter avec la diminution de la haute pression. Il présente une tourelle rotative et 5 sorties moyenne pression dont une à haut débit dans l’axe qui permet de l’utiliser en Sidemount. En 2013, un record a été battu en Corée où 135 plongeurs ont respiré simultanément sur 1 seul premier étage MK25. Le S600 est compensé avec réglage venturi et de sensibilité.
Un nouveau détendeur est composé d’un premier étage surcompensé membrane avec une chambre sèche lui conférant une résistance au givre et une protection du milieu ambiant. La moyenne pression va à la fois augmenter avec la pression ambiante mais aussi avec la baisse de la pression du bloc de plongée d’où son appellation d’hyper compensé. Le deuxième étage elliptique compensé présente un réglage de sensibilité latéral et un réglage venturi. Allier le premier étage membrane compensé eau froide au deuxième S600 est une combinaison très judicieuse pour les plongeurs exigeants mais peu scrupuleux. Il combine à la fois un premier étage fiable, performant et stable à un deuxième étage très performant.
Innovations technologiques et confort respiratoire
Particulièrement apprécié des plongeurs Tek, pompiers et plongeurs souterrains, certains modèles sont composés d’un premier étage surcompensé à membrane avec une chambre sèche lui conférant une grande résistance au givre. Le deuxième étage compensé avec réglage de sensibilité et levier venturi est livré avec 2 types de déflecteur, un large qui éloigne l’évacuation des bulles, idéal pour les photographes sous marin et un compact pour plus de confort. Le boîtier est fabriqué avec un additif qui empêche le développement des bactéries, champignons et virus.
La version dite Legend MBS quant à elle possède une cam unique qui permet de jouer à la fois sur la sensibilité et le flux d’air dans le boîtier. Le premier étage à membrane compensé possède une tourelle rotative avec 5 sorties moyenne pression, la répartition des flexibles est juste parfaite. La chambre sèche isole tout le fonctionnement du milieu ambiant et le rend résistant au froid. Le revêtement Black Tech protège le métal de la corrosion. Le deuxième étage compensé avec réglage de sensibilité et venturi est fabriqué en fibre de carbone pour une plus grande légèreté en bouche.
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Ce n’est pas un détendeur mais un bijou de technologie puisque le premier étage à piston surcompensé est en titane. Il est plus léger que la version standard (0.7 kg contre 1.2 kg). Le sel n’a aucun effet sur lui puisqu’il ne corrodera jamais. Scubapro l’a prévu pour 1 siècle d’utilisation sans soucis. Le deuxième étage compensé à réglage de sensibilité et venturi offre un effort inspiratoire 37% en dessous du S600 qui est déjà un modèle de souplesse.
L'expérience utilisateur et le choix selon le profil
Le choix d’un détendeur est complexe. La technicité, le budget, la fiabilité, les performances, tout doit être pris en compte pour faire le bon choix en fonction de votre type de pratique. Un moniteur, un débutant, un plongeur professionnel, un globe trotteur, un collectionneur, un plongeur Tek, ne vont pas avoir les mêmes exigences.
Ce qui étonne directement lors de la prise en main du LEG3ND, c’est son poids. Avec ses 747 grammes en version DIN, on ne peut pas dire qu’il soit léger. Question look, avec sa face chromée, le deuxième étage a belle allure. Son design profilé permet de dégager la zone du menton. L’immersion se passe sans que je ne remarque de différence notable entre mon détendeur habituel et celui-ci en termes de confort respiratoire. Si ce n’est qu’il a l’air tout de même vraiment fluide.
Le système ACD (Auto Closure Device) est présent sur plusieurs détendeurs de la marque Aqualung. Il s’agit d’un système de fermeture automatique. Pour faire simple, disons qu’il y a un clapet qui s’ouvre lorsque le détendeur est visé sur la bouteille et qui se ferme dès qu’il est dévissé du robinet. C’est pratique d’une part pour les plongées dans les environnements humides en surface. Mais également pour les sondes de pressions reliées aux premiers étages qui n’aiment pas du tout l’humidité. Mais surtout, avec ce système, vous pouvez mettre votre détendeur en entier dans le bac de rinçage sans problème jusqu’à un mètre de profondeur.
Historique et évolution des équipements
Avant qu’Aqualung ne devienne Aqualung, la société française créée en 1946, sur la base du brevet de l’explorateur Jacques-Yves Cousteau et de l’ingénieur Émile Gagnan, s’appelait Spirotechnique. Contrairement à ce que j’ai pu lire en ligne, le brevet était basé sur le CG43 (C pour Cousteau, G pour Gagnan et le numéro est l’année) et le modèle mis sur le marché était le CG45. C’est dans les années 1960 que le tourisme de loisirs se démocratise donnant naissance à la plongée récréative dans la foulée. Le modèle Mistral, sorti en 1958, a été le détendeur phare des premiers explorateurs sous-marins.
30 ans plus tard, les années 1990 ont marqué un tournant dans l’industrie de la plongée sous-marine avec l’introduction en 1993 de la norme européenne EN250 pour les équipements respiratoires, et son application en 1997. Au cours de cette décennie, Spirotechnique prend le nom d’Aqua Lung, sa marque éponyme. Alors que la plupart des fabricants se concentrent exclusivement sur l’exigence de performance en joules par litre d’air, Aqualung décide d’introduire le concept de confort respiratoire avec sa technologie de surcompensation.
La deuxième génération de détendeurs Legend a été lancée dix ans plus tard et a intégré la technologie common-rail, permettant de raccorder les flexibles sur n’importe quelle position du premier étage sans perte de performance. Seulement 8 ans plus tard, en 2020, la troisième génération, appelée LEG3ND, est lancée avec une gamme revisitée et simplifiée tout en tirant du meilleur du savoir-faire des ingénieurs d’Aqualung.
L'importance de la maintenance et du contrôle qualité
L’usine d’Aqualung, située au nord de Nice, comprend un laboratoire de prototypage et d’essai, qui dispose d’un banc d’essai respiratoire, d’une chambre de simulation de la pression d’eau ainsi qu’une chambre de brouillard salin pour accélérer le vieillissement des produits. Le contrôle de la qualité dans cette structure ISO 9001 va au-delà des normes puisqu’elle contrôle même la qualité des matières premières qui seront utilisées par les autres usines du groupe. Une fois assemblés, 100 % des détendeurs sont placés en immersion pour tester leurs performances.
Depuis 2002, les détendeurs Aqualung Legend sont synonymes d’un confort respiratoire inégalé. La série Legend a toujours été pensée pour les plongeurs confirmés. La plupart des détendeurs modernes compensent désormais la chute de pression d’air de la bouteille pendant la plongée, inspiration après inspiration. En fonction de vos efforts physiques, votre fréquence respiratoire augmente et donc le débit d’air dont vous avez besoin. La gamme de la troisième génération de détendeurs Legend a été simplifiée avec un unique premier étage capable de faire face à toutes les conditions sous-marines, même l’eau glacée.
Comparaison vécue et ressenti personnel
Le tout premier détendeur que j’ai acheté en 2010 était un Aqualung Mikron. En tant que plongeuse-voyageuse en eaux chaudes, il me convenait parfaitement. Il m’a suivi au Mexique et en Indonésie, et je n’ai jamais eu à m’en plaindre au niveau respiratoire. Les choses ont commencé à changer lorsque j’ai déménagé en Écosse en 2014. J’ai alors acquis mon premier détendeur Legend, le modèle Glacia. Il est devenu mon meilleur compagnon pour toutes mes plongées en Écosse mais aussi en Islande ou pour la plongée sous glace dans les Alpes.
Comme j’ai envoyé tous mes détendeurs ensemble pour leur maintenance l’année dernière, j’ai pris la nouvelle version du détendeur Mikron pour partir en Polynésie. Dans le courant de certaines passes des Tuamotu, c’est là que j’ai ressenti pour la première fois les limites respiratoires de ce détendeur de voyage, malgré mes efforts pour respirer profondément tout en essayant de palmer efficacement. Cette expérience récente m’a fait réaliser que les plongées que je faisais désormais étaient bien plus variées et impliquaient fréquemment grandes profondeurs et/ou courants.
Lors d'un test comparatif, j'ai pu tester les trois modèles de la gamme Legend 3 en commençant par le plus haut de gamme, le Legend Elite, suivi par le Legend MBS pour finir par le modèle Legend standard. J’ai comparé leur confort respiratoire à 20 m de profondeur, puis à nouveau à 40 m. À chaque fois, j’ai essayé de nager un peu plus vite, mais à 20 m, la différence était à peine perceptible.
J’ai joué pendant un certain temps, avec le bouton de l’effet Venturi et le bouton d’effort inspiratoire, en utilisant chaque position complètement ouverte ou complètement fermée, puis la position intermédiaire. Je pouvais clairement sentir la différence, entre le bouton de l’effet venturi, qui change la quantité d’air que je recevais même avec une toute petite inspiration, et le réglage l’effort inspiratoire, qui rend l’inspiration plus ou moins souple. En tant qu’utilisatrice novice de ce détendeur, il m’a été difficile de décider quelle position était effectivement la plus adaptée pour moi et quand en changer.
Lorsque j’ai changé pour le Legend MBS, l’avantage immédiat d’avoir un seul bouton pour le réglage combiné de l’effet Venturi et de l’effort inspiratoire a été la rapidité avec laquelle j’ai pu régler mon confort respiratoire. La différence la plus notable en terme de confort respiratoire est apparue lors du changement entre le Legend MBS et le modèle Legend standard, qui ne dispose seulement d’un bouton de réglage de l’effet Venturi. Le lendemain matin, en redescendant le mur à 35 m avec mon détendeur Aqua Lung Core, la différence était subtile. Néanmoins, je pouvais sentir une différence dans le débit d’air que le détendeur pouvait délivrer au point le plus profond de ma plongée par rapport au Legend la veille, c’est à dire un peu moins. Pour résumer, le détendeur Aqualung Legend MBS a été mon modèle préféré en tant que photographe sous-marin pour sa facilité d’utilisation tout en offrant un confort respiratoire exceptionnel.
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