La gestion de l'eau dans les voies nasales est une problématique récurrente pour les pratiquants d'activités aquatiques, qu'il s'agisse de surf en milieu océanique ou de natation en piscine. Ce désagrément, souvent perçu comme une simple gêne, peut avoir des conséquences physiologiques plus marquées s'il n'est pas correctement appréhendé. Comprendre les mécanismes en jeu, de la pénétration de l'eau dans les sinus aux techniques d'expiration active, est essentiel pour améliorer son confort et sa technique.
La mécanique de l'eau dans les sinus : origines et conséquences
Les surfeurs ont tous connu ce petit désagrément d’avoir les naseaux remplis d’eau après une session, et de voir cette eau s’écouler de manière intempestive bien après la session. Que se passe-t-il dans votre nez ? Quand vous passez sous une vague ou quand vous prenez un wipeout, de l’eau sous pression pénètre dans votre nez et vient se bloquer dans les sinus, ces cavités remplies d’air situées dans les os du crâne, notamment au niveau du front et des maxillaires. Une fois l’eau piégée dans les sinus, elle peut mettre du temps à en ressortir. Mieux vaut que cette eau stagne le moins longtemps possible dans vos sinus car elle peut contenir des substances, comme des polluants, des microbes, des algues ou du sable, pouvant irriter la muqueuse sensible des sinus et conduire à une inflammation : c’est la sinusite.
En piscine, le phénomène est différent mais tout aussi gênant. Certains nageurs rapportent que leur nez se bouche la nuit et coule les jours suivants, ce qui est assez désagréable, surtout pour dormir. Si le problème semble mineur, il peut parfois entraîner des blocages chez certains ou d'autres complications d'ordre physique. Certains nageurs vont même jusqu'à développer des sinusites chroniques. Il existe une hypothèse selon laquelle le problème du nez bouché ou qui coule pourrait aussi tout bêtement être dû à l’humidité absorbée en piscine par les muqueuses du nez. Certains nageurs ont d'ailleurs les mêmes symptômes dans une atmosphère humide, même s'ils ne nagent pas, comme dans un bain turc, et qu'ils ne sont pas exposés au chlore.
Stratégies de nettoyage et désobstruction après la session
Plusieurs moyens existent pour se désobstruer le nez après une session de surf ou de natation. Une première technique simple consiste à se pencher en avant : en position debout, fléchissez votre dos et votre tête en avant jusqu’à ce que celle-ci regarde vos genoux. Redressez-vous et mouchez, si l’eau ne s’écoule pas déjà spontanément. Repenchez-vous à plusieurs reprises en gardant la position tête en bas quelques secondes à chaque fois.
Le lavage des voies nasales est également une pratique recommandée. Que ce soit avec du sérum physiologique en dosettes ou, encore mieux, avec un spray d’eau de mer, il est bien utile de se nettoyer le nez après une session de surf, surtout si celle-ci a eu lieu dans une eau polluée. Dans ce cas, vous remplacerez une eau de mer contaminée par une eau de mer stérile dont les vertus sur la décongestion des voies ORL sont reconnues.
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Pour encore plus d’efficacité dans le nettoyage nasal, les surfeurs anglo-saxons sont fans d’un ustensile en forme de théière appelé « Neti Pot ». Cet objet popularisé par des adeptes du yoga existe sous plusieurs formes et en différentes matières. Vous en trouverez notamment sous le nom de « Rhino Horn » en pharmacie : cet objet permet de laver et de désencombrer de manière simple, douce et efficace le nez en utilisant de l’eau tiède et salée. Mieux vaut l’utiliser propre et sec, et le remplir avec de l’eau stérile (sérum physiologique) ou avec de l’eau microfiltrée ou bouillie (la laisser refroidir avant usage) au préalable.
L'usage du pince-nez : avantages et limites
Le pince-nez est une solution souvent évoquée. Certes, il accomplit sa mission d’empêcher l’eau de pénétrer par le nez, mais il n’est pas la panacée. Déjà qu’il n’est pas toujours évident de surfer avec des bouchons d’oreilles, le pince-nez pour le surf est assez gênant, et augmente le risque de boire la tasse. D’un côté l’eau ne rentre pas, ou moins, mais de l’autre l’air marin ne peut plus exercer son action décongestionnante naturelle.
En natation, le constat est similaire. Une ancienne nageuse synchro souligne que le pince-nez est très utile et c’est un confort, mais le problème c’est qu’il devient rapidement indispensable. Il est difficile de se réhabituer à nager sans une fois cette habitude prise. De plus, il est considéré par certains comme un "bouche-tuyau" qui empêche de réaliser une expiration efficace et primordiale en natation. Si l'eau vous gêne vraiment, il reste une méthode efficace, mais il convient de peser le pour et le contre.
La maîtrise de l'expiration : la clé de l'autonomie aquatique
La vraie solution pour éviter l'entrée d'eau réside dans l'apprentissage de l'expiration. On voit souvent des personnes qui se bouchent naturellement le nez en sautant dans l’eau ! Cela révèle en réalité un petit souci d‘expiration. Se boucher le nez en sautant dans l’eau est un réflexe de protection naturel qui prouve que l’expiration forcée par le nez n’est soit pas maîtrisée, soit pas encore automatique. Sur terre, la respiration est innée et se fait naturellement par le nez avec une inspiration active et une expiration passive. Mais si l’on agit de la même manière sous l’eau, cela mène à une mauvaise expérience.
Sous l’eau, l’inspiration doit être brève par la bouche, et l’expiration doit être active par le nez, forcée face à la résistance de l’eau. En expirant de manière forcée par le nez, vous augmentez la pression dans le nez et empêchez l’eau de rentrer. Avec la répétition, cette action devient automatique. L'expiration doit être active, voire légèrement forcée à cause de la résistance de l’eau, ce qui est différent de l’expiration effectuée sans même y penser dans le milieu aérobie et qui est naturellement passive. Si vous expirez complètement sous l’eau pendant l’intervalle des inspirations, vous avez seulement à inspirer quand vous tournez la tête hors de l’eau, ce qui rend les choses plus simples.
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Si vous êtes surpris par le fait de devoir expirer fortement pour couler, cela vous montre à quel point vous n’expirez pas assez fortement dans votre nage. Si l’expiration n’est pas complète, une sensation d’étouffement apparaît rapidement, car vous ne rejetez pas assez de CO2. Il s’accumule dans votre circulation sanguine et surtout pulmonaire et, au fur et à mesure, votre inspiration devient de plus en plus petite.
Posture et technique de nage pour protéger les voies nasales
Le risque d'avaler de l'eau par le nez est très fréquent en natation et plus particulièrement lorsque vous nagez le dos crawlé. En effet, en dos crawlé, votre corps se retrouve dans une position qui est propice à la pénétration d'eau dans votre nez. L'eau s'introduit encore davantage au moment des coulées dorsales puisque vous gagnez en vitesse. Pour y remédier, il est indispensable de bien souffler l'air présent dans vos poumons par le nez et par la bouche. Si vous expirez seulement par la bouche, vous laissez la voie libre pour que l'eau puisse s'infiltrer par le nez.
En plus de bien expirer par le nez, sachez que votre posture de nage a une grande importance. Pensez à bien relever votre menton lorsque vous nagez le dos crawlé mais, en revanche, au moment des coulées dorsales, rapprochez votre menton de votre poitrine car c'est à ce moment que le risque est le plus élevé. Certains nageurs ont développé une technique intéressante qui consiste à se boucher les narines avec sa lèvre supérieure au moment des coulées en dos. Même si cela peut surprendre, la technique se révèle très efficace après un peu de pratique.
La position de la tête est également cruciale en crawl. Beaucoup de nageurs ne réalisent pas la présence de la poche d’air et essayent de lever la tête ou font une rotation de celle-ci pour inspirer. Le problème, quand vous levez votre tête pour inspirer, est que le haut de votre corps se redresse, votre nage n’est plus profilée et vos jambes coulent. Cela entraîne des quantités de perturbations aérodynamiques. Si vous levez la tête à la recherche d’air, vous allez perturber la formation de la poche d’air, donc vous allez avoir tendance à respirer trop loin en avant ou trop haut. Cela entraîne votre corps dans une sur-rotation sur le côté et provoque une perte d’équilibre. Il est habituel de préconiser une respiration bilatérale, c’est-à-dire à 3 temps, afin de développer une nage symétrique.
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