Pour un enfant de 6 à 12 ans qui apprend à nager ou qui cherche à affiner ses techniques de nage, l'introduction judicieuse d'aides d'entraînement telles que les palmes, la planche, le pull-buoy et, en particulier, le tuba frontal, est déterminante. Il s'agit de faire la distinction entre la construction d'une technique solide et la création d'une béquille qui masquerait des lacunes. Ce guide pratique offre des conseils immédiatement actionnables, détaillant quels accessoires utiliser, à quels âges, quels ratios respecter par séance, comment choisir les tailles appropriées, les pièges à éviter, et le feedback à privilégier pour renforcer une bonne posture.
Le tuba frontal junior : un allié pour la technique des jeunes nageurs
Le tuba frontal junior représente un outil précieux pour les enfants âgés d'environ 6 à 10 ans. Il leur permet de nager sans avoir à tourner la tête pour respirer, favorisant ainsi une ligne de corps droite et un meilleur alignement dans l'eau. Le Stability Snorkel Junior de FINIS, par exemple, est conçu précisément pour cette tranche d'âge, avec un tube plus court et un embout souple, il supprime la « contrainte respiration » pour aider l'enfant à ressentir sa position corporelle sans rotation de la tête.
L'utilisation d'un tuba frontal en natation offre plusieurs avantages significatifs. Dans un premier temps, il permet d'améliorer la technique de nage. En effet, lorsque l'enfant nage, il peut être amené à se concentrer sur sa respiration, ce qui peut détourner son attention du reste de son corps. Cela peut avoir une incidence sur ses mouvements, son alignement, et il peut, à terme, prendre de mauvaises habitudes de nage. En utilisant un tuba de natation, l'enfant n'aura plus ce problème car il va pouvoir oublier sa technique de respiration pour se concentrer pleinement sur sa technique de nage. Plus besoin de se préoccuper de la fréquence de respiration ou encore du mouvement de sa tête. L'enfant va ainsi pouvoir ressentir plus aisément les potentiels déséquilibres de son corps et prendre conscience des points à améliorer dans sa technique de nage. La position du corps, l'alignement, l'entrée de la main dans l’eau, les battements de jambes, la qualité des appuis, la synchronisation - tous ces petits détails techniques pourront être identifiés et améliorés. Se concentrer sur ses mouvements permet donc de perfectionner sa technique de nage et, par conséquent, de gagner en propulsion et en efficacité.
Deuxièmement, le tuba frontal va permettre de travailler sur l'alignement et d'optimiser la glisse. Le fait que la tête n’ait pas besoin de bouger pour respirer diminue en effet la résistance dans l’eau à l'avancement, et permet par conséquent de mieux glisser. Le visage et le regard de l'enfant sont tournés vers le fond de la piscine et sa tête reste bien fixe dans l’axe de son corps. Cette position hydrodynamique, plus horizontale et plus gainée, permet donc une meilleure glisse. En plus de l'alignement, l'enfant va également travailler son équilibre, avec pour objectif de garder cet équilibre horizontal sans l'effet de balancier non désiré. En se focalisant sur ses mouvements, il va être à même de déceler par exemple un roulis des épaules trop important en crawl, entraînant un déséquilibre. Ce dernier pourra ainsi être corrigé, et sa glisse optimisée.
Troisièmement, nager avec un tuba offre l’avantage de respirer à son rythme. Cela peut permettre de relâcher la pression engendrée par le fait de se focaliser sur la respiration. Plus besoin de réfléchir de quel côté respirer ou tous les combien de temps, de stresser pour respirer sans boire la tasse ou de penser à son mouvement de tête. À cela s'ajoutent les crispations que peuvent entraîner la respiration ou bien les risques engendrés par une mauvaise technique, surtout chez les débutants. Avec un tuba, l'enfant respire quand il veut, comme il veut.
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Enfin, l'intégration du tuba aux entraînements de natation va également permettre d’améliorer les capacités respiratoires. Respirer dans un tuba n’est pas inné ; ce n'est pas une respiration naturelle et elle nécessite un temps d’adaptation. L'enfant devra dans un premier temps se concentrer pour arriver à calmer sa respiration. Une fois l’habitude prise, il ne se rendra même plus compte qu’il respire dans un tuba. Cette technique de respiration va permettre d’améliorer ses capacités respiratoires ainsi que de calmer son souffle. Il en ressentira les bénéfices lorsqu'il repassera en nage complète sans accessoire, mais également lors de ses efforts physiques hors de l’eau. Respirer avec le tuba frontal fait que l'air doit parcourir un trajet plus long pour arriver dans ses poumons et donc ses muscles respiratoires sont obligés de travailler davantage, ce qui les renforcent, un peu comme si l'on utilisait un appareil pour développer ses muscles inspiratoires.
Il est important de distinguer le tuba de natation, également appelé tuba frontal (et non tuba central comme on l'entend parfois), du tuba de plongée. Ces deux équipements ne s’utilisent pas dans les mêmes conditions sportives et n’ont pas les mêmes spécificités. Le tuba de natation vient prendre position sur le front, alors que le tuba de plongée s’installe au niveau des tempes, à droite ou à gauche. Il est recommandé pour les nageurs d'utiliser un tuba frontal, spécifiquement conçu pour la pratique de la natation, pour des raisons pratiques. En effet, le tuba de plongée classique se situe d’un côté ou de l’autre de la tête, cela entraîne donc un déséquilibre contreproductif en termes de glisse, alors que le tuba frontal assure une très bonne stabilité. Il sera également bien plus aisé de réaliser les mouvements, notamment de crawl, avec un tuba frontal qui ne vient pas gêner la pratique.
L’utilisation d’un tuba frontal en natation est recommandée pour tous les nageurs qui souhaitent progresser dans leur technique de nage. On s’adresse donc principalement aux nageurs confirmés. Cependant, les nageurs débutants maîtrisant bien les bases de la nage et souhaitant aller un peu plus loin peuvent tout à fait intégrer le tuba dans leurs sessions de natation. Le tuba n’est pas recommandé au stade d’apprentissage de la nage, mais il peut entrer en jeu dès que l'enfant passe le stade du perfectionnement. Il est également plébiscité par les triathlètes lors de leurs entraînements de natation car il permet non seulement d’améliorer leur technique mais également d’apprendre à calmer leur respiration, ce qui peut s’avérer bien utile avec le stress du départ. Un nombre croissant de débutants devrait l'utiliser, car c'est un super outil pour progresser en crawl.
Pour enfiler un tuba frontal de natation, il est conseillé de mettre les lunettes de natation (ou le masque) avant le tuba. Ensuite, c'est très simple : commencer par mettre la bouche dans l’encoche du tuba et mordre légèrement afin de garder l’encoche en place. Saisir ensuite les élastiques et les faire passer autour de la tête. Une fois le tuba bien positionné, il ne reste plus qu’à régler les élastiques pour qu’ils s’ajustent au tour de tête.
Concernant la respiration avec un tuba de natation, il est important de noter que nager avec un tuba revient à nager en hypoxie. Du fait du diamètre du tuba, l'enfant inspirera forcément moins d’air que lorsqu'il respire normalement. Par conséquent, plus il accélérera le rythme dans sa nage, et plus il s’essoufflera. Il est donc important d’y aller à son rythme. L’utilisation de ce matériel de natation demande une phase d’apprentissage. Les premières séances doivent être réalisées avec modération, pas trop longues et pas trop intenses, c’est le meilleur moyen de s’habituer progressivement à cette pratique. Avec un tuba frontal, on inspire avec la bouche et on expire avec le nez. Cette respiration n’est pas innée, surtout avec la tête dans l’eau, mais avec un peu de persévérance, tout s’apprend. Si l'enfant a du mal à expirer par le nez au début et que de l’eau a tendance à rentrer dans son nez quand il essaie de souffler, il peut tout à fait utiliser un pince-nez et expirer par la bouche, juste le temps de s’habituer. Si l'enfant a des allergies, au chlore par exemple, l'utilisation du pince-nez reste indispensable. Il devra alors essayer progressivement de se focaliser sur sa respiration, en cherchant à dissocier l’inspiration et l’expiration, c'est-à-dire d’inspirer par la bouche et de souffler par le nez.
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Le tuba permet de faire différents exercices, différents éducatifs techniques, pour corriger certains défauts ou améliorer certaines qualités que l'enfant possède déjà, et cela de manière très efficace. Voici quelques exemples d'exercices :
- La nage complète : L'enfant peut naturellement utiliser un tuba de natation lors de séries en nage complète. Qu'il souhaite travailler sur des séries en endurance ou en vitesse, le tuba lui permettra "d'oublier" sa respiration, le temps de se concentrer sur le perfectionnement de sa nage.
- Les battements de jambes : Le tuba est un accessoire très efficace pour travailler les battements de jambes. Le fait de ne pas avoir besoin de relever la tête pour respirer va lui faire gagner en efficacité lors de ses séries de battements. Le corps reste ainsi toujours à l'horizontale, évitant les mouvements de respiration qui freinent et les jambes qui coulent par la même occasion. L'enfant peut alterner les séries avec et sans palmes. Si l'on souhaite travailler son alignement et son gainage par la même occasion, il est conseillé de réaliser ces séries sans planche. Travailler les battements de jambes avec un tuba permettra d’optimiser l’exercice en améliorant le mouvement, avec un gain d’efficacité et de temps. Si l'enfant utilise par exemple une planche pour entraîner ses battements de jambes et qu'il ne met pas de tuba frontal, il aura tendance à relever le haut de son corps et directement ses jambes vont couler dans l'eau. Le tuba frontal permet de garder le corps bien à l'horizontal.
- Le crawl rattrapé : Cet éducatif de crawl permet de travailler principalement sur l’entrée de la main dans l’eau et la poussée du bras lorsqu’il est immergé. La première version est un crawl rattrapé classique où les bras fonctionnent en relais : l’un est immobile devant pendant que l’autre travaille et vient le rejoindre, avant d’alterner. À chaque fin de mouvement, les mains viennent se toucher pour donner le top départ à l’autre bras. Avec le tuba, l'enfant n’aura plus à penser à la synchronisation de sa respiration et pourra se concentrer uniquement sur ses mouvements. Pour accentuer le travail sur le placement du corps et sur la propulsion, une seconde version consiste à ajouter quelques secondes de pause à chaque moment où les mains se touchent. Durant ces quelques instants, l'enfant perdra de la vitesse et sera obligé de redoubler d’efforts sur les prochains mouvements afin de faire avancer son corps. L’objectif est de travailler ses appuis et d'avoir une meilleure propulsion.
- Le crawl à un bras : Dans cet exercice, l'enfant effectue des séries en crawl en se propulsant uniquement à l’aide d’un bras, l’autre étant positionné sur le devant. Cet éducatif très complet permet de travailler simultanément l'amplitude de nage, la propulsion et le retour aérien du bras. Le tout en restant bien gainé pour conserver la ligne horizontale du corps et l'équilibre. Il est important de changer de bras tous les 25m ou 50m car cet éducatif est très énergivore.
- L’éducatif "fesse - épaule - tête" : Cet exercice de crawl se décompose en trois niveaux. Au premier niveau, à chaque fois que le bras sort de l’eau, l'enfant vient toucher son épaule avant de ramener le bras devant lui puis de recommencer le mouvement de l’autre côté. Le but est de créer un déséquilibre que l'enfant devra compenser. Au second niveau, on ajoute une étape : lors du mouvement aérien du bras, l'enfant commence par toucher sa fesse puis son épaule, avant de ramener son bras. Une étape de plus, c'est quelques secondes de déséquilibre supplémentaires et des efforts complémentaires à fournir à chaque mouvement. Enfin, au troisième niveau, avant de retoucher l’eau, la main doit toucher la fesse, l'épaule et la tête.
Le tuba frontal peut également être combiné avec d’autres accessoires : des plaquettes pour améliorer le mouvement de bras et la propulsion ; un pull-buoy ou un élastique de nage aux chevilles pour travailler l’équilibre du corps et gagner en alignement ; des palmes pour renforcer le travail sur le bas du corps. Il est toutefois crucial de ne pas faire une session entière avec un tuba, au risque de perdre les sensations de nage complète et de ne pas optimiser les résultats des exercices. Le temps passé avec un même accessoire devrait rester inférieur ou égal à 25 % de la séance afin de construire force et coordination sans dépendance. Les guides d’experts donnent des repères proches pour le pull-buoy - autour de 20-30 % - à équilibrer avec de la nage normale.
En matière de sécurité lors de l'utilisation du tuba junior, il est impératif de surveiller toujours de près l'enfant (présence d’un adulte ou d’un maître-nageur sauveteur), d'utiliser des masques et tubas conçus spécifiquement pour les juniors, d'éviter les apnées et les séquences trop longues, et d'apprendre à bien expulser l’eau du tuba. L'usage doit être limité à des longueurs courtes et surtout pendant des éducatifs techniques, et non sur des séries de fatigue. Les tubas juniors ont des tubes plus courts et des embouts plus souples, adaptés aux petits visages ; la version junior convient généralement aux 6-10 ans.
Préparer l'enfant à l'immersion : l'étape fondamentale de la tête sous l'eau
Avant même d'utiliser un tuba, une étape cruciale pour l'apprentissage de la natation est la capacité à mettre la tête sous l’eau. Beaucoup d'enfants appréhendent cette action, et c'est souvent l'un des signes qui permettent de reconnaître la peur de l’eau ou de l’aquaphobie. Être capable d’aller sous l’eau sans souci est une étape clé pour apprendre à nager, à plonger ou même faire de la natation synchronisée. Il est donc important que l'enfant y parvienne, que ce soit avec l'aide d'un maître-nageur ou des parents.
Pour un bon apprentissage, il faut d’abord vérifier la température du bassin. Que ce soit à la maison ou à la piscine municipale, l'eau devrait se situer entre 30 et 35°C. Une eau suffisamment chaude aidera l'enfant à se sentir à l'aise ; une eau trop froide pourrait le crisper et le refroidir à l’idée de mettre la tête sous l’eau. Outre la température de l’eau, il est essentiel de rassurer le jeune nageur pour qu’il soit dans de bonnes conditions d’apprentissage. Il faut lui expliquer ce qui va être fait ensemble afin qu’il sache à quoi s’attendre. Ensuite, il s'agira d'y aller progressivement tout en lui montrant chaque étape avant de plonger la tête sous l’eau.
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Pour initier l'enfant à l’immersion, il est nécessaire d'y aller progressivement, sans le forcer. On peut commencer par l'habituer à la sensation de l’eau sur son visage. Plus il sera habitué, plus il voudra mettre la tête sous l’eau. Il est important de respecter le rythme de l'enfant et de lui apprendre à se mettre en apnée avant même d’être dans l’eau, en expliquant qu’il faut prendre une inspiration par le nez avant de bloquer sa respiration.
Une fois que l'enfant comprend comment se mettre en apnée, on peut passer dans l’eau et lui montrer comment immerger progressivement :
- Immerger la bouche : C’est la première étape. On peut lui montrer de commencer par le menton, puis lui expliquer que pour mettre la bouche sous l’eau, il faut bien la garder fermée. Le fait de ne plonger que la bouche permet à l'enfant de s’habituer à la sensation tout en pouvant encore respirer par le nez. Il peut aussi s'exercer à l’apnée en ne plongeant que la bouche. Demandez-lui également de souffler dans l’eau pour faire des bulles, afin qu'il comprenne que l’eau ne rentre pas dans sa bouche. On peut même lui demander de souffler sur un ballon pour rendre l'exercice ludique.
- Immerger la bouche et le nez : Une fois à l’aise avec la bouche sous l’eau, l'enfant peut apprendre à plonger son nez. Il doit se mettre en apnée, commencer par plonger la bouche, puis immerger son nez. Au début, il n’est pas nécessaire de rester trop longtemps, juste assez pour qu'il sente l’eau sur son nez. Petit à petit, on peut augmenter la durée d’apnée avec de l’eau jusqu’au nez, en expliquant qu’il faut bien bloquer la respiration pour ne pas laisser l’eau rentrer. Ensuite, quand il est à l’aise, on peut lui montrer comment souffler par le nez, pour qu'il comprenne que l’eau ne peut pas rentrer dans son corps en faisant cela. Il peut aussi s'amuser à faire avancer un objet flottant en soufflant avec son nez.
- Immerger la bouche, le nez et les yeux : Quand l'enfant se sent bien avec la bouche et le nez sous l’eau, on peut lui demander s’il se sent prêt à plonger les yeux sous l’eau. C’est la dernière étape avant de plonger la tête entièrement. C’est plus confortable de le faire avec des lunettes de piscine au début. Montrez plusieurs fois à l'enfant comment mettre les yeux sous l’eau avec des lunettes, puis sans, en expliquant qu’il doit être capable d’y arriver avec et sans. Toujours y aller progressivement : bouche, puis nez, et enfin yeux, en n'oubliant pas de bloquer la respiration. Il peut souffler par la bouche ou par le nez sous l’eau si cela l’aide. On augmente petit à petit la durée d’apnée. Quand l'enfant est en confiance, on peut lui demander d’essayer sans lunettes, d’abord les yeux fermés, puis d’ouvrir légèrement les yeux (le chlore peut piquer un peu). Dès lors que l'enfant ouvre les yeux sans souci dans l’eau, on peut lui montrer qu’il peut mettre la tête entièrement sous l’eau.
Pour aider l'enfant dans cet apprentissage, divers accessoires et jouets peuvent être utilisés. Les lunettes de piscine, le pince-nez et les bouchons d’oreilles sont les accessoires les plus intéressants pour aider l'enfant s'il a peur d’avoir de l’eau dans les yeux, le nez ou les oreilles. Au tout début, ces accessoires sont utiles, mais il faut ensuite essayer d’habituer l'enfant à ne plus les utiliser, car ils peuvent parfois renforcer sa peur et le rendre dépendant. Les jouets, comme les anneaux à récupérer au fond de l’eau, ou les jouets colorés, rendent les séances ludiques et aident l'enfant à oublier son appréhension.
Il est primordial d'accompagner l'enfant dans son apprentissage. Commencez hors de l’eau en lui faisant découvrir le milieu aquatique pour qu’il se sente à l’aise, en marchant autour du bassin ou en s'asseyant au bord et en battant des pieds ensemble. Jouer avec l'enfant aide à dissiper son appréhension et le met en sécurité. Faites des petits défis ensemble comme rester le plus longtemps sous l’eau ou récupérer le plus d’anneaux. Félicitez-le pour chaque succès.
Les clés pour réussir l’apprentissage sont la patience et la bienveillance. Il ne faut pas être pressé et aller au rythme de l'enfant. Chaque enfant est différent et a son propre rythme, il faut donc adapter l’apprentissage selon ses progrès et ses sensations. Expliquez-lui les différentes étapes pour le rassurer et l’aider à trouver son rythme. La pratique régulière est essentielle. Si des blocages surviennent, il ne faut pas paniquer, mais changer d’exercice et s’adapter tout en restant pédagogue. L'autonomie est également importante pour maintenir sa motivation. Surtout, les adultes doivent rester calmes ; si l'adulte panique, l'enfant le ressentira. Le problème des otites doit être pris en compte : si l'enfant y est sujet, les bouchons d’oreilles peuvent aider, et un avis médical est recommandé en cas de doute.
En résumé, pour aider l'enfant, il faut parler de ses peurs, être à l’écoute, ne jamais le forcer, l’encourager, et envisager des cours d’aquaphobie ou des cours particuliers si la peur est trop forte. On peut commencer dans le petit bassin, le tenir dans les bras ou par les mains au début, lui montrer comment flotter, lui expliquer qu’il peut remonter à la surface quand il veut, lui apprendre à bloquer sa respiration en dehors de l’eau, l'habituer à avoir de l’eau sur son visage lors de la douche ou du bain, lui montrer les exercices avant de lui demander de les faire, et même aller sous l’eau avec lui. Il est aussi utile de lui apprendre à retirer l’eau de ses yeux en clignant des yeux plutôt qu’en les frottant.
Autres aides à l'entraînement : Palmes, planche et pull-buoy pour un apprentissage complet
La bonne utilisation des accessoires est un art qui équilibre le soutien à l'apprentissage avec le développement de la véritable autonomie. Pour éviter l’effet « béquille », il est crucial de structurer la séance. Un exemple pour un enfant de 6 à 12 ans pourrait être : échauffement sans aide (environ 30 %), planche ou palmes (environ 20 %), éducatifs au pull-buoy ou au tuba (environ 20 %), nage complète sans aide (environ 30 %). Le temps passé avec un même accessoire devrait rester inférieur ou égal à 25 % de la séance. Un feedback utile à donner inclut des points clés comme : pousser le battement depuis la hanche (pas le genou) ; une entrée de main propre, une bonne prise d’appui et une bonne traction ; un corps gainé en flèche, sans s’affaisser ni vriller. Quand on retire l’accessoire, ces sensations doivent rester, c'est le vrai marqueur de progrès.
Le taillant compte énormément pour tous les accessoires. Les palmes doivent être à la bonne pointure junior ; des palmes adultes risquent de glisser ou de blesser. Le pull-buoy doit tenir haut entre les cuisses : trop grand, il remonte trop ; trop petit, il descend et perturbe l’alignement. La planche doit être assez légère pour ne pas « casser » les épaules.
Les palmes sont excellentes pour aider les enfants à développer un battement plus efficace et une meilleure sensation d’alignement, mais seulement quand la technique de base est suffisamment en place pour que les progrès se transfèrent sans palmes. Vers 7-12 ans, privilégiez des palmes à voilure courte pour travailler battements de crawl et ondulation en gardant des chevilles souples ; elles accélèrent le déplacement et exagèrent le rôle naturel des jambes. D’après les tests matériel, les FINIS Floating Swim Fins figurent parmi les meilleures palmes pour enfants, conçues pour améliorer les fondamentaux du battement sans surcharger les articulations. À l’usage, limitez le temps avec palmes pour qu’elles ne masquent pas un battement faible. Alternez des éducatifs ou des courtes répétitions (par exemple 25 m) avec palmes, puis retirez-les et demandez : « Peux-tu encore bien battre des jambes sans aide ? » Si la réponse est non, ajoutez davantage de travail de jambes avec planche ou sans accessoire pour consolider la base. Pour nager correctement le crawl avec des palmes et éviter de se blesser au niveau des pieds (frottements dans le chausson) et des articulations (chevilles et genoux trop raides), il est important de réaliser le bon mouvement. Il ne faut pas être trop raide ni trop crispé. Pour s'exercer et s'aider à effectuer le mouvement correct, on peut nager sur le dos en plaçant une planche juste au-dessus des genoux et essayer de battre des jambes en touchant le moins possible la planche avec les genoux. Pour tirer les bénéfices de la nage avec palmes, il est conseillé de les utiliser au moins 2 à 3 fois par semaine à raison de 30 à 45 minutes par séance.
La planche aide à isoler le travail des jambes. Tenue bras tendus devant, l’enfant se concentre sur la force et le rythme du battement. En revanche, nager à la planche avec la tête en l’air peut faire couler le bassin et tendre la nuque ; mieux vaut (surtout en crawl et en dos crawlé) garder le visage dans l’eau avec une respiration alternée sur les côtés pour se rapprocher du geste complet.
Le pull-buoy, placé haut entre les cuisses, permet de nager uniquement avec les bras ; il remonte les hanches et met l’accent sur la prise d’appui et la traction. Les entraîneurs recommandent d’utiliser le pull-buoy à environ 20-30 % du volume chez les plus grands, pour éviter la dépendance. Un usage excessif peut pousser l'enfant à trop compter sur la flottabilité au lieu de développer la force de jambes et l’équilibre du corps. Le choix entre la planche et le pull-buoy dépend de ce qu’il faut améliorer : puissance des jambes ou traction des bras. L’idéal est d’intégrer les deux au fil de la semaine. Quant au « kick-pull » (planche-pull combiné), les adultes l’utilisent parfois, mais pour les débutants, sa flottabilité moindre peut rendre le travail de jambes inutilement difficile et il isole moins bien chaque chaîne musculaire.
Même si l’accent est mis ici sur les palmes, la planche, le pull-buoy et le tuba, un mot sur les plaquettes est pertinent, car c'est une question fréquente chez les parents. Les plaquettes augmentent la résistance et amplifient le moindre défaut technique ; utilisées trop tôt, elles peuvent surcharger les épaules ou ancrer de mauvais gestes. Pour les novices, mieux vaut souvent les retarder vers 10-12 ans, une fois les fondamentaux (prise d’appui, traction, battement) solides. Il faut choisir des plaquettes à peine plus grandes que la main et les utiliser avec parcimonie : petites séries, alternées avec de la nage normale, et toujours sous observation pour prévenir la fatigue technique. Il faut les retirer si l'on voit la posture s’effondrer ou l’enfant se crisper.