La Grèce, avec ses innombrables îles baignées par des eaux turquoise, offre un terrain de jeu exceptionnel pour la navigation à la voile. Que l'on rêve d'une croisière contemplative au cœur de l'archipel des Cyclades ou d'une exploration sereine des îles Ioniennes, l'expérience maritime y est toujours inoubliable. L'âme du voyage réside autant dans la majesté des paysages que dans le choix d'un voilier capable de transformer chaque trajet en une aventure confortable et sécurisée. Parmi les embarcations emblématiques, le voilier Amel Santorin se distingue par sa robustesse et son luxe, tandis que des yachts comme le M/S Aphrodite proposent des croisières organisées pour une découverte sans souci.
L'Odyssée Cycladique : Un Voyage au Fil du Vent
Le jour d'une telle croisière commence en douceur, généralement par un embarquement vers 9h du matin. Une fois à bord, chacun découvre sa cabine et s’installe confortablement, marquant le début de l'aventure. L'étape suivante, essentielle pour la vie en mer, est de faire les courses pour préparer ensemble l’approvisionnement de la semaine, une activité qui forge l'esprit d'équipage. Après un briefing complet sur la sécurité et les bases de la navigation, moment crucial pour tous les participants, le voilier largue les amarres. Le vent du nord, soufflant régulièrement, offre des conditions idéales pour naviguer à la voile, permettant au bateau de filer sur l’eau à 8-10 nœuds. Dans ces instants, chacun ressent pleinement la magie d’être porté par le vent, une sensation de liberté incomparable.
Après seulement une heure de navigation, une première halte est souvent prévue pour une baignade rafraîchissante et un déjeuner au mouillage, dans une baie isolée aux eaux cristallines. Une fois le ventre plein, l'équipage reprend la mer pour environ trois heures de navigation en direction d'une nouvelle île, telle qu'Ios. Une fois amarrés, la découverte de la Chora, perchée sur les hauteurs, s'impose, offrant une vue qui s’étend magnifiquement sur la mer environnante. Le soir, un bon repas réunit les passagers, et pour les amateurs, un peu de vie nocturne peut animer la soirée. Le bateau de croisière se transforme alors en un refuge paisible pour la nuit, bercé par le clapotis des vagues.
Le voyage se poursuit souvent le lendemain, en appareillant pour des destinations comme Manganari, au sud d’Ios. Une baie aux eaux limpides y accueille le voilier pour une nouvelle baignade rafraîchissante et un déjeuner à bord, prolongeant les plaisirs de la mer. Dans l’après-midi, le cap est mis sur Santorin, une destination mythique. C'est ici que la croisière Santorin prend tout son sens, à la voile, avec la vue lointaine de l'archipel se dessinant à l'horizon. Naviguer sous le regard imposant d'Oia, de Fira et de Thirassia, au cœur même du cratère volcanique, est une expérience unique. Les falaises majestueuses de l’île, se dressant tout autour, offrent un spectacle à couper le souffle, gravant des images indélébiles dans la mémoire des voyageurs.
La navigation continue, emmenant le voilier vers de nouvelles découvertes. Le mercredi, le cap est généralement mis au nord-ouest. Au matin, le calme de Thirassia est quitté pour hisser les voiles et poursuivre cette croisière, s'éloignant de l'archipel de Santorin. Au près, le bateau remonte le vent, cap sur Folegandros, une île d'une beauté sauvage. L'arrivée dans une magnifique baie au sud de l’île invite à une pause bienvenue, propice à la baignade, à la détente et à un déjeuner réparateur. En fin d’après-midi, une visite de la Chora de Folegandros s'impose. Accrochée aux falaises, elle offre des panoramas incroyables sur les Cyclades, des vues qui capturent l'essence même de l'Égée. Un dîner dans une taverne typique plonge ensuite les visiteurs dans l’atmosphère grecque authentique, entre saveurs locales et convivialité.
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Le périple se poursuit depuis Folegandros par une belle navigation vers l’extrême Ouest des Cyclades. L'île de Polyaigos accueille les navigateurs, déserte et sauvage, avec ses roches aux couleurs somptueuses et ses eaux turquoise. Une halte y est faite pour nager et déjeuner, profitant de la tranquillité des lieux. Ensuite, la direction est prise vers le nord pour deux heures de navigation vers Kimolos, où les petites maisons dans la roche et les portes colorées accueillent chaleureusement les arrivants.
Après une baignade matinale dans une crique au nord-est de Kimolos, le cap est mis plein Est vers l’île méconnue de Despotiko. Une première escale dans une baie permet de profiter de la mer avant de rejoindre la grande baie située entre Despotiko et Antiparos. Ici, le coucher de soleil sur le sanctuaire d’Apollon est un instant magique, offrant un spectacle céleste inoubliable. Pour le dernier jour de cette odyssée, le voilier longe la côte ouest d’Antiparos, sauvage et magnifique. L’équipage aguerri aide aux nombreuses manœuvres qu’offre cette zone de navigation, assurant une progression fluide et agréable. Un dernier mouillage, l’occasion d’une baignade et d’un déjeuner paisible à bord, donne l’opportunité à ceux qui n’ont pas encore fait la cuisine de montrer leurs talents culinaires. Ensuite, le port d’Antiparos est atteint pour une soirée d’adieux. Dans les ruelles animées, entre boutiques et tavernes, les derniers moments sont savourés ensemble, créant des souvenirs précieux. Le matin suivant, une courte navigation ramène le bateau à Parikia, sur l'île de Paros. C’est alors le moment de faire ses bagages, de jeter un dernier regard sur le bateau et de se préparer à débarquer à midi, le cœur rempli d'images et d'expériences.
Le Voilier Amel Santorin : L'Excellence du Croiseur Hauturier
Pour de telles navigations, un voilier comme le Santorin, issu des chantiers Rochelais Amel, représente un choix de prédilection. Construit à 150 exemplaires en versions Ketch et Sloop, ce navire est un croiseur hauturier luxueux, pensé spécifiquement pour le voyage en équipage réduit. Très solidement construit et abondamment équipé, le chantier Amel proposait des unités "full options" en standard. Le Santorin, lors de son lancement en 1989, marquait le retour de la gamme Amel vers des bateaux de taille plus modeste (bien que mesurant tout de même 46 pieds) et l'adoption du gréement de sloop. Cette conception intégrait plusieurs principes fondamentaux, essentiels à la réputation de la marque.
Une Robustesse Inégalée et des Mesures de Sécurité Pensées pour l'Océan
L'un des piliers de la philosophie Amel est la robustesse. On le constate aisément : lors de chaque course autour du monde, le risque de collision avec un OFNI (Objet Flottant Non Identifié) demeure bien réel. Face à cette réalité, tous les bateaux Amel sont munis de compartiments étanches, indépendants les uns des autres, une caractéristique essentielle pour la sécurité en haute mer. La robustesse et la qualité de construction sautent aux yeux dès qu'on monte à bord du Santorin. Les balcons, entièrement en inox et dépourvus de câbles, sont continus, courant d’arrière en avant. Ils sont conçus pour être suffisamment solides pour empêcher un poids lourd de tomber à l’eau, leurs platines étant montées sur un liston massif. L’épaisseur du matériau mis en œuvre sur le pont et pour les coffres, gigantesques et au nombre de deux à l’avant, est nettement plus importante que celle à laquelle on est habitué sur les unités de très grande série, témoignant d'une construction sans compromis.
Un Voilier Marin, Facile à Manœuvrer et Conçu pour le Grand Large
La définition de "marin" selon Henri Amel revêtait plusieurs significations. Le chantier souhaitait un bateau sûr, facile à mener à deux, et doté de bonnes performances sous voile. Au-delà de son esthétique distinctive, le cockpit du Santorin est plus proche de celui d’un "timonier" que de celui d’un voilier conventionnel. La protection y est totale pour le skipper, qui barre assis sur un siège rembourré, garantissant un confort optimal même par mauvais temps. En fait, la protection est excellente quel que soit l'endroit où l'on se trouve dans ce cockpit. Les francs-bords sont hauts, offrant une sécurité supplémentaire.
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Sur ce Santorin, nul besoin de courir au pied du mât pour prendre un ris, une tâche souvent ardue sur d'autres voiliers. Nul besoin même de disposer d’une seconde paire de bras : la grand-voile sur enrouleur et le winch self-tailing de série autorisent cette manœuvre très facilement, permettant à une seule personne de gérer la réduction de voilure sans effort. Le génois est également monté sur enrouleur et dispose, lui aussi, d’un winch électrique pour son réglage, simplifiant encore les opérations. Toujours au tableau de bord, on trouve la commande déportée de guindeau, une fonctionnalité précieuse. Souvent, l’équipier chargé du mouillage ne maîtrise pas toujours son sujet, ce qui soulève la question de l'utilité de déporter cette commande au cockpit ou sur une télécommande. Un voilier marin, c’est aussi un voilier facile à maintenir, dont les systèmes sont accessibles et fiables. Il dispose d’un moteur puissant ; sur le Santorin, un Perkins de 60 chevaux est monté sur ligne d’arbre, gage de robustesse et de fiabilité. Enfin, un voilier marin est un bateau capable d’emporter beaucoup d’équipement et qui dispose de nombreux rangements, essentiels pour les longues croisières.
Le Luxe et le Confort des Finitions Haut de Gamme
Si à l’extérieur, le confort ne se devine qu’au travers de la qualité des assises et des finitions apparentes, c'est lorsqu'on descend dans le Santorin que la qualité des vernis frappe immédiatement. Pour quiconque habitué aux unités de grande série, ce Santorin, même âgé de 28 ans, impressionne par son état et sa conception. Mais de beaux vernis ne font leur effet que sur des menuiseries parfaitement exécutées. Ici, il s’agit de meubles d’ébénisterie, les champs sont massifs, les épaisseurs importantes et toute la quincaillerie est de première qualité, témoignant d'un savoir-faire artisanal exceptionnel. La table du carré, qui intègre un bar dans son piétement, semble extrêmement solide et bien ancrée. Le confort à bord d'un Amel, c’est aussi de ne pas avoir à choisir parmi une liste interminable d’équipements en option, mais de disposer d’un bateau très équipé en standard, avec un niveau de prix en rapport, il est vrai. Cela inclut, entre autres, la grand-voile et le génois sur enrouleurs électriques, le chauffage, un alternateur d’arbre, des tangons, des systèmes d’extincteurs automatiques, un pilote automatique performant et une électronique de navigation complète.
L'aménagement intérieur est conçu pour le confort en mer. Le carré, situé au milieu du bateau, comporte une table rabattable sur tribord, permettant de la transformer en un espace où huit personnes peuvent dîner confortablement. Sur bâbord, on trouve également la couchette de veille, un élément pratique pour les navigations de nuit. En arrière de la table à cartes s’étend une coursive agrémentée de trois vastes étagères par côté, offrant des rangements supplémentaires essentiels.
L'Essai en Mer : Une Expérience Révélatrice de Performance
Une rencontre pour un essai au "quai des Amel" du port de Hyères peut susciter des interrogations sur l'appellation, mais elle se révèle rapidement juste : en 2011, pas moins de douze Amel étaient alignés, comme à la parade. Royalement installé derrière le pare-brise, le moteur est démarré et le propulseur d’étrave actionné. Une fois les amarres larguées, le bateau quitte sa place et pivote aisément sur lui-même, démontrant sa maniabilité. Le programme de deux jours pour l'essai consiste en un aller-retour entre Hyères et le Cap Lardier. Le bateau se comporte très bien au moteur, atteignant 8 nœuds à 3000 tours/minute et 7,2 nœuds à 2400 tours/minute, une allure de croisière confortable et économique.
La météo offre un force 4 avec une mer peu agitée au matin de l'essai, mais un force 6 est attendu pour le lendemain, promettant des conditions plus exigeantes. Dérouler la grand-voile électriquement est un véritable jeu d’enfant, tout comme la border depuis le winch électrique monté sur ce voilier. La manœuvre électrique du génois suit, tout aussi facilement. Toutes ces opérations peuvent être réalisées assis derrière le pare-brise, sans même ressentir le vent sur le visage, une preuve de l'ingéniosité de la conception Amel. La grand-voile et le génois peuvent être déroulés seuls, en à peine deux minutes, ce qui est remarquable. La position de barre est étonnante : sans la gîte, elle ressemble un peu à celle d’un catamaran, offrant une visibilité et un confort excellents. À propos de gîte, un indicateur gradué, charmant et d’un autre temps, l’indique au degré près.
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En sortant de la baie avec un vent d’est, toute la toile est conservée pour un premier bord de près en direction de l’île du Levant. À cette allure, en sortant de la baie, le bateau est un peu trop toilé. Qu’importe ! Le bateau est placé face au vent, le pilote automatique est enclenché, l'écoute choquée d'une main, puis, de l’autre, la commande électrique de la grand-voile est utilisée pour passer un ris. Il n'y a rien à dire, la protection du cockpit des Amel n’est pas une légende, elle est une réalité tangible. Au près (à 40° du vent), avec 15 nœuds de vent, le génois déroulé et un ris, le voilier atteint les 8 nœuds presque immédiatement, prouvant ses bonnes performances. Le bateau est ardent, mais pas excessivement, ce qui le rend agréable à barrer. Les sensations de barre, en revanche, ne sont pas géniales, la transmission par chaîne y étant probablement pour quelque chose. Quoi qu’il en soit, les Santorin ne sont pas des régatiers, mais des croiseurs au long cours, où l'on préfère laisser le pilote automatique ou le régulateur d’allure s'occuper de la barre.
Retour au Port : Confort et Sécurité par Temps Fort
Après une nuit au mouillage et une bouillabaisse bien méritée, vient le moment de rentrer vers Hyères. La navigation est entamée prudemment, avec un ris dans le génois et dans la grand-voile. Avec 25 nœuds de vent, le bateau avance magnifiquement au portant avec cette garde-robe, atteignant 8, 9, et même 10 nœuds avec les vagues. Par contre, un aspect essentiel du confort est que lorsqu’on tape dans la vague, bien protégés par le pare-brise et la casquette du cockpit, aucun embrun ne parvient à mouiller l'équipage. L’expérience de manœuvrer seul un voilier au près, dans les vagues, sans recevoir ne serait-ce qu’une goutte d’eau de mer sur les lunettes depuis un poste de pilotage de timonier peut paraître déconcertante d'emblée. Mais le programme de ce voilier n’est-il pas la grande croisière, les horizons lointains, le bout du monde ? D’ailleurs, il est fréquent de croiser un Amel dans tous les mouillages reculés du globe, témoignage de leur aptitude à l'aventure.