Les Jeux Paralympiques de Paris 2024 seront marqués par la présence de nombreux athlètes talentueux venant des Antilles et d'autres régions ultramarines. Ces athlètes ultramarins incarnent la fierté et la résilience de leurs territoires d'origine. Ils sont prêts à écrire l'histoire aux Jeux Paralympiques de Paris 2024, avec l'ambition de remporter des médailles et de représenter leur région au plus haut niveau. Ces Jeux seront un moment fort pour les Antilles et les autres territoires ultramarins, qui vibreront au rythme des exploits de ces champions. Du 28 août au 8 septembre 2024, cet événement mettra en lumière des parcours d'exception façonnés par la rigueur et la détermination.
Jacques Favre, le directeur technique national, a annoncé les noms des nageurs sélectionnés pour les joutes internationales de haut niveau, soulignant l'importance de la délégation ultramarine. Parmi eux, deux Martiniquais, Coralie Balmy et Lorys Bourelly, un Guyanais, Medhy Metella et la Calédonienne Lara Grangeon. Focus sur ces représentants qui portent les espoirs d'un peuple.
Coralie Balmy et la quête de l'ultime podium
La nageuse martiniquaise Coralie Balmy est une figure emblématique de la natation française. Elle a validé son ticket pour le Brésil sur le 400m nage libre et a décroché un 6e titre de championne de France de la distance. Coralie Balmy participera à ses 3e Jeux Olympiques, marquant ainsi une longévité exceptionnelle au plus haut niveau. Bien qu'elle ne s'élancera que sur le 400m, n'ayant pas réalisé les minimas requis par la Fédération pour le 800m nage libre, ses ambitions restent intactes.
Respectivement 4e et 6e des deux dernières finales olympiques du 400m nage libre, Coralie Balmy peut prétendre au podium pour son ultime participation aux JO. La Martiniquaise réalise la meilleure saison de sa carrière. Bien préparée physiquement et mentalement elle fera "son maximum pour décrocher une médaille". Sur une distance dominée par l'Américaine Katie Ledecky, la nageuse antillaise a les armes pour prétendre à une médaille d'argent ou de bronze. Son expérience et sa maîtrise technique font d'elle une candidate sérieuse pour les places d'honneur.
Lorys Bourelly : le sacrifice au service de l'ambition olympique
Lorys Bourelly a mis ses études de management de côté pour se donner les meilleures chances d'obtenir une qualification aux JO. Il va ainsi revivre une deuxième fois le bonheur des joutes olympiques. Après sa 4e place lors de la finale du 200m nage libre aux championnats nationaux et son chrono de 1'47"83, ce qui constitue son record personnel, le Martiniquais de 23 ans a obtenu sa place dans le relais tricolore du 4x200.
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Remplaçant du relais 4x200 qui a obtenu la médaille d'argent en 2012 à Londres, Lorys Bourelly n'a pas goûté à la finale à l'époque. Habitué à disputer les séries des compétitions internationales il aura un rôle à jouer dans la conquête de l'or Olympique. Sa progression constante et son record personnel témoignent d'une préparation rigoureuse et d'un engagement total envers sa discipline.
Medhy Metella et la force du relais guyanais
Certain de voir Rio avec le relais 4x100m nage libre, le Guyanais Medhy Metella n'a cependant pas été repêché pour le 100m papillon individuel. Battu par Jérémy Stravius lors des championnats de France, le recordman français de l'épreuve a échoué à seulement 13 centièmes du temps de référence imposé pour la qualification. Malgré cette déception individuelle, ses perspectives collectives demeurent extrêmement solides.
À l'instar des championnats d'Europe 2014 à Berlin et des mondiaux un an après à Kazan en Russie, Medhy Metella a toutes les chances de remporter une médaille d'or sur le relais. Accompagné des autres relayeurs, le frère de Malia Metella, championne olympique du 50m nage libre en 2004, est bien placé pour monter sur le toit de l'Olympe. Son héritage familial et sa puissance physique sont des atouts majeurs pour le relais français.
Lara Grangeon : la persévérance calédonienne
Lara Grangeon verra finalement le Brésil. La Calédonienne de 25 ans fait partie des six femmes repêchées par la fédération. Malgré son nouveau record de France établi sur le 400m 4 nages avec un temps de 4'36"31, elle n'a pas atteint les minimas fixés à 4'35"36. Sur le 200m papillon elle a été sacrée championne de France mais n'a pas réussi à descendre en dessous du temps de référence.
Peu importe, la native de Nouméa sera bien du voyage avec la délégation française. Les JO de Rio seront les deuxièmes de Lara Grangeon. À Londres, il y a quatre ans, son parcours s'était arrêté au stade des séries du 400m 4 nages. Cette année la championne calédonienne peut viser une finale. Sa capacité à établir des records nationaux même sous pression démontre un niveau de compétence qui la place parmi l'élite mondiale.
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Didier Icheck : l'architecte de la natation guadeloupéenne
Figure incontournable du sport antillais, le Conseiller Technique Fédéral Didier Icheck a marqué de son empreinte l'histoire de la discipline. La famille de la natation guadeloupéenne a perdu un grand monsieur, un mentor qui a formé plusieurs générations de champions. Responsable du Pôle Espoirs, Didier Icheck a consacré l’essentiel de sa vie à la discipline. Arrivé dans l’archipel à l’âge de 8 ans, ce fils de militaire avait d’abord été attiré par le judo, l’athlétisme et le basket-ball avant de se tourner vers l’encadrement alors qu'il n'avait pas encore 20 ans.
Didier Icheck racontait volontiers : « Je nageais avec mes copains sans aucun projet d’avenir. À 16 ans, je faisais de l’animation pour les petits. Un jour, on m’a demandé de m’occuper de plus grands car l’entraîneur était malade. Ce n’est pas un moment précis mais un engrenage qui m’a donné la passion de l’entraînement ». Au-delà des résultats, il militait sans relâche pour l’amélioration des conditions d’entraînement. Convaincu du potentiel du territoire, il plaidait pour la construction de nouvelles piscines et d’équipements adaptés. Né en 1963 à Dakar, il laisse l’image d’un homme rigoureux, exigeant avec lui-même comme avec les autres, mais profondément humain. Il avait fait sienne cette maxime : l’éducation par le sport, la transmission avant la performance.
Les compétences et aptitudes de l'éducateur sportif aquatique
L'éducateur sportif d'activités aquatiques de la natation exerce en autonomie son activité professionnelle, en utilisant un ou des supports techniques dans les champs des activités physiques et sportives ou des activités éducatives, culturelles et sociales, dans la limite des cadres réglementaires. Contre rémunération, l’éducateur sportif titulaire du brevet professionnel des activités aquatiques de la natation est garant de la sécurité de la baignade, enseigne la natation, et anime les activités de la natation.
Il est responsable au plan pédagogique, technique et organisationnel. Il assure la sécurité des tiers et des publics dont il a la charge. Il a la responsabilité du projet d’animation qui s’inscrit dans le projet de la structure. Les modes d’intervention qu’il développe s’inscrivent dans une logique de travail collectif et partenarial, prenant en compte notamment les démarches de développement durable, d’éducation à la citoyenneté et de prévention des maltraitances.
Pour accéder à cette profession, des prérequis stricts sont nécessaires :
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- Être titulaire de l'une des attestations de formation relative au secourisme : « premiers secours en équipe de niveau 1 » (PSE 1) ou son équivalent en cours de validité, ou « premiers secours en équipe de niveau 2 » (PSE 2).
- Être admis à l'examen du brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique « BNSSA » et si nécessaire produire l'attestation justifiant de la vérification de maintien des acquis.
- Produire un certificat médical daté de moins de trois mois au jour du déroulement du test d'entrée préalable.
- Produire une attestation de 400 mètres nage libre réalisée en 7 minutes et 40 secondes maximum.
Cette performance de 400 mètres peut être attestée par le directeur technique national de la natation pour les candidats ayant réalisé ce temps en compétition de référence officielle de la Fédération française de natation. Sont dispensés de cette attestation les sportifs de haut niveau inscrits ou ayant été inscrits sur la liste ministérielle.
Enjeux de la formation professionnelle au CREPS Antilles-Guyane
Le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (BPJEPS) est un diplôme d’état de niveau 4, délivré par le directeur régional de la Délégation Régionale Académique à la Jeunesse, à l’Engagement et aux Sports (DRAJES). Le diplôme du BPJEPS atteste de la possession des compétences professionnelles indispensables à l’exercice du métier d’animateur, de moniteur, d’éducateur sportif. Pour encadrer les Activités Physiques et Sportives (APS) et en faire son métier, il faut être titulaire d’un diplôme enregistré au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) qui garantit la compétence de son titulaire en matière de sécurité.
La formation au BPJEPS mention « Activités Aquatiques et de la Natation » comporte 4 Unités Capitalisables (UC) qui font l’objet d’évaluations. Cette formation se déroule en centre et en entreprise, pour un travail en transversalité sur les Unités Capitalisables de la formation en vue d’acquérir des compétences et une professionnalisation vérifiée. La formation est construite sur le principe de l’alternance, utilisant des situations concrètes de travail. Un soutien individualisé, par le biais d’un suivi pédagogique ainsi qu’un tutorat en entreprise, sont mis en œuvre.
Le CREPS Antilles-Guyane et ses partenaires, comme la collectivité de Saint-Martin, en tant qu’établissement national de formation, dispose de l’expérience de l’accueil de stagiaires et de leur gestion. Il offre des salles de formation, des installations sportives polyvalentes (salles de musculation et d’étirements, stade, gymnase) et des salles informatiques correspondant aux besoins pour les cours théoriques et pratiques. L'équipe pédagogique est constituée d'experts dans leur spécialité ou dans les domaines transversaux dont les compétences sont attestées par leur expérience ou leurs diplômes.
Débouchés et insertion professionnelle des maîtres-nageurs
Le titulaire de ce diplôme BPJEPS spécialité « Éducateur Sportif » mention « Activités Aquatiques de la Natation » option « Sauvetage », exerce son activité dans le domaine des activités aquatiques et natation en tant qu’éducateur sportif ou maître-nageur sauveteur. Les débouchés sont variés : piscines municipales, campings, plages ou centres de remise en forme.
La formation vise à préparer au métier d’éducateur sportif des activités de la natation en permettant d'acquérir les compétences pour :
- Exercer le métier de Maître-Nageur Sauveteur dans les domaines de la surveillance, du secours, de l’hygiène, de la sécurité, de l’enseignement et de l’animation.
- Participer à l’organisation et au fonctionnement d’une structure.
- Mettre en œuvre et conduire un projet d’animation.
- Accueillir différents publics.
Le positionnement permet de situer le candidat admis à entrer en formation afin de construire un parcours individualisé. Des évaluations formatives sont organisées tout au long du parcours pour accompagner le stagiaire vers la construction de compétences professionnelles et les attendus du diplôme. Le coordonnateur est un cadre d’état du ministère de la jeunesse et des sports, garantissant la qualité de l'enseignement.
L'influence des athlètes ultramarins sur le sport français
Qualités athlétiques, endurance, volonté… En natation comme dans d’autres sports collectifs et individuels, la France doit beaucoup à ces athlètes natifs ou originaires des Antilles, de l’océan Indien et de Polynésie. Quels auraient été les résultats de l’équipe de France et de certains clubs s’ils n’avaient pas possédé dans leurs rangs des talents issus des territoires ultramarins ? Cette question souligne l'apport indispensable de ces régions au rayonnement sportif national.
Marius Trésor, Lilian Thuram, Thierry Henry, Dimitri Payet, Marama Vahirua, Vikash Dhorasoo… Ce ne sont que quelques exemples de joueurs nés ou originaires d’outre-mer ayant fait les beaux jours du sport français. Du côté des Caraïbes et de la Guadeloupe, Marius Trésor, natif de Sainte-Anne, reste une légende. Défenseur hors pair, il a connu 66 sélections chez les Bleus. Plus près de nous, l’archipel guadeloupéen a donné Lilian Thuram, natif de Pointe-à-Pitre, dont l'image au Stade de France en 1998 est gravée dans les mémoires. Thierry Henry, d’origine guadeloupéenne et martiniquaise, détient des records de buts impressionnants, fruit d'un héritage venu de La Désirade et de la Martinique.
La Martinique possède également ses vedettes. Gérard Janvion, célèbre défenseur des années 1970-1980, a tapé au ballon sur les plages de Case Pilote avant de connaître 40 sélections en équipe nationale. Nicolas Anelka, originaire de Martinique par ses parents, et Éric Abidal complètent cette liste prestigieuse. Dans l'Océan Indien, Dimitri Payet, né à Saint-Pierre à la Réunion, et en Polynésie, les Vahirua, Pascal et Marama, illustrent cette diversité et cette excellence. Cette réussite dans le football est le miroir de celle que l'on observe dans les bassins, où la résilience et le talent des nageurs antillais continuent de porter haut les couleurs de leurs territoires.
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