Guide complet pour un projet de tour du monde en voilier : du choix du navire à la préparation technique et administrative

Partir sur la route des alizés pour réaliser la grande boucle en trois ans reste le rêve de tout marin au long cours. Nombreux sont ceux qui rêvent de faire le tour du monde à bord d’un voilier ou d’un catamaran. Mais s’aventurer en mer pendant plusieurs mois, voir plusieurs années, nécessite une préparation rigoureuse. SamBoat propose de vous guider sur les grandes lignes à savoir avant de se jeter à l’eau. Plus qu’un voyage, il s’agit d’une quête, d’une philosophie de vie. D’une manière différente d’appréhender les frontières des continents comme un grand tout immuable. Même si l’envie de vous évader est forte, calmez vos ardeurs. Du moins, le temps de lire cet article.

Analyse des options de navigation : Monocoque vs Catamaran

Bien choisir son voilier pour visiter le monde est la première étape primordiale pour que son voyage soit réussi. Du côté des modèles et des performances, vous aurez le choix entre louer un voilier monocoque classique ou un catamaran. Ce dernier présente deux coques parallèles et un espace de vie souvent plus grand. Si le premier séduit par sa maniabilité et son ergonomie en haute-mer, le catamaran est souvent privilégié pour sa stabilité. Mais aussi son confort et son autonomie. Le catamaran est plus léger et offre moins de résistance à l’eau qu’un monocoque traditionnel. Sa vitesse de croisière oscille entre 7 à 12 nœuds. Cette vitesse permet de rejoindre un port plus rapidement pour se ravitailler. Autre avantage, ce type de bateau permet d’accéder à des eaux peu profondes. On peut jeter l’ancre facilement dans des criques ou des lagons inaccessibles. L’idéal pour une pause improvisée. Louer un catamaran est donc un très bon choix pour un tour du monde.

Il est toutefois nécessaire de considérer les spécificités techniques et les retours d'expérience. Certains navigateurs soulignent l'importance de ne pas acheter sur photos, mais de vérifier l'état structurel. Il est entendu que déjà c'est pas une épave, mais une coque nue. Il faut être vigilant avec les matériaux ; par exemple, certains affirment qu’ils ont un acier de 7 tonnes pour 9 m. L’équipement est un point central : aucun bateau n'est incompatible avec un régulateur d’allure. La sécurité et la performance sont de loin les caractéristiques les plus importantes, si vous souhaitez revenir en un seul morceau de votre voyage.

Stratégies budgétaires et location

Chaque personne a un mode de vie plus ou moins élevé, en revanche à bord d’un bateau certaines dépenses ne sont pas à lésiner. Si une famille a réussi son défi de partir à 4 avec seulement 600 euros par mois, cela ne s’applique pas à tout le monde. Les avantages de la location : tout est compris, assurance, équipements, bateau entretenu et moins coûteux. En revanche, si vous souhaitez acheter un voilier, il vous faudra compter entre 50 000 et 400 000 euros avec les rénovations et les travaux qui sont souvent en adéquation avec le prix. Ce qu'il faut retenir : si vous souhaitez partir un an et sans stress, la location est la meilleure des options. Côté moteur, le coût n'est pas forcément exorbitant si l'entretien est suivi. Prévoyez toujours des fonds pour les frais du voyage (carburant, vivres, frais d’entretien du voilier) ainsi que des taxes supplémentaires appliquées dans certains pays.

La préparation humaine et technique

Avant de partir pour un tour du monde, il faut s’y préparer. Pour naviguer en pleine mer en toute autonomie et sécurité, nous vous conseillons de garder deux ans de libre devant vous afin de réaliser des stages de navigation à l’école de voile des Glénans par exemple. Le permis bateau n’est pas nécessaire pour devenir le capitaine d’un voilier en mer. En revanche, il est impératif d’avoir une très bonne expérience de navigation avant de prendre le large. Outre le côté administratif, pensez également à vous préparer sur le plan physique et psychologique.

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Logistique de bord : Alimentation et confort

Que les estomacs gourmands se rassurent, il est tout à fait possible de concocter de savoureux repas à bord d’un bateau. Plus votre bateau sera petit, plus l’espace cuisine risque de l’être aussi. Un retour aux kitchenettes étudiantes qui donne un petit coup de jeune ! Si vous ne comptez pas faire d’escales régulièrement, pensez à faire un stock d’aliments qui se conservent bien (riz, pâtes, semoule, œufs, pommes de terre, conserves …) afin d’éviter la pénurie. Le pain peut avoir une place sacrée lors d’un repas, et pourtant la boulangerie ne sera pas accessible chaque matin. Rassurez-vous, votre hygiène ne sera pas au dépens de votre voyage. La plupart des voiliers sont équipés de douches et des salles de bains. Il y en a généralement dans les cabines, et sur le pont. Cependant les réserves en eau douce sont limitées sur un bateau, il vous faudra être économe entre deux escales.

Gestion de la connectivité et communication

Avoir accès à internet durant son voyage peut paraître futile pourtant c’est une réelle question à se poser. L’accès à internet peut s’avérer utile. La seule question à vous poser est la suivante : « À quelle fréquence vais-je avoir besoin d’utiliser Internet ? » Au quotidien ? Seulement à quai ? Près des côtes et du mouillage : L’accès à une connexion Internet se fait plutôt facilement via le réseau mobile 4G. SamBoat s’est spécialisé dans les projets de navigation longue durée et peut vous accompagner dans la recherche de votre bateau de location.

L’itinéraire idéal : La Route des Alizés

Voile Magazine a sélectionné pour vous le tour du monde idéal. Côté météo, la gestion des saisons cycloniques est primordiale sur un parcours qui vous mènera majoritairement sous le soleil des tropiques avec l’alizé comme fidèle serviteur. L’idée étant d’être toujours au bon endroit au bon moment ! Un départ de France pendant l’été garantit généralement un golfe de Gascogne clément, idéal pour s’amariner sereinement. Une fois sous l’influence de l’anticyclone de Ste-Hélène dans l’hémisphère sud, vous finirez votre traversée jusqu’au Brésil dans un flux de sud-est souvent costaud. L’archipel de Fernando de Noronha, réserve naturelle à 300 milles au large de Nadal, vaut le déplacement : mouillages somptueux et faune aquatique de toute beauté en font une escale de qualité, prélude à votre atterrissage sur le continent.

L’Amazonie se navigue jusqu’à Manaus mais il faudra prendre garde aux déchets charriés par ce fleuve monstre, aux moustiques et autres bestioles venimeuses, ainsi qu’aux actes de piraterie. Le mieux, si l’on souhaite vraiment se plonger dans l’enfer vert, pourra être de remonter le Maroni en Guyane Française. Sur le chemin les îles vénézuéliennes, Curaçao et Aruba, sont autant de haltes sympathiques avant d’embouquer le canal. Une fois ce stress derrière vous, le Pacifique Sud est devant l’étrave mais avant de toucher aux joies des atolls, l’archipel des Galapagos méritera une escale de quelques jours. Aux Marquises, poser la pioche s’avérera souvent compliqué du fait de la houle résiduelle et de fonds qui tombent rapidement. Toutefois, quelques baies permettent de profiter de ces îles grandioses. Aux Tuamotu, prendre garde aux forts courants dans les passes et éviter les approches de nuit ou avec un soleil déclinant.

La saison des cyclones approchant (de fin novembre à mars), un choix devra être fait : la Nouvelle-Zélande ou l’Australie non tropicale. La traversée vers Auckland devra se faire en novembre. Une fois sur place, vous aurez quelques mois pour faire le tour de l’archipel néo-zélandais avant de voguer vers l’océan Indien. Sur le chemin, entre avril et juillet, la Nouvelle-Calédonie et les Vanuatu vous réserveront leur lot de mouillages idylliques tandis que la Nouvelle-Guinée sera un véritable dépaysement civilisationnel. Deux alternatives se profileront ensuite : un retour via la mer Rouge ou par le cap de Bonne-Esperance. La meilleure option, en termes de sécurité, reste l’Afrique du Sud. Pour cet itinéraire, il vous faudra cavaler pour être parti de la Réunion fin octobre, maximum début novembre (début de la saison cyclonique en décembre).

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La suite du voyage sera moins sujette aux risques météo, les cyclones étant inexistants dans l’Atlantique Sud. Pour remonter vers l’Europe, vous pouvez faire escale en Namibie (extraordinaire !), aux îles de Sainte-Hélène et de l’Ascension avant de partir vers le Brésil et les Antilles. Ou encore faire route vers le Cap-Vert avec un stop en Namibie. Quel que soit le trajet choisi, le passage par les Açores fin mai début juin sera inévitable avant de boucler la boucle en atteignant les côtes de l’Hexagone en juillet. Si vous pensiez pouvoir faire un tour du monde à la carte, détrompez-vous. Il est plus judicieux de suivre la Route des Alizés.

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