L'univers du canoë-kayak français trouve, à travers les plans d'eau d'Angers et notamment le Lac de Maine, un terrain d'expression privilégié pour le haut niveau. Entre les stages de préparation olympique des athlètes de l'équipe de France et les championnats de France de fond qui rythment la saison nationale, ce site angevin s'affirme comme un pôle de performance incontournable. L'analyse des dynamiques sportives, de la technicité des épreuves et des ambitions des compétiteurs permet de comprendre les enjeux qui animent cette discipline exigeante.
La quête de la performance : L'exemple du K4 féminin
Du 19 au 23 juin, quatre membres de l’équipe de France féminine de course en ligne se sont organisées un stage sur le Lac de Maine, à Angers. Au programme du K4 en quête d’une qualification olympique pour Paris 2024 : du travail hors et sur l’eau. C’est une flèche blanche aux couleurs de l’Esack (l’Entente Sportive Anjou Canoë Kayak) qui, ce lundi-là, fendait l’eau calme du Lac de Maine, à Angers, à peine perturbé par le vent et le clapot.
À bord, les rameuses de l’équipe de France de canoë-kayak qui forment le K4 enchaînent les longueurs. « En fait, ça fait travailler la coordination », explique la rameuse de l’Yonne. La locale de l’étape décrypte : « Vous ne voyez que ce qui est aérien, en l’occurrence le planter de pagaie. Qui, d’ailleurs, en le regardant au ralenti, fait déceler un léger décalage entre nous quatre. Pour alléger l’avant du bateau. Mais il y a aussi tout le travail des jambes, dans nos cale-pieds. »
Un exercice qui se mélange à d’autres : « Sur et en dehors de l’eau », détaille Léa Jamelot. « On fait du vélo, de la natation : c’est un sport hyper complet. Le plus dur, c’est l’instabilité. » « Si vous tenez deux secondes après le lâcher de ponton, c’est déjà bien », rigole Pauline Freslon. L’équilibre du bassin, c’est la clé. Pour, au final, atteindre une forme de partition parfaite. « Oui », sourit la Quimpéroise. « Il y a une musique du bateau, du tempo, du rythme. » « Heureusement qu’on ne chante pas ! », lance Pauline Freslon dans un éclat de bonne humeur. C’est aussi tout l’esprit de ce rassemblement.
Une organisation au service de l'ambition
Voulu par les kayakistes de l’équipe de France pour travailler encore et encore, ce stage s'inscrit dans une logique de continuité, faisant suite à un regroupement au Temple-sur-Lot quinze jours plus tôt. Margot est accompagnée par son mari, Cyrille Carre, ancien double champion du monde en K1 et K2, qui en profite pour faire quelques sorties avec Rémi Pété, le compagnon de Pauline Freslon, lui aussi ex-champion du monde de descente. Les Bleues vivent en parfaite autonomie, entre débrouilles et cohérence. « Il n’y a dû avoir qu’une seule engueulade entre nous : deux minutes après, on se prenait dans les bras. » « Le dialogue est très ouvert », renchérit Léa Jamelot. « On s’appuie beaucoup sur nos sensations et nos émotions. »
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C’est sous la houlette de Gilles Portejoie, un Angevin passionné de sport, ancien kiné de Cholet Basket, qui a rassemblé des partenaires dans une volonté d’accompagner le quatuor vers Paris 2024, que ce mini-stage d’une semaine a pu avoir lieu. Ici, on peut évoluer dans des conditions de plan d’eau similaires à celui des Jeux de Paris (à Vaires-sur-Marne) avec du vent et des vagues. Et puis, on prépare une compétition internationale en fin de semaine à Decize. L’idée de Gilles met en avant un territoire. Et notre sport.
La compét’, c’est bel et bien ce qui anime ces kayakistes bleues. Parce que l’enjeu n’est pas neutre. Après une manche de Coupe du monde à Szeged il y a un mois, l’autre rendez-vous planétaire convoque les quatre filles à Duisbourg, fin août pour les championnats du monde. « L’enjeu est simple pour nous », résume Léa Jamelot. « Il faut qualifier la France en terminant dans les dix meilleures nations. En attendant, il faut continuer les gammes, comme des musiciennes avant un concert. » Les quatre filles dans le vent de la Maine repartent sur leur long bateau blanc. Pour une série d’exercices où le rythme va reprendre ses droits dans une harmonie des gestes.
Les championnats de France de fond : Rétrospective et dynamique sportive
Les championnats de France de fond représentent un pilier de la saison. Historiquement, le Lac de Maine a été le théâtre d'éditions mémorables, comme celle de 2017. À cette époque, une importante délégation de l’A.S.Mantaise, comprenant 25 bateaux et 37 compétiteurs, s'était déplacée les 25 et 26 mars à Angers pour cette compétition sur 5000 mètres qui ouvre traditionnellement la saison nationale de canoë-kayak de course en ligne.
Cette édition avait été marquée lors de la première journée de course par un très fort vent balayant le bassin et rendant les courses particulièrement difficiles avec des vagues impressionnantes en regard des frêles embarcations de canoë et de kayak. La meilleure performance du week-end des sociétaires de l’A.S.Mantaise fut à mettre au compte de la cadette Salya Lefoulon, qui remporta une médaille de bronze en kayak biplace (K2) associée à Océane De Ponte et une très prometteuse 4ème place en kayak monoplace (K1). Sa progression depuis plusieurs mois était alors remarquable. C’était le fruit d’un entrainement intensif au sein du pôle espoir de Caen.
L’autre bonne surprise vint du canoë quatre places (C4) senior composé des frères Vincent et Sylvain Poulleau, Théo Lambert et Tony Sauvage, qui obtinrent aussi une médaille de bronze. Le kayak biplace (K2) sénior des frères Yoann et Franck Le Moel n’a pas démérité avec une bonne 7ème place dans un contexte très relevé et sur une distance qui ne leur est pas favorable. Le kayak quatre places (K4) composé des « sprinteurs » Maxime Moll, Benjamin Tournade, Robin Beuzeville et Nicolas Boursier a rencontré beaucoup de difficultés à trouver le bon tempo dans une course survolée par l’impressionnant équipage du club normand de Condé-sur-Vire. Ils terminèrent à une honorable 16ème place.
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L'émergence des talents et la culture du club
Dans les catégories jeunes, nous noterons la très bonne 21ème place de Franck Mignon en kayak monoplace cadet qui lui ouvrit des perspectives intéressantes pour la suite de la saison. Le kayak quatre places (K4) junior des frères Killian et Baptiste De Oliveira, Antoine Faller et Maxime Ferrant n’a pas démérité avec une 7ème place de même que l’équipage cadet composé de F. Mignon, B. Bailleux, H. Lazo et M. Okaro qui réalisa une 9ème place prometteuse. Les vétérans mantais n’auront pas failli à leur réputation. La section canoë-kayak de l’A.S.Mantaise est revenue de ces championnats de France fond avec un bilan positif surtout en comparaison des années précédentes.
La dynamique sportive locale est illustrée par les performances individuelles d'athlètes confirmés. Dès les premières compétitions, les athlètes du département ont réussi de belles performances. À la clé, un titre de champion de France pour le kayakiste angevin, Jean-Yves Lemasson. La première matinée de ces championnats a été radieuse pour l’Angevin. À 52 ans, il a pu fêter à domicile son premier titre de champion de France. « Gagner chez soi, alors que toute ma famille est présente, c’est superbe » ! Le résultat s’est dessiné assez rapidement pour cet habitué aux podiums nationaux, « je savais qu’il y avait deux gars à surveiller. J’ai vu dès le premier tour que je les avais lâchés ». Pour la suite de la course, il s’agissait de gérer cette avance. Après un départ réussi, la suite a été « plus dure ». Avec l’expérience, le kayakiste angevin a su gérer son avantage et obtenir son premier titre. Il s’est même permis de revenir sur quelques concurrents en fin de parcours. « Avant la course, j’avais un gros stress. J’avais à cœur de ne pas décevoir. » Finalement, c’est avec un accueil triomphal qu’il a été accueilli sur le podium.
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