La restauration et l'aménagement des sièges dans les kayaks en fibre anciens

L'état des lieux : kayaks en fibre dépouillés

Il arrive fréquemment de croiser sur le marché de l'occasion des kayaks en fibre anciens, ayant souvent plus de vingt ans, qui se présentent comme des coques nues au niveau de l'hiloire. Ces embarcations ne possèdent parfois aucun aménagement de cockpit, ce qui soulève une interrogation légitime : ces kayaks étaient-ils utilisés à l'époque en l'état, avec ce confort plus que sommaire ? Il est fort probable que ces spécimens soient des bateaux qui ont perdu au fil des saisons une partie de leur accastillage et équipement, ou éventuellement des constructions sur moule en club qui n'ont pas complètement été achevées.

La question de la navigabilité de ces coques sans aménagement interpelle. Pour un usage ponctuel et en environnement peu engagé, comme sur un lac, ces kayaks peuvent rester très compétitifs par rapport à un kayak moderne. Cependant, il faut garder à l'esprit que l'environnement "peu engagé" est une notion relative. En kayak, il n'y a pas de magie ; la sécurité demeure une priorité, et tenter d'équiper une coque nue nécessite de prendre conscience de son propre niveau technique comme kayakiste, mais aussi de ses capacités réelles en tant que bricoleur.

L'importance capitale de l'assise

L'assise est un élément capital en kayak. C'est elle qui transmet les mouvements du kayakiste au kayak et inversement. Elle doit donc être suffisamment rigide pour ne pas que l'énergie soit dissipée, mais aussi ergonomique, pour que le bassin et le dos trouvent naturellement une bonne position. De nombreux sièges de kayaks démontables modernes, comme ceux des modèles Amazon II de Wayland, déçoivent souvent : mousse trop molle qui laisse tout de suite sentir la planche, tissu protecteur qui boit l'eau, ou encore fixations bancales faites de pièces d'alu tranchantes et mal finies.

L'expérience montre que les sièges gonflables, bien que tentants, présentent des inconvénients majeurs. Ils sont souvent trop mous, ce qui entraîne une perte de ressenti et une dissipation de l'effort fourni. Le kayakiste a souvent l'impression de flotter, et comme dans un canapé trop mou, on finit avachi. Les sièges conçus pour la performance sont plutôt des sièges creux, épousant la forme du fessier, contrairement aux sièges gonflables qui sont bombés. Pour ceux qui souhaitent transformer un vieux kayak, l'installation d'un siège ergo de slalom en fibre, collé à la résine, offre une solution robuste et efficace.

La gestion du dossier et la mobilité du buste

Une erreur courante chez les débutants est de penser qu'un dossier doit être grand et haut pour être confortable. En réalité, un dossier trop haut bloque les mouvements de rotation du buste, qui doivent accompagner chaque coup de pagaie. Cela contraint le kayakiste à ne pagayer qu'avec ses bras et finit par provoquer des douleurs dorsales. Un bon dossier doit être assez mince et ne pas monter trop haut, afin de garder toute la mobilité du haut du corps.

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Sur les vieux kayaks type "Ligue de Bretagne" ou "Feuillette", le dossier n'était qu'une simple sangle, ce qui suffisait car le calage pieds-genoux-fesses-bassin sur ce type de bateau très fin était excellent. À l'inverse, dans un kayak moins ajusté, la chaîne de calage est souvent le point faible et doit être compensée par un bon dossier. Une solution inspirée des kayaks suédois Point65 consiste en une simple plaque de plastique cintrée et recouverte de mousse. Certains bricoleurs utilisent une plaque de contreplaqué de 5mm, bien que ce matériau puisse s'assouplir avec le temps, et fixent une sangle au couple de devant avec une boucle de réglage.

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