Aménagement des Zones de Pratique, Réglementation et Sécurité pour le Windsurf et les Activités Nautiques

La pratique des activités nautiques, telles que le windsurf et le kitesurf, est une source de loisirs et de sensations fortes, mais elle s'inscrit dans un cadre réglementaire strict visant à assurer la sécurité de tous les usagers de la mer et à préserver l'environnement littoral. La connaissance et le respect de ces règles sont fondamentaux pour une cohabitation harmonieuse sur l'eau et pour prévenir les accidents. Ce guide explore les divers aspects de cette réglementation, les équipements de sécurité obligatoires et les bonnes pratiques essentielles pour une navigation responsable.

Le Cadre Réglementaire : Une Mosaïque de Compétences et de Textes

La réglementation régissant l'aménagement des zones de pratique et la sécurité des activités nautiques sur le littoral est l'affaire de plusieurs autorités et s'appuie sur une série de textes législatifs et réglementaires. Une infraction, pour être sanctionnée, doit nécessairement être prévue et réprimée par un ou plusieurs textes réglementaires précis. Les textes que vous cherchez sont principalement l'Arrêté Préfectoral Maritime de la zone concernée et l'Arrêté Municipal de la commune littorale intéressée. Ces documents peuvent généralement être consultés sur le site de la préfecture maritime dont vous dépendez (Cherbourg, Brest ou Toulon, selon la région).

Au-delà de ces arrêtés locaux, des codes nationaux définissent le cadre général. Le Code Pénal, à travers son article R610-5, stipule que "La violation des interdictions ou le manquement aux obligations édictées par les décrets et arrêtés de police sont punis de l'amende prévue pour les contraventions de la 2e classe." Le barème applicable pour une contravention de 2e classe comprend une amende forfaitaire minorée de 22 euros en cas de paiement sous 3 jours, une amende forfaitaire simple de 35 euros pour un paiement sous 45 jours, et une amende forfaitaire majorée de 75 euros. En cas de récidive, le montant de l'amende forfaitaire pourra être doublé et atteindre les 150 euros maximum. Le Code des Transports, par son article L5242-2, encadre également certains aspects de la navigation.

La répartition des compétences est également clairement définie : la réglementation de la pratique des planches à voile et des planches aérotractées ou kitesurf relève de la compétence du maire dans la bande littorale des 300 mètres. Au-delà de cette bande, la réglementation de leur pratique relève de la compétence du préfet maritime. Pour le kitesurf, le respect de la division 240 s’impose, notamment pour la navigation diurne et la distance d’un abri n’excédant pas deux milles. Sur le littoral, la pratique se déroule, en partie, sur le domaine public maritime, ce qui implique des règles spécifiques.

Pour la navigation intérieure, le Règlement Général de Police (RGP) définit les règles de navigation et la signalisation en vigueur. Des règlements particuliers de police de la navigation intérieure, qui sont des arrêtés préfectoraux ou inter préfectoraux pris au titre du RGP, organisent la navigation sur des itinéraires précis. Ils peuvent par exemple définir des zones affectées à des sports nautiques, un sens de circulation ou des vitesses maximales. En l'absence de schéma d'aménagement et de gestion des eaux approuvé, la circulation sur les cours d'eau des engins nautiques de loisir non motorisés s'effectue librement dans le respect des lois et règlements de police et des droits des riverains. La circulation des embarcations mues par la force humaine est donc libre, toujours dans le respect des réglementations en cours. Un plan d’eau fermé, ne communiquant pas avec le réseau hydrographique, présente des spécificités.

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Réglementations Spécifiques aux Zones de Navigation

La gestion de l'espace maritime est cruciale pour éviter les conflits et les accidents entre les différents usagers. Une solution efficace a été de créer une ou des zones d'évolution réservées exclusivement à la pratique d'activités comme le kitesurf. Dans ces zones, la baignade est interdite et la vitesse peut y être libre, offrant un espace sécurisé et adapté aux spécificités de ces sports. Ces sites se décomposent souvent en deux espaces distincts : une zone de préparation du matériel et de décollage des ailes, et une zone d’évolution.

Au sein de la bande littorale des 300 mètres, des règles de navigation précises s'appliquent. En l'absence de dispositions particulières, la pratique est autorisée partout à moins de 5 nœuds. La vitesse à l'intérieur de la bande littorale des 300 mètres est limitée à 5 nœuds pour tout type de navires et d'engins. Si des chenaux traversiers spécifiques, qu'ils soient pour la voile et un moteur (1 voile + 1 moteur) ou mixtes (pour voile et moteur), sont matérialisés, les navigateurs concernés ont l'obligation de les utiliser pour sortir des 300 mètres. S'il n'y a pas de chenaux, la navigation est autorisée dans les 300 mètres, mais la vitesse est limitée à 5 nœuds. Il faut alors se diriger vers les 300 mètres à 5 nœuds par une route la plus perpendiculaire à la plage. Pour relever la vitesse sans "radar", il fallait autrefois établir l'excès par des relevés d'indices comme le déjaugeage, la vague d'étrave ou la vague de poupe. Le balisage correctement installé permet lui de prendre un temps de passage avec un chronomètre entre deux repères dont l'écart est connu, comme celui entre les bouées du dit balisage réglementaire, en appliquant une marge d'erreur. Ces éléments étaient ensuite transcrits sur un PV transmis à l'Administrateur des Affaires Maritimes compétent, qui décidait des suites à donner : avertissement, suspension temporaire du titre de navigation ou renvoi au tribunal.

Pour les planches à voile, la zone de pratique se situe au-delà des 300 mètres du rivage. Il est impératif d'emprunter les chenaux balisés pour y accéder. Il est également recommandé de ne pas s'éloigner à plus de 2 milles d’un abri.

Équipements de Sécurité et Identification : L'Indispensable Préparation

La sécurité en mer repose grandement sur un équipement adapté et en parfait état. La nouvelle réglementation, complétée par la Fédération Française de Vol Libre (FFVL) en mai 2019, est venue préciser le cadre réglementaire de la pratique du kitesurf sur le domaine public maritime. Ce nouveau cadre s’applique aux utilisateurs de « planches aérotractées », c'est-à-dire un flotteur sur lequel le rideur est en équilibre et dont la propulsion se fait via une aile aérotractrice.

À partir de 300 mètres d’un abri, les planches aérotractées doivent porter en permanence le matériel d’armement et de sécurité basique ainsi constitué : une aide à la flottabilité d’une capacité minimale de 50N ou une combinaison humide en néoprène ou sèche assurant au minimum une protection du torse et de l’abdomen, une flottabilité positive et une protection thermique. De plus, un moyen de repérage lumineux individuel est requis. Il doit être étanche et avoir une autonomie d’au moins 6 heures. Cela signifie clairement qu’il est interdit de naviguer sans gilet l’été si vous dépassez le périmètre de votre abri de plus de 300 mètres.

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Un point crucial de cette réglementation concerne l'identification. À partir du 1er juin 2019, les planches aérotractées doivent comporter un identifiant de la personne, physique ou morale, qui en est le propriétaire, et permettant de la contacter. Cet identifiant, en caractères d’un centimètre minimum de hauteur, doit être inscrit sur la voile ou sur un support qui en est solidaire. Il doit être constitué soit par le nom, soit par les coordonnées téléphoniques ou électroniques du propriétaire, ou par plusieurs de ces identifiants. L'identification concerne spécifiquement les sports aérotractés. C'est sur les ailes de kite que l'on doit mettre les coordonnées de l'utilisateur afin de pouvoir le joindre en cas de perte de l'aile en mer, ce pour savoir si le rideur est rentré ou est toujours à la dérive en mer. Cet identification par caractères alphanumériques doit disposer d’une hauteur d’au moins 1cm et être inscrit sur la voile (ou sur tout support solidaire à celle-ci). Toutes les ailes doivent dorénavant être nominatives.

Pour la voile légère (dériveur, catamaran), une aide à la flottabilité pour chaque personne est obligatoire. Le matériel de sécurité doit être à bord, incluant l'aide à la flottabilité et les moyens de repérages, et son état doit être vérifié avant chaque départ. Pour les canoës-kayaks, la zone d’évolution se situe jusqu’à 300 mètres d’un abri, et jusqu’à 2 milles d’un abri si l'embarcation est immatriculée. Soyez équipé de votre matériel de sécurité au-delà des 300 mètres.

Les Véhicules Nautiques à Moteur (VNM) ont aussi leurs spécificités : le port d'un équipement en néoprène de 2 mm d'épaisseur est obligatoire (short ou combinaison intégrale) pour tous les pratiquants d'un scooter des mers. Pour les VNM équipés d'un coupe-circuit, celui-ci doit être obligatoirement porté. Un code de bonne conduite aux VNM a été réalisé par la Fédération des industries nautiques et trois constructeurs de VNM, soutenu par le Secrétariat d'Etat chargé de la mer.

Au-delà des obligations légales, certains équipements sont fortement recommandés pour une sécurité maximale. La Team SurfShop.fr conseille fortement de posséder en navigation un téléphone satellite rangé dans un sac étanche. Un téléphone étanche, comme un Samsung B2100, peut être une excellente solution ; il tient bien la batterie, est tout petit, et peut être calé dans une petite poche attachée au harnais, permettant d'appeler les secours. Sinon, des systèmes de boîtier GPS peuvent être programmés pour envoyer la position à un numéro de téléphone en cas de souci. Pour contacter les secours, le téléphone dans une pochette étanche est une bonne solution à condition de bien pouvoir numéroner à travers la pochette ou d'avoir enregistré le numéro du CROSS (196). L'efficacité de la VHF est cependant plus fiable à plus longue portée. Un miroir et un sifflet sur le gilet de sauvetage, ainsi que deux mètres de bout, sont des éléments à ne pas négliger. Pour ceux qui s'aventurent au large, un "camel Bag" avec une poche à eau, un petit encas pour la fringale, un portable en sac étanche, voire une petite fusée, et un bout de rechange accroché au harnais, sans que cela ne gêne, sont des compléments précieux à chaque navigation. Une montre GPS pour se localiser est également un atout si personne ne croise votre route pour vous dépanner. En cas de problème de matériel comme un bout de wishbone pété au large, même un feu à main périmé depuis quelques années peut être super efficace, comme l'a montré une expérience réelle où des pompiers ont été alertés par ce moyen. Pour le recyclage des feux à main périmés, le plus simple est de les déclencher au sol dans son jardin, ce qui produit juste une jolie flamme et un peu de fumée pendant deux minutes, ne laissant que du carton et du plastique à jeter.

Pratiques Sûres et Conseils de Prudence pour Tous les Usagers

La sécurité en mer ne se limite pas à l'équipement ; elle englobe également une bonne préparation physique, une connaissance approfondie du milieu et un comportement responsable. Pour des loisirs nautiques en toute sécurité, assurez-vous d’être en bonne santé et d’avoir tout le matériel de protection nécessaire. Avant les vacances, passer une visite médicale chez le médecin, quel que soit l'âge, est indispensable pour des activités comme la plongée qui s’exerce dans des conditions physiologiques très particulières du fait de la pression sous-marine ; un excellent état de santé est indispensable, car la plupart des accidents de plongée ont pour cause un problème de santé. Apprenez à plonger dans un club avec des moniteurs diplômés. La plongée est l’une des principales causes d’accident mortel en mer.

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Il est primordial d'étudier le plan d’eau et de s’assurer auprès des autres pratiquants et des clubs que votre niveau correspond à la difficulté technique du site. Renseignez-vous sur les zones autorisées, souvent signalées par des fanions. Les vents peuvent être trompeurs ; attention aux vents changeants et aux rafales. Si vous débutez en planche à voile, ne sortez pas par vent de terre, car le retour peut être extrêmement difficile, même pour des pratiquants expérimentés, comme en témoigne un incident où il a fallu ramer avec une planche gréée sur de longues distances sans avancer efficacement.

Le froid est l’un des dangers de ces activités ; pensez à porter une combinaison adaptée. Il est recommandé de porter des vêtements adaptés pour être à l’aise, avoir chaud ou pouvoir affronter un changement de temps (vent, averse soudaine).

Informez votre entourage de votre zone de pratique et de vos heures de départ et de retour. Prévenez vos proches dès votre retour à terre pour éviter les inquiétudes. L'un des points les plus importants est de pouvoir prévenir les secours au plus vite si besoin. Le 196 est le numéro national d’urgence dédié au sauvetage en mer, un appel gratuit depuis un téléphone fixe ou portable qui permet d’alerter le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en mer (CROSS) le plus proche. Le canal 16 sur la VHF est également essentiel pour appeler les secours au large (CROSS). La radio VHF marine fixe ou portable reste un moyen incontournable pour assurer sa sécurité à bord, prendre connaissance d’une demande d’assistance d’un autre navigateur, et recevoir les bulletins météo à intervalles réguliers, en particulier ceux élaborés par Météo France en cas d’aggravation de la situation. Depuis le 1er janvier 2017, une radio VHF fixe est obligatoire pour les navigations de plaisance semi-hauturière (à partir de 6 milles d’un abri), tandis que les radios VHF portables sont totalement libres d’utilisation. Assurez une veille météo et tenez-vous constamment informé des évolutions météo. Le canal 16 de la VHF doit être suivi, car il annonce l'émission imminente par le CROSS d'un bulletin météo sur les canaux 79 et 80.

En cas de difficulté en mer, la règle d'or est de ne jamais quitter son embarcation ou son flotteur. Ne tentez jamais de rejoindre le rivage à la nage. Si vous avez un problème avec votre planche à voile, n'abandonnez pas votre planche ; en cas de danger, n’abandonnez pas votre gréement. S'allonger sur le gréement et nager est une technique utile, et en cas d'impossibilité de nager (planche trop petite) ou de dérive vers le large, il ne faut jamais lâcher le flotteur. L'abandon d'une partie du gréement (wishbone et mât) peut être envisagé si nécessaire. L'hiver, il ne faut pas barboter trop longtemps, sous peine de tomber en hypothermie.

Un conseil fondamental est de ne jamais refuser l'aide d'un naviguant en cas de problème. La tragique histoire d'un planchiste à Wissant en 1999, qui a cassé son matériel à 100 mètres de la plage par vent off/on shore en fin février et a refusé l'aide de deux autres planchistes, est un rappel poignant de cette règle. Il a cru pouvoir revenir en nageant, mais la nuit est tombée, et son matériel a été retrouvé trois jours plus tard à 10 km, son corps s'échouant en Hollande deux mois après. Se poser la question de sa capacité à nager sans aide est également important ; faire le test en piscine et diviser par trois donne une estimation plus réaliste des capacités en mer, compte tenu des vagues, du vent, de la houle, du courant et du stress.

Respecter les autres activités sur le plan d'eau, comme la baignade ou la pêche, est essentiel pour le partage de l'espace. Les baigneurs ont un droit d'accès à la mer dans la bande littorale des 300 mètres, tant que la baignade n'est pas interdite. Évitez de nager au-delà de 300 mètres du rivage. Prenez garde en particulier aux baïnes en Atlantique ou aux bâches en Manche. Ces eaux d’apparence calme cachent de forts courants qui entraînent vers le large. Sur les plages de sable, les baïnes sont des cuvettes d’eau séparées de l’océan par un banc de sable.

Pour les loueurs, clubs et entreprises, un registre de vérification spéciale doit être rempli et visé annuellement par le propriétaire ou la personne responsable de l'entretien du navire au sein de la structure. Ce document permet à l’utilisateur du navire de vérifier que l’entretien du navire et le suivi de son matériel de sécurité sont réalisés régulièrement. La vérification engage la responsabilité de l’exploitant du navire. Les matériels présents à bord doivent être régulièrement vérifiés, qu’ils soient obligatoires ou non. Le chef de bord doit avoir pris connaissance de ce document avant de prendre la mer. Si vous louez un navire à un particulier, vous devez renseigner le registre de vérification spéciale et vous assurer des dates de péremption de l'ensemble du matériel à bord. Les locataires de navires de plaisance doivent demander à leur loueur le registre obligatoire de contrôle technique du navire. Avant l'appareillage, définissez les règles quant au port de l'équipement individuel de flottabilité (EIF).

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