La beauté et la complexité de l’art peuvent se manifester sous de nombreuses formes, et peu d’artistes ont réussi à les exprimer aussi habilement qu’Alonso Cano dans la peinture, la sculpture et l’architecture. Artiste complet dans l’esprit de la Renaissance, Alonso Cano fut à la fois architecte, sculpteur et peintre. Né dans une famille d’artisans le 19 février 1601 à Grenade, en Espagne, Cano est devenu un triple talent et a posé les bases de la "Escuela granadina de pintura", la peinture grenadine. Alonso Cano (born March 19, 1601, Granada, Spain-died September 3, 1667, Granada) was a painter, sculptor, and architect, often called the Spanish Michelangelo for his diversity of talents. Alonso Cano est un peintre, architecte et sculpteur espagnol du Siècle d’or originaire de Grenade.
Les racines d’un génie : entre tradition et apprentissage
Il est le fils de Miguel Cano, fabriquant (ensamblador) de retables originaire de la ville d’Almodóvar del Campo et de María de Almansa, native de Villarobledo, pueblo de La Manche. Son père lui a enseigné l’architecture. Cano a commencé son voyage artistique dans sa jeunesse, lorsqu’il a déménagé à Séville avec sa famille en 1614 et est devenu l’élève de maîtres tels que Juan del Castillo, Francisco Pacheco et Francisco Herrera the Elder. Condisciple de Velázquez dans l’atelier de Francisco Pacheco en 1616, il étudia, semble-t-il, avec Martinez Montañes, le plus grand sculpteur de son temps. Grâce à l’éducation de son père et au soutien de ses professeurs et mentors, Cano a acquis une polyvalence qui lui a permis de se spécialiser dans un large éventail de formes d’art.
L’ascension vers la cour et les turbulences d’une vie passionnée
Le destin a conduit Cano à Madrid en 1637 où, grâce à une recommandation d’Diego Velázquez, il est devenu peintre de la cour du roi Philippe IV et a supervisé tous les bâtiments royaux. Il obtint la faveur du duc d’Olivarèz, qui le fit nommer en 1638 maître des œuvres royales et peintre de la chambre. Ce mandat royal lui permit de développer ses compétences au plus haut niveau et d’orner de peintures les pièces de l’Alcazar.
Toutefois, sa vie fut marquée par une instabilité chronique. Forced to leave the city in 1638 because of a duel with the painter Sebastián de Llano y Valdés, he fled to Madrid and obtained the favour of the court. Son caractère passionné lui valut également d’être soupçonné du meurtre de sa femme ou même de torture à ce sujet, bien que tous les indices tendaient plutôt à accuser son domestique. Ses activités comme peintre de cour prirent fin en 1644, lorsqu’il dut s’échapper à Valence, suspecté de ce crime. Malgré de graves turbulences personnelles et des accusations qui l’obligèrent à quitter Madrid, Cano resta fidèle à son art. Alonso Cano était notoirement connu pour son humeur impétueuse, et l’on rapporta qu’un jour il aurait commis le blasphème de réduire en miettes la statue d’un saint, après que les négociations avec un acheteur éventuel n’eurent pas abouti. Il décida de quitter sa famille, afin de vivre seul après ces malheurs domestiques, suite d’une vie désordonnée, puis se détermina à trouver la retraite dans un couvent de Grenade où il finit ses jours.
L’art de la sculpture : entre dévotion et esthétique
Bien que les œuvres mythologiques attribuées à Alonso Cano soient relativement rares, la majorité de sa production étant dédiée à des sujets religieux, qu’il s’agisse de peintures ou de sculptures, il a su imprimer une marque indélébile sur la statuaire espagnole. La nuance est subtile, elle est essentielle : une image religieuse doit encourager la dévotion, sans susciter l’idolâtrie. Cette quête du sacré, souvent résumée par l’expression "The sacred made real", imprègne ses réalisations.
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Comme sculpteur, il se fit connaître par trois statues de grandeur nature. No sculpture from Cano’s Sevilla period has survived, but many of his polychromed wood statues, such as the Virgin of the Immaculate Conception (1655-56), exist from his time in Granada. Dans sa jeunesse il adopta le style réaliste ainsi que le Ténébrisme pour faire siens, par la suite, les coloris brillants, des compositions recherchées dont les références se situent chez les Vénitiens et les grands maîtres du XVIè siècle comme Raphaël. Cano recherche avant tout un modèle de beauté plastique idéale, chose très sensible dans ses modèles féminins. Sa capacité à reprendre des motifs anciens et à les réinterpréter sans jamais avoir visité l’Italie témoigne de son extraordinaire sensibilité artistique.
L’apogée grenadin et l’influence durable
Son retour à Grenade en 1652 marqua un autre point culminant de sa carrière, lorsqu’il fut nommé résident ecclésiastique et reçut un bénéfice du chapitre de la cathédrale. Il obtint avec succès une position comme chanoine dans la cathédrale de Grenade, mais il fut expulsé pour mauvaise conduite en 1656. Revenant à Madrid, il prit les ordres religieux et fut nommé architecte en chef de la cathédrale de Grenade, poste qu’il occupa jusqu’à sa mort.
L’alliance unique de la rigueur et de la grâce dans ses œuvres peut être ressentie dans les pièces époustouflantes que l’on peut voir aujourd’hui. Il a par exemple conçu des autels pour les églises de S. Paula et S. Alberto et a réalisé des portraits de Jean Baptiste et de Jean Évangéliste pour l’église de l’université. Lors de la décoration des églises San Isidro el Real et San Miguel à Madrid, il choisit des sujets religieux qui reflétaient la vertu et la dévotion du peuple. Les peintures de la période sévillane, parmi lesquelles figurent le Chemin de Croix et Saint François Borgia, influencées par Francisco de Zurbarán, sont monumentales et audacieuses, avec un fort ténébrisme. En revanche, les peintures madrilènes, dont le Miracle du puits de saint Isidore (1645-1646), sont plus impressionnistes, préfigurant le travail de Velázquez.
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