Alexis Sanchez : Un Parcours Inspirant de l'Ingénierie aux Jeux Paralympiques

Concilier rééducation, études et sport de très haut niveau : c’est le défi qu’a relevé Alexis Sanchez. L'histoire d'Alexis Sanchez est celle d'une résilience exceptionnelle, d'une détermination sans faille et d'une passion pour le sport qui transcende les obstacles. De son accident grave à sa participation aux Jeux Paralympiques de Paris 2024, son parcours est une source d'inspiration pour tous.

Un Double Parcours : Ingénierie et Aviron Paralympique

Alexis Sanchez, 26 ans, incarne la persévérance et le dépassement de soi. Diplômé de l’école d’ingénieurs CESI en 2023, il a intégré cette école après un bac scientifique, motivé par la perspective d’un bagage solide et d’une situation financière stable. Parallèlement à ses études, Alexis évolue en équipe de France en tant qu’athlète paralympique en skiff, un bateau d’aviron à un rameur.

"Je m’appelle Alexis Sanchez, j’ai 25 ans et deux casquettes", se présente-t-il. Cette double casquette, celle d'ingénieur et d'athlète de haut niveau, témoigne de sa capacité à jongler avec les exigences de deux mondes différents.

L'Accident et la Reconstruction

L'été 2019 marque un tournant dans la vie d'Alexis. Victime d’un très grave accident de scooter qui a nécessité l’amputation de ses deux jambes juste au-dessus des genoux, il se retrouve face à un défi immense. "J’ai eu un très grave accident de scooter qui a nécessité une amputation de mes deux jambes juste au-dessus des genoux", se souvient-il.

Après un an passé en centre de rééducation, où il a subi de multiples opérations, Alexis fait preuve d'une volonté de fer. "J’étais si heureux d’être encore en vie", confie-t-il. Très vite, il décide de se relever pour sa famille et de rebondir en faisant quelque chose de fort.

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Il partageait sa vie entre ses études, quelques passages à la salle de musculation et ses amis. « Je fumais, je sortais pas mal. Mon quotidien n’avait rien à voir avec celui d’un athlète de haut niveau, reconnaît-il. Je n’avais ni l’hygiène de vie, ni l’entourage propice à une telle carrière.

Il ne doit sa survie qu'à Loïc : « J’ai eu de la chance qu’il me voie parce que j’avais l’artère fémorale sectionnée, racontait Alexis Sanchez, une semaine avant l’ouverture des Jeux, mercredi 28 août 2024. Je me souviens lui avoir demandé de me sauver. Il m’a posé un garrot.

La Découverte de l'Aviron et le Rôle de l'Avi-Sourire

Sa rencontre avec l'aviron est un véritable coup de cœur. "C’est l’histoire d’un coup de cœur et d’une rencontre", explique Alexis. Il cherchait un sport qu’il pouvait pratiquer sans les membres inférieurs et a découvert l’aviron grâce à l’association l’Avi-Sourire.

Il accroche immédiatement à la sensation de glisse, à la recherche du coup parfait, de la respiration parfaite, presque de la méditation, aux paysages naturels et à l’osmose avec le bateau. Il apprécie également les échanges avec Dominique Guende, la présidente de l’Avi-Sourire, qui a cru en lui et en son projet.

En août 2019, le Marseillais est victime d'un terrible accident de scooter trois roues. Alors qu'il s'engage sur une voie rapide, il perd le contrôle de son véhicule et s'encastre dans les barrières de sécurité. Sa vie bascule. «Je suis double amputé fémoral. Ce qui veut dire que je suis amputé des deux jambes au-dessus des genoux. Il y a eu un concours de circonstances qui a fait que j'ai dû prendre ce véhicule. J'ai perdu le contrôle et j'en ai été éjecté. Je suis parti dans les barrières de sécurité et ce sont les jambes qui ont amorti le choc. Je suis extrêmement chanceux d'un côté, c'est pour ça que je relativise. J'ai de la chance d'être encore en vie. C'est un miracle.

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Le Triple Projet : Sportif, Rééducationnel et Professionnel

Suite à son accident, Alexis Sanchez s'est lancé dans un triple projet : sportif, rééducationnel et professionnel. Au niveau sportif, il intègre l’équipe de France de para aviron en 2023. Sur le plan rééducationnel, il réapprend à marcher sur deux prothèses électroniques, ce qui lui permet de retrouver son autonomie.

Première chose, j’ai réappris à marcher. Cela m’a demandé six mois d’efforts très intenses, mais je suis parvenu à retrouver mon autonomie.

Il reprend également ses études dès 2021 et valide son diplôme. Le groupe Equans (anciennement ENGIE), avec lequel il avait fait son alternance en première année, continue de l’accompagner pendant et après son accident. Ils lui proposent une nouvelle alternance dans une autre de leurs filiales pour qu’il puisse rester sur Marseille où avaient lieu les entraînements.

La Qualification et la Participation aux Jeux Paralympiques de Paris 2024

Alexis se concentre pleinement sur son objectif : les Jeux 2024 ! Mais avant, il doit décrocher son ticket pour participer. Il dispute les championnats du monde en septembre 2023, en même temps qu'il passe son diplôme de fin d’études.

Il termine 9ème, un très bon score, mais pas suffisant pour être qualifié. Il court donc une régate supplémentaire en mai 2024, à Lucerne, qu’il remporte, atteignant ainsi son premier objectif : participer aux Jeux Paralympiques !

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"2024 restera une très grande année car que j’ai eu la chance extraordinaire de disputer mes premiers Jeux, à Paris", s'enthousiasme Alexis. Dès sa qualification en mai, il met tout en œuvre pour être prêt. Il se souvient de l’atmosphère au village olympique : être entouré des meilleurs athlètes du monde et sentir le soutien du public français a été inoubliable. "C’est une compétition qui dépasse le sport, elle véhicule des valeurs humaines et d’inspiration", ajoute-t-il.

Le rameur Alexis Sanchez, double amputé fémoral, va vivre ses premiers Jeux paralympiques skiff PR1. Au mois de mai 2024, Alexis Sanchez, double amputé fémoral, a décroché son billet pour les Jeux paralympiques de para-aviron en skiff PR1. Un an après son entrée en équipe de France, le Phocéen a remporté la régate de qualification à Lucerne (Suisse).

Il a déjà atteint une partie de son rêve en se qualifiant pour les Jeux paralympiques de Paris 2024. Alexis Sanchez, victime d'un très grave accident de scooter en août 2019, rêve maintenant, de ramener une médaille olympique sur la Côte bleue.

Objectif atteint en mai dernier sur le plan d'eau de Lucerne (Suisse) où Alexis Sanchez décroche sa qualif' et peut désormais rêver d'une médaille à Paris.

Les Jeux Paralympiques de Paris 2024 : Une Expérience Inoubliable

Aux Jeux Paralympiques de Paris 2024, Alexis Sanchez a surpris en terminant 5e en para-aviron. Il a atteint la finale pour sa première participation, une grande satisfaction pour lui. Il a énormément appris : gérer le stress, les attentes et les enjeux d’une compétition d’une telle ampleur.

"Participer aux Jeux Paralympiques a été une expérience incroyable, un véritable rêve devenu réalité", témoigne Alexis. Ce qui l’a le plus marqué, c’est l’atmosphère au village olympique : être entouré des meilleurs athlètes du monde et sentir le soutien du public français a été inoubliable.

"Finir en finale pour une première participation, c’est une grande satisfaction. J’ai appris énormément : gérer le stress, les attentes et les enjeux d’une compétition d’une telle ampleur. Ces enseignements me serviront pour la suite", explique-t-il.

Surprenant 5e en para-aviron aux Jeux paralympiques de Paris en septembre, Alexis Sanchez lorgne désormais Los Angeles.

L'Avenir : Los Angeles 2028, les Jeux d'Hiver 2030 et l'Ingénierie au Service du Para-Sport

Alexis ne compte pas s'arrêter là. Il lorgne déjà sur les Jeux Paralympiques de Los Angeles en 2028 et envisage même de participer aux Jeux d’Hiver 2030. "J’ai un autre défi qui me motive : les Jeux d’Hiver 2030. Ils m’offrent une opportunité unique pour explorer d’autres disciplines et repousser mes limites", confie-t-il.

Tombé amoureux des Jeux, Alexis Sanchez lorgne le ski de fond aux Jeux Paralympiques d'hiver en 2030 en France.

Il souhaite également évoluer dans le para-sport, afin de mettre à profit sa propre expérience en tant que concepteur et usager. Il aimerait travailler soit dans l’ingénierie du sport, par exemple pour optimiser la performance des matériels, soit sur les technologies dédiées à améliorer l’autonomie des personnes en situation de handicap, notamment amputées. "J’ai eu la chance de bénéficier des meilleures techniques, je me dois de rendre cela", affirme-t-il.

"Avoir fait une école d’ingénieurs m’a donné une méthodologie très utile dans ma préparation de sportif de haut niveau et une formation scientifique très complète pour préparer la suite", explique Alexis.

"C'est sur qu'il y a plus d'opportunités d'un point de vue professionnelle, etc.. On change un peu de statut explique cet ancien joueur de foot au niveau amateur. Il y a beaucoup plus de potentiels sponsors et d'aides. Ce qui nous aide dans notre sport et nos performances."

De quoi le conforter dans ses choix. Dont celui d’aller chercher un podium à Los Angeles dans 4 ans. Car "un champion n'est jamais rassasié. il en veut toujours plus" . Car Alexis Sanchez, on le sent, on l’entend, adore la compétition, aller chercher les meilleurs. Sa marge de progression est importante. Alors, pour s’améliorer, il goûte à d’autres sports. "J'ai testé le ski de fond (para ski de fond). Dans un objectif d'entrainement complémentaire pour l'aviron. Car dans les deux disciplines, on travaille surtout sur le haut du corps. Ce sont des axes d'amélioration, pour progresser en aviron."

Mais avec une idée derrière la tête, lui qui est devenu accroc aux Jeux: Passer de l’eau à la neige. "Parce qu'en 2030, il y a les Jeux (d'hiver) en France (et en Provence) (il rigole). J'aimerai potentiellement être assez performant pour aller là-bas. je vais me donner les moyens pour. Et dans tous les cas, cela m'aidera pour l'aviron, cela m'aidera."

Un Message d'Inspiration et d'Espoir

Au-delà de ses performances sportives, Alexis Sanchez souhaite que son parcours puisse inspirer d'autres personnes en situation de handicap. Il est conscient de l'impact positif que les Jeux Paralympiques peuvent avoir sur la perception du handicap dans la société.

Il juge "positif" le message sur les personnes atteintes de handicap, mais pense que "l'on pourrait faire encore mieux"Il est déjà devenu la petite star de Sausset-les-Pins, village de ses parents. "Ils (les habitants) ont beaucoup suivi. Il y avait des banderoles etc… Donc quand je vais là-bas, souvent, on me reconnait. C'est sympa, c'est marrant. Je suis content d'avoir rendu fier un paquet de monde."

L’athlète de 26 ans qui aimerait être fier, aussi, de la caisse de résonance de la médiatisation des Jeux et de leur succès populaire, pour les personnes atteintes de handicap. "Il y a un message positif juge l'athlète, qui pense que "l'on pourrait faire encore mieux. On pourrait encore plus faire perdurer cet héritage-là." Et de faire référence à des faits de société, des actes politiques, même si pour lui, le chemin est encore long."J'ai vu par exemple que c'était bon pour les fauteuils pris en charge, etc… Il y a pas mal de choses. Même sur l'accessibilité. Il y a du mieux. Après, tout n'est pas parfait. Il y a encore beaucoup à faire. Mais cela va dans le bon sens. Il faut espérer que cela puisse se poursuivre pour améliorer les conditions de vie des personnes en situation de handicap ou autour de la valorisation du sport dans la société."

Dans son club, à L'Estaque, deux jeunes malvoyants ont pris une licence après l’avoir vu aux JeuxMais il y a aussi de belles histoires. Car l’image de ces para-sportifs, de ces para-champions, leur médiatisation pendant les Jeux a créé un truc. A La Vie Sourire, le club marseillais d’Alexis Sanchez, à l’Estaque, on compte deux recrues. Deux malvoyants d'une vingtaine d'année qui souhaitent reprendre l’aviron après l’arrêt de leur section dans un autre club."Ils étaient dégoûtés car ils ne pouvaient plus faire d'aviron nous raconte Dominique Guende, fondatrice et présidente de l’association La Vie Sourire. Et avec l'image d'Alexis, ce qu'il a fait, ils sont venus au club et m'ont dit: "on veut faire comme Alexis". je leur ai répondu: oui, mais il y a beaucoup de travail (sourire)" conclut celle qui s'investit dans le monde du handicap depuis plus de 20 ans et espérait plus de retombées après ces Jeux Paralympiques en France.

Avec comme souhait personnel que d’ici-là le regard de la société française sur les personnes handicapés ait encore évolué.

Alexis Sanchez est un exemple de courage, de détermination et de résilience. Son parcours, marqué par un accident grave et une reconstruction exemplaire, témoigne de sa force de caractère et de sa capacité à transformer les obstacles en opportunités. Son engagement dans le sport paralympique et son ambition de contribuer à l'amélioration de la vie des personnes en situation de handicap font de lui une figure inspirante pour tous. Son histoire est un message d'espoir et de motivation, qui nous rappelle que rien n'est impossible quand on se donne les moyens de réussir.

Soutien et Reconnaissance

Le Club Nautique de Castillon a exprimé sa fierté envers Alexis Sanchez : "Nous sommes extrêmement fiers d'Alexis", déclare le club nautique sur son réseau. "Il incarne parfaitement les valeurs du sport : dépassement de soi, courage et persévérance. Le Club Nautique de Castillon tient également à féliciter chaleureusement Dominique Guende, la coach d'Alexis, pour son investissement et son soutien inconditionnel. "Alexis est une source d'inspiration pour tous ceux qui le côtoient", "Il nous a montré qu'avec de la volonté, tout est possible.

Alexis Sanchez sait aussi qu'avec un tel nom (comme l'attaquant de l'OM qui a fait le bonheur des supporters marseillais) Marseille aura un œil affectueux sur son parcours pendant les Jeux. "Alexis Sanchez et l'OM je suis fan", avoue le Saussetois qui relativise dans un sourire : "Enfin… l'attaquant chilien de l'Olympique de Marseille était beaucoup mieux payé que moi !"

L'importance du Mental et de la Préparation

Alexis Sanchez attribue une grande partie de son succès à sa force mentale et à sa préparation rigoureuse. Après son accident, il voulait prouver à lui-même et à sa famille que rien n’est impossible. Le sport a été sa reconstruction, et l’aviron lui a donné un cadre pour transformer une difficulté en force.

"Après mon accident, je voulais prouver à moi-même et à ma famille que rien n’est impossible. Le sport a été ma reconstruction, et l’aviron m’a donné un cadre pour transformer une difficulté en force", explique-t-il.

Le sport qu’il pratique, un long sprint de quasiment dix minutes sur deux kilomètres, demande énormément d’investissement personnel, d’entraînement et de ressources. C’est ce don de soi, mélange d’efforts, d’adversité et d’abnégation, qui est récompensé et c’est ça qu’il apprécie.

Il aime aussi l’idée d’être en compétition avec des athlètes qui ont des histoires de vie similaires à la sienne, sont capables de surmonter leur handicap, de relativiser et de tirer le positif de chaque situation. Mentalement, ce sont des rocs !

Alexis a un mantra : on ne peut pas battre quelqu’un qui n’abandonne jamais.

Avoir fait une école d’ingénieurs lui a donné une méthodologie très utile dans sa préparation de sportif de haut niveau et une formation scientifique très complète pour préparer la suite.

Alexis Sanchez a changé de logiciel. Il s'est rendu compte de son potentiel, de son envie d'aller plus loin, plus haut. Grâce aux Jeux, à la flamme de ces derniers. A la sienne aussi.

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