Le Chéran et ses Mystères : Retour sur les Disparitions de Kayakistes en Haute-Savoie

La rivière Chéran, serpentant à travers les paysages pittoresques de la Haute-Savoie, est appréciée pour ses attraits naturels, mais elle recèle également des dangers considérables, en particulier pour les amateurs de sports nautiques comme le kayak. Cette voie d'eau, souvent soumise à des variations de débit importantes, a été le théâtre de plusieurs disparitions tragiques, soulignant la nécessité d'une prudence extrême et d'une conscience aiguë des risques inhérents à de telles aventures. Il est fondamental de comprendre au plus juste ce qui s'est passé lors de ces événements malheureux afin d'en tirer des leçons pour l'avenir et pour les autres, évitant ainsi le piège de penser que "ça n'arrive qu'aux autres". Cela arrive à tous, y compris aux meilleurs, aux "kayakistes expérimentés" souvent cités.

Le Chéran, une Rivière aux Dangers Insoupçonnés pour les Kayakistes

Descendre une rivière comme le Chéran en kayak requiert non seulement de l'expérience, mais aussi une préparation minutieuse et une vigilance constante. La nature imprévisible des torrents de montagne peut transformer une sortie récréative en une situation de péril en quelques instants. Il est crucial d'avoir à l'esprit qu'être accompagné c'est éventuellement être secouru là où seul on ne peut plus qu'attendre la dernière bulle. Combien de personnes se sont trouvées coincées par la flotte contre un arbre ou un caillou et n'auraient pu se dégager seules ? C'est une réalité bien connue de ceux qui pratiquent ces sports. Les eaux peuvent en effet piéger un kayakiste contre un obstacle, rendant toute tentative de libération individuelle extrêmement difficile, voire impossible, surtout lorsque le débit de la rivière est trop important et que les courants sont puissants. Les experts rappellent souvent l'importance de ne pas sous-estimer les forces de la nature et de ne jamais partir seul, car la présence d'un binôme peut faire la différence entre la vie et la mort en cas d'accident. De plus, il est essentiel de régulièrement revoir la perspective et d'arrêter de rêver que "ça n'arrive qu'aux autres", car de tels incidents surviennent malheureusement même aux kayakistes les plus chevronnés. Les conditions météorologiques, souvent changeantes en montagne, peuvent également influer sur le niveau et la turbulence de la rivière, augmentant d'autant les risques et rendant certaines sections impraticables.

La Disparition d'un Kayakiste Suisse en 2014 : Un Premier Drame

L'histoire tragique d'un kayakiste suisse en 2014 a mis en lumière pour la première fois dans une large mesure les dangers spécifiques du Chéran. Un homme âgé de 40 ans et originaire de Thurgovie, plus précisément d'Ermatigen, avait entrepris dimanche après-midi la descente du Chéran, une rivière de Haute-Savoie. Selon les informations rapportées par Le Dauphiné Libéré, ce kayakiste suisse a été porté disparu depuis le dimanche en fin d'après-midi. La disparition de cet homme s'est produite au niveau de la commune d'Héry-sur-Alby, en Haute-Savoie, un secteur qui s'avérera malheureusement récurrent dans de futurs événements. Les recherches pour le retrouver étaient toujours en cours le lundi suivant, à 15h. Cependant, les opérations ont été rapidement entravées par des conditions environnementales défavorables. Ce lundi-là, le débit de la rivière était jugé trop important, empêchant les plongeurs des pompiers de se mettre à l'eau et de mener à bien leurs investigations subaquatiques. Cette situation, où les conditions hydrologiques compliquent considérablement les efforts de recherche, est un défi récurrent pour les équipes de secours intervenant sur des rivières tumultueuses. La publication de l'article détaillant cette disparition, datée du 5 mai 2014, à 14h58, témoignait de l'urgence et de la mobilisation autour de cet événement, bien que le dénouement de cette disparition spécifique ne soit pas détaillé ici. L'absence de récupération rapide d'un corps ou de signes du kayakiste mettait déjà en évidence la complexité des recherches dans un milieu aussi hostile et changeant que le Chéran.

Tragédie d'Avril 2019 : Deux Beaux-Frères Portés Disparus sur le Chéran

Une nouvelle tragédie a frappé le Chéran en avril 2019, lorsque deux kayakistes ont été portés disparus, renouvelant la douleur et l'inquiétude dans la région. Ce drame, survenu le lundi 22 avril, a mobilisé d'importants moyens de secours et a mis en lumière les défis persistants que présente cette rivière.

Le Jour de la Disparition et l'Alerte

Les deux hommes disparus étaient des membres d'une même famille, identifiés comme Jimmy Hennebert, 53 ans, originaire d'Alby-sur-Chéran, et David Arellano, 44 ans, de Saint-Alban-Leysse, qui travaillait au Stac dans l'agglomération chambérienne. Ils étaient des habitués des sorties sportives en famille, ce qui souligne que même les personnes expérimentées peuvent être victimes des dangers de la rivière. Ils avaient prévu de descendre le Chéran sur six kilomètres ce lundi matin-là. Ils étaient partis au niveau de la passerelle de Cusy et descendaient le Chéran à bord d'une embarcation biplace quand le drame s'est produit. Ne les voyant pas revenir à l'heure prévue, l'épouse de l'un des deux hommes a donné l'alerte aux pompiers vers 18 heures. Les secours ont rapidement entamé les opérations de recherche. Leur premier constat fut la localisation du kayak, vide, entre Cusy et Alby-sur-Chéran, précisément à Héry-sur-Alby. Cette découverte, sans les occupants, a immédiatement ravivé les craintes d'un accident grave, confirmant le scénario d'une disparition soudaine et inattendue.

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Des Recherches Initiales Entravées par les Conditions

Dès les premières heures suivant l'alerte, les équipes de secours ont été confrontées à des difficultés majeures liées aux conditions de la rivière. Le lundi, le débit du Chéran était trop important, rendant toute intervention de plongée par les pompiers impossible. Cette situation a considérablement limité les moyens de recherche subaquatiques dès le début. Les recherches ont ainsi été interrompues dans la soirée du lundi en raison de l'obscurité et de la dangerosité des conditions.

Malgré ces obstacles, la mobilisation des forces de l'ordre et des secours a été exemplaire. Dès le mardi matin, quatre plongeurs de la gendarmerie ont été engagés dans les recherches, qui pourraient se poursuivre toute la journée. En renfort, les brigades nautiques des gendarmeries d'Aix-les-Bains et de Valence sont venues apporter leur expertise et leur équipement spécifique pour effectuer ces recherches sur le Chéran. La compagnie d'Annecy était également mobilisée aux abords de la rivière, coordonnant les efforts terrestres. Cependant, leur travail s'est avéré difficile en raison de la topographie accidentée des lieux, certaines berges étant inaccessibles à pied, compliquant l'inspection visuelle et l'accès aux zones potentiellement critiques. Face à ces contraintes, l'appui d'un hélicoptère a été envisagé pour survoler la zone et fournir une perspective aérienne cruciale dans ces recherches. Selon la gendarmerie, les deux hommes habitaient les Pays de Savoie, l'un à Alby-sur-Chéran et l'autre en Savoie, ce qui renforçait l'ancrage local de cette tragédie.

La Découverte d'un Corps et la Poursuite des Efforts

Les jours suivants ont été marqués par des avancées, mais aussi par de nouvelles entraves. Mercredi matin, le corps sans vie de David Arellano, 44 ans, a été repêché par les militaires du PGHM, le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne. L'extraction du corps a nécessité l'intervention d'un hélicoptère, et la découverte a eu lieu non loin du lieu où l'embarcation des deux beaux-frères avait été retrouvée lundi soir, à proximité d'un passage très dangereux de la rivière appelé « la lessiveuse » à Héry-sur-Alby. Ce secteur est caractérisé par des forts courants et plusieurs mètres de fond, expliquant sans doute la violence de l'accident. Un promeneur avait donné l'alerte en milieu de matinée, conduisant à la découverte. La gendarmerie d'Annecy a confirmé l'information du « Dauphiné Libéré » selon laquelle le corps a été découvert en fin de matinée dans la rivière le Chéran, au niveau de Héry-sur-Alby.

Cependant, alors que la douleur de la famille s'intensifiait avec la confirmation du décès de l'un des disparus, les recherches pour retrouver le second kayakiste, Jimmy Hennebert, ont été une nouvelle fois suspendues. En effet, en milieu d'après-midi ce mercredi, l'alerte météo concernant des risques de vents violents a entraîné l'interruption des opérations. L'Isère, ainsi que trois autres départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes, avait été placée en vigilance orange, rendant les conditions trop dangereuses pour les équipes de recherche, notamment en ce qui concerne le déploiement d'un hélicoptère ou la navigation sur l'eau.

Les Opérations Pédestres et l'Obstination de la Rivière

Le jeudi, les opérations de recherche du kayakiste disparu depuis lundi ont repris sur les bords du Chéran, mais avec des restrictions significatives. En raison de la montée des eaux du Chéran suite aux pluies abondantes tombées mercredi, les recherches ont été exclusivement pédestres. Une vingtaine de gendarmes ont été engagés, inspectant les rives du cours d’eau, échangeant par liaison radio et évoluant à pied dans des secteurs difficiles d’approche. Les plongeurs de la gendarmerie n'ont pas été associés au dispositif de recherche ce jeudi en raison de la très mauvaise visibilité dans les eaux troubles du cours d’eau. Le capitaine Jean-Marc Bertoncini de la Compagnie de gendarmerie d’Annecy a commenté la situation, expliquant que « le pic de crue a été observé mercredi soir, entre 18h et 22h, l’eau est considérablement montée et le fond du Chéran a été remué. Le corps du kayakiste a pu bouger avec les courants. Les plongeurs seront mobilisés dès vendredi matin si le disparu n’était pas localisé par les militaires à pied ». Malgré l’engagement des gendarmes en nombre, le corps du second kayakiste, Jimmy Hennebert, 53 ans, originaire d'Alby-sur-Chéran, restait introuvable. Les opérations de recherche ont été suspendues aux alentours de 18 heures ce jeudi, sans résultat concret pour le deuxième homme.

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