Le Départ d'Alain Pillais du Cercle des Voiliers Dufour : Réflexions sur les Transitions et la Mémoire

Les annonces de transitions au sein des communautés et organisations, qu'elles soient formelles ou informelles, marquent des moments charnières dans leur histoire. Le départ d'un membre éminent, tel qu'Alain Pillais du Cercle des Voiliers Dufour, interpelle sur la manière dont les contributions individuelles et les passages de relais sont inscrits dans la mémoire collective. Si les documents contemporains de certains secteurs d'activité enregistrent avec une précision quasi scientifique les mouvements et les impacts, d'autres sphères de l'existence collective s'appuient sur des formes de documentation et de transmission différentes, héritières parfois de traditions séculaires. Cette réflexion sur le départ d'Alain Pillais offre l'occasion d'explorer les diverses façons dont la société, à travers l'histoire de l'art et les défis environnementaux actuels, consigne les actions individuelles et collectives, leurs influences et leurs héritages.

I. L'Art et son Ancrage Historique - Les Maîtres Sculpteurs du Grand Siècle

L'histoire, en particulier celle des arts, nous offre un aperçu de la méticulosité avec laquelle les carrières et les œuvres des individus étaient documentées, particulièrement sous le règne de Louis XIV. Les sources historiques, telles que le "Dictionnaire des sculpteurs de l'antiquité jusqu’au VI” siècle de notre ère" ou les registres des institutions comme l'Académie des Beaux-arts et de l'Administration des Beaux-arts, attestent d'un effort constant pour préserver la mémoire des créateurs. Le travail de documentation était si poussé qu'il permet aujourd'hui encore de reconstituer des pans entiers de notre patrimoine artistique, souvent détaillé dans des ouvrages de référence comme ceux de MACON, C ROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS, qui s'intéressait à la Renaissance et au règne de Louis XIV, réservant le XVIIIe siècle pour un troisième ouvrage.

Des familles entières d'artistes ont vu leurs contributions minutieusement consignées. C'est le cas, par exemple, de la famille Adam, une famille d'artistes lorrains sur laquelle on a des renseignements certains. Le XVIIe siècle à Nancy a vu naître des figures dont la descendance allait marquer l'histoire de la sculpture, comme la mère de Michel Clodion. Des documents attestent de sa mort à Nancy, sur la paroisse Saint-Koch le 16 août 1736. Les comptes de l'époque révèlent des collaborations et des attributions de travaux, tels que ceux donnés à Claude Adam le 7 mai 1747, désignant la famille Adam comme des sculpteurs du XVIIIe siècle. Des références précises, comme "Dom Calmet, Bibliothèque lorraine, 1751, col. 8-21" ou "Thirion, Les Adam et Clodion, 1885, p. '-• Jacquot, Les Adam (Réunion des soc. p. 650 et suiv. ; 1900, p. 310)", soulignent l'importance accordée à ces archives.

Les registres des bâtiments du roi sous le règne de Louis XIV sont une mine d'informations sur les travaux de sculpture et les artistes employés. Michel Amourette, par exemple, travaillait à Marly en 1683 et est cité dans les comptes, notamment par "J. Guipfrey, domptes des bâtiments du roi sous le ré y ne de Louis XIV, l. 1887, col. 307". Des paiements détaillés sont enregistrés, comme ceux pour les pièces d'eau de Marly, totalisant 733 livres, ou pour les pavillons de la Ménagerie de Versailles, à 600 livres. Même des périodes courtes, comme les mois de décembre 1699 et les neuf premiers de 1700, sont documentées avec des sommes précises de 333 livres, 0 sols et 8 deniers pour des travaux. Des restaurations d'ouvrages de sculpture en marbre sont également mentionnées, à hauteur de 88 livres.

Les sculpteurs ont œuvré sur des sites emblématiques. Alexandre a travaillé pour la chapelle du château de Versailles de 1709 à 1711, comme le confirment les "Comptes des bâtiments du roi sous le règne de Louis XIV, l. 1001, col. 320, 528, 529, 510". Un sculpteur du XVIIe siècle, Gabriel-Christophe, dont l'existence ne fut plus attestée en 1714, a vu sa biographie détaillée par "A. J.u., Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, 1872, p. 23-25". Ameline est associé à Saint-Nicolas en 1692, et Amourette à Marly. Les travaux de sculpture pour la marine ont également été des commandes royales importantes, comme l'ornementation du vaisseau le Marquis. Ch. Ginocx a documenté ces artistes de Toulon dans la "Revue de l'art français" en 1888 et 1894.

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Parmi les artistes moins connus, mais dont la trace est néanmoins présente dans les archives, on trouve ceux qui ont contribué aux maisons royales et principalement au chasteau du Louvre. Un sculpteur "peu connu", dont le nom ne figure plus dans les comptes après 1688, a pourtant eu une mission significative : un voyage à Carrare en Italie pour le choix des marbres du Roi, avec une dépense de 250 livres payée à sa femme. Cela illustre l'attention portée aux matériaux et à leur provenance.

D'autres contributions notables incluent des modèles de vases en bronze pour les jardins de Versailles (année 1679), des ouvrages de stuc pour Versailles (payés 600 livres l'année 1681), des figures pour Versailles payées 360 livres (année 1682), ainsi que deux trophées en pierre sur la grande aile du château de Versailles, facturés 1200 livres (année 1683). Le pourtour du Parterre de Latone dans le parc de Versailles, gravé par Thomassin et Chirac, est également mentionné.

Un exemple éloquent de la documentation exhaustive est celui de la statue de Tiridate, roi d'Arménie (1684-1687), pour laquelle un sculpteur a reçu un parfait payement de 2520 livres. Des chapiteaux d'ordre ionique en marbre pour Trianon (année 1688) et des sculptures en pierre à l'église des Invalides (années 1691-1693) témoignent de l'étendue des commandes. Ces détails sont retrouvés dans des descriptions de l'époque, comme le "Voyage pittoresque des environs de Paris" de D'AnGE.Nvii.Li:, 1762, et la "Description de Versailles" de Piganiol de la Fouce, 1764.

Innocent Antoine, exerçant son art à Paris au XVIIe siècle, se retrouve sur la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, et sa présence est confirmée par "II. Heiu-i ison, Actes d'état civil d'artistes français, 1873, p. 9". Antoine Rivalz (1671-1739), originaire de Toulouse, a débuté dans l'atelier du peintre J.-P. Rivais avant de travailler pour l'église de la Sorbonne et principalement à Versailles. Il a exécuté la statue de l’apôtre saint Marc et fut commissionné pour une statue équestre du roi en bronze, bien que celle-ci, destinée à Toulouse, ne fut jamais exécutée. Ses travaux incluent des trophées à la grande galerie du château de Versailles (année 1680), un médaillon ovale en marbre de Saint Marc, et cinq chapiteaux en marbre à Trianon (1688). Le Printemps, signé par Simon Mazière en 1609, est aujourd’hui dans la demi-lune entre la Grande-Allée et le bassin d’Apollon. Antoine Rivalz a aussi réalisé le martyre de saint Sernin pour le tabernacle du maître-autel de l'église de Saint-Sernin à Toulouse, ainsi que Saint Augustin en extase, un bas-relief en stuc du couvent des Augustins de Toulouse, détruit en 1834. Ses œuvres comprenaient également des statues colossales en terre cuite pour les Carmes de Toulouse et le musée de Toulouse, représentant La Religion, l'Espérance, saint Mathieu, saint Jean, Diane et Zéphire. Un buste de Louis XIV en marbre et un buste de l'artiste par lui-même en terre cuite se trouvent au musée de Toulouse, ainsi que des bustes de François de Nupces, président au Parlement de Toulouse, et de M. de Vandages.

Le mausolée du maréchal d'Ambres pour la cathédrale de Lavaur, détruit en 1792, est connu par un bas-relief en marbre conservé au musée de Toulouse. Dix statues colossales ornent la façade de la cathédrale de Montauban. Un médaillon de Louis XIV a été exécuté pour la ville de Rieux (Haute-Garonne), ainsi qu'un monument funéraire pour les évêques de cette ville. La musique de Toulouse (année 1736) est également associée à Apollon et les Muses. Ces détails sont confirmés par des sources telles que D'Argenville (1752), Piganiol de la Force (1764), et les catalogues du Musée de Toulouse (1865).

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Des artistes comme Pierre Garnaud, qui n'existait plus en 1708, ou Pierre Aubert, dont le nom a été écrit différemment, ont été identifiés grâce à des chercheurs comme Natalis Rondot et ses travaux sur les sculpteurs de Lyon du XIVe au XVIIIe siècle. Célestin Port a également documenté les artistes angevins, mentionnant Antoine Augustin qui mourut le 14 mars 1740 et fut inhumé dans l’église Saint-Ilippolyte. Nicolas Aubertin, sculpteur lorrain né vers 1649, a contribué à la chapelle du collège des Jésuites et à l'église Saint-Sébastien. Ces archives locales, comme celles de Nancy, sont cruciales pour ces informations. Il est décédé à 67 ans, selon Célestin Port. Ces exemples démontrent la profondeur et la persistance des efforts pour inscrire les contributions des individus dans le grand livre de l'histoire.

II. L'Urgence des Enjeux Contemporains - La Forêt, le Climat et la Recherche

À l'opposé des registres historiques des arts, les défis contemporains, notamment ceux liés à l'environnement, génèrent une forme de documentation scientifique tout aussi rigoureuse, essentielle pour comprendre et anticiper les impacts sur nos écosystèmes et nos sociétés. Le Canada, troisième pays le plus boisé du monde après la Russie et le Brésil, considère sa forêt comme l'une de ses plus grandes richesses, avec une industrie forestière fournissant plus de 500 000 emplois directs ou indirects. La gestion durable de cette ressource est au cœur des préoccupations de nombreux chercheurs et institutions.

L'aménagement forestier durable et la recherche universitaireDes initiatives comme la Maîtrise en Gestion durable des Écosystèmes forestiers (MGDEF), établie en 2013 et offerte conjointement par l'UQO, l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) et l'Université du Québec à Montréal (UQAM), forment les futurs experts. Alexandra Bélanger et Cynthia St-Amour sont devenues les toutes premières diplômées de l’UQO à ce programme, marquant une étape importante pour cette cohorte pionnière. Le professeur Christian Messier, directeur scientifique de l’Institut des sciences de la forêt (ISFORT) à l’UQO, a porté des idées novatrices dans ce domaine.

La Chaire CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable (AFD) est un pôle d'excellence, dont le 17e colloque annuel a réuni quelque 70 personnes pour échanger sur les plus récentes recherches et le développement de nouveaux produits du bois. Le professeur Yves Bergeron, titulaire de la chaire, a ouvert ce colloque en revenant sur l'année 2014-2015 de la Chaire industrielle. Les étudiants à la maîtrise et au doctorat y ont présenté leurs travaux sur six axes de recherche, souvent en collaboration avec des entreprises régionales. Les professeurs Suzanne Brais, de l’Institut de recherche sur les forêts de l’UQAT, et Brian Harvey, directeur de la Forêt d’enseignement et de recherche du lac Duparquet, ont parcouru le pays pour évaluer une douzaine de dispositifs forestiers, illustrant une approche généralisable des approches sylvicoles pour l’ensemble du Canada.

Impacts des changements climatiques et stratégies d'adaptationLe réchauffement climatique est une préoccupation majeure. Le professeur Pierre Bernier quantifie les impacts des changements climatiques pour informer la gestion forestière, notant que "ces impacts augmenteront probablement à l'avenir et devront être pris en compte pour gérer les forêts de manière durable." Les questions cruciales portent sur la projection de la croissance nette des forêts face aux pertes dues aux incendies et sur la manière dont les changements de composition et de structure forestière pourraient améliorer ou atténuer cette vulnérabilité. Ces connaissances sont nécessaires pour l’élaboration et le déploiement de stratégies d'atténuation et d'adaptation.

Lors d'un colloque sur le réchauffement du climat à Québec, des chercheurs ont présenté leurs travaux sur l'impact des changements climatiques sur les forêts québécoises, la santé des populations et le climat. Louis Bélanger, responsable de la commission Forêt, Nature Québec, a souligné la rapidité de ces changements : "Dans le passé, ces changements-là se faisaient sur des siècles, sinon des millénaires. Là on le fait en quelques décennies." Il met en garde contre un "4 degrés [de hausse], si on ne fait rien, c'est pour dans 50 ans, et ça correspond à des stress énormes qu'on commence déjà à entrevoir".

Les conséquences des changements climatiques sur la forêt boréale sont particulièrement étudiées. La question de savoir si les arbres pourront migrer vers le Nord, comme les animaux, face à des sécheresses de plus en plus fréquentes, est essentielle. Mark Vellend, invité de l'émission Les années lumière, a partagé ses recherches sur la croissance des arbustes de la toundra sur 60 ans, tandis que Sylvie Gauthier, également sur la Première chaîne de Radio-Canada, a souligné l'importance du biome de la forêt boréale pour la régulation du climat terrestre.

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Conservation de la biodiversité et produits forestiers non ligneuxLa protection du caribou forestier est un enjeu de taille. Le caribou aime les forêts matures de conifères, convoités aussi par l'industrie forestière. Ce conflit est complexifié par "un troisième joueur, trop souvent ignoré, qui réclame lui aussi sa part du gâteau: les perturbations naturelles." Le bilan de l'état de la forêt publique du Québec pour 2008-2015, dévoilé par le Forestier en chef, identifie une marge de manœuvre importante pour la conservation du caribou. Le Centre d'étude de la forêt (CEF) a même vu ses chercheurs immortalisés dans une bande dessinée intitulée "Cet animal qui ne voulait pas mourir", qui résume la situation récente du caribou forestier au Québec.

Un débat public a été soulevé par l'Institut économique de Montréal (IEDM), qui a diffusé une vidéo exprimant des inquiétudes des travailleurs forestiers quant à la mise en œuvre de mesures de protection pour le caribou, présentant le plan de rétablissement comme une menace pour l'industrie. Toutefois, une opinion publiée dans Le Soleil a critiqué cette dramatisation, affirmant qu'il est "impensable d'établir une économie forestière prospère, porteuse d'emplois durables, sans prendre des mesures pour sauvegarder les espèces menacées comme le caribou."

Au-delà du bois d'œuvre, la forêt québécoise est une "mine d'or" pour les produits forestiers non ligneux, comme les petits fruits (bleuets sauvages, canneberges), les plantes sauvages, les champignons, le sirop d’érable, et les huiles essentielles. C'est une avenue de développement intéressante qui ne nécessite pas la coupe d'arbres.

Autres initiatives et reconnaissancesDes projets d'aménagement urbain sont également documentés. Le professeur Jérôme Dupras, bassiste des Cowboys Fringants et chercheur à l’Institut des sciences de la forêt tempérée, a proposé un projet de reboisement pour une "ceinture verte pour Montréal" afin de maintenir la biodiversité en ville. Il est désormais chroniqueur-expert environnement sur 96,9 CKOI.

Des chercheurs de l'UQAM, Jean-François Giroux et Marc Belisle, ont scrutiné le comportement du goéland à bec cerclé pour trouver des solutions aux problèmes causés par leur présence accrue, notamment au-dessus des zones résidentielles lors de leurs trajets vers les sites d'alimentation comme les sites d'enfouissement de déchets.

L'Université Laval a marqué les esprits en devenant le premier campus carboneutre au Québec pour l'année 2014-2015, un exemple que d'autres campus ou entreprises devraient suivre selon Éric Bauce, son vice-recteur exécutif. La Forêt Montmorency de l'Université Laval est un domaine exceptionnel de ski nordique, soulignant l'importance de ces espaces naturels. Boucar Diouf, avec son livre "Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres", nous invite à réfléchir sur les liens entre les humains et les arbres, croisant biologie, poésie et humour.

Des reconnaissances importantes sont décernées aux chercheurs : Yadav Uprety, ancien étudiant du CEF avec Hugo Asselin, a reçu le prix "The World Academy of Science (TWAS)" du Premier ministre du Népal. Le professeur Yves Mauffette du Département des sciences biologiques de l'UQAM a remporté le prix ADARUQ pour sa contribution remarquable dans l'administration de la recherche. Enfin, Yves Bergeron a codirigé le "Routledge Handbook of Forest Ecology", un ouvrage de référence majeur traitant des forêts naturelles et aménagées sur l'ensemble du globe. Ces informations illustrent la vitalité de la recherche et la multitude des contributions individuelles dans la compréhension et la protection de notre environnement.

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