L'Aïki-Jutsu est une discipline martiale millénaire, connue sous différentes appellations au fil des siècles. Ses techniques ont été spécifiquement mises au point et utilisées par des guerriers pour combattre un adversaire réel. À l'origine, il y avait l'Aïki-Jutsu, une pratique où l'on tentait, grâce à un entraînement rude et sans concession, de sortir victorieux d'une situation réellement périlleuse. De fait, la motivation première était de rester vivant, et l’application d’une technique efficace était indispensable. La priorité était de rester debout afin d’être encore en mesure de réagir ! Ceci supposait alors de faire passer le fond avant la forme, une approche pragmatique et orientée vers la survie.
Morihei Ueshiba, le fondateur de l’Aïkido, abstraction faite de toutes légendes et utopies colportées à son sujet, était un pratiquant émérite de cette discipline ancestrale. Ueshiba Morihei a conservé la plupart des techniques séculaires de l'Aïki-Jutsu en les "démilitarisant" afin de les rendre accessibles à tous et en faire le véhicule d’une idéologie ésotérique où le développement spirituel prime. Dans cette nouvelle orientation, l'assaillant est devenu partenaire et l'attaque un simulacre de coups. Pour schématiser, les techniques n'ont pas d'autre but que d'amener à une élévation mentale par la répétition inlassable d'un geste, dans une situation convenue et sans surprises.
Cependant, il est essentiel de souligner que l'Aïki-Jutsu et l'Aïkido sont les deux faces d'une même pièce qui peuvent donc cohabiter. Mais, lors de l'entraînement d'Aïki-Jutsu, tel que nous le concevons, les motivations et les exigences diffèrent radicalement. Il n'y a plus de partenaire, mais un attaquant. On cultive l’idée d’un danger potentiel permanent qui oblige à une plus grande vigilance et plus de rigueur dans la façon dont on va traiter une situation conflictuelle qui évolue. On va donc s’adapter de son mieux aux actions et réactions multiples de l'attaquant. Cette distinction fondamentale met en lumière l'orientation pratique et l'efficacité intrinsèque de l'Aïki-Jutsu face à une confrontation réelle, tout en reconnaissant l'évolution philosophique qui a donné naissance à l'Aïkido.
Principes Universels de Mouvement et l'Importance du Centre
Au cœur de la pratique de l'Aïki-Jutsu et de l'Aïkido se trouvent des principes de mouvement qui résonnent avec les lois universelles. Les mouvements d’aïkido ne sont pas différents, et nous appelons cela le principe du mouvement circulaire. En effet, toutes ces choses - le soleil, la terre, les particules d’atomes - sont des entités physiques qui pivotent et tournent en harmonie. Ces mouvements circulaires suivent des schémas universels, s'organisant autour d'un noyau, d'un centre.
Le mouvement circulaire possède une autre caractéristique fondamentale. À l'instar d'une toupie, son centre semble toujours stable, même si l’extérieur tourne rapidement. L'Aïkidoka s'efforce de maintenir ce centre stable. Il est important que vous conserviez un centre stable pendant la rotation tout en amenant le partenaire dans votre sphère. Ce principe permet de construire son déséquilibre en l’amenant vers le sol sans que vous rencontriez le moindre obstacle. Ces rotations sont non seulement sphériques mais aussi très puissantes, illustrant l'efficacité d'un mouvement bien centré.
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Un élément clé de ces principes est l'Irimi. Lorsque votre partenaire vous attaque de face, il est conseillé de glisser sur le côté en sortant de la ligne d’attaque et d'entrer profondément dans son angle mort. Vous effectuez ainsi un irimi. Irimi est un mouvement direct, mais en fait il est sphérique, générant les mouvements tournants indissociables du sabaki. Lorsque vous entrez pour vous placer dans l’angle mort de votre partenaire, il est important de ne pas descendre les hanches, afin de conserver cette stabilité centrale et cette puissance rotative. Ce mouvement peut être utilisé efficacement contre tout type d’attaque, à mains nues comme aux armes.
Il est désormais bien connu que le concept de Misogi était considéré par le fondateur comme le cœur de sa création. Cette purification spirituelle et physique est intrinsèquement liée à la pratique, comme en témoigne le chant étrange "Ei-Ho" qui peut étonner le voyageur prenant le bus de bon matin. O Sensei lui-même était un fervent explorateur de la pratique, disant : « Ceci est bon, mais cela est bon aussi ». Il essayait personnellement certaines choses et, s'il trouvait cela intéressant, il demandait à ses élèves de le faire. Avec la sagesse de l'expérience, il disait aussi, "Arrêtez si vous sentez que quelque chose ne va pas". Pour savoir si un exercice est bon ou non pour vous, il faut l'essayer seulement et vous comprendrez si vous vous sentez bien ou pas, une approche empirique et très personnelle de l'apprentissage martial.
L’Aïkido est un art martial non violent qui permet de préserver l’intégrité de l’adversaire, où la non-violence prédomine. Les rôles de Uke (celui qui attaque) et Tori (qui est attaqué et qui applique la technique) sont liés et font que ce rapport est basé sur l’entraide plutôt que la compétition. L’aïkidoka apprend à utiliser la force et l’énergie de son assaillant en la retournant contre ce dernier. Il s’agit de décourager son adversaire et non de le détruire. Toutes les techniques d’Aïkido s’inscrivent dans une série de mouvements circulaires destinés à rejeter toutes les formes d’agressivité dans le vide, que ce soit les mouvements à la main, au sabre, au bâton, debout ou à genoux.
Les Cinq Principes Fondamentaux de l'Aïkido et Leurs Applications
Les cinq principes fondamentaux sont les piliers qui sous-tendent nombre de techniques en Aïkido. Ils sont déclinés selon la posture (Suwari Waza, Hanmi Handachi Waza, …) et l’attaque (Shomen Uchi, Katate Dori, …). Ces principes sont la base de l’enseignement traditionnel de l’Aïkido et reflètent plus ou moins directement ses fondements philosophiques.
Ikkyo - 一教 (« Premier Principe »)
Ikkyo, signifiant « premier principe » (ichi = 1), est aussi appelé « Contrôle du coude » ou UDE OSAE. Il s'agit d'un contrôle du coude, avec une poussée vers la tête en cercle (Meguri). Ikkyo est une clef de bras ou levier articulaire permettant d’amener Uke au sol en contrôlant le poignet et en faisant faire un arc de cercle au coude en direction de la tête. Tout le mouvement du corps de tori est identique à celui d’une coupe au sabre.
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Cette technique se manifeste sous deux formes principales :
- Sous la forme omote : Tori avance en direction de Uke (irimi, tori « entre » et vient « prendre le centre » de Uke), et effectue un mouvement de coupe de sabre en direction de la tête de Uke ; il passe devant Uke pour l’amener au sol. Concrètement, pour une saisie du poignet droit par la main droite (ai hanmi), tori se place en garde migi-ai-hanmi. Lorsque Uke saisit le poignet droit de tori avec sa main droite, tori utilise immédiatement sa main-sabre. Tori ouvre vers la droite, en gardant la main-sabre droite devant son centre, et tient le coude droit de Uke avec sa main gauche. Tori avance le pied droit d’un grand pas, saisit le poignet et le coude de Uke, et coupe vers le bas en exécutant un grand arc de cercle. La coupe de tori lui permet d’amener Uke jusqu’au sol. L’immobilisation se fait avec un genou au niveau des côtes ou de l’aisselle, l’autre sur le poignet de Uke.
- Sous la forme ura : Tori effectue un mouvement de coupe de sabre sur place puis pivote (tai sabaki, tenkan) ; tori se retrouve derrière Uke, le déséquilibre et la rotation l’amènent au sol. Pour se dégager, tori lâche le poignet de Uke (maintenu par le genou), place cette main au coude, libère la main du coude et pivote sur le genou contrôlant le poignet.
Nikyo - 二教 (« Deuxième Principe »)
Nikyo, ou « deuxième principe » (ni = 2), est aussi connu sous le nom de « Contrôle du poignet » ou KOTE MAWASHI. C'est un mouvement qui reprend la structure d'Ikkyo, mais avec une sollicitation plus marquée des articulations du poignet, du coude et de l’épaule. Nikyo est une technique d’immobilisation. Il s’agit d’une triple torsion du poignet de Uke. Ce geste technique est en fait une subtile variation sur Ikkyō destiné à briser la résistance d’un Uke insuffisamment déséquilibré, en concentrant l'action sur le poignet.
Sankyo - 三教 (« Troisième Principe »)
Sankyo, le « troisième principe » (san = 3), est désigné comme le « Contrôle de l’épaule par action sur le poignet » ou KOTE HINERI. Il s'apparente à Ikkyo, mais avec un contrôle du tranchant de la main de aïte (Uke) et un mouvement de vrille. Sankyo est une technique d’immobilisation. Appelée aussi « troisième principe », elle repose sur la torsion du poignet de Uke par la torsion anti-horaire de sa main. Réalisable sur saisies ou frappes, elle peut aussi se concevoir comme une variante, ou une continuité de Ikkyo, offrant une autre approche pour contrôler l'adversaire.
Yonkyo - 四教 (« Quatrième Principe »)
Yonkyo, ou « quatrième principe » (yon = 4), est une technique désignée comme le « Contrôle par pression sur un nerf de l’avant-bras » ou TEKUBI OSAE. Il s'agit d'une application similaire à IK-KYO, mais avec une pression spécifique exercée sur la face interne de l’avant-bras de aïte (Uke) avec la première phalange de l’index, souvent accompagnée d'un mouvement de sabre. Yonkyo est une technique d’immobilisation qui fait partie des cinq principes de base de la discipline. Basiquement, elle repose sur le contrôle du poignet de Uke, couplé à une pression forte avec le pouce sur son nerf radial. Ce geste technique est redoutable pour Uke et nécessite une attention particulière de la part de Tori pour son exécution précise et efficace.
Gokyo - 五教 (« Cinquième Principe »)
Gokyo, le « cinquième principe » (go = 5), est connu comme le « Contrôle du coude par élongation » ou UDE NOBASHI. Il s'agit d'une technique particulière, souvent appliquée sur attaque au couteau, qui suit le même principe que IK-KYO (ura) mais avec un contrôle du poignet différent. Gokyo est l'un des cinq principes de base de l’Aïkido. C'est une technique d’immobilisation qui utilise une compression de l’avant-bras bloqué par la main retournée, paume vers le haut. La prise se termine par une clé articulaire au sol, démontrant une fois de plus l'ingéniosité des techniques d'immobilisation de l'Aïkido.
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La Projection Tenchi Nage : Ciel et Terre en Mouvement
La quatrième loi de l’Aikido est exprimée par deux techniques complémentaires : Yonkyo et Tenchi Nage. Il est important de se souvenir qu’O Sensei n’utilisait pas explicitement ces termes pour désigner ces techniques spécifiques ; pour se référer à ces mouvements, il parlait simplement de la quatrième loi.
Tenchi Nage, une des projections les plus emblématiques de l'Aïkido, se traduit littéralement par "Projection Ciel-Terre". Ten (天) représente le ciel, et Chi (地) la terre. Toutefois, Tenchi nage ne veut pas dire qu’une main est dirigée vers le ciel quand l’autre main est dirigée vers la terre. Rien à voir avec cela. Tenchi nage veut dire qu’Uke est décollé du sol et monté vers le ciel dans un premier temps, avant d’être ensuite abaissé vers la terre après avoir ainsi perdu son équilibre. C'est la dynamique de l'élévation suivie de la chute qui confère à cette technique son nom poétique et sa redoutable efficacité.
Cette technique, en accord avec les principes fondamentaux de l'Aïkido, peut être utilisée efficacement contre tout type d’attaque, à mains nues comme aux armes. Elle illustre parfaitement la capacité de Tori à utiliser le mouvement circulaire et la prise de l'angle mort pour déséquilibrer l'adversaire. Lorsque vous entrez pour vous placer dans l’angle mort de votre partenaire, il est crucial de ne pas descendre les hanches, afin de maintenir une connexion solide et un centre stable pour orchestrer la projection. L'objectif est de construire le déséquilibre de l'adversaire en l’amenant vers le sol sans que tori rencontre le moindre obstacle, un principe constamment mis en œuvre dans l'exécution de Tenchi Nage.
Autres Projections et Immobilisations Fondamentales
Outre les cinq principes et Tenchi Nage, l'Aïkido intègre une variété d'autres techniques de projection et d'immobilisation, chacune exploitant les principes de mouvement circulaire, de déséquilibre et de contrôle du centre. Les techniques d’Aïkido constituent les techniques susceptibles d’être demandées lors des passages de grades, dans un choix restreint du 6ème au 1er Kyū, et dans un plus grand nombre lors des passages de grades Dan. Il est à noter que les techniques d’Aïkido ne sont pas propres à une attaque particulière. On peut ainsi adapter ces techniques à de nombreuses attaques ; seule l’entrée sera en fonction de l’attaque, pour retomber sur une base connue de technique.
Irimi Nage (入身投げ)
Irimi Nage est considéré comme un point fort de l’AIKIDO. Il s'agit d'une projection par « entrée (iri 入り) dans le corps (mi 身) », c’est-à-dire par une prise de contrôle du centre du partenaire. C’est une action d’entrer droit sur l’adversaire tout en esquivant, une action très positive qui incarne l'essence de l'Irimi. « Lorsque votre partenaire vous attaque de face, glissez sur le côté en sortant de la ligne d’attaque et entrez profondément dans son angle mort. » Vous effectuez ainsi un irimi. Lorsque vous entrez pour vous placer dans l’angle mort de votre partenaire, il est essentiel de ne pas descendre les hanches, afin de maximiser l'effet de levier et de contrôle.
Kote Gaeshi (小手返し)
Kote Gaeshi implique un retournement ou un renversement de l’avant-bras, suivi d’une projection et/ou d’une immobilisation. Cette technique met en évidence la vulnérabilité des articulations périphériques et la puissance générée par un contrôle précis du poignet.
Ude Gaeshi (腕返し)
Ude Gaeshi est une immobilisation et/ou projection qui se réalise par le retournement ou le renversement du bras. Ude (腕) signifie bras, et Gaeshi (返し) signifie retournement ou renvoi, soulignant la nature de cette technique qui utilise le bras comme levier pour déséquilibrer et projeter.
Ganseki Otoshi (岩石落とし)
Ganseki Otoshi, qui se traduit par "chute de rocher" (Ganseki : rocher, Otoshi : action de faire tomber), est une technique qui consiste à jeter l’adversaire en l’enroulant sur le dos ou en le projetant par-dessus l’épaule. Il existe une forme Ura par Irimi Nage Ura et une forme Omote sur entrée Uchi Kaiten. Bien que très peu usitée dans la pratique courante de l'Aïkido, cette technique a été proposée par ISOYAMA Hiroshi Shihan quasiment à chaque démonstration des « All Japan Aïkido Embukai » de Tokyo, soulignant son potentiel.
Maki Otoshi (巻き落とし)
Maki Otoshi est une projection par enroulement et traction vers le bas. Le terme Maki signifie « enrouler ». Dans le contexte du Kenjutsu, il s'agit d'intercepter la lame de l’opposant comme parade, puis, par un mouvement de rouleau, de projeter la pointe du sabre adverse dans les jambes de l’ennemi, servant de riposte et de manœuvre de désarmement. À mains nues, Maki Otoshi se manifeste en terminant une technique sur un genou et en projetant Uke par-dessus ou sur le côté de l’épaule de Tori. Otoshi (落とし) désigne l'action de faire tomber.
Kaiten Otoshi (回転落とし)
Kaiten Otoshi est une chute par rotation. Kaiten (回転) signifie rotation ou mouvement giratoire, tandis qu'Otoshi (落とし) signifie tomber ou action de faire tomber. Cette technique est l'une des diverses formes de chute par mouvement rotatif, aux côtés d'Aiki Otoshi, Maki Otoshi et Kiri Otoshi.
Les Attaques en Aïkido : Un Catalogue pour la Maîtrise de la Défense
L’Aïkido, étant centré sur la défense, implique une bonne maîtrise des attaques, ce qui est essentiel pour permettre au partenaire de progresser. Ces attaques doivent être portées avec sincérité et à une puissance compatible avec les capacités de Tori (celui qui exécute la technique).
Saisies - Dori - 取り
Les saisies constituent une catégorie fondamentale d'attaques en Aïkido :
- Gyaku hanmi katate dori (片手取り) : Il s’agit de la saisie d’un poignet vis-à-vis (par exemple, le poignet droit par la main gauche ou inversement). Très fréquemment utilisée pour les premiers cours ou en début de cours, elle fixe une bonne distance de base (ma-ai) et donne le contact initial.
- Ai hanmi katate dori : Cette saisie est croisée (par exemple, le poignet droit par la main droite ou inversement). Elle est directement issue de la garde au sabre. Deux types de saisies s’offrent dans ce cas de figure : soit à l’intérieur du poignet (intérieur des poignets l’un contre l’autre, croisés, puis Uke saisit le poignet de Tori), ou bien à l’extérieur du poignet (dos des poignets l’un contre l’autre, croisés, puis Uke saisit le poignet de Tori).
- Ryote dori (両手取り) : Saisie des deux poignets. Cette symétrie n’existe pas au niveau des pieds évidemment, sinon il y aurait perte d’équilibre d’où des conséquences variables, telles ou telles techniques.
- Katate ryote dori (片手両手取り), ou morote dori (諸手取り) : Saisie d’un poignet avec les deux mains. Cette attaque commence comme ai hanmi katate dori, mais la saisie simple est renforcée par l’arrivée de la deuxième main et l’avancée de la jambe correspondante. Uke se trouve ainsi à l’extérieur de Tori. Uke ayant une saisie très forte, il oblige Tori à commencer avec le bras saisi dans l’axe de son corps.
- Kata dori (肩取り) : Saisie de l’épaule du keikogi (« kimono ») à l’aide d’une seule main. La saisie doit être ferme, dans l’idée de pousser Tori (pour le déstabiliser) ou de le tirer pour lui porter un coup.
- Ryo kata dori (両肩取り) : Saisie de face du keikogi au niveau des deux épaules. C’est une des attaques pour le randori, une forme de pratique libre.
- Sode dori (袖取り) : Saisie de la manche de Tori au niveau du coude. La distance et la mobilité du bras saisi sont intermédiaires entre Katate dori et Kata dori.
- Muna dori (胸取り) : Saisie de la doublure du keikogi à une main, au milieu de la poitrine. Il s'agit d'un Muna dori à une main.
- Kata dori men uchi (肩取り面打ち) : Uke (celui qui attaque et qui chute) saisit d’une main l’épaule du keikogi de Tori et de l’autre tente de le frapper au sommet de la tête. Selon les enseignants, ce coup peut être soit une vraie attaque, soit une parade à une feinte de coup à la tête réalisée par Tori et donc après un Kata dori - saisie à l’épaule.
Frappes - Coups
Les frappes sont une autre catégorie essentielle d'attaques en Aïkido, permettant de développer le sens de la distance et du timing :
- Shomen uchi (正面打ち) : C'est une frappe sur le sommet de la tête, de haut en bas. Le shomen uchi est une coupe verticale du milieu-haut du visage (men) vers le bas. Vertical à plus ou moins 3 degrés, shomen uchi n’est jamais parfaitement vertical, mais toujours parfaitement rectiligne. C’est l’une des huit coupes de base au Kenjutsu, correspondant aux huit directions. SHŌ (正) signifie de face, précis, juste ; MEN (面) désigne la tête ; UCHI (打ち) signifie frappe. L'attaquant tente de frapper le sommet de la tête de l'adversaire avec le tranchant de la main.
- Yokomen uchi (横面打ち) : Frappe sur le côté de la tête en sortant de la ligne d’attaque et un léger « Tenkan ». Yoko (横) signifie côté ; Men (面) la tête ; Uchi (打ち) frappe.
- Gyaku Yokomen Uchi ou Suihei Uchi ou Sokumen uchi (逆横面打ち) : Il s'agit d'un Yokomen Uchi inversé, une frappe sur le côté de la tête, mais en croisant le bras (ainsi le bras droit frappe la tempe droite). Cette attaque est impressionnante mais en fait moins difficile à contrôler que les deux précédentes, elle est de fait peu enseignée. Suihei (水平) signifie horizontal ; Uchi (打ち) frappe.
- Chudan tsuki (中段突き) : C'est un pique ou un coup porté à hauteur de l’abdomen-plexus. Chūdan (中段) signifie niveau moyen (partie centrale, milieu, centre - plexus solaire) ; Tsuki (突き) signifie poussée, pique, coup. Il s'agit d'un coup d'estoc, en partant d'une garde seigan no gamae (sabre pointant devant). Le coup est accompagné d'un déplacement de tout le corps vers l'avant.
- Jodan tsuki (上段突き) : Pique ou coup porté à hauteur de la tête, du cou (niveau supérieur).
- Mae Geri (前蹴り) : Coup de pied direct de face à l’abdomen. Mae (前) signifie devant, avant ; Geri (蹴り) coup de pied. Geri / Keri provient du verbe Keru (蹴る) : frapper du pied.
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