Frédérick Bousquet : De l'éveil aquatique à la conquête mondiale

Né le 8 avril 1981 à Perpignan, Frédérick Bousquet est un nageur français dont la carrière est essentiellement associée aux années 2000, spécialiste des épreuves de sprint en nage libre et en papillon. Bien qu'il soit aujourd'hui reconnu comme l'un des plus grands sprinteurs de l'histoire de la natation française, rien ne prédestinait cet enfant passionné de football à une telle trajectoire.

Une reconversion imposée par le destin

Enfant, Frédérick Bousquet était passionné de football. « Gamin, je passais mon temps la balle au pied. Je voulais devenir footballeur. Chez moi, y avait des ballons partout. Je dormais même avec ! Mais entre 12 et 13 ans, j’ai fait une poussée de croissance, mes os n’ont pas suivi : dès que je me prenais un coup, ça faisait une fracture. Au bout d’une année dans le plâtre, les médecins m’ont interdit le foot. J’étais en pleurs. Comme sport, ils m’ont laissé le choix entre la danse - inconcevable - et la natation. Je n’aimais pas trop le contact avec l’eau, mais je gagnais les courses ». Cette contrainte médicale a ainsi fait basculer son destin vers les bassins.

L'ascension vers le haut niveau

Originaire de Perpignan, Frédérick Bousquet commence à nager sur le tard. En effet, c'est à partir de 14 ans qu'il signe sa première licence au club de Canet 66 natation. Il s'inscrit au Club des Nageurs de Marseille et rejoint quatre ans plus tard celui d’Antibes où d’autres champions comme Alain Bernard feront leurs armes. Entraîné par Michel Guizien et Franck Esposito, il progresse rapidement : à seulement 19 ans, il rejoint l’équipe de France et participe aux Championnats d’Europe d’Helsinki, puis aux Jeux Olympiques de Sydney en tant que membre du 4 X 100 mètres nage libre. Il terminera à la très honorable 7ème place.

En juin 2000, peu avant les Jeux olympiques de Sydney (Australie), il participe à sa première compétition avec l'équipe de France A lors des Championnats d'Europe durant lesquels il remporte sa première médaille européenne avec le relais 4 × 100 mètres nage libre accompagné de Romain Barnier, Nicolas Kintz et Hugo Viart.

L'expérience américaine et l'explosion des performances

Frédérick part à l'été 2002 à Auburn aux États-Unis, pour s’entraîner au sein de l’équipe universitaire des Tigers, comprenant une soixantaine de nageurs dont certains de niveau mondial. Il y prépare un bachelor en Business International. Aux États-Unis, il découvre un engouement pour le sport universitaire qui demeurait encore alors étranger à la France et des installations de haut niveau qui lui permettront à terme de progresser.

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L'année 2003 est l'année de sa révélation tant sur le plan national qu'international. Aux Championnats de Barcelone en 2003 par exemple, il permet à son équipe - composée de Romain Barnier, Fabien Gilot et Julien Sicot - de remporter haut la main le relais 4 X 100 mètres nage libre. Avec 47 secondes 03, le quatuor repart la médaille de bronze en poche. Il se distingue lors des Championnats du monde de Barcelone, en finale du relais 4 × 100 mètres nage libre, lorsqu'il prend le dernier relais, le quatuor français est alors septième à près d'une seconde et demie du podium.

La chance tourne également lors des Championnats NCAA, lorsqu’il bat le premier record mondial du 50 mètres nage libre dans un bassin de 25 mètres à East Meadow, à New York. Avec 21 secondes 10, il détrône le britannique Mark Foster, tenant du titre depuis trois ans. L’année suivante au NCAA de Minneapolis, il battra à nouveau un record mondial en devenant le premier nageur à aller en dessous de 19 secondes sur 50 yards en nage libre.

La confirmation olympique et mondiale

En 2004, lors des Jeux olympiques d'été, il est éliminé en demi-finale du 100 m nage libre. Il s'empare malgré tout à cette occasion du record de France détenu par Stéphan Caron depuis 1991. La fin de l'année est bien meilleure pour le nageur puisqu'il obtient ses deux premiers titres internationaux lors des Championnats d'Europe en petit bassin, sur 100 m et avec le relais 4 × 50 m.

En 2008 ont lieu les Jeux olympiques d'été organisés à Pékin. Pour y participer individuellement, il est indispensable de prendre l'une des deux premières places des Championnats de France 2008 tout en réalisant les minimas. Bousquet termine deux fois troisième sur 50 et 100 m nage libre mais obtient son billet par le biais du relais 4 × 100 m nage libre. Il se qualifie néanmoins dans une épreuve individuelle sur 100 m papillon. En finale, Bousquet, lancé en deuxième position après deux relais, reprend la première position à l'Américain Cullen Jones en réalisant provisoirement le meilleur relais lancé de l'histoire en 46 s 63. Le relais français obtient donc la médaille d'argent.

Le record du monde et l'ère des combinaisons

L'année 2009 est marquée par la controverse sur l'utilisation de combinaisons de natation entièrement conçues en polyuréthane. Les critiques se cristallisent autour de la marque italienne Jaked. Frédérick Bousquet utilise une tenue de ce type lors des Championnats de France disputés en avril à Montpellier. Sur 100 mètres nage libre, il surprend le champion olympique et nouveau détenteur du record du monde - en 46,94 secondes - Alain Bernard, et améliore son record personnel en 47,15 secondes. Bousquet remporte plus tard la finale du 50 m nage libre en battant le record du monde de l'Australien Eamon Sullivan, en 20,94 secondes. Il devient à cette occasion le premier nageur à descendre sous les 21 secondes sur la distance.

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La période de transition et l'après-carrière

Le 20 septembre 2010, il se fait suspendre deux mois par la commission antidopage de la fédération française de natation, pour avoir été contrôlé positif à l'heptaminol, un produit stimulant. S'ensuivent des années mitigées pendant lesquelles Frédérick lutte pour revenir à son meilleur niveau, en vain. En juillet 2011, aux Championnats du monde de natation 2011 à Shanghai, Bousquet échoue au pied du podium sur 50 m papillon.

En 2014, il devient consultant pour France Télévisions et se voit confier la présentation des compétitions majeures de natation. Il commente les Championnats d'Europe de natation 2014 avec Alexandre Boyon, Roxana Maracineanu et Nelson Monfort. En 2015, il est consultant pour Canal+.

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