La Torche: Histoire d'un spot de surf emblématique et de son influence

La Torche, située sur la commune de Plomeur, est une presqu'île naturelle qui marque l'extrémité sud-est de la baie d'Audierne. Ce lieu, riche en histoire et en beauté naturelle, est devenu un spot de surf incontournable en Bretagne et même au-delà. Cet article explore l'histoire de La Torche en tant que spot de surf, en mettant en lumière les figures clés, les événements marquants et l'évolution de la culture surf locale.

Un site naturel classé

Avant de devenir un haut lieu du surf, La Torche est avant tout un site naturel exceptionnel. Des traces de présence humaine datant de 4500 ans avant J.C. y ont été retrouvées. Au fil des siècles, de nombreux navires ont échoué non loin de la pointe, témoignant de la puissance de l'océan à cet endroit.

Depuis un décret datant du 12 avril 1989, la baie d’Audierne (qui va de Plovan à Saint-Guenolé) est considérée comme un site naturel classé. La presqu’île faisant partie de la baie, cette dernière profite par conséquent de l’appellation donnée à la baie d’Audierne de manière générale . La Pointe de la Torche a cette particularité de quasiment marquer l’extrémité sud de la baie d’Audierne.

La Pointe de la Torche est notamment faite de leucogranite, un granite d’aspect très clair, le plus fréquemment à gros grain. Les paysages diversifiés mais aussi fleuris de la Pointe de la Torche donnent aussi lieu à la présence et donc à la possibilité de plusieurs balades et de randonnées.

L'émergence du surf en Bretagne

Les premiers surfeurs ont débarqué sur les côtes bretonnes au début des années 1970. De Quiberon à Crozon, en passant par le spot phare de la Torche, la glisse s’invite dans les eaux bretonnes et y attire toujours plus de passionnés. Séduits par la configuration optimale de cette pointe au sud de la baie d’Audierne - vagues longues, courant latéral, spots de sable et de roche -, une poignée de jeunes sportifs prennent goût aux remous bigoudens. Ils y importent une pratique du surf fortement influencée par la culture anglo-saxonne.

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La Torche : un spot de surf prisé

Le spot de la Torche est le plus populaire de tous les spots de surf de Bretagne. Le vent régulier permet la présence de belles vagues qui ne pourront que plaire au plus grand nombre. La Torche est devenue un lieu de rassemblement pour les surfeurs de tous niveaux, attirés par la qualité de ses vagues et son ambiance conviviale.

L'École de Surf de Bretagne (ESB) : une institution locale

L’École de surf de Bretagne (ESB) est née il y a 30 ans à La Torche sous l’impulsion de Didier Tirilly et Ronan Chatain. Le duo portera la flamme olympique ce vendredi 7 juin là où tout a commencé. Retour sur la création de cette institution.

Pour Didier Tirilly, sa première fois à La Torche, c’était en 1987. Cette année-là, le Capiste débarque à La Torche. Alors licencié du Kornog surf club, il participe à sa première compét’. Le surf ? Il l’a appris tout seul. Celui qui a grandi à Primelin a toujours eu le regard tourné vers la mer. Et précisément sur le spot du Saint-Tugen. Une plage dangereuse où le jeune intrépide, lors de ses premières excursions aquatiques, avait bien failli se noyer. Les anciens, et notamment les pêcheurs, regardent cette nouvelle pratique d’un mauvais œil. Didier Tirilly s’en moque et bricole lui-même sa première planche en polystyrène. « J’ai fait un trou dedans pour y glisser une ficelle en guise de leash », sourit-il. La passion était née, elle ne s’éteindra plus. À l’époque, les mentors sont Hervé Jadé, Bruno Troadec, Fred Alégoët ou Yannick Le Coz.

L'ESB a joué un rôle crucial dans le développement du surf à La Torche et dans la formation de nombreux surfeurs. Elle est devenue une véritable institution locale, reconnue pour son expertise et son engagement envers la promotion du surf.

Gordon Sikora : l'âme du surf à La Torche

À la pointe de La Torche, impossible de ne pas croiser son sourire. Le spot bigouden est son jardin. À 43 ans, Gordon Sikora incarne l’esprit originel du surf, entre partage, humilité et jovialité. Il a beaucoup baroudé dans toute l’Europe mais c’est finalement à Plomeur qu’il s’est posé. C’était en 2009.

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La rencontre avec le littoral bigouden va pourtant être un choc. La Torche et ses « vagues magnifiques » sont un coup de cœur. Mais pas seulement. Le surfeur jette son dévolu, rive gauche, sur Pors Carn. De ce côté de la pointe, les rouleaux sont moins prisés. Pourtant, dans l’ombre de la voisine superstar, Pors Carn n’a pas à rougir. Gordon lui a toujours accordé ses faveurs. À contre-courant. « Quand je suis arrivé, il était admis que les vagues de Pors Carn fermaient systématiquement (et n’étaient donc pas exploitables). Mais c’est faux. J’y ai découvert des vagues parfaites », commente le quadragénaire se remémorant des « sessions magiques ».

Dire que Gordon est fidèle à La Torche est un doux euphémisme. Il s’y rend quotidiennement depuis plus de dix ans. S’il ne surfe pas (c’est rare), il se balade sur le parking en quête de nouvelles rencontres. Cet espace public est, selon lui, inhérent à la culture surf. « On y trouve une incroyable diversité de personnes », explique Gordon. L’homme, râblé et au teint hâlé, est ici dans son jardin. Dreadlocks dans la nuque et longboard (sa célèbre « Hello Kitty » de couleur rose) sous le bras, le surfeur attire les regards. Pas pour la gloriole mais pour le plaisir d’échanger. Tout simplement. « J’aime venir voir ma tribu. Je parle avec les jeunes. J’observe beaucoup. Ça m’inspire », confie-t-il. Le parking n’est pas qu’un lieu de stationnement, il est un véritable quartier, avec ses histoires, ses codes. Sur le toit de son indémodable 205 Peugeot, Gordon a pris l’habitude de placer une vieille enceinte. Une modeste sono qui crache de bonnes vibrations, des riddims jamaïcains de préférence.

Au fil des ans, Gordon est devenu un très bon surfeur au style puissant et élégant. Pourtant, son histoire avec la glisse ne fut pas si évidente. L’homme, et c’est peu de le dire, n’est pas du sérail. Il est né à Halle, près de Leipzig en Allemagne (ex-RDA). À 400 km de la mer. « Dans ma ville, la culture surf était inexistante », se souvient l’ancien étudiant en linguistique. Gordon découvre le bodyboard aux Iles Canaries, avant de se mettre au surf. C’était en 1997. C’est une révélation. « J’ai tout de suite ressenti quelque chose de très fort. J’ai été transformé immédiatement ». La passion ne l’a jamais quitté. Gordon a, depuis, retrouvé le chemin de l’océan, avec toujours ce même émerveillement. Un enthousiasme qu’il partage sur l’eau, jamais avare de conseils, loin de tout esprit de compétition. Selon lui, pas de doute, « les meilleurs surfeurs sont les débutants ». Pourquoi ? « Parce qu’ils n’ont pas d’attente particulière.

Gordon Sikora est un exemple de la passion et de l'ouverture d'esprit qui caractérisent la communauté surf de La Torche.

La flamme olympique à La Torche : une reconnaissance

Grand spectacle ce vendredi à pointe de la Torche avec le passage de la flamme olympique sur le spot mythique breton. 24 relayeurs représentant le surf et les clubs de la région ont été choisi pour le second relais collectif de la Fédération Française de Surf et de la Ligue de Bretagne de surf après celui du 20 mai à Biarritz.

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Le capitaine Louka Tirilly de Vera, du Pôle espoirs, les surfeurs pros Maëlys Jouault, Ian Fontaine, Gaspard Larsonneur, la championne du monde de SUP race Amandine Chazot, le président de la Ligue Didier Tirilly, les para surfeurs Morgane Guyader et Emmanuel Dubrana, le pionnier Yannick Le Coz, … pour ne citer qu'eux, ont fait rayonner l’énergie du surf devant le public breton, venu en grand nombre assister au relais sur la plage et sous un magnifique soleil.

Jacques Lajuncomme, président de la Fédération Française de Surf« On vient de vivre un grand moment d'émotion à la Torche avec le relais collectif de la flamme porté par la Ligue de Bretagne, l’ESB et le mouvement surf breton. Ça a été un moment aussi intéressant parce qu’on a eu du passage intergénérationnel, avec Louka Tirilly de Vera qui transmet à Yannick Le Coz, figure emblématique du surf breton et du surf de la Torche. Et ça, c'était vraiment très intéressant. Un grand merci pour l'accueil à nos amis bretons. Et puis très intéressant aussi le mélange surf, sport, culture, puisqu'on a eu de la musique traditionnelle bretonne. On a eu de la musique tahitienne, en clin d'œil fait par le département du Finistère et la comcom du pays bigouden à nos amis polynésiens qui vont accueillir les épreuves de surf. C’était vraiment un grand moment. Il y avait beaucoup de monde sur la plage.

Louka Tirilly de Vera, capitaine du relais« Voilà, la flamme c'est fini. Ça a été un moment incroyable. Déjà de voir la flamme arrivée dans le cadre exceptionnel qu’est la pointe de la Torche entourée du bagad, des danseuses, etc… C'était à en avoir des frissons. Et franchement, j’ai été très fier de représenter mon spot.

Didier Tirilly, président de la Ligue de Bretagne et élu au comité directeur de la Fédération« Au nom de la Ligue de Bretagne de Surf et de la Fédération Française de Surf, je tiens à remercier toutes les relayeuses et tous les relayeurs du relais collectif pour tous les moments partagés. Une journée riche en émotions, en partage, et en héritage - un héritage dont la Bretagne doit être fière. Merci à toute l'équipe salariée : Camille Dubrana, Francis Chaléat, et Enzo Le Guyader pour leur engagement. Merci à tout le bureau de la Ligue BZH, Aurélie Kieffer, Thierry Deniel, Gaël Morel, Gaëlle Prost, et à tous les dirigeants bénévoles, qui sont au service du mouvement sportif sur notre territoire.Merci au département du Finistère Liliana Tanguy, au maire Ronan Credou de Plomeur-La Torche et son équipe Ingrid et Thomas, à Stéphane Le Doaré, président de la communauté de communes du Pays Bigouden Sud, et à tout le staff de Paris 2024 pour le travail accompli. Merci à toutes les personnes qui ont rendu cette journée mémorable : le président de la FFS, Jacques Lajuncomme, Mathieu Carpentier CTN, les jeunes du Pôle Espoir et du CLE 29, Robin et Hugo Aussenac, Jean-Marc Saint Geours et son équipe de l'association Handi Surf, le CDsurf29, l'ESB Surf Club, Rise Up Surf Club, pour ne citer qu'eux. Et une pensée particulière à Christine Hentic, qui, j'en suis sûr, aurait été fière et heureuse d'être avec nous aujourd'hui.

Cet événement symbolique témoigne de la reconnaissance de La Torche comme un lieu emblématique du surf en France et de son importance dans le paysage sportif et culturel breton.

La Fédération Française de Surf : un acteur majeur du développement du surf en France

La Fédération Française de Surfriding est créée par Guy Petit, le maire de Biarritz à cette époque. Son siège est basé à l'office du tourisme de Biarritz. L’objectif de la création de la Fédération était de réunir toutes les « tribus » des plages qui se faisaient concurrence. Le 20 août, a lieu la réunification de ces clubs.

Si la Fédération est créée en août 1964, la déclaration en préfecture n’intervient que le 13 juin de l’année suivante. Les premiers Championnats de France de la FFS ont lieu à Anglet. Joël de Rosnay et Marie-Christine Delanne sont sacrés champions de France.

Le surf gagne les Landes et la côte girondine avec deux pôles incontournables : Hossegor et Lacanau. Deux ans après la création de la FFS, le Comité régional d’Aquitaine voit le jour.

Avec le boom du skateboard, la F.F.S. est habilitée à réglementer la discipline. La Fédération change de sigle et devient la Fédération Française de Surf et Skate. La France obtient l’organisation des Championnats du Monde amateurs à Hossegor et Biarritz. Elle en sera de nouveau le pays hôte en 1992 (Lacanau) et 2008 (Seignosse). La FFSS déménage et s'installe à Hossegor, dans un bâtiment de la mairie.

Le surf se professionnalise notamment grâce à la création du brevet d’Etat de surf. Il y a une réelle volonté de la Fédération que les surfeurs puissent vivre du surf. La première session se déroule en septembre. La Fédération est officiellement reconnue par le Comité National Olympique et Sportif Français. Jacques Hèle, originaire de Lacanau, est élu président de l'International Surfing Association. Il permettra notamment à la France d’accueillir les championnats du monde en 1992 à Lacanau.

La Commission Nationale du Sport de Haut Niveau reconnaît le surf comme discipline de Haut Niveau. La Commission Nationale de Sport de Haut niveau valide la filière Haut niveau surf. Création du label qualité « École Française de Surf ». Les appellations antérieures « Sports études, Centre Permanent d'Entraînement et de Formation » sont remplacées par « Pôle France ». Par ailleurs les Pôles Espoirs à la Réunion et en Guadeloupe sont en cours de labélisation.

Le but de cette association est d’assurer l’accessibilité, l’insertion professionnelle, l’éducation et la formation des jeunes et des quartiers sensibles, ainsi que dans les zones rurales d’Aquitaine, et sur tout le territoire français, à travers la pratique des sports de glisse. Créée un mois plus tôt, l’Association Handi Surf reçoit de la Fédération Française de Surf l’agrément « Association Nationale » en janvier.

Le mercredi 20 août 2014, la Fédération Française de Surf fête ses 50 ans à la Côte des Basques. Là où tout a commencé voici cinq décennies. Du 18 au 26 octobre 2014, la Fédération organise ses championnats de France à Hossegor pour célébrer ses 50 ans. Quelque 450 compétiteurs de la France entière et de l'outremer y participent. Durant dix jours, les conditions sont exceptionnelles pour délivrer les 25 titres des 7 disciplines.

La Fédération Française de Surf regroupe 15.061 licenciés, dont un tiers de féminines, répartis dans 164 clubs de l'Hexagone et à l'outre-mer. Elle a par ailleurs délivré 55.000 licences loisirs en 2014. La Fédération Française de Surf change de braquet.

Après 22 ans de combat pour faire reconnaître le surf et le faire intégrer le programme olympique, l’International Surfing Association obtient l’accord du CIO. Le 3 août 2016, la 129e session du CIO réunie à Rio de Janeiro décide de l’inclusion de 5 nouveaux sports, dont le surf, pour les JO de Tokyo-2020. Le surf rejoint enfin la grande famille de l’Olympisme. La Fédération Française de Surf organise les 30es championnats du monde des nations à Biarritz. L'évènement qui regroupe 47 pays se tient à la Grande Plage du 20 au 28 mai. C'est une totale réussite avec un plébiscite du public, des institutions et de Paris-2024, dont la compétition soutient la candidature à l'organisation des JO. Cerise sur le gâteau : l'équipe de France remporte le titre mondial des nations.

Le président de la FFSurf, Jean-Luc Arassus, est élu au bureau directeur de l'international Surfing Association lors de l'assemblée générale élective de la fédération internationale le dimanche 16 septembre à Tahara, au Japon. Il s'agit du 3e Français à intégrer le board de l'ISA après Jacques Hèle et Francis Distinguin. Jacques Lajuncomme est élu président de la Fédération Française de Surf pour quatre ans. A l'issue de l'Assemblée Générale élective, Jacques Lajuncomme est élu président pour les quatre années à venir. Jacques Lajuncomme est réélu président de la FFSurf pour quatre nouvelles années. Il était tête de liste de "Réussir Ensemble" qui s'adjuge 99,55% des voix lors de l'AG élective. Cédric Leroy est nommé Directeur Technique National de la Fédération Française de Surf. Spécialiste du sport de haut niveau, il a travaillé à la Fédération Française de Voile, où il a occupé plusieurs postes clés.

La Fédération Française de Surf a joué un rôle essentiel dans la structuration et la promotion du surf en France, contribuant ainsi à l'essor de spots comme La Torche.

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