La sécurité en mer repose sur des piliers fondamentaux, dont le gilet de sauvetage - ou Équipement Individuel de Flottabilité (EIF) - constitue le premier rempart contre le risque de noyade. Bien que les progrès technologiques aient rendu ces dispositifs plus accessibles et confortables, il persiste une confusion importante entre les obligations légales, les recommandations de sécurité et les choix techniques adaptés à chaque pratique nautique. Cet article détaille l'ensemble des aspects réglementaires et pratiques régissant l'utilisation des gilets de sauvetage en France.
La distinction entre le port et l'emport du gilet de sauvetage
Une interrogation fréquente chez les plaisanciers concerne le caractère obligatoire du port du gilet de sauvetage. Il est essentiel de clarifier ce point : vous ne serez pas verbalisé si vous ne portez pas sur vous un gilet de sauvetage à bord de votre embarcation en mer. Il n’y a pas d’obligation légale de « porter » un gilet à bord d’un bateau. Cette précision s'appuie sur la division 240, article 240-2.12, relative aux conditions d’utilisation des véhicules nautiques à moteur.
Cependant, l'emport est une tout autre affaire. Est-il obligatoire d’en avoir à bord ? L’emport de gilets de sauvetage est bien obligatoire sur toute embarcation. Il en faut au moins 1 par personne à son bord. Le chef de bord est le membre de l’équipage qui a la responsabilité d’embarquer du matériel de sécurité adapté à la navigation pratiquée. Il doit s’assurer que tous ces passagers portent un gilet de sauvetage homologué. Il doit être en bon état et s’adapter, selon la morphologie du passager (taille, poids…). Vous trouverez plus d’information sur la fiche d’information « L’Équipement de sécurité des navires de plaisance en mer » éditée par ministère chargé de la Mer et de la Pêche en collaboration avec la SNSM.
Pourquoi le port effectif est vital
Le gilet de sauvetage sauve des vies ! Le gilet de sauvetage ou brassière est avant tout un équipement de sécurité non négligeable pour garantir la sécurité des plaisanciers lors des pratiques nautiques. Un accident peut vite arriver, un coup de vent, une filière qui lâche, une faute de barre ou simplement une perte d’équilibre peut amener à une chute dans l’eau. Remonter à bord du bateau en toute sécurité peut s’avérer parfois difficile, c’est pourquoi il est important de bien choisir son gilet de sauvetage.
Quand utiliser un gilet de sauvetage ? Dès que vous posez le pied sur un bateau et où que vous soyez par rapport au rivage. Les accidents n’arrivent, en effet, pas qu’au large. On constate, chaque année, de nombreuses chutes depuis une annexe sur le bref trajet du rivage au mouillage. Même proche des côtes, vous pouvez tomber à l’eau inconscient, à la suite d’un malaise ou si vous vous faites accidentellement projeter par la bôme de votre voilier. Cette recommandation est d’autant plus importante si vous êtes au large. Saviez-vous que l’espérance de vie après une chute à la mer est d’une heure dans une eau de 10°C à 16°C ? Selon la SNSM, le non-port du gilet de sauvetage est l’une des premières causes de noyade, 8 noyés sur 10 auraient pu être sauvés !
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Les freins au port du gilet et les évolutions technologiques
Dans le cadre du Forum Mer en Sécurité de 2014, la SNSM a présenté une étude menée avec le soutien de la MACIF sur l’attitude des Français face à la mer. Interrogés sur les freins au port du gilet, sont cités dans cet ordre : l’inconfort (48 %), l’habitude (42 %), le sentiment qu'ils n'en voient pas l’utilité (37 %), parce qu’ils rendent moins performant (22 %), parce qu’ils sont lourds (17 %), parce que ce n’est pas esthétique (11 %) et parce qu’ils sont trop chers (9 %).
L’utilisation d’un gilet est freinée par le manque de confort, l’habitude et des idées fausses qui ont la vie dure et prouvent qu’il faut redoubler les efforts d’information auprès du grand public. Ces dernières années, les fabricants ont fait de réels efforts d’ergonomie, de compacité, de poids et de tenue près du corps (mais aussi de style) et il est ainsi tout à fait possible de trouver des gilets légers, faciles à enfiler et confortables à porter, même par beau temps. Grâce aux évènements sportifs, le port du gilet de sauvetage obligatoire popularise et contribue à une utilisation plus régulière.
La réglementation par zone de navigation
La réglementation en France est régie par la division 240, modifiée en mai 2019, qui détermine les équipements obligatoires pour tous les bateaux de plaisance à usage personnel ou de formation de moins de 24 mètres. Ce qui détermine le type de gilet est l’éloignement d’un abri. Le gilet de sauvetage doit être homologué et disposer d’une étiquette de conformité pour répondre à la norme, marqué CE ou avec un logo « barre à roue ».
- Moins de 2 milles d’un abri : Il est imposé de porter une aide à la flottabilité de 50 Newton.
- Entre 2 et 6 milles d’un abri : La réglementation exige un gilet de sauvetage d’au moins 100 Newton.
- Au-delà de 6 milles d’un abri : Il est obligatoire de porter un gilet de sauvetage de 150 Newton.
- Enfants de moins de 30 kg : Il est obligatoire de porter un gilet de sauvetage de 100 Newton minimum quelle que soit la zone de navigation.
En navigation hauturière, il est indispensable de compléter votre gilet d’un harnais et d’une longe. Pour être secouru, il faut être visible, c'est pourquoi il est impératif de posséder une lampe torche étanche ou un dispositif lumineux individuel pour compléter votre gilet de sauvetage. Cet équipement de sécurité est obligatoire en navigation même à moins de 2 milles d’un abri.
Comprendre la flottabilité : les Newtons
La flottabilité est exprimée en newton (N) et renseigne sur la capacité à faire flotter un corps. On trouvera des gilets de 50 N, 100 N, 150 N et 275 N. Plus le chiffre est élevé, plus le gilet vous aidera à flotter.
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Les gilets 50N ne proposent qu’une aide à la flottabilité. Ils ne garantissent pas automatiquement le retournement de la personne tombée à l’eau sur le dos afin de libérer ses voies respiratoires. En cas de chute inconsciente, à la suite d’un malaise ou d’un accident, la personne peut donc rester sur le ventre et se noyer. Pour la plaisance, les Sauveteurs en Mer recommandent de porter un gilet de 100N ou 150N même si on navigue à moins de 2 milles nautiques d’un abri.
Les gilets de 150N et 275N assurent le retournement afin de maintenir vos voies respiratoires et la tête hors de l’eau. Un gilet de 275N permet, en cas d’accident, d’assurer une plus longue flottabilité et de garder la tête hors de l’eau plus facilement dans les vagues. Ils sont fortement recommandés en cas de longue traversée, mais également en hiver, lorsque l’on est plus lourdement équipé (polaire, imperméable, chaussures, etc.).
Gilets en mousse vs gilets gonflables
On peut distinguer les gilets de sauvetage selon le matériau utilisé : la mousse ou le système gonflable.
Les gilets en mousse présentent l’avantage d’une flottabilité permanente dès l’instant où l’on tombe dans l’eau. Ils sont adaptés à la voile légère, aux catamarans de sport ou à la planche, souvent pratiqués avec une combinaison Néoprène® offrant déjà une aide naturelle. La mousse offre une protection contre les chocs et le vent. Ils sont faciles à entretenir et moins coûteux. Toutefois, ils prennent de la place à bord et peuvent limiter la liberté de mouvement.
Les gilets gonflables sont disponibles en 100, 150 et 275 N. Ils se gonflent soit manuellement, soit automatiquement. Le déclenchement manuel demande de tirer sur une poignée, ce qui convient aux plans d'eau intérieurs (lacs, kayak, rivière). Le déclenchement automatique, via une pastille de cellulose ou un détecteur de pression hydrostatique (système Hammar), est vivement conseillé en navigation côtière, semi-hauturière ou régate, car il fonctionne même si la personne tombe à l'eau inconsciente.
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Maintenance et responsabilité professionnelle
L’entretien régulier des gilets conditionne leur fiabilité. Un rinçage à l’eau douce après chaque utilisation en mer permet de préserver les matériaux. Les gilets doivent être stockés dans un endroit sec, aéré et à l’abri des rayonnements solaires. Pour les gilets gonflables, il est fortement recommandé de disposer à bord d’un kit de réarmement adapté au modèle du gilet, comprenant une cartouche de CO₂ et un déclencheur neuf.
Dans un cadre professionnel, l'arrêté du 19 mars 1993 impose que les gilets de sauvetage gonflables, considérés comme des équipements de protection individuelle (EPI) de catégorie III, fassent l’objet d’une vérification générale périodique au moins une fois tous les douze mois. L’employeur est tenu de garantir la conformité et le bon état des équipements mis à disposition des travailleurs. Le non-respect des obligations de vérification et de maintenance expose l’employeur à des sanctions pénales et civiles en cas d’accident.
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