La commune de Coutances, située dans le département de la Manche en Normandie, se déploie à l'ouest du Cotentin, à 12 km de la côte ouest. Peuplée de 8 321 habitants (pour une donnée récente de 8 708 hab.), cette ville est établie sur un promontoire rocheux dont la cathédrale constitue le point culminant. En contrebas coule la Soulles, affluent du fleuve côtier la Sienne. La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. La Soulles, d'une longueur de 52 km, prend sa source dans la commune de Percy-en-Normandie et se jette dans la Sienne à Heugueville-sur-Sienne, après avoir traversé 19 communes. Les caractéristiques hydrologiques de la Soulles sont données par la station hydrologique située sur la commune de Saint-Pierre-de-Coutances. Le débit moyen mensuel est de 2,5 m3/s. Le débit moyen journalier maximum est de 39,4 m3/s, atteint lors de la crue du 26 janvier 1995.
Le cadre climatique et environnemental
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs, Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté. Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11,7 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 000 mm, avec 14,6 jours de précipitations en janvier et 9,2 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de 11,7 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 092,8 mm.
Organisation urbaine et administrative
La commune fait partie de l'aire d'attraction de Coutances, dont elle est la commune-centre. Le transport urbain Cosibus est entré en service le 3 septembre 2018. Depuis le 4 septembre 2023, la ligne 1 est prolongée à certaines heures vers Monthuchon. Le prix d'un voyage est de 0,50 € et un abonnement mensuel coûte 5 €, rechargeable sur la carte de transport régional Atoumod.
Origines et toponymie
Le nom de la ville est attesté sous les formes Cosedia au IVe siècle. Le nom de Cosedia est sous la forme plurielle (plutôt qu'un locatif), Cosediæ sur l'Itinéraire d'Antonin, mais Cosedia sur la Table de Peutinger. Ceci est contesté par René Lepelley pour qui le toponyme gaulois Cosedia a subi l'influence du latin *consedia, déverbal de considere « être assis », le n précédant un s n'étant plus prononcé en bas latin, une réaction savante l'aurait rétabli. Le changement de *consedia en Constantia - de constare « demeurer », « être debout » - correspondrait à une volonté de rendre plus dynamique le nom de la ville, soit « la cité inébranlable ». Le nom des empereurs romains - selon lui, Constance II et Constantin II - n'aurait qu'influencé ce changement du IVe siècle.
Héritage historique et gallo-romain
Chef-lieu du peuple celte des Unelles, la ville de Cosedia prend au IIIe siècle le nom de Constantia sous le règne de l'empereur Constance Chlore auquel on attribue les premières fortifications, en 296, dans le cadre du Litus Saxonicum. En tant que tétrarque entre 292 et 306, Constance Chlore a été chargé du gouvernement des Gaules. La ville, siège du diocèse de Coutances, était également le siège de la légion Prima Flavia Gallicana Constantia. À l'époque gallo-romaine, elle est habitée et traversée par une voie romaine. Au Ier siècle, la ville s'étendait probablement sur plus de 46 hectares, puis son emprise territoriale s'est rétractée progressivement. Le « comté de Coutances » (pagus constantiensis) avec tous ses revenus est donné en 867 aux Bretons à la suite du traité de Compiègne.
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L'époque médiévale et les incursions vikings
En 886, la ville est détruite par les Vikings. En 889, lors d'une nouvelle incursion viking, la ville est à nouveau pillée, et avant que ceux-ci n'avancent sur Saint-Lô, vers 890, ils massacrent ses habitants et l'évêque de Coutances, Lista. Le siège épiscopal est alors transféré à Saint-Lô, puis à Rouen, où les évêques s'installent dans l'église Saint-Sauveur et où ils resteront jusque dans le premier quart du XIe siècle. En 1002, le duc de Normandie Richard II, après avoir aidé le roi des Francs Robert II le Pieux à conquérir la Bretagne, repousse près de Coutances le roi anglo-saxon Æthelred le Malavisé et sollicite l'aide de Scandinaves pour lutter contre le comte de Chartres, Eudes II de Blois. Vers 1026, la cité est donnée en douaire par le duc Richard III en 1026 à sa fiancée la duchesse Adèle de France comme le précise le dotalitium.
De l'essor gothique aux guerres de religion
En 1204, le duché de Normandie est annexé par le roi de France et la cathédrale romane est « habillée » en style gothique normand, sous l'impulsion d'Hugues de Morville (1160-1238) évêque de 1208 à 1238, fondateur également de l'hôtel-Dieu. De nombreuses traces romanes sont en effet dévoilées lors de la visite guidée complète de la cathédrale. La ville eut à souffrir des ravages de la guerre de Cent Ans. En 1355, à la suite du traité de Valognes entre Charles le Mauvais et le roi de France Jean le Bon, qui fait suite et confirme celui de Mantes, le Navarrais conserve le clos du Cotentin avec la ville de Cherbourg, les vicomtés de Carentan, Coutances et Valognes. Après le siège et la prise de Caen en août 1417 par le roi d'Angleterre Henri V, la ville ouvre ses portes aux Anglais en février-mars 1418. Elle a alors pour capitaine Nicole Painel. Les Anglais la conserveront jusqu'en automne 1449 lors du recouvrement de la Normandie, et sa prise au bout de trois jours par le connétable de Richemont avec l'armée royale de Charles VII.
Dès la Renaissance, l'industrie du livre fait prospérer la ville. Au XVIe siècle, alors que la culture du lin est courante dans la région, il se développe à Coutances un important marché textile. En 1487, le roi Charles VIII passe à Coutances. En 1499, Jean Hélye, prêtre et chapelain de la cathédrale, fonde le collège de Coutances, en donnant un manoir proche de l'actuelle rue Saint-Nicolas. En août 1561, des protestants forcent les portes de la cathédrale afin d'y prêcher et commettent en ville de nombreux excès. Pendant les guerres de Religion, le 10 août 1562, la ville est envahie et la cathédrale est pillée par une forte troupe d'Huguenots venus de Saint-Lô, avec à leur tête François de Bricqueville de Colombières, où ils font de nombreux morts et un pillage méthodique du bourg. Ils capturent l'évêque Arthur de Cossé-Brissac, arrivé depuis peu dans son diocèse, le ligote, le hisse à l'envers sur un âne, la queue de l'animal entre les mains, mitré d'une coiffe de papier et recouvert d'un jupon en guise de chape, et l'emmènent à Saint-Lô avec son clergé, obligé de parcourir la ville ainsi où il est injurié. À la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle la ville a pour gouverneur Charles Michel (1678-1712), également seigneur de Camprond, Cambernon, et autres lieux.
Évolutions politiques et contemporaines
En 1789, la ville devient pour quelques années la préfecture de la Manche avant de laisser sa place à Saint-Lô. C'est à Coutances que se tient, cette même année 1789, l'assemblée préliminaire du tiers état afin de désigner le représentant du bailliage de Coutances aux états généraux de 1789 ainsi que l'assemblée des trois ordres du bailliage de Cotentin. Durant la Grande Guerre, Coutances accueille un grand nombre de blessés de guerre, jusqu'à 1 600 pour une population s'élevant alors à 6 500 habitants. C'est également une ville de garnison, notamment pour des militaires belges. Lors du conflit, 226 Coutançais y laissent leur vie. Selon Roger Jouet, il y eut à Coutances 140 morts pour la patrie.
La ville est occupée par les Allemands de 1940 à 1944. En juin 1944, elle est détruite par plusieurs bombardements qui font plus de 300 morts, mais épargnent la cathédrale. Un hold-up retentissant se déroula à la poste de Coutances en janvier 1946. Moins touchée que Saint-Lô, Coutances accueillera provisoirement la préfecture de la Manche pendant plusieurs années. L'architecte chargé de la reconstruction, Louis Arretche (qui s'occupe également de Saint-Malo) s'attachera à lui redonner son âme tout en la dotant des équipements modernes.
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En mars 2008, la liste du maire UMP sortant, Yves Lamy, est élue avec 51 % des voix au second tour contre 30 % pour la liste de l'union de la gauche menée par Christiane Durchon (Les Verts) et 19 % pour la liste centriste d'Étienne Savary (MoDem). En mars 2014, la liste du maire UMP sortant, Yves Lamy, est réélue dès le premier tour avec 55,39 % des voix contre 44,60 % pour la liste de gauche menée par Delphine Fournier. En mars 2020, quatre listes sont en concurrence au premier tour. La liste conduite par Jean-Dominique Bourdin (divers centre) arrive en tête avec 49,07 % des voix, devant Anne Harel (divers droite) avec 26,03 %, Jean-Michel Masson (union de la gauche) avec 19,19 % et Stéphane Lavalley avec 5,71 %. Un second tour est organisé le 28 juin 2020, à l’issue duquel la liste de Jean-Dominique Bourdin l’emporte avec 62,17 % des suffrages contre 19,17 % pour la liste de Jean-Michel Masson et 18,66 % pour celle d’Anne Harel. En mars 2026, cinq listes sont en lice au premier tour. La liste « Unis pour Coutances » menée par Étienne Savary (divers droite) arrive en tête avec 35,10 % des suffrages, devant notamment Christian Savary (20,30 %). À l’issue du second tour, la liste d’Étienne Savary arrive de nouveau en tête et obtient la majorité des sièges au conseil municipal.
Démographie et influences électorales
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Lors du recensement de 2007, l’arrondissement de Coutances enregistre la plus forte hausse de population de la Manche, surtout sur la côte et autour de Coutances. Si la ville de Coutances est en très légère baisse par rapport à 1999 (-0,4 %), des communes comme Blainville-sur-Mer, Gouville-sur-Mer, Pirou ou Saint-Sauveur-Lendelin affichent une hausse de population de plus de 20 % en huit ans. D'autres, comme Quettreville-sur-Sienne, Montmartin-sur-Mer ou Lessay ont connu une hausse comprise entre +10 % et +20 %.
Sur le plan national, lors de la présidentielle 2007, Nicolas Sarkozy (UMP) arrive en tête avec plus de 30 % des voix, Ségolène Royal (PS) arrivant en seconde position. Législative 2007 : Alain Cousin (UMP), député sortant est réélu très largement à la députation avec plus de 60 % des suffrages. Il avait frôlé l'élection dès le 1er tour avec 49 % des votes face à son opposante, Danielle Jourdain-Menninger, qui ne récolte que 18 % à chaque tour. Européenne 2009 : la liste UMP récolte 26 % des suffrages devant la liste Europe écologie qui obtient 20 %. Les socialistes n'obtiennent que 16 %.
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