Acoustique subaquatique en Loire-Atlantique : innovations et préservation des écosystèmes marins face aux chantiers éoliens

Il y a ce qui émerge à la surface de l’eau. Des éoliennes qui culminent à plus de 100 m, des sous-stations électriques imposantes. Et il y a ce qui se joue en profondeur. Des fondations dont les travaux d’installation ne sont pas sans impact sur les écosystèmes marins, notamment sur le volet acoustique. L'océan, loin d'être le "monde du silence" décrit par le commandant Cousteau, est un milieu où le son voyage près de cinq fois plus vite que dans l'air. Dans ce contexte physique particulier, les activités anthropiques liées à la transition énergétique, telles que l'implantation des parcs éoliens offshore, génèrent des perturbations sonores considérables. La Loire-Atlantique se retrouve aujourd'hui au cœur de ces enjeux, associant la nécessité industrielle de développer les énergies marines renouvelables à l'exigence écologique de protéger la biodiversité marine locale.

La vulnérabilité de la faune marine face aux ondes sonores

La propagation des ondes sonores sous l’eau constitue un enjeu majeur pour la faune particulièrement exposée aux ondes sonores qui se propagent. Contrairement à l'atmosphère terrestre où la lumière permet une visibilité à longue distance, le milieu marin est caractérisé par une forte turbidité et une absorption rapide des rayons lumineux. En conséquence, la majorité des organismes marins, des mammifères marins aux poissons en passant par certains invertébrés, dépendent presque exclusivement de l'acoustique pour s'orienter, communiquer, chasser et se reproduire.

Lorsqu'un chantier naval ou d'installation d'éoliennes débute, les vibrations et les bruits impulsionnels générés par le battage des pieux ou le forage pénètrent le milieu aquatique avec une intensité extrême. Pour les cétacés, ces bruits peuvent provoquer des déplacements d'aires de répartition, des désorientations spatiales, des traumatismes auditifs temporaires ou permanents, et dans les cas les plus critiques, la mort par embolie gazeuse lors de remontées trop rapides. Chez les poissons, les vibrations affectent la vessie natatoire et perturbent les signaux de communication essentiels à la survie des populations locales de la façade atlantique.

L'ingénierie nantaise au service de la réduction du bruit sous-marin

Face à ce défi environnemental et réglementaire, les acteurs technologiques de la région de Nantes se mobilisent pour concevoir des solutions d'atténuation à la source. L’entreprise nantaise Sealence a mis au point un système d’atténuation du bruit lors des travaux sous-marins pour l’implantation des parcs éoliens. Cette structure s'inscrit dans un écosystème d'innovation dynamique, étant un marché sur lequel mise la société Sealence, filiale à 100 % de la start-up Greenov incubée à Centrale Nantes (20 salariés au total).

En s'appuyant sur l'expertise académique de Centrale Nantes et sur les compétences en ingénierie navale de la région, ces chercheurs et ingénieurs développent des barrières physiques et acoustiques capables d'absorber l'énergie vibratoire avant qu'elle ne se propage dans la colonne d'eau environnante. Ces technologies visent à créer une rupture par rapport aux méthodes traditionnelles de rideaux de bulles, qui s'avèrent parfois insuffisantes ou complexes à mettre en œuvre par grands fonds ou forts courants marins.

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Le projet Searénité et le Subsea Quieter

Le projet Searénité vise à réduire les bruits sous-marins lors de l’installation d’un parc éolien, notamment pour les fondations jacket des sous-stations électriques, ici celle du parc de Saint-Nazaire. Le projet Searénité vise à réduire les bruits sous-marins lors de l’installation d’un parc éolien, notamment pour les fondations jacket des sous-stations électriques, ici celle du parc de Saint-Nazaire. Les fondations de type "jacket", structures métalliques en treillis fixées au fond de la mer par des pieux, nécessitent des opérations de battage particulièrement bruyantes.

Pour répondre à ce problème spécifique, l’entreprise a mis au point le Subsea Quieter, un dispositif destiné à réduire les bruits sous-marins. Ce système s’inspire de recherches réalisées chez le constructeur naval militaire Naval Group. En transposant des technologies initialement conçues pour la discrétion acoustique des sous-marins militaires vers le secteur civil des énergies renouvelables, Sealence propose une approche innovante. Le Subsea Quieter agit comme un écran isolant et absorbant positionné autour de la zone de forage ou de battage, piégeant les ondes sonores et limitant leur diffusion dans l'océan.

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