L'acquisition d'une arme historique telle que le Mosin Nagant, particulièrement dans sa variante à boîtier octogonal, constitue une démarche passionnante pour tout amateur d'armes de surplus ou de tir sportif. Ce guide synthétise les points techniques, historiques et pratiques indispensables pour aborder cet achat avec discernement, en se basant sur les retours d'expérience de collectionneurs et de tireurs.
Comprendre l'évolution technique : Boîtier octogonal versus boîtier rond
La distinction entre le boîtier octogonal (souvent appelé à tort hexagonal) et le boîtier rond est au cœur des interrogations des collectionneurs. Historiquement, les boîtiers octogonaux correspondent aux fabrications antérieures à 1937-1939. Il est important de noter qu'il n'y a aucune raison pour que la forme extérieure d'un boîtier influe sur le tir. En l'occurrence, il ne s'agit pas du canon, mais de l'extérieur du boîtier, juste avant le tonnerre.
Certains passionnés soulignent que les boîtiers octogonaux présentent des ajustements plus fins et une meilleure finition générale. La fabrication d'un boîtier hexagonal prenait plus de temps, ce qui rentre en parfaite contradiction avec la remarque concernant la grande simplification qu'est le tournage dépourvu de finition. Le boîtier était usiné, poli, éprouvé et bruni. À l'inverse, les modèles produits pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment à partir de 1942, ont souvent été fabriqués à la hâte pour alimenter le front, avec une finition plus sommaire, tant du bois que de la finition des parties métalliques. Cette différence de soin apporté à la production, en corrélation avec le polissage des pièces, explique l'attrait des puristes pour les modèles antérieurs à 1937.
Points de vigilance avant l'acquisition
Lors de l'achat d'une arme de surplus ayant potentiellement subi les affres du terrain, l'inspection physique est primordiale. Il se peut que les rayures du canon soient usées ou l’intérieur oxydé. C'est le principal point à surveiller sur les armes de surplus ayant marché à l'amorce corrosive. Quand ils marquent « modèle sélectionné, intérieur canon belles rayures canon miroir », c'est pas toujours le cas.
Pour le stand, les critères essentiels sont l'état du canon, l'absence de jeu excessif, le maintien du guidon en place, la fluidité de la hausse et la fixation des garnitures. L'idéal est de pouvoir avoir l'arme en main pour l'inspecter. Si vous recherchez une pièce de collection, la concordance des numéros de série (monomatricule) est un élément déterminant pour la valeur et l'authenticité de l'objet.
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Précision et usage au stand de tir
Le Mosin Nagant, bien que rustique, reste une arme capable de performances honorables. Il est à préciser que les boîtiers octogonaux ne seront pas plus précis que les ronds. Les réglages originaux de la visée par les "popofs" sont parfois aléatoires. Toutefois, il suffit tout simplement de régler les instruments : en azimut, le guidon est réglable monté sur queue d'aronde et, en site, la hausse est réglable.
La norme de précision acceptable pour ces armes était de 60x60 cm à 100 mètres, mais c'est le pire qu'on peut avoir. Tenir le 8 de la C200 à 200 mètres est tout à fait réalisable avec une arme de ce type en bon état. Pour optimiser les résultats, le rechargement est une solution privilégiée par de nombreux tireurs, permettant d'adapter la munition aux spécificités de chaque canon.
L'usage à la chasse : prudence et législation
La question de l'utilisation du Mosin Nagant pour la chasse, notamment en battue, soulève des réserves importantes. Le système de visée n'est sûrement pas l'idéal pour du tir de battue. De plus, il faudra bloquer la hausse à 300 mètres. Un autre obstacle majeur réside dans les munitions : les cartouches comprenant un projectile FMJ (Full Metal Jacket) sont interdites à la chasse. Il faudra donc trouver des munitions de chasse spécifiques en calibre 7,62x54R, une quête qui peut s'avérer complexe. Enfin, le poids de l'arme (environ 4 kg avec un canon de 73 cm pour le modèle 91/30) le rend particulièrement lourd et encombrant pour ce type d'activité physique.
Entretien et munitions : la gestion de la corrosion
L'un des défis majeurs du tir au Mosin Nagant est la nature corrosive des amorces des munitions de surplus. Il s'agit d'une sacrée saloperie qui nécessite une rigueur absolue dans l'entretien. Pour nettoyer un canon des sels corrosifs, de nombreux tireurs recommandent un rinçage à l'eau très chaude, parfois additionnée de savon, suivi d'un séchage complet et d'une lubrification à l'huile pour armes. Contrairement à la .22 où l'on finit au WD40, ici, il est préférable d'utiliser une huile dédiée pour protéger le métal après le passage de la brosse.
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