La plongée sous-marine est une activité fascinante qui permet d'explorer des environnements inaccessibles, mais, comme pour toute activité sportive, elle comporte des risques. Il est essentiel de comprendre que le milieu subaquatique impose des lois physiques qui diffèrent de celles sous lesquelles nous avons coutume d’évoluer. En cas d’infraction, ces lois se retournent sévèrement contre l’intrus. La meilleure préparation consiste à suivre une formation rigoureuse, telle que celle proposée par la FFESSM, où vous apprendrez les bonnes pratiques indispensables pour plonger en toute sécurité.
La physique de la plongée et les risques barotraumatiques
Le corps humain comporte des cavités en communication avec l’extérieur. La loi de Mariotte traite de la variation de volume d’une masse gazeuse en fonction de la pression qui s’exerce sur elle. À titre d'exemple, si un plongeur a 4 litres d’air dans ses poumons à 10 mètres de fond, ceux-ci deviendront 8 litres à la surface. Les accidents barotraumatiques sont dus à la différence entre la pression atmosphérique et la pression sous l'eau, plus élevée.
Lors de la descente, si les canaux reliant les sinus aux fosses nasales sont obstrués (par exemple en période de rhume), l'équilibrage des pressions est impossible. Il s'ensuit une dépression interne très douloureuse qui empêche la poursuite de la descente. De même, au niveau de l'oreille moyenne, si la trompe d'Eustache ne permet pas l'équilibrage, une gêne puis une douleur graduelle apparaissent. À l’extrême, la rupture du tympan est possible, ressentie comme un coup de poignard, accompagnée d'un cortège de complications incluant des vertiges dus à l'entrée d'eau froide.
La surpression pulmonaire est l'un des accidents les plus graves. Il survient principalement lors d'une remontée rapide avec un blocage de la respiration. Les gaz présents dans les poumons augmentent de volume, faisant gonfler ces derniers comme des ballons. La distension excessive des alvéoles peut entraîner une déchirure pulmonaire, une hémorragie intrapulmonaire et un risque d'embolie gazeuse artérielle lorsque l'air pénètre dans les vaisseaux sanguins.
L’accident de décompression (AD) : Mécanismes et facteurs
L’air inspiré en profondeur contient beaucoup plus de molécules que celui inspiré en surface. Si l’oxygène est continuellement utilisé par l’organisme, l’azote, lui, est stocké dans le sang et les tissus. Quand la pression externe diminue, lors de la remontée, l’azote accumulé qui ne peut être expiré forme des bulles gazeuses. Ces bulles peuvent obstruer des vaisseaux ou léser les tissus.
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L’accident de décompression (AD) se présente souvent de façon moins immédiate que l'embolie gazeuse, parfois jusqu’à 24 heures après une plongée. Il est catégorisé en deux types :
- Type I (léger) : Affecte principalement les articulations, la peau et les systèmes lymphatiques. On y retrouve des douleurs locales, souvent près des articulations, des démangeaisons ou des éruptions cutanées.
- Type II (grave) : Touche les systèmes d’organes vitaux, notamment le cerveau, la moelle épinière, l’appareil respiratoire et circulatoire.
Parmi les facteurs favorisants, on note l'eau froide, la déshydratation, le stress (travail difficile), l'obésité, l'âge avancé, les plongées répétitives et le vol en avion dans les 12 à 24 heures suivant l'immersion. Certaines malformations cardiaques, telles que le foramen ovale perméable, augmentent également le risque.
Symptômes et diagnostic : La vigilance après la plongée
Les symptômes d’AD se manifestent habituellement peu de temps après une exposition à la pression. Les statistiques indiquent que 40 % surviennent en moins d'une heure, 60 % en moins de trois heures, 95 % en moins de six heures et 99 % en moins de 24 heures. La victime peut facilement négliger certains signes ou les attribuer à la fatigue d'un travail difficile.
Les symptômes d'un AD grave incluent : engourdissement, étourdissements, nausées, troubles de la vision, paralysie, maux de tête sévères, perte de conscience, troubles urinaires, dyspnée et confusion. Une douleur abdominale après une plongée doit être considérée comme un signe potentiellement grave d’atteinte médullaire. Le plongeur doit être surveillé attentivement pendant plusieurs heures après avoir fait surface. En cas de doute, contactez le Centre de médecine de plongée du Québec ou, en France, le DAN Europe au +33 (0)1 45 63 14 07.
Protocoles de premiers secours et chaîne d'alerte
L'accident de plongée est une urgence médicale vraie. La première règle est d’éviter le « sur-accident ». Le plongeur accidenté devra être mis en sécurité ainsi que tous les plongeurs de la palanquée.
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- Oxygénothérapie : Administrer de l’oxygène avec un débit de 15 L/min en respiration spontanée avec un masque facial. Si le plongeur est en détresse respiratoire ou inconscient, l’oxygène doit être administré avec un système insufflateur. Ne pas interrompre l’administration d’oxygène sans avis médical.
- Positionnement : Mettre le plongeur en position latérale de sécurité s'il est inconscient.
- Réhydratation : Faire boire un litre d’eau plate (ou thé chaud) en fractionnant la prise, uniquement si le plongeur est conscient, coopératif et non nauséeux.
- Aspirine : L'administration de 500 mg d’aspirine est optionnelle pour les AD et les barotraumatismes pulmonaires avec signes neurologiques, sous réserve d’absence d’allergie et de troubles de la conscience.
- Réanimation : En cas d’arrêt circulatoire, débuter le massage cardiaque et utiliser un défibrillateur automatisé externe dès que possible.
Procédure d’alerte :* En mer : Contacter le CROSS via le canal 16 (VHF) ou le 196 sur mobile. L’officier recueille les détails sur la localisation, le motif de l’appel et le nombre de victimes pour organiser une régulation médicale.
- À terre : Composer le 15 (SAMU), le 18 (Pompiers) ou le 112 (numéro d’urgence européen).
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