Depuis la sortie de son dernier opus, le monde a bel et bien traversé une période troublante. Confinements, autorisations de sortie, tests, vaccins, gestes barrières, couvre-feu, distanciation sociale ou physique, le ou la COVID-19… Autant de mots dont la résonance a saturé nos quotidiens. Car ces derniers mois, ce sont bien nos libertés qui ont été mises à mal. Par nécessité, certes, mais le fait est que dans nos cultures occidentales modernes, on ne savait pas bien ce que cela voulait dire de ne pas être libre. Cette période a intensifié un désir profond d'évasion, poussant de nombreux esprits à rêver d'avions, de vagues lointaines, de tropiques et d'exploration. Face à cette aspiration collective à l'ailleurs, et en cherchant au fond de soi l'inspiration, la détermination et la force d'avancer tout en pensant à l'après, des publications emblématiques du monde du surf ont ressenti le besoin de se réinventer, offrant ainsi à leur lectorat une nouvelle perspective sur le monde et la passion qu'ils partagent. C'est dans ce contexte de renouveau que le magazine installé à Biarritz a revu sa charte graphique et son contenu éditorial, une refonte visible et pensée pour captiver les lecteurs et développer l'engagement via des offres d'abonnement repensées.
La Révolution de la "Nouvelle Formule" : Une Montée en Gamme Stratégique
L'année a été marquée par une transformation majeure pour la presse spécialisée dans le surf, et "Surf Session" n'a pas fait exception, embrassant un relooking total. Le numéro d’avril et mai, sorti récemment, est celui de la « nouvelle formule », une expression consacrée dans la presse qui signifie bien plus qu'un simple changement d'apparence. Il s'agit d'une métamorphose profonde, visible non seulement dans la charte graphique et le logo, mais aussi dans l'intégralité du contenu éditorial. Cette initiative a été guidée par une volonté de montée en gamme du magazine, désormais fièrement installé à Biarritz, dans le quartier des halles. "La volonté générale de l’équipe, c’est de se détacher des publications de surf classiques pour faire un magazine de société qui s’adresse aux surfeurs", souligne Baptiste Lévrier, qui est aux manettes depuis 2015 et a piloté cette évolution.
Cette ambition de se détacher des formats traditionnels se concrétise par une proposition de valeur accrue pour les lecteurs. Le magazine se veut désormais un objet de collection, "de ceux que l’on préfère garder dans sa bibliothèque plutôt que de le laisser traîner dans la salle d’attente du dentiste", une vision qui témoigne de l'effort qualitatif apporté à chaque page. Malgré cette transformation substantielle et l'amélioration palpable de la qualité, un fait rare dans le secteur, la "nouvelle formule" n'entraîne pas de hausse du prix, restant à 7,50 €. Cette décision stratégique vise à rendre le magazine encore plus accessible et attractif, notamment pour encourager de nouveaux abonnements et fidéliser la clientèle existante, en offrant un produit de meilleure qualité sans répercuter les coûts supplémentaires sur le consommateur final.
Au-delà de l'Action Pure : Une Vision Sociétale Profonde du Surf
Pour l'équipe de "Surf Session", cette refonte éditoriale représente un pas de côté audacieux "par rapport au surf frontal et à l’action pure". Il ne s'agit plus de se limiter aux clichés des performances athlétiques ou des destinations exotiques vues et revues. L'approche est désormais de "proposer des reportages plus anglés, des personnages décalés et des photographies moins conventionnelles", enrichissant l'expérience de lecture et offrant une profondeur narrative inédite. En résumé, cette nouvelle orientation marque une rupture avec l'idée d'un "énième sujet sur le trip d’un surfeur pro aux Mentawai", pour explorer des facettes moins connues et plus humaines du monde du surf.
À titre d’exemple, le dernier numéro illustre parfaitement cette ligne éditoriale novatrice. On peut y découvrir un reportage émouvant réalisé en Colombie, qui explore le rôle thérapeutique du surf auprès de jeunes au passé violent, offrant une perspective sur la rédemption et la reconstruction par le sport. Un autre récit photographique plonge le lecteur au cœur de la Surf Church, une église protestante singulière basée à Hossegor, présentant son pasteur-surfeur et l'intégration inattendue de bibles aux côtés de la wax. Ces sujets témoignent de la volonté d'élargir le champ d'exploration du magazine, transformant "Surf Session" en un véritable magazine de société qui utilise le surf comme prisme pour aborder des questions culturelles, sociales et spirituelles plus larges. Cette diversité de contenu vise à captiver un public plus vaste, allant des puristes du surf aux lecteurs intéressés par des histoires humaines profondes et des approches originales de la vie.
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L'Équipe et le Rythme de Parution : Des Choix pour une Qualité Accentuée
Derrière cette ambitieuse "nouvelle formule" se trouve une équipe dévouée, bien que compacte, reposant sur un effectif de cinq personnes. Parmi elles, deux journalistes assurent la coordination et la production du contenu. Leur rôle est polyvalent, prenant en charge pêle-mêle les réseaux sociaux, le site Internet et, bien sûr, la rédaction et la conception des magazines. Cependant, l'enrichissement éditorial et la profondeur des reportages s'appuient également sur un vaste réseau de "collaborateurs externes", qu'il s'agisse de rédacteurs ou de photographes, qui interviennent ponctuellement dans les numéros, apportant leur expertise et leur regard unique.
Avec cette version renouvelée, le rythme de parution a été revu à la baisse. Le magazine passe ainsi de neuf à six numéros par an. Cette décision, loin d'être un signe de recul, s'inscrit dans la logique d'une montée en gamme et d'une recherche de qualité supérieure. "Mais les numéros sont plus gros, environ 140 pages", précise Baptiste Lévrier, justifiant ainsi ce choix. Moins de numéros, mais plus de substance, c'est la promesse faite aux lecteurs et aux abonnés. Cette augmentation du volume par numéro permet d'accorder plus d'espace aux reportages approfondis, aux portfolios photographiques et aux récits engagés, offrant une expérience de lecture plus riche et immersive. Il est important de noter que certains éléments de l'offre éditoriale conservent leur fréquence habituelle. Les hors-séries, par exemple, gardent le même rythme de parution. De même, les deux « Surf Session Mademoiselle » annuels, qui constituent un volet essentiel de la stratégie éditoriale, maintiennent leur fréquence, offrant une continuité bienvenue à leurs lecteurs fidèles.
Stratégie Économique et Objectifs d'Abonnements : La Pérennisation par la Valeur
Avec un tirage actuel de 35 000 exemplaires, "Surf Session" nourrit l'espoir évident d'augmenter ses ventes grâce à ce relooking significatif. Au-delà de la simple vente en kiosque, l'un des objectifs primordiaux de cette "nouvelle formule" est de consolider la base d'abonnés et d'en attirer de nouveaux. "La nouvelle formule est aussi là pour stabiliser, voire développer les ventes et les abonnements", confirme Luc Domenjo, un acteur clé de cette transformation. Cette démarche est d'autant plus audacieuse qu'elle s'accompagne d'un engagement fort : "Mais on n’a pas voulu augmenter le prix, même si on livre un objet de meilleure qualité. Il y a des moments où il faut prendre des risques." Cette prise de risque calculée vise à démontrer la valeur intrinsèque du nouveau produit, convainquant les lecteurs que l'investissement dans un abonnement représente un avantage incontestable, offrant un contenu enrichi et une qualité de fabrication supérieure, le tout à un tarif stable.
La pérennisation de la publication passe inévitablement par une stratégie de diversification. Pour garder la tête hors de l'eau dans un marché des médias en constante mutation, le titre verse également dans l'édition, produisant des ouvrages liés au monde du surf, et dans la production de contenu vidéo. Cette diversification est pensée comme un "écosystème 'Surf Session'", comme l'explique Luc Domenjo, où les différentes activités se complètent et se renforcent mutuellement. L'importance croissante de l'image animée est également prise en compte : "La vidéo prend de plus en plus de place dans notre activité. On en fait notamment pour des clients de l’industrie du surf", ajoute Baptiste Lévrier. Cette expansion dans le domaine de la vidéo permet non seulement de toucher un public plus large via différents canaux, mais aussi de créer de nouvelles sources de revenus, essentielles pour la vitalité financière du groupe. Ces initiatives multicanaux visent à offrir une expérience complète et immersive autour de la culture surf, rendant l'abonnement à l'écosystème "Surf Session" encore plus pertinent et attractif.
Un Retour aux Sources et une Nouvelle Dynamique d'Entreprise : Le Socle de la Renaissance
L'entreprise a connu une recomposition d'actionnaires qui fait suite à une relocalisation stratégique dans sa ville d'origine. Cette décision a été le fruit d'une vision claire dès la reprise du magazine. "Quand on a repris 'Surf Session' en 2015, les deux objectifs majeurs étaient de redonner de l’oxygène à ce titre car la société était au bord de la faillite et le deuxième objectif était de revenir à Biarritz", explique Benjamin Gufflet, PDG du groupe OSR. Ce retour aux sources n'était pas qu'une simple question de logistique ; c'était un "juste retour aux sources pour ce magazine lancé en 1986 par Gibus de Soultrait et Pierre-Bernard Gascogne dans cette ville". Installée au-dessus du restaurant d’Imanol Harrinordoquy, Les Contrebandiers, l'entreprise a pu réunir ses diverses activités dans ses nouveaux bureaux, créant un pôle de synergie où elle compte prospérer.
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La société est redevenue rentable depuis cette reprise, dégageant un chiffre d’affaires d'un million d'euros. Cette réussite est notablement attribuée aux synergies mises en place avec les autres marques du groupe, à savoir "Surf Report" et "Beachbrother", qui contribuent à un écosystème médiatique robuste dans les sports extrêmes. Benjamin Gufflet se félicite : "Les perspectives du groupe sont très bonnes et de nombreux investisseurs frappent à la porte", témoignant de la confiance renouvelée dans le potentiel de ces titres. Il précise toutefois que Bruno Ledoux ne fait plus partie de l'aventure depuis son départ début 2019. Les deux associés, Benjamin Gufflet et Bruno Ledoux, avaient travaillé trois ans ensemble avant de décider d'emprunter des routes différentes, chacun se reconcentrant sur ses propres activités : l'un sur les médias plus généralistes et les télévisions locales, l'autre, Gufflet, sur les médias dédiés aux sports extrêmes. Pour le patron d'OSR, les sports extrêmes représentent un secteur "très attractif et innovant avec des possibilités de développement pour les médias, comme le sien, qui s’y consacrent", renforçant l'optimisme quant à l'avenir de "Surf Session" et de l'ensemble de son offre.
Le Phénomène "Surf Session Mademoiselle" : Contenu, Engagement et Attractivité de l'Abonnement
Dans cet écosystème revigoré, "Surf Session Mademoiselle" occupe une place de choix, incarnant parfaitement la nouvelle philosophie éditoriale. "Tout change pour le premier Surf Session Mademoiselle de l’année !", annonce avec enthousiasme l'équipe, soulignant l'importance de ce titre spécialisé qui s'inscrit dans la lignée de la montée en gamme et de l'approfondissement des sujets. Ces deux numéros annuels, qui ont conservé leur fréquence de parution, sont une vitrine de la vision élargie du surf, axée sur des récits humains, des engagements profonds et des figures inspirantes. Les lecteurs sont invités à partager leurs impressions avec impatience, signe de l'attente générée par ces publications.
Le contenu de "Surf Session Mademoiselle" est résolument tourné vers des portraits de surfeuses d'exception et des reportages inédits. On y découvre, par exemple, l'histoire d'une surfeuse de 19 ans qui a passé quatre mois sur la côte australienne, un récit d'évasion et de perfectionnement. Le magazine met également en lumière des collectifs inspirants, comme cette "équipe de jeunes surfeuses [qui] ne lâche rien et surfe toute l’année dans les eaux glaciales du Canada", des femmes "MOTIVÉES !" par "L’émulation, le plaisir de se retrouver et de surfer, la satisfaction d’avoir affronté les éléments". Ces récits, loin des clichés, célèbrent la détermination, la camaraderie et la force face aux éléments.
Un volet important de "Mademoiselle" est dédié aux "PORTRAITS SURFEUSES ET ENGAGÉES". Ces pages donnent la parole à "cinq femmes [qui] affirment leur choix et tentent de partager leurs convictions". Il ne s'agit pas d'un "opportunisme écologique" de façade, mais bien d'"engagements au quotidien pour tenter de faire bouger les choses", illustrant comment le surf peut être un vecteur de conscience et d'action. Le magazine n'oublie pas les étoiles montantes du sport, comme "SOLEIL ERRICO L’ETOILE MONTANTE DU LONGBOARD", présentée comme "la championne du monde de longboard en titre" - un nom que certains pourraient encore ignorer, mais qui mérite d'être découvert. Enfin, les lecteurs sont transportés à travers des portfolios saisissants, tel le "PORTFOLIO BALI 100 % ACTION", où "Les surfeuses de la team Rip Curl ont pris le pouvoir sur les spots balinais pour faire étal de tout leur talent", offrant un aperçu dynamique et visuellement puissant de l'action féminine sur les vagues les plus célèbres. Ces contenus variés et de haute qualité font de "Surf Session Mademoiselle" un complément indispensable à l'offre principale, s'inscrivant pleinement dans la volonté de proposer un "magazine de société qui s’adresse aux surfeurs", avec un accent particulier sur les narratives et les héroïnes du surf féminin.
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