L'appel de l'océan : genèse d'une passion
Nos ancêtres navigateurs sont à l’origine de notre passion de voile. Parmi les membres du forum voile, certains ont une vaste expérience maritime. Ils pourront alors indiquer et commenter les différentes expériences, et tout ce qui peut être profitable pour les nouveaux passionnés. Transmettre à la communauté toutes les coordonnées des récits de navigateurs est une démarche essentielle pour ceux qui envisagent de quitter la terre ferme. C’est l’histoire d’un mec… qui a fait, selon la légende, le premier tour du monde en solitaire sur un voilier. Son bateau, « le Spray », un sloop de 11.20 mètres, construit par Joshua Slocum d’après un modèle d’ancien dragueur d’huîtres de la côte nord des E.U., un bau de 4.32m, un creux de 1.27m et un tonnage brut de 12 t. Le personnage : un marin qui a déjà derrière lui une vaste expérience de la navigation sur un bon nombre de grands voiliers de pêche et de commerce, qui a vécu diverses fortunes de mer et fortunes sentimentales. Il entame son tour du monde à l’âge de 51 ans. Le récit : L’illustrateur Léon Haffner disait de lui « Le récit de Slocum est d’une richesse d’évocation extraordinaire. Chaque page suscite immédiatement une image ». Son tour du monde durera un peu moins de 3 ans et couvrira 46000 milles. Le récit a été publié par différents éditeurs. Un récit à lire absolument avant de commencer la moindre navigation !
Le projet familial : de l'envie à la réalité
Après 1 année en tant que parents et les premières vacances à trois, cette envie de nomadisme et de vie simple nous a poussé a réfléchir au moyen de transport idéal, d'ici 4 a 6 ans, avec 2 enfants. Pourtant ni elle ni moi n’avons jamais mis les pieds sur un voilier. Depuis notre retour de vacances je me renseigne donc sur ce mode de transport / mode de vie. Je lis et je regarde tous ces récits de famille partis faire un tour du monde ou plus modestement une boucle autour de l’atlantique. Ces histoires font bien souvent rêver, et peuvent même paraitre assez simple. Mais en creusant un peu, je comprends que si souvent tout parait simple c’est parce que les équipages sont souvent expérimentés ! Monsieur et/ou madame est souvent voileux depuis sont plus jeune age, voir même skipper pro. Aussi je cherche à m’inspirer de gens qui auraient franchi le pas de tout quitter pour aller vivre sur un bateau, apprendre a naviguer et qui se seraient ensuite lancé dans le grand bain. Je ne cherche ni encouragement, ni découragement, uniquement des récits a lire pour m’inspirer, pour appréhender les joies et les peines de ce genre d’aventure. Je ne connais pas la mer mais connais bien la montagne, et je sais que sur l’un comme sur l’autre il faut savoir rester humble. On ne fait pas le Mont Blanc lors de sa première randonnée tout comme on ne part pas pour une transat après 3 heures de bateau.
Préparer le départ : formation et équipement
Nous avons préparé ce projet pendant 5 ans. Nous n’étions absolument pas des navigateurs alors nous nous sommes formés sur le Lac Léman avec Alain de Léman sur Mer et avons passé notre permis voile Lac théorique et pratique. Puis nous avons commencé à nous former au permis hauturier avec le CCS Lémanique. Nous avons eu une première expérience de navigation de nuit avec Explora Project à Marseille, nous avons fait le tour de l’île de Batz avec Damien Cloarec ou encore une croisière moteur avec le CCS autours de l’île de Porquerolles. Après avoir touché à plusieurs bateaux, nous avons réalisé la plupart de nos Milles sur notre catamaran, toujours accompagnés d’un skippeur pour nous former le mieux possible. À l’été 2024, nous obtenons notre permis hauturier, avec 1000 Milles Nautiques au compteur ! Si vous aimez la mer et/ou la montagne, alors notre histoire va vous plaire ! Nous avons choisi un catamaran pour la stabilité et le confort du voyage au long cours. Il s’appelle Aitayama, qui signifie « papa et maman » en basque. C’est un BALI 4.2 du chantier CATANA. Le 18 septembre 2024, nous avons quitté Port Ginesta (Barcelone), la marina où nous avons préparé le bateau pendant deux ans.
Vivre au rythme des éléments
Les différents modèles météorologiques s’accordent, ce soir nous hisserons les voiles. Cap sur Mallorca ! À 17h tapantes, nous lançons notre dernier appel radio au Port pour annoncer notre départ. En retour, les marineros nous lancent un « Buona Proa ! » qui me prend à la gorge ! Les premiers instants, la peur de réaliser notre première traversée de 18 heures se mêle au bonheur et à la fierté d’avoir osé. Les heures se suivent et nous respectons religieusement nos quarts de nuit jusqu’aux premières lueurs du jour. Vers 9:30, nous arrivons au mouillage de Soller. Puis nous avons hissé les voiles vers Pollença qui se trouve à l’extrémité Nord de l’île. Minorca c’est le paradis de la randonnée et des plages secrètes. C’est probablement l’île la plus sauvage de l’archipel des Baléares. Nous avons rejoint cette île à la voile en surveillant du coin de l’œil les gros nuages gris qui se formaient derrière nous. Nous nous sommes fait piéger par la météo à la Cala en Porter où nous n’avons pas pu descendre à terre pendant 30 heures.
L'éducation et la vie à bord en famille
Cet article relate une aventure en famille en 2024. Léo (8 ans), Gaspard (6 ans), Tanguy (4 ans), Pauline (2 ans) et leurs parents, Marion et Nico (35 ans) découvrent le monde sur leur bateau à voiles. Ils rapportent dans leurs bagages de somptueuses images et beaucoup d’expériences dont ils ont décidé de faire profiter tous les enfants. Un tour du monde sur un voilier, ça vous dit ? Toujours partants ? Oui et bien vous avez raison ! Je suis Vanessa Pol, fondatrice des Editions Zanzibook. Je fais voyager les enfants de 3 à 10 ans avec des livres numériques, interactifs et éducatifs et très largement inspiré de mes propres voyages. Comment avez-vous préparé ce voyage avec vos enfants ? Le grand était très excité de découvrir le monde. Pour Lola, cela a été plus difficile parce que nous sortions de la normalité, à 6 ans on n’aime pas ça ! On les inscrit au CNED, ils travaillent tous les matins et on fait en sorte de naviguer régulièrement avec d’autres familles afin que les enfants aient des amis. On pense qu’il va falloir poster les évaluations au CNED vers la France, donc planifier les envois. On devient chef cuisinier, boulanger et pêcheur. Fabrication du pain au quotidien, brioches, biscuits, gâteaux, pizzas…. L’avantage d’un voyage à la voile, c’est la pêche. Je suis une fan absolue. C’est une immense jouissance que de servir du poisson frais à sa famille alors que nous sommes au milieu de nulle part.
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La sécurité et les soins en milieu isolé
Nous avons, avec mon mari, fait un stage d’Apprentissage aux Techniques Médicales en Situation d’Isolement. Nous avons appris à suturer, à plâtrer, à comprendre la posologie des médicaments et dans quel cas les utiliser. Nous n’avons jamais eu besoin de mettre en pratique cette formation. Comment occupiez-vous les enfants ? Comment faisiez-vous pour l’école ? Les occuper c’est surtout pendant les traversées que la question se pose. Selon l’état de la mer, activité manuelle, lecture, jeu de cartes, films… Ils participent beaucoup à la vie à bord, font le ménage, cuisinent… Pour l’école le grand était autonome, pour la plus jeune je lui ai appris à lire et à écrire selon la méthode du CNED, on travaillait 3h par jour ! Un élève seul travaille extrêmement vite et mémorise très bien. Avez-vous utilisé des accessoires de voyage ou du matériel spécial pour les plus jeunes ? Sur un bateau on se bat toujours contre la surcharge de poids. Parce que trop de poids fait ralentir le navire et pendant les longues traversées on est bien heureux d’avancer assez vite.
Les défis du long cours : la réalité derrière l'image
« Cela peut être très excitant de fuir la société pour faire quelque chose de différent. Mon père, en naviguant sur son voilier, était incroyablement libre… », commence Suzanne Heywood, 56 ans, depuis sa maison de campagne anglaise. Partir, tout plaquer, pour vivre ses rêves, son père l’a fait en embarquant toute sa famille. Le périple autour du monde censé durer trois ans s’est même transformé en dix années de vie nomade ! « En tant qu’enfant, j’étais emprisonnée. Je n’avais pas le choix de décider où aller, ni la possibilité de construire des amitiés, ni d’aller à l’école », poursuit celle qui est aujourd’hui une femme d’affaires à responsabilité. Les conditions météo rugueuses mettent à l’épreuve les talents de (bon) marin de Gordon Cook. Malgré un compas brisé, ils arrivent avec joie et curiosité sur Tristan da Cunha. Cet archipel britannique de l’Atlantique Sud, sans aéroport, est réputé être l’endroit habité le plus isolé de la Terre. Puis les Cook voguent vers Le Cap, en Afrique du Sud, avant de prendre la direction de l’Australie. La famille avance dans les « quarantièmes rugissants », au sud de l’océan Indien. Les conditions météo sont particulièrement mauvaises pendant plusieurs jours. Une terrible tempête les frappe. Dantesque.
L'autonomie et la logistique du navigateur
Dajana et Ivo ont osé. Depuis septembre 2018, ils font le Tour du Monde en voilier sans date retour, au gré des vents et des envies. J’ai voulu en savoir davantage sur leur parcours et leur état d’esprit après 2 ans de navigation. La préparation de notre voyage prendra presque quatre ans : apprendre à naviguer, trouver un bateau, le préparer, liquider ses biens et régler les obligations familiales. Optez pour la location de voilier avant de jeter définitivement les amarres ! Les chemins des « tourdumondistes » en bateau se ressemblent beaucoup. Non pas par manque d’inspiration, mais à cause des vents, des courants et de la sécurité. Pour nous, ça sera les Canaries, le Cap Vert, les Petites Antilles, les îles Aruba-Bonaire-Curaçao, Colombie, Panama, Polynésie française, les îles du Pacifique, la Nouvelle Zélande et l’Australie. Plus nous avançons dans notre voyage et plus nous nous rendons compte que prévoir un parcours précis avec des dates précises ne sert à rien. Un voilier est contraint aux aléas de la météo et des réparations perpétuelles. De plus, la pandémie du covid chamboule tout. Nous avons adopté un style de voyage lent : visiter moins mais mieux. Devenir nomade des mers demande tout d’abord de régler les aspects administratifs : domicile, banque, assurances, impôts, abonnements. Ce n’est pas aussi simple d’être des « SDF » aux yeux de la loi ! Ensuite, il y a la préparation du bateau à la navigation au long court. Un voilier est une maison flottante au milieu des océans. Elle doit être capable de fournir suffisamment d’électricité, de stocker du gaz, de l’eau et de nourriture, de pièces détachées et de barrer toute seule.
L'entretien, le budget et la philosophie du voyage
Finalement, il y a la préparation de l’équipage. Des pays comme la France, la Belgique ou les Pays Bas n’exigent aucun permis de navigation. La Suisse par contre, demande un permis mer (hauturier) et une licence radio VHF. Pour notre part, comme nous n’avions aucune connaissance de navigation, nous avons passé le permis mer, complété par des cours d’électricité, de moteur diesel et de médecine à bord. Voyager en voilier demande une autonomie énergétique. Cela veut dire avoir des panneaux solaires et un parc de batteries suffisant pour stocker l’énergie. Dans les récits de voyage et sur les chaînes YouTube, tout a l’air tellement paradisiaque ! Au cours de notre voyage, nous avons découvert la face cachée de la vie sur un voilier. Premièrement, nous sommes sans arrêt en train de réparer quelque chose. Pas étonnant, car un voilier subit sans cesse des agressions : vent, pluie, sel, humidité, soleil et rayons UV, secousses. Nous vivons dans un atelier de réparation flottant. Deuxièmement, nous étions surpris du budget qu’il faut consacrer à l’entretien et aux réparations. Tout coûte vite cher. En contrepartie, la récompense est énorme. Découvrir de nouveaux pays et de nouvelles saveurs, des paysages sublimes, faire des rencontres inoubliables.
Les contraintes de la navigation au long cours
On part souvent avec une idée en tête : en voir le plus possible ! Or, un voilier est un moyen de locomotion très lent ayant une vitesse moyenne de 5 nœuds (9,2 km/h). Rien que la traversée de l’Atlantique au départ du continent européen prend un mois. Il faut donc bien souvent revoir ses ambitions d’escales et de visites à la baisse. Les imprévus en voilier sont nombreux, surtout à cause de la météo et des réparations qui dictent le rythme du voyage. De plus, les océans connaissent aussi des saisons. Ils ne sont pas praticables toute l’année. Notre philosophie est de voyager lentement et de profiter des escales. Nous sommes restés 10 mois aux Canaries et visiterons les Caraïbes pendant un an et demi. Au total, nous avons passé presque 7% du temps de notre voyage en navigation. Cela correspond en moyenne à une heure et demie de navigation tous les jours. La lenteur, la météo, les vents, les réparations, les mouillages et le roulis sont les constantes de ce mode de vie. Si dans un couple, l’un des deux subit cette façon de vivre car c’est le rêve de l’autre, le voyage ne dure généralement pas longtemps. Et pour le manque d’espace, on s’adapte. Notre vie moderne à terre était remplie de frustrations. Pour les combler, nous achetions des choses inutiles. Sur le bateau, pas de frustration et par conséquent pas d’achat compulsif. Notre voyage est entièrement financé par nos économies. Finalement, le voilier est le plus gourmand. Nous menons une vie sans folies, renonçons à certaines visites payantes, n’allons au restaurant que rarement. Prévoir une cagnotte annuelle pour les réparations imprévues et le remplacement d’équipement est nécessaire. Au départ, nous avons envisagé d’accueillir de temps à autre des gens à bord pour renflouer un peu la caisse. Cependant, donner rendez-vous à une certaine date est très compliqué et risqué quand on voyage en voilier car la météo reste imprévisible. Les rêves, le budget et la formation sont les trois piliers pour ceux qui souhaitent passer le cap. Probablement de ne pas avoir réalisé vos rêves. Le temps passe vite et la vie est courte. Ne partez pas avec un budget trop serré. Un voilier est un gros gourmand. Préparez-vous pour le grand départ en suivant des formations. Suivez des stages de navigation, un cours d’électricité, un cours de moteur diesel. Cela vous évitera de faire des erreurs, casser le matériel et piocher dans votre budget pour les réparations.
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