L'Odyssée Familiale en Voilier : Préparer un Voyage de Long Cours en Mer

Lorsque l’on nourrit une passion si intense pour le bateau à voile, pouvoir la partager avec sa famille constitue le plus précieux des cadeaux. L'appel du large, une fois ressenti, devient souvent un frisson essentiel pour tous les membres du foyer. Plus qu’une simple croisière ou des vacances éphémères, se lancer dans un long voyage en bateau, sillonnant les îles et les pays du monde entier, représente un véritable défi de vie. C'est l'opportunité de se réveiller chaque matin dans une cabine baignée de la lumière du soleil, avant de se retrouver sur le pont pour le petit-déjeuner. C'est transmettre son expérience à ses enfants pour former un équipage idéal, où chacun peut être le skipper d’un jour et le chef cuisinier du lendemain. C'est découvrir le monde et tous ses secrets ensemble, naviguer nuit et jour, traverser les océans au son de la voile poussée par le vent, et faire de la mer son nouvel élément. Ce mode de vie invite à s’essayer au kite surf, à la plongée sous-marine, au snorkeling, et à se créer de nouvelles passions.

Cette idée de partir vivre en mer avec ses enfants est une promesse d'aventure, de liberté retrouvée et de temps enfin partagé. Pas à pas, ce projet peut pourtant se transformer en une évidence, une trajectoire joyeuse et maîtrisée. Il faut cependant poser les bonnes questions dès le départ, éviter les écueils classiques et construire un cap qui tienne dans la durée. Quitter la terre ferme pour une parenthèse en mer est bien plus qu'un simple voyage ; c'est une aventure de vie, une transition profonde, souvent rêvée, mais toujours exigeante. Derrière les images d'Épinal, montrant des enfants pieds nus sur le pont et des apéros face au coucher du soleil, se cachent de nombreuses décisions à prendre, des doutes à apprivoiser et des étapes cruciales à franchir pour que le rêve puisse se concrétiser pleinement.

L'Appel du Large en Famille : Quand le Rêve Devient un Projet de Vie

Le désir de voyager au long cours en voilier en famille naît souvent d'une inspiration profonde. Il peut germer à travers des lectures, des films, des blogs, ou des articles relatant les expériences d'autres familles ayant osé cette aventure. Puis, inévitablement, la grande question se pose : « Pourquoi pas nous ? ». Pour les DaCaLuF - David, Camille (les parents), Lucile (14 ans) et Félix (12 ans) -, le virus du voyage au long cours a été attrapé il y a quelques années, se manifestant d'abord par trois ans d’aventures en camion 4x4 à travers l’Amérique du Sud, l’Afrique et le Moyen-Orient entre 2013 et 2016. C’est avec cette expérience que la famille s'est lancée dans un tour des Caraïbes à la voile. Tous les membres de cette famille sont des fans de sports nautiques, comme le kitesurf, le windsurf ou le snorkeling, et l'idée d'habiter sur l'eau leur promettait d'augmenter encore leurs chances de pratiquer leurs activités favorites.

L'histoire de Christophe, 43 ans, et Audrey, avec leurs quatre enfants âgés de 6, 9, 11 et 13 ans au moment de la décision, illustre également cette puissante motivation. Après avoir vécu près de 15 ans d'expatriations, dont 9 ans en Afrique, au Gabon et au Cameroun, les conditions de vie étaient devenues difficiles en 2021 au Cameroun, en raison d’un conflit latent entre communautés. C'est alors qu'un déclic s'est produit pour Christophe en lisant qu'à l'âge de 12 ans, les enfants ont déjà passé les trois-quarts du temps qu’ils vont passer dans leur vie avec leurs parents. L’idée d’un long voyage n’était pas nouvelle pour eux, mais elle avait toujours été repoussée, attendant que le plus grand ou le plus jeune atteigne un certain âge. Ils se sont accordés une semaine de vacances pour prendre une décision claire et, en seulement 48 heures, ils ont décidé de faire une pause de deux ou trois ans, avec l'intention de revenir par la suite. Tout est allé très vite : Christophe a annoncé son départ à son chef, et moins de trois semaines plus tard, ils quittaient le pays pour la France. Une semaine après, ils signaient un bon de commande pour un moyen de transport audacieux et engageant : un voilier. Ironiquement, ils partiraient voyager en voilier sans en avoir jamais fait auparavant, ni l’un ni l’autre. Audrey n'était pas entièrement convaincue au début, mais la difficulté de louer un camping-car pour une année, idée initialement envisagée en plein contexte de la pandémie de Covid-19 en 2021, a orienté leur choix.

La Préparation du Navire : Le Voilier, Nouvelle Maison Flottante

Pour que le rêve de naviguer en famille devienne une réalité confortable et sécurisée, la préparation du voilier est une étape primordiale et souvent exigeante. L'exemple du voilier "Mahina" est éloquent : il nécessitait un rafraîchissement et un carénage, une tâche qui a occupé la famille durant le mois d'août 2020. Pour que "Mahina" soit un bon bateau de croisière, des améliorations substantielles ont été entreprises. Il a fallu changer la Grand-Voile et installer un lazy bag, remplacer l'enrouleur de génois et rénover le génois. L'installation d'un pilote automatique a été essentielle pour faciliter les navigations. Pour le confort à l'escale, un Bimini a été ajouté, et pour l'autonomie énergétique, un portique avec des panneaux solaires a été mis en place. L'électronique a été entièrement revue et des batteries supplémentaires ont été installées. Pour le confort de l'équipage, certains matelas ont été changés, et dans une optique d'optimisation de l'espace, le deuxième WC a été retiré pour transformer cet espace en établi et en réserve d'épicerie. Des taquets centraux ont été rajoutés pour améliorer l'amarrage.

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Les DaCaLuF ont quant à eux acheté un catamaran, un « Lagoon 380 », six mois avant le grand départ. Leur expérience nautique se résumait à quelques semaines de cours de voile et à la location de voiliers avec des amis plus expérimentés. Ils l’avouent, au final, ils n'y connaissaient pas grand-chose avant d'acquérir leur voilier. Toutefois, en naviguant tous les week-ends avec famille et amis, souvent plus experts en voile, ils ont progressivement accumulé de l'expérience, apprivoisant ainsi leur nouvelle maison flottante. Cette démarche de formation progressive est une constante parmi les familles rencontrées en voyage.

Il est crucial que l'équipement du bateau soit adapté à l’âge des enfants, au type de bateau et à la saison. Que ce soit pour les îles méditerranéennes ou des destinations plus exotiques comme les Caraïbes, une croisière en voilier en famille requiert des préparatifs différents selon la zone de navigation et le niveau de sécurité souhaité. Pour les tout-petits, un voilier est particulièrement bien adapté lorsqu'il est équipé de zones ombragées et de sièges confortables. Outre les rehausseurs en plastique avec ceinture, les sièges marins suspendus ou les porte-bébés à sangles sont très utiles pour naviguer avec un bébé, ainsi que pour son sommeil. Il est également un point particulièrement important sur un voilier : les enfants ou les bébés doivent toujours disposer d’un espace de sommeil sécurisé.

L'Organisation à Terre : Quitter le Sédentarisme pour l'Aventure

Avant de lever l'ancre pour une aventure de six mois ou plus, une longue liste de choses doit être accomplie à terre. Cette phase de transition est cruciale pour assurer une sérénité maximale une fois en mer. Les travaux pour améliorer, embellir et rénover la maison et le jardin sont souvent nécessaires. Il faut ensuite trier par le vide, se débarrassant de tout ce qui est superflu par la vente ou le don des objets et vêtements. Pour les animaux de compagnie, il faut trouver des adoptants temporaires. Les voitures doivent être vendues ou stockées, et la maison peut être mise en location meublée pour générer un revenu.

Sur le plan personnel, un check-up médical complet pour chaque membre de la famille est impératif. Il faut résilier les abonnements et les assurances superflues avant de quitter ses emplois. L'organisation de l'Instruction En Famille (IEF) est une étape majeure, nécessitant souvent une planification pédagogique détaillée. Il est également essentiel de refaire les papiers d'identité périmés ou perdus et de limiter le courrier au maximum. Enfin, il y a le moment émouvant de dire au revoir aux copains et à la famille. Sur le plan pratique, prendre une assurance Monde pour toute la famille et le voilier est indispensable, de même que s'assurer de disposer d'une ou plusieurs cartes bleues fonctionnant dans tous les pays prévus.

Certaines considérations peuvent sembler anecdotiques mais sont importantes pour les familles. Par exemple, avoir un chat sur un voilier est tout à fait possible et même super chouette. Il faudra juste lui apprendre à remonter sur le bateau s'il tombe à l'eau, mais il aura ensuite plein de cachettes, de la nourriture et des câlins à gogo.

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Du point de vue financier, l'organisation est également spécifique. Les DaCaLuF ont fait en sorte d’économiser pour leurs voyages et, pour le moment, ils dépensent. Ils notent au passage qu'on dépense beaucoup moins en voyageant qu’en étant sédentaire avec une maison, une voiture. Le catamaran représente pour eux de l’argent « immobilisé » pour le temps du voyage ; dès leur retour en Guadeloupe, il sera mis en vente, avec l'espoir qu’une autre famille reparte à l’aventure avec. Le grand stress et la grande question que tout le monde se pose tournent autour de ce fameux budget : les économies sont-elles suffisantes pour partir voyager au long cours ? Au final, comme en véhicule, en bateau, tous les budgets voyagent. L'essentiel est l'envie de voyager, avec cette motivation, le reste suivra. Comme le dit si bien la grand-mère des DaCaLuF : « on fait de la soupe avec ce qu’on a ! », il s'agit d'adapter son voyage à son budget. Certaines destinations sont très chères, d’autres beaucoup moins. Dans les Caraïbes, par exemple, il est possible d'éviter les marinas coûteuses en préférant mouiller l'ancre devant de jolies îles.

Audrey, lors de leur premier grand voyage, a saisi l'opportunité de monter un business et de débuter une aventure entrepreneuriale. Ce n’était pas une évidence, car il a fallu attendre de longs mois avant qu’ils n’aient internet à bord, rendant le lancement difficile. Christophe l’a soutenue en gérant davantage la logistique, les enfants et l'école. Ils n'attendaient pas grand-chose de cette expérience, mais Audrey y prenait plaisir, et l'idée était de voir si cela pouvait aboutir à quelque chose.

L'Éducation en Mer : Une École de Vie à Bord

L'instruction des enfants est une préoccupation centrale pour les familles navigantes. Les enfants DaCaLuF sont inscrits en année réglementée avec le CNED et travaillent quelques heures (presque) tous les matins sur leurs cahiers d’école. L'objectif est qu'ils retournent au collège dans la classe supérieure au retour de voyage. Cette possibilité d’école à distance est une chance en France, qui n'est pas offerte dans tous les pays.

Pour Christophe et Audrey, l'approche initiale de l'école à la maison, commencée pendant leur année de préparation en France, visait à créer une routine qui serait déjà en place une fois en bateau. Il a d'ailleurs fallu un an pour que cela devienne un automatisme et que le rythme soit accepté par toute la famille. Le plan était de travailler tous les matins. Les enfants n’étaient pas affiliés à un organisme scolaire, dans l’esprit de conserver la liberté inhérente au voyage. Il était hors de question que l’école devienne une contrainte trop forte, étant donné les nombreuses contraintes techniques et logistiques de la vie en bateau. Cependant, les besoins peuvent évoluer. Depuis deux ans, Liv, leur fille aînée, est inscrite à l’EIB (École Internationale Bilingue), qui propose une branche à distance. C’est elle qui a demandé à ses parents de l’inscrire, car elle voulait passer le brevet et obtenir des notes, ce qui était important pour elle.

Un voilier est un lieu d’apprentissage exceptionnel, même pour les enfants plus âgés. Le temps passé en mer développe non seulement le sens des mathématiques lors de la navigation avec un compas, mais éveille aussi l’intérêt pour les phénomènes physiques et approfondit les connaissances en biologie, par exemple lors de la pêche. Lors d’une croisière en famille, des concepts d’enseignement à domicile déjà éprouvés peuvent être utilisés. Certains parents choisissent même d’inscrire temporairement leurs enfants dans des jardins d’enfants ou des écoles locales pendant de plus longs séjours, par exemple dans un port d’hiver en Méditerranée. Pour les familles cherchant un échange avec d'autres navigateurs, la plateforme “NoForeignLand” avec des chats comme “Kids4Sail” peut être utile pour entrer en contact avec d’autres familles et obtenir des informations sur des ports ou mouillages adaptés aux enfants, offrant des loisirs correspondants. Impliquer activement les enfants dans la vie du bateau rend souvent leur expérience plus détendue et enrichissante. Cela peut inclure l’apprentissage des nœuds marins ou de l’alphabet des pavillons, la lecture de livres pour enfants sur le thème de la voile, la tenue d'un journal de bord personnel, l'utilisation de jumelles spéciales pour découvrir l’environnement, des jeux d’eau pour le plaisir de la baignade, ou un kit de pêche pour les apprentis pêcheurs. Contrairement à une salle de classe, la navigation enseigne à un enfant à bord des compétences de vie précieuses telles que le travail d’équipe, la patience et le sens des responsabilités.

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La Vie Quotidienne sur l'Eau : Harmonie et Adaptation Familiale

Voyager en croisière en voilier en famille est une aventure unique, mêlant découverte, partage et émerveillement. Cependant, naviguer en mer avec des enfants ou des adolescents exige une organisation rigoureuse et quelques ajustements pour que l'expérience soit agréable pour tous. La préparation des enfants à l’aventure maritime est essentielle : avant le départ, il faut prendre le temps de leur expliquer ce que sera la vie à bord d’un voilier, leur montrer des photos ou des vidéos pour qu’ils puissent imaginer l’espace et les activités. Parler des activités à venir, telles que les baignades, l'exploration des îles ou la pêche, les aidera à se sentir impliqués et excités. Il est également important de leur parler ouvertement et en toute conscience des difficultés éventuelles, en particulier du mal de mer. Sur l'eau, loin du quotidien habituel, il est primordial de créer un sentiment de sécurité émotionnelle. Les enfants sentent si quelque chose ne va pas, il est donc inutile d'enjoliver les choses. Il ne s'agit pas de leur faire peur, mais d'aborder de manière honnête et adaptée les situations désagréables telles que le mal de mer, l'insécurité ou la fatigue. Les adultes doivent rester calmes face aux difficultés, montrant à l'enfant qu'il est pris au sérieux, que ce soit pour une difficulté physique ou émotionnelle. Souvent, une oreille attentive, une main fermement tenue ou un simple réconfort suffisent.

Pour éviter l’ennui à bord, il est judicieux d'apporter une variété d’activités adaptées à la vie en voilier, comme des jeux de société et des cartes faciles à ranger, des livres ou bandes dessinées pour les moments de détente, du matériel de dessin ou de loisirs créatifs pour les plus petits, et bien sûr, du matériel nautique comme masque, tuba et bouée. Pour les adolescents, un appareil photo étanche ou un journal de bord pour documenter l’aventure peut être très motivant. L’ennui peut vite devenir un véritable défi en mer, des étapes courtes avec des escales régulières sont idéales pour répondre aux besoins de bouger des enfants plus âgés.

L’espace sur un voilier étant limité, son organisation est cruciale. Il est préférable d'utiliser des sacs souples plutôt que des valises rigides, car ils se rangent plus facilement dans les coffres. Il est bénéfique de créer un coin dédié pour chaque enfant, leur offrant ainsi un petit espace personnel où ils se sentent à l’aise. Un rangement malin, par exemple à l'aide de pochettes, aide à garder les affaires bien organisées.

Avec des enfants, il est essentiel d'adapter le rythme du voyage. Il faut privilégier des itinéraires avec de courtes distances entre les îles pour éviter qu'ils ne s'ennuient en mer ; le golfe Saronique, par exemple, est parfait pour une expérience confortable. Planifier des escales fréquentes est important pour qu'ils puissent se dégourdir les jambes, découvrir des plages ou visiter des villages. Il faut aussi respecter leur rythme, prévoyant des moments de repos pour éviter les crises de fatigue.

Impliquer les enfants dans la vie à bord est une excellente manière de les faire se sentir parties prenantes de l’aventure. On peut leur montrer comment tenir la barre ou aider à hisser les voiles. Leur confier de petites tâches adaptées à leur âge, comme jeter une corde ou surveiller les dauphins, renforce leur engagement. La navigation peut être transformée en un jeu éducatif, en leur apprenant à lire une carte ou à repérer les étoiles.

L'organisation des repas doit aussi s'adapter. En mer, les repas s’organisent souvent en fonction du vent et des vagues plutôt qu’à heure fixe. Avec des enfants à bord, la flexibilité est de mise, car cuisiner peut parfois prendre plus de temps que prévu. Il faut réfléchir ensemble aux snacks préférés et aux provisions indispensables. Acheter des produits locaux permet d’éveiller une conscience environnementale chez les jeunes navigateurs. Pour éviter les petits accidents, privilégier la vaisselle incassable, avec des assiettes et bols antidérapants, ainsi que des gourdes munies de bouchons anti-fuite, est une bonne pratique. Inviter les enfants à participer à la pêche, jusqu’à la préparation et la cuisson, peut être une activité passionnante.

La sécurité est une priorité absolue. Il est essentiel de toujours garder un œil sur les enfants. Le pont et la cabine doivent être aménagés pour qu’ils puissent se déplacer de manière aussi autonome que possible, même lorsque le bateau tangue. Chez de nombreuses familles, dès qu’un enfant quitte le cockpit pendant la navigation, le port du gilet de sauvetage est obligatoire, la règle étant adaptée aux conditions de mer et au ressenti de l’enfant. Les enfants ont besoin d’un équipement de sécurité spécifique. Un gilet de sauvetage homologué CE, parfaitement adapté à leur taille, avec de préférence une sangle sous-cutale, un col de maintien et une poignée de récupération, est indispensable. Pour les plus petits, un harnais avec longe de sécurité est également recommandé. Les filets de protection, les revêtements antidérapants et les zones ombragées font partie de l’équipement de base. Pour les navigations plus longues, il convient aussi d’emporter de la crème solaire, des médicaments et une trousse de premiers secours adaptée aux enfants.

Quant à l'âge, il n’existe pas d’âge minimum bébé bateau strict pour l’emmener en voilier ; tout dépend des conditions à bord et de la préparation des adultes. Même un bébé peut naviguer, à condition que la météo soit clémente et que le bateau soit correctement équipé. Cela implique le port d’un gilet de sauvetage adapté à l’âge, un espace sécurisé pour le repos, et une protection adéquate contre le soleil et le vent. Pour les tout-petits, il est recommandé de délimiter leur zone de déplacement à bord, à l’aide de filets ou d’un système d’attache. Selon l’expérience de parents navigateurs, une fille s’est toujours sentie en sécurité sur leur voilier dès sa naissance et a adoré les mouvements doux des vagues. L'essentiel est l'état d'esprit des parents et leur préparation. Une croisière en famille réserve forcément son lot de situations inhabituelles, mais ce sont ces défis qui font grandir. La règle la plus importante à bord est de faire passer les besoins des enfants avant tout, sans rien leur imposer, mais plutôt en leur proposant des activités et en leur laissant suffisamment d'espace. Si les enfants ne sont pas encore habitués à la vie en mer, qu’un petit coup de blues survient ou qu’ils sont simplement épuisés après une journée au soleil, il est primordial de garder son calme, car la sérénité des parents est la meilleure source de réconfort pour les enfants.

Naviguer et Découvrir : Les Instants Magiques et les Enseignements du Voyage

Le projet de navigation des DaCaLuF les a menés à faire le tour des Caraïbes pendant un an. Ils sont partis de Guadeloupe durant l’été 2018 et prévoyaient de rentrer pour l’été 2019. Après la descente des Antilles jusqu’à Grenade, ils sont partis plein ouest via le Venezuela (îles Roques), les îles ABC (Aruba, Bonaire, Curaçao), la Colombie et Panama. C’est d'ailleurs sur une jolie plage des San Blas qu'une rencontre inspirante a eu lieu. Ils ont ensuite traversé la mer des Caraïbes du sud au nord jusqu’en Jamaïque, explorant les belles îles Caïmans, les Bahamas, puis les îles du Nord des Antilles. Ils ont réalisé au fil de leurs rencontres sur l'eau que leur manque d'expérience nautique initiale était partagé par une grande partie des familles en voyage en voilier, ce qui les a confortés dans leur choix des Caraïbes, où les vents dominants sont constants et les navigations relativement courtes, permettant de choisir de bonnes fenêtres météo. La traversée de l’Atlantique ou du Pacifique n'était pas au programme pour eux.

Pour Christophe et Audrey, l'aventure a commencé de La Rochelle, puis cap au Nord et direction Lorient en Bretagne. Après la Transatlantique, ils ont passé du temps dans les Caraïbes, puis ont remonté l’Arc Antillais jusqu’aux États-Unis, où ils avaient fait une demande de visa de six mois. Après un an de préparation et un an de voyage, deux options s’offraient à eux : poursuivre le voyage en passant le canal de Panama puis traverser le Pacifique, ou rentrer en Europe. Ils ont alors senti que leur bateau commençait à être un peu trop petit pour leur famille de six personnes, leurs deux grandes filles ayant besoin de plus d’espace et d’une vraie cabine. Ils ont donc pris la décision de rentrer en France, de vendre le bateau, la maison qu’ils avaient gardée jusque-là, et de changer de voilier. Pendant cette année de transition, ils ont acheté un camping-car pour découvrir une partie de l’Europe, et ont également voyagé en Nouvelle-Zélande pour rendre visite à la sœur de Christophe. Au retour, ils ont revendu le camping-car et sont repartis, à bord de leur nouveau bateau, cette fois-ci sans date de retour, envisageant de passer les trois prochaines années en Méditerranée.

Les moments les plus magiques vécus en voilier sont innombrables. Ce sont les nombreuses rencontres avec les dauphins, les mouillages solitaires à Los Roques, les sessions de glisse sur des spots incroyables, la découverte des fonds marins de Bonaire ou des îles Caïmans. C'est naviguer loin de toute île, de nuit, et se dire que l'on est devenu de véritables marins. C'est se nourrir au quotidien de sa pêche, ou encore, comme un matin aux Bahamas, se baigner seuls sur une plage avec des tortues, un beau requin et des raies venues chercher des caresses.

La comparaison entre la vie sur la route en camion aménagé et la vie sur un bateau est inévitable pour ceux qui ont vécu les deux. La grande similitude est cette sensation de liberté au quotidien : pouvoir déplacer sa maison est une expérience réellement gratifiante. Cependant, la grosse différence se situe au niveau des rencontres. En bateau, on rencontre beaucoup d’autres voyageurs qui deviennent souvent des « bateaux-copains ». En camion, on est beaucoup plus en contact avec les populations locales. C’est certainement la partie du voyage qui manque à certains, les incitant à repartir plus facilement en véhicule aménagé pour cette raison. Cependant, pour faire le tour des Caraïbes, un voilier est évidemment plus adapté qu’un camion. Selon Christophe, si l'on a l'occasion de faire les deux, il conseille de commencer par le camping-car puis le bateau, car le bateau est nettement plus confortable. Les contraintes liées à la vie sur Terre sont également différentes, notamment pour s’arrêter dormir. À la campagne, cela peut encore passer en camping-car, mais dès que l'on s'approche d'une ville, les nuisances augmentent. En bateau, tout est plus simple. Quand on arrive quelque part, on hisse le pavillon jaune pour signifier son arrivée sans avoir encore fait les papiers d'entrée ; personne ne viendra vous chasser. Il est très facile d'être seul en passant d'île en île. En revanche, en camping-car, les contraintes en termes de sécurité, par exemple, sont moindres, et il est plus facile de trouver de l’aide en cas de problème.

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