Une mission sous le signe de l'engagement humanitaire
Le Madleen, voilier transportant douze volontaires pour une mission humanitaire, a quitté la Sicile (Italie) ce dimanche 1er juin pour prendre la direction de Gaza. À son bord, la jeune militante écologiste Greta Thunberg et Rima Hassan, eurodéputée de La France insoumise, mais également des vivres, des produits d’hygiène et du matériel médical. La jeune militante écologiste, Greta Thunberg, et onze autres activistes ont pris la mer ce dimanche, direction Gaza, à bord d’un voilier dans lequel est transporté de l’aide humanitaire. Greta Thunberg, la figure des protestations contre l’inaction de nos gouvernements face au changement climatique, a embarqué avec onze autres volontaires pour une mission humanitaire et de sensibilisation sur le conflit israélo-palestinien.
Au-delà de l’aspect humanitaire, le but de cette mission est de dénoncer le blocus mis en place par Israël dans cette enclave et les pâtés humanitaires en proie à une situation humanitaire désastreuse après plus de 20 mois de guerre. Le voilier avec à son bord 12 militants français, allemand, brésilien, turc, suédois, espagnol et néerlandais, était parti d’Italie le 1er juin pour « briser le blocus israélien » de Gaza. « Cette mission s’inscrit dans un mouvement mondial pour la justice sociale et climatique, la libération et la décolonisation, porté par les peuples marginalisés. Si nous voulons être du bon côté de l’Histoire, il est de notre devoir - et grand temps - de rejoindre ce mouvement. »
Un parcours semé d'embûches et de responsabilités
La traversée du Madleen ne s'est pas déroulée comme prévu. En route vers Gaza à bord d’un navire humanitaire en compagnie de l’activiste suédoise Greta Thunberg, l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan a affirmé jeudi que le bateau avait dévié de son itinéraire pour porter secours en mer à quatre « réfugiés originaires du Soudan ». « Quatre personnes se sont jetées en mer au moment de l’intervention de la Garde côtière libyenne, nous avons pu les secourir elles sont avec nous sur notre bateau », a écrit sur les réseaux sociaux l’eurodéputée, photos et vidéos à l’appui, tout en expliquant qu’il s’agissait de « réfugiés originaires du Soudan ».
Mais jeudi matin, le bateau a « chang[é] de direction » à la suite d’un « appel de détresse », a expliqué l’eurodéputée. Le voilier se trouvait en mer Méditerranée, au sud de la Grèce et au nord de la Libye et de l’Égypte. Quelques-unes d’entre elles étaient dans l’eau, flottant à l’aide de pneus, au moment où un bateau plus grand, celui de la Garde côtière libyenne selon l’équipage, intervenait à proximité de l’embarcation. L’embarcation « était en train de couler » et certains « ont sauté dans l’eau », a raconté un autre membre d’équipage sur Instagram, l’activiste brésilien Thiago Avila. « Nous appelons désormais les gardes-côtes grecs à venir et à prendre la responsabilité de les mettre en sécurité », a-t-il ajouté. Ces personnes « dérivaient sans moteur depuis deux jours, après cinq jours en mer », a indiqué Rima Hassan dans un communiqué, transmis à l’AFP par son mouvement La France insoumise. Elle a estimé leur nombre dans l’embarcation à « près de 40 » et assuré que les quatre réfugiés secourus étaient « sains et saufs ». « Cet incident dramatique souligne une fois de plus l’urgence d’une réponse politique européenne respectueuse du droit international et de la Convention sur les réfugiés », a ajouté Mme Hassan.
L’intervention de la marine israélienne et l'arraisonnement
La Marine israélienne s'est dite prête à « protéger l'espace maritime », a indiqué préventivement mardi le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée israélienne. « La Marine est mobilisée jour et nuit pour protéger l'espace maritime d'Israël et les frontières maritimes », a déclaré le général Deffrin lors d'un point de presse télévisé. La marine israélienne avait arraisonné le bateau lundi matin à environ 185 kilomètres à l’ouest de la côte de Gaza. Dans la nuit du 8 au 9 juin, le voilier Madleen, avec à son bord 12 militants français, allemand, brésilien, turc, suédois, espagnol et néerlandais, avait été arraisonné par les forces israéliennes à environ 185 kilomètres à l’ouest de la côte de Gaza. Le bateau, intercepté dans les eaux internationales, n'était pas arrivé en Israël.
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La gestion diplomatique et judiciaire des militants
Sur les 12 militants se trouvent six Français qui ont reçu la visite de diplomates français, a indiqué Jean-Noël Barrot. « Un de nos compatriotes a choisi de signer le formulaire israélien acceptant son expulsion accompagnée sans attendre la décision de justice. Il devrait regagner la France dès aujourd'hui. Les cinq autres ont décliné et leur éventuelle expulsion aura lieu après décision du juge israélien dans les prochains jours », a précisé le ministre dans une déclaration écrite, sans mentionner l’identité du Français qui sera immédiatement expulsé. Parmi les 12 personnes qui se trouvaient à bord du voilier, le Madleen, un Français a accepté de signer des documents de son expulsion. Les cinq autres ont décliné dans l’attente d’une décision de justice, a annoncé ce mardi 10 juin le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Pour être expulsés directement, ils devaient notamment reconnaître être entrés illégalement sur le territoire israélien. Greta Thunberg se trouve à bord d’un avion qui a décollé pour la Suède via la France, a annoncé mardi matin le ministère sur X, où il a publié une photo de la militante suédoise assise sur un siège passager. Outre Greta Thunberg, l’eurodéputée franco-palestinienne de gauche Rima Hassan figure aussi dans le groupe, ainsi que deux journalistes. Israël fait face à une forte pression internationale pour mettre fin au blocus humanitaire sur Gaza.
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