L'épopée du 4 x 200 m Nage Libre Masculin : Histoire et Records

La natation, l'une des disciplines les plus regardées lors des Jeux Olympiques d'été, est un sport aquatique riche en histoire et en records. Des premières courses en environnement naturel aux piscines modernes, elle a connu une évolution constante, avec des athlètes repoussant sans cesse les limites de la performance humaine. Les Jeux Olympiques de Paris 2024 promettent d'être un nouveau chapitre passionnant de cette histoire, avec des records qui pourraient bien tomber.

Les Origines et l'Évolution de la Natation

Au départ, seule la brasse était pratiquée. Aujourd'hui, la discipline compte quatre nages phares : le papillon, le crawl, le dos crawlé et la brasse. Les toutes premières courses olympiques se sont déroulées en environnement naturel avant de prendre place pour la toute première fois dans une piscine à partir de 1908, lors des Jeux olympiques de Londres.

La Domination Américaine et les Défis Français

Le palmarès olympique de la natation est dominé par les États-Unis, qui détiennent plus de 250 médailles d'or. Invaincu sur la planète depuis 2003, le relais 4x200m nage libre américain est souvent le grand favori. Depuis le sacre des Australiens aux Mondiaux 2003, le relais 4x200m nage libre américain n'a plus été battu ni aux Mondiaux, ni aux Jeux Olympiques. C'est à ce mastodonte que les Français s'attaquent lors de la finale. Avec les Russes et les Japonais, ils s'attaquent à une montagne, meilleur temps des séries malgré une équipe "bis". Vice-championne du monde et vice-championne olympique, l'équipe de France aimerait rééditer l'exploit de dimanche dernier, où elle avait battu les favoris américains, russes et australiens, en finale du 4x100m, pour décrocher son premier titre mondial de l'Histoire dans cette discipline.

Saluée par tous, la tactique tricolore avait fonctionné. "On l'a vraiment fait à la Française, avec tous nos nageurs, tout notre coeur, tout notre savoir-faire", expliquait alors Romain Barnier, l'entraîneur en chef de l'équipe de France. Pour le 4x200m, les possibilités étaient moins nombreuses, mais le staff tricolore a tout de même pris le risque d'envoyer en séries le jeune Lorys Bourelly, 21 ans qui n'avait jamais nagé aux Mondiaux. Deuxième relayeur, il a parfaitement poursuivi le travail de Yannick Agnel, finissant en 1'48"04, juste derrière le champion du monde du 200m (1'47"65). "Nager 1'48"0 le matin dans ce contexte là, c'est vraiment bien. Je suis plutôt content." La satisfaction est d'autant plus grande qu'il a peut-être obligé le staff de l'équipe de France à revoir ses plans pour la finale.

Car Bourelly n'a pas été le moins rapide des quatre relayeurs du matin, Grégory Mallet terminant en 1'48"67 (avec un premier 50m en 24"67, juste derrière le plus rapide établi par Stravius en 24"35), à deux secondes du plus rapide, Jérémy Stravius (1'46"60). "On a fait des temps moyens, mais c'était suffisant pour ce matin. Pour ma part, il fallait que je me remette dans la 'compét' après quatre jours d'arrêt et cette déception de lundi. Il fallait retrouver des points de confiance. J'ai fait un 200m progressif, comme je le voulais", expliquait Mallet. En a-t-il gardé beaucoup pour l'après-midi ? Avec "Jérémy et Yannick, deux garçons qui ont fait 1'44 et 1'45 cette année", Romain Barnier possède deux atouts vitaux pour viser le podium, voire mieux.

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Pour les deux autres places, il y a donc Bourelly, Mallet et Fabien Gilot, 7e hier en finale du 100m, l'homme le plus rapide du relais champion du monde dimanche dernier, et qui faisait partie de ce relais aux Mondiaux de Shanghaï en 2011. "Fab n'a pas fait ce temps là cette année", disait d'ailleurs le plus jeune des candidats. Et le Marseillais a sans doute beaucoup puisé dans ses réserves lors du relais et du 100m, lui qui n'a eu que six mois de préparation, en raison de ses opérations de l'appendicite et de l'épaule. "Il s'est mis à la disposition du 4x2 ce que je trouve héroïque, et je pense que ce sera compliqué au vue de son niveau de préparation, et du 4x100 4 nages s'il y a besoin", disait hier Romain Barnier, son entraîneur à Marseille.

La logique du chrono pouvait placer Mallet en danger. La logique de l'expérience mettait Bourelly sur la sellette. L'état de fraîcheur pouvait fragiliser le candidature de Gilot, néanmoins grand spécialiste du relais et de la bagarre mais pas du 200m. Finalement, le staff tricolore a décidé de ne rien changer, et d'aligner les mêmes nageurs que lors des séries. Et tous avaient le même discours, résumé par Jérémy Stravius: "Vice-champion du monde, vice-champion olympique, on espère rester dans cette dynamique là dans les années qui vont suivre.

L'Ère Marchand : Une Nouvelle Légende Française

Léon Marchand, quadruple champion de France, domine le 200m 4 nages mondial depuis les Mondiaux de Budapest en 2022. Jeudi à Singapour, un jour après avoir explosé de plus d'une seconde le record du monde en demi-finales (1'52''69), Léon Marchand l'a emporté en 1'53''68 devant l'Américain Shaine Casas (1'54''30) et le Hongrois Hubert Kos (1'55''34). Il est ainsi devenu champion du monde du 200m 4 nages pour la troisième fois après ses titres à Budapest en 2022 et à Fukuoka en 2023. À Singapour, Marchand avait déjà posté le meilleur temps des séries en 1'57''63 et, évidemment, le meilleur temps des demi-finales (1'52''69).

Challengé en papillon et en dos Contrairement à la demi-finale où Casas avait avalé les 50 premiers mètres plus rapidement que lui, Marchand, couloir 4, a viré en tête après le papillon. Mais contrairement à mercredi, il n'était pas seul au monde après le dos. Casas est allé un peu plus vite que lui dans le dernier 50m (crawl) mais le Français l'a tout de même emporté, 62 centièmes devant l'Américain et 1'66'' devant le Hongrois. En argent à Paris, Duncan Scott a échoué au pied du podium (1'56''32), assez loin de Kos. Et Wang Shun, en bronze aux JO, a terminé 7e.

Léon Marchand a décroché jeudi son sixième titre mondial. Il y en a eu deux (200 m 4 nages et 400 m 4 nages) à Budapest en 2022 et trois (200 m papillon, 200 m 4 nages, 400m 4 nages) à Fukuoka (Japon) en 2023. Ce temps, 1'53''68, lui aurait permis de s'emparer du record du monde s'il ne l'avait pas battu mercredi en demies. Il s'agit ainsi du deuxième chrono de sa carrière devant ses 1'54''06 en finale des JO de Paris et le deuxième chrono de tous les temps sur 200m 4 nages. En individuel, Marchand, qui à la sortie de l'eau est allé célébrer ce titre avec Nicolas Castel, son entraîneur avec Bowman, va désormais s'attaquer au 400m 4 nages, dimanche. Avant, il y aura sans doute vendredi le relais 4x200m nage libre.

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Marchand avait déjà posté le meilleur temps des séries en 1'57''63 et, évidemment, le meilleur temps des demi-finales (1'52''69). Léon Marchand a remporté son troisième titre mondial sur le 200m 4 nages. Avant lui, un seul autre nageur français avait remporté trois titres mondiaux sur la même épreuve : Camille Lacourt, sur 50m dos (2013, 2015 et 2017). Le Français possède désormais 3 des 5 meilleures performances de tous les temps sur 200 m 4 nages avec son record du monde en demi-finales des Mondiaux (1'52''69), le chrono de cette finale (1'53''68) et son record olympique à Paris (1'54''06). L'ex-recordman du monde Ryan Lochte possède les deux autres (1'54''00 en 2011, 1'54''10 en 2009). Léon Marchand a désormais gagné six titres mondiaux. Outre le 200m 4 nages, il a également remporté le 200 m papillon en 2023 et le 400 m 4 nages deux fois (2022, 2023). Il est le grand favori sur cette distance, dont la finale aura lieu dimanche.

Records et Combinaisons : Une Histoire Complexe

En natation, des records s’accrochent depuis 15 ans maintenant, tous pour la plupart fixés lors des Championnats du monde en Italie, à Rome, en 2009. Beaucoup de records datent de 2009, comme ceux de Paul Biedermann, grâce aux combinaisons encore légales à cette époque. Ces combinaisons ont été autorisées entre février 2008 et décembre 2009 et ont permis à tous les nageurs de l’époque de rafler un grand nombre des records, avant d’être interdites à cause du trop gros avantage donné.

Chez les hommes, le plus vieux record est collectif, datant du 11 août 2008 et détenu par le relais américain (Michael Phelps, Garrett Weber-Gale, Cullen Jones, Jason Lezak) sur 4x100 m nage libre en 3’08’’24, mais fixé à l’aide de combinaisons… En individuel, là aussi le meilleur temps a été réalisé avec une combinaison, le 26 juillet 2009 sur le 400 m nage libre de l’Allemand Paul Biedermann en 3’40’’07. Sans combinaison, le plus vieux chrono date du 28 juillet 2011, aux Championnats du monde en Chine sur le 200 m quatre nages de l’Américain Ryan Lochte en 1’54’’00.

Chez les femmes, un seul record tient encore grâce aux combinaisons, mais là aussi il s’agit toujours du plus vieux, fixé le 21 octobre 2009 aux Jeux nationaux par la Chinoise Zige Liu sur le 200 m papillon en 2’01’’81.

Jeux Paralympiques et Para Natation

Du coté des Paralympiques, les épreuves de para natation se dérouleront du 29 aout au 7 septembre 2024, au Paris la Défense Arena. La para natation a débuté aux Jeux Paralympiques en 1960 à Rome, intégrée pour permettre aux athlètes en situation de handicap de concourir à un haut niveau. Pour la para natation, les compétitions sont divisées en classes de handicaps (S1 à S14) en fonction des limitations physiques, visuelles ou intellectuelles des nageurs. Les athlètes sont évalués par des classifiers pour déterminer leur catégorie avant les compétitions. Les départs et les virages peuvent être adaptés, par exemple, les athlètes aveugles utilisent des "tap-tappers" pour signaler les virages et les arrivées.

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