La Californie, Eldorado Éternel du Surf : Entre Vagues Légendaires et Histoires Océaniques

Depuis l'époque des Beach Boys, en passant par les prouesses de Jay Moriarity et l'audace des Z-Boys, la Californie est aujourd’hui considérée comme l’eldorado du surf. Cette terre, où la culture de la glisse s'est enracinée et a prospéré, offre une diversité de spots et des conditions qui attirent des surfeurs du monde entier. C'est un lieu où la quête de la vague parfaite se mêle à un art de vivre, rythmé par les houles du Pacifique.

L'Intensité Hivernale des Spots Californiens : Quand l'Océan se Déchaîne

Le climat en Californie, en janvier et février, est généralement doux, même si les matinées et les soirées peuvent être fraîches, tandis que les après-midi sont souvent relativement chaudes. Les températures oscillent alors entre 10° et 25° Celsius, nécessitant une combinaison de 4/3 mm pour une eau avoisinant les 16°. Durant cette période, les vagues, bien que parfois plus petites qu’au printemps, sont très régulières et ultra puissantes, atteignant environ 1 mètre à 1 mètre 20. Il est rare que les conditions soient "flat", et il y a toujours un spot surfable. Il n'est pas rare, sur cette période, de réaliser de véritables "hold up" et de surfer des vagues parfaites avec très peu de monde.

C'est dans ce contexte hivernal que la Californie révèle toute sa puissance. Après une semaine tumultueuse dans l’état américain, souvent ponctuée par une série de fléaux météorologiques, le soleil a parfois la capacité de pointer son nez, offrant le temps d’une session inoubliable, juste avant un autre épisode de tempête. À ces moments-là, les spots californiens peuvent s'enflammer de manière spectaculaire. On a même parlé, lors d'événements marquants, de la plus grosse session enregistrée depuis quinze ans à San Diego. À cette question, le spot de Black’s Beach a su y répondre avec brio. Certains sets ont alors passé la barre des 6 mètres, frôlant même parfois les 7 selon des observateurs et réalisateurs de vidéos de surf, ce qui a donné lieu à une session d’anthologie. Quelques chanceux ont été récompensés en surfant le barrel de leur vie, quand d’autres ont subi des wipeout qu’ils ne sont pas près d’oublier, ni eux, ni leurs guns coupés en deux d’ailleurs. Il fallait en effet avoir du courage et de l'expérience pour s'engager sur ces monstres. Un surfeur a témoigné en commentaires : « Je n’ai surfé que sur de petits Black’s jusqu’à maintenant, mais en parlant avec des locaux expérimentés, l’eau froide, le canyon en dessous… C’est un endroit qui nous apprend l’humilité, même aux surfeurs les plus expérimentés. » Ces descriptions illustrent parfaitement la magie et le danger des vagues californiennes en période hivernale, offrant des opportunités rares pour les surfeurs les plus aguerris.

Un Itinéraire Mythique : À la Découverte des Spots Californiens

Planifier son surf trip en Californie peut idéalement commencer au départ de San Francisco, en descendant vers le sud par la Pacific Coast Highway, une route légendaire qui longe des paysages côtiers époustouflants.

San Francisco et ses Vagues Capricieuses

Capitale culturelle de la West Coast Américaine, San Francisco est bien connue pour sa diversité, ses scènes musicales variées et ses nombreux musées. Cependant, la ville tend également à se faire connaître pour ses plages et ses vagues, particulièrement prisées par les surfeurs expérimentés en hiver. La grande plage d’Ocean Beach offre de nombreuses possibilités pour les surfeurs aguerris, mais elle exige une grande prudence en raison de ses courants puissants et surtout de la présence de requins. Bordé par le majestueux Golden Gate Park, ce spot est très populaire des bons surfeurs pour ses vagues fantastiques et capricieuses. Pour le mythe, certains osent même s'offrir une session sous le Golden Gate Bridge, mais il faut être extrêmement vigilant car le spot est dangereux avec ses rochers de fond. Pour ceux qui souhaitent débuter le surf, le spot idéal est sans aucun doute celui de Pacifica, offrant des conditions plus clémentes et sécurisées pour l'apprentissage.

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Mavericks : Le Défi des Vagues Géantes

S'il y a bien un endroit à ne pas louper en Californie pour les amateurs de sensations fortes, c’est celui de Mavericks à Half Moon Bay, un site mondialement réputé pour ses vagues immenses et très dangereuses. Lorsque le vent du nord ou du sud souffle très fort pendant la saison hivernale, les vagues peuvent atteindre plus de 20 mètres de haut et offrent ainsi aux Big Waves Riders de grosses droites bien grasses, des défis à la mesure de leur audace. Ce spectacle naturel, où les titans de l'océan rencontrent les géants de la glisse, fait rêver les surfeurs du monde entier.

Santa Cruz : L'Ambiance Décontractée du Surf

Située au nord de la baie de Monterey, Santa Cruz est particulièrement appréciée par les surfeurs pour son atmosphère agréable et décontractée, empreinte d'une culture surf authentique. Santa Cruz est la ville la plus diversifiée de la Californie en termes de spots, avec ses nombreux pointbreaks, beachbreaks, criques et embouchures qui permettent de trouver la vague adaptée à chaque niveau. Les spots de Pleasure Point, Hook et Cowell Beach seront parfaits pour les riders voulant débuter le surf ou se perfectionner en douceur. En revanche, Steamer Lane est un spot exceptionnel réservé aux surfeurs plus expérimentés, offrant des vagues de classe mondiale et un défi technique certain.

Le Cœur Historique du Surf : De Los Angeles à San Diego

En chemin vers Los Angeles, des spots comme Zuma Beach, Venice Beach et Topanga devraient satisfaire les surfeurs de niveau intermédiaire ou expérimenté, chacun offrant une expérience distincte et des vagues variées.

La Californie du Sud abrite le berceau de la surf culture américaine. « Come on and safari with me at Huntington and Malibu », chantaient les célèbres Beach Boys dans leur tube de 1962, "Surfin’ Safari", ancrant ces noms dans l'imaginaire collectif du surf. Considérée comme le « Saint-Trop du surf », Malibu, dans le comté de Los Angeles, est sans aucun doute la vitrine emblématique de cette culture. Ce pointbreak déroule en droite et se décompose en trois sections de surf distinctes, offrant des vagues longues et maniables qui ont fait sa réputation. Huntington Beach, située dans le comté d’Orange, est profondément imprégnée par le style de vie des surfeurs. Le climat chaud et le soleil présent tout au long de l’année font de Huntington Beach un endroit réputé pour la pratique du surf. Tous les étés, la ville accueille une étape du WCT (World Championship Tour), événement majeur du surf professionnel. Ici, les plages s’étendent sur presque 15 kilomètres, de Sunset Beach à River Jetties, proposant une multitude de jolies petites gauches et droites pour tous les niveaux.

Pour terminer un surf trip californien en beauté, il est impératif de ne pas passer à côté de San Diego et du mythique spot du sud, Trestles. Ce site est célèbre pour la perfection de ses vagues, notamment Lowers Trestles, qui se révèle "world class" au printemps, en été et en automne, lorsque les swells de sud sont plus fréquents. Malgré tout, les spots de San Clemente, dont Trestles fait partie, supportent bien la brise thermique locale.

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Plus au sud encore, des joyaux tels que San Onofre, avec ses nombreux spots mythiques, sont parfaits pour le longboard. L'ambiance y est cool à l’eau, et San Onofre est idéal non seulement pour les niveaux intermédiaires mais aussi pour les longboarders aguerris en manque de "nose riding". Non loin, la portion de côte des Trails est moins fréquentée car l’accès aux spots est un peu moins aisé, offrant une expérience plus isolée pour ceux qui cherchent la tranquillité. Il est à noter qu'en été, les plages et les spots sont pris d'assaut par les touristes, faisant de cette période une destination plutôt destinée aux débutants ou aux vacances familiales. Les visiteurs tombent toujours sous le charme des spots de surf, des paysages grandioses, des longues plages aux vagues tout aussi longues, des canyons et de la vie américaine.

L'Histoire du Surf en France : Une Culture en Pleine Croissance

Si la Californie est l'épicentre de la culture surf, la France a développé sa propre histoire riche et structurée de ce sport, marquée par des pionniers, des compétitions et une institutionnalisation progressive, souvent influencée par les courants californiens et australiens.

Les Origines et la Naissance d'une Fédération (1950s-1960s)

Sept ans après l'apparition du surf en France sur les vagues de Biarritz, la Fédération Française de Surfriding est créée sous la présidence de Monsieur Guy Petit, maire de Biarritz à l’époque. Les pionniers du surf en France sont alors au nombre de quatre clubs. Le plus ancien est le Waikiki Surf Club, créé le 16 septembre 1959 par Carlos Dogny, Peter Viertel, Jacques Rott, Georges Hennebutte, Joël de Rosnay et Michel Barland. Parmi les membres fondateurs et influents de ce club, citons notamment André Plumcocq, Robert Bergeruc, Pierre Laharague, Joseph et Jo Moraiz, Paul Pondepeyre, Henri Etchepare et Claude Durcudoy. Le Waikiki est installé dans les établissements des Bains de la Côte des Basques, un lieu emblématique.

Le Surf Club de la Chambre d’Amour, quant à lui, est créé le 27 août 1963. Il est inauguré par le Dr Lacroix, maire d'Anglet, et Deborah Kerr, célèbre actrice américaine des années soixante et épouse de Peter Viertel, celui-là même qui a introduit le surf en France six ans plus tôt, autour de 1957. Installé dans l'établissement des bains de la cité angloye, il a pour président Joël de Rosnay. Cette même année, deux autres clubs viennent grossir les rangs des associations de surf françaises : l'USB et le Kostakoak de Bidart.

L’objectif principal de la création de la Fédération est de réunir toutes les « tribus » des plages qui se font concurrence et qui animaient déjà le paysage du surf français naissant. Le 20 août 1964, au lendemain de la diffusion à la télévision de l'émission « Les coulisses de l'exploit » consacrée au surf, a lieu à la Côte des Basques la réunification de ces clubs par le Maire de Biarritz, Guy Petit. Le siège de cette nouvelle entité est basé à l'office du tourisme de la ville. Si des championnats de France ont eu lieu à Biarritz depuis 1961, les premiers championnats sous l'égide de la Fédération Française de Surfriding se disputent en 1965 à Anglet. Lors de cette compétition historique, Joël de Rosnay et Marie-Christine Delanne sont sacrés champions de France. Deux ans après la création de la FFS, en 1966, le Comité régional d’Aquitaine voit le jour, marquant une première étape vers la décentralisation de l'organisation. La même année, en 1966, le surf gagne les Landes et la côte girondine avec deux pôles incontournables qui deviendront des références mondiales : Hossegor et Lacanau. La FFS obtient l'agrément ministériel en 1966 et son habilitation en 1972, consolidant ainsi sa légitimité.

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L'Émergence d'une Scène Internationale et la Diversification (1970s-1980s)

Médiatisés dans les magazines et films de surf américains, les spots français, dont celui de la Barre, attirent de plus en plus d'étrangers, contribuant à l'émulation et au développement du niveau. On organise alors des compétitions internationales auxquelles participent les grands noms de l'époque : les Australiens Bob Keenan, Mickael Hickey, Nat Young, Wayne Carroll, Peter Troy, ainsi que les Hawaïens Jan Lee, Gerry Lopez, Jeff Hackman. Ceux-ci ne font pas que passer, mais apportent leur expertise et leur style. C'est en les voyant glisser sur leurs vagues que les pionniers français se mettent à progresser, et qu'une nouvelle génération de surfeurs français voit le jour, inspirée et désireuse de se mesurer aux meilleurs. Cette période est également marquée par la mentalité hippie des années 70, qui imprègne l'esprit du surf naissant. Les années soixante-dix marquent toutefois le développement et la structuration progressive de la Fédération Française de Surfriding.

Après les Australiens et les Américains, ce sont les Tahitiens qui vont apporter un nouvel élan au surf français. Ceux-ci dominent implacablement les compétitions nationales, avec des figures telles que Henri Lucas, Patrick Juventin et Arsène Harehoe qui se distinguent au-dessus du lot. Harehoe, surnommé le "Dark Horse", remporte notamment 5 titres nationaux entre 1976 et 1989, prouvant la force de la Polynésie. En 1976, Tahiti accueille même les championnats de France, à 20 000 km du siège de la FFS. Le comité tahitien les organisera une seconde fois, en 1987, avant de quitter le giron fédéral avec la création de la Fédération tahitienne de surf. Au cours de cette quinzaine d'années de relations étroites, les Polynésiens ont apporté une vague de fraîcheur au surf national, caractérisée par un engagement total, une insolente décontraction en compétition et une maîtrise parfaite des tubes, qui a enrichi le surf métropolitain. Le surf métropolitain va toutefois superbement réagir, ne se laissant pas distancer. Entraînés par le Biarrot Thierry Sansoube, trois surfeurs vont dominer le surf français pendant de nombreuses années : Thierry Fernandez, Jean-Louis Poupinel et Thierry Domenech. Ceux-ci vont également porter haut les couleurs de la France lors des championnats d'Europe mais aussi du monde dans les années 80.

En 1977, Jean-Baptiste Caulonque succède à Jacques Fagalde à la tête de la Fédération. Laquelle, avec le boom du skateboard, est habilitée à réglementer la discipline. La Fédération change alors de sigle et devient en 1977 la Fédération Française de Surf et Skate (FFSS), reconnaissant l'interconnexion de ces sports de glisse. C'est pourtant dans son berceau historique, Biarritz, qu'elle revient lorsqu'elle décroche l'organisation des 8e championnats du monde. En 1980, Biarritz accueille les Mondiaux qui marquent l'émergence d'un jeune américain prometteur, un certain Tom Curren, qui deviendra une légende du sport. La France sera de nouveau le pays hôte des Mondiaux de l'International Surfing Association (ISA) en 1992 à Lacanau et en 2008 à Seignosse, prouvant sa capacité à organiser des événements majeurs. Jean-Pierre Vilaverde est élu président de la Fédération en 1980. Après l'intermède de Seignosse, la FFSS déménage et s'installe en 1984 à Hossegor, dans un bâtiment de la mairie, se rapprochant du cœur de la scène surf landaise.

Après Tahiti, le surf français va s'enrichir de l'influence d'une autre terre de surf : l'île de La Réunion. La Ligue réunionnaise de surf voit le jour en 1984 par la volonté d'un homme : Maxence de la Grange, qui parvient, à l'image de Guy Petit en 1964, à fédérer les deux clubs rivaux des Roches Noires et de Boucan Canot. Sur ce caillou de l'océan Indien, léché par les swells massifs de l'Antarctique, le surf est apparu au début des années 70. Influencés par les pionniers australiens, installés sur l'île Maurice voisine, mais aussi par les Sud-Africains, les Réunionnais se mettent à organiser des compétitions à grande échelle, et une génération de compétiteurs aux dents longues débarque en métropole, apportant une nouvelle dynamique. Eric Coutelier est vice-champion de France derrière Vetea David en 1984, Anne-Gaëlle Hoarau va dominer le surf féminin français pendant plus de dix ans, et Stéphane Sisco est le numéro un européen du bodyboard pendant cinq ans. Pour progresser et aller chercher le titre en surf, les Réunionnais comprennent que le passage obligé est la formation, et s'y investissent pleinement. Avec Christophe Mulquin et Patrick Florès à leur tête, les sélections réunionnaises dominent les championnats de France dans les années 90, confirmant l'importance de cette île pour le surf hexagonal.

La Professionnalisation, la Reconnaissance et l'Essor (1980s-1990s)

Le premier diplôme officiel de surf, le Brevet Fédéral, voit le jour en 1973. En 1984, un arrêté ministériel créé le Brevet d’Etat de surf, marquant un tournant décisif dans la professionnalisation du sport. La première session de ce Brevet d'État se déroule en septembre 1987, et six récipiendaires obtiennent les premiers BE surf. Grâce à cette officialisation, l’enseignement du surf peut désormais être rémunéré. Chose inimaginable vingt ans auparavant, des jeunes surfeurs peuvent désormais vivre du partage de leur passion, transformant une activité de loisir en une véritable carrière.

Les années 80 sont également marquées par l'apparition du surf à l'école. En reconnaissant que l'école pouvait être un véritable obstacle pour vivre une vraie vie de surfeur, puisque les jeunes désertaient les bancs pour aller surfer, la Fédération a eu l'idée ingénieuse d'intégrer le surf dans l'école. Finement joué, car du coup les surfeurs y sont restés. En 1987, la création du Sport-Etude officialise ce premier acte d'intégration. Par la suite, l’accompagnement scolaire du haut niveau sera couronné par la labellisation du Pôle France en 1996, complété par quatre Pôles Espoirs en région, pour soutenir les talents prometteurs. Ces démarches de la Fédération visent à accompagner le double projet, à la fois sportif et scolaire, des jeunes athlètes.

À la fin des années 80, un phénomène que personne n’avait prédit se produit : la mode du surf sort soudain de son cercle restreint d’initiés et déferle, d’abord sur les plages, puis dans les villes. Les marques de textile, qu'elles soient anglo-saxonnes ou françaises, connaissent alors un essor fulgurant et une croissance à deux chiffres. Le "business de la glisse" est né, surfant avec succès sur une image surf bâtie de fun, de liberté, de jeunesse et d’écologie, valeurs qui résonnent avec un public plus large. Une activité économique florissante se développe, créatrice d’emplois pour les jeunes surfeurs passionnés. Pour entretenir le rêve et soutenir la croissance, les marques investissent massivement dans des compétitions qui se multiplient, et soutiennent activement les champions français, contribuant à la visibilité et au prestige du sport.

La Fédération est officiellement reconnue par le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) en 1989. C'est alors la première Fédération nationale de surf au monde à être reconnue par son propre Comité National Olympique, une avancée majeure. Un an plus tard, en 1990, la Commission Nationale du Sport de Haut Niveau reconnaît le surf comme discipline de Haut Niveau. Grâce à cette reconnaissance, le surf bénéficie des dispositions prévues pour les sportifs de Haut Niveau : suivi social, aides individualisées, suivi médical, structures d'accession au Haut Niveau, entre autres, permettant aux athlètes de s'épanouir dans leur discipline. Toujours en 1990, on assiste à la création d’un poste et à la nomination d’un Directeur Technique National (DTN), agent du Ministère des sports, placé auprès de la FFSS pour en assurer le développement. Francis Distinguin est le premier DTN du surf français, une fonction qu'il occupera jusqu'en 2008, posant les bases de la performance tricolore. En 1993, Alain Farthouat succède à Jean Saint-Jean à la tête de la Fédération. Un an plus tard, en 1994, les appellations antérieures « Sports études, Centre Permanent d'Entraînement et de Formation » sont remplacées par « Pôle France », désignation qui perdure. Les Pôles Espoirs à La Réunion et en Guadeloupe, puis en Bretagne, obtiendront bientôt leur labellisation, étendant le maillage de la formation d'élite.

Les années quatre-vingt-dix sont marquées par la montée en puissance des équipes de France sur la scène internationale. Nicolas Capdeville remporte le premier de ses deux titres mondiaux à Lacanau lors des Mondiaux ISA que la France organise en 1992, marquant l'histoire du surf français. En 1995, la Commission Nationale de Sport de Haut niveau valide la filière Haut niveau surf, et la création du label qualité « École Française de Surf » assure la reconnaissance et la professionnalisation de l'enseignement. En 1996, la labellisation du Pôle France de Biarritz est effective. À la fin des années 90, un phénomène exceptionnel émerge : Jérémy Florès. Né à La Réunion, formé par son père sur les vagues australiennes, il intègre les équipes de France très tôt et deviendra à 17 ans le plus jeune surfeur à remporter le circuit WQS (World Qualifying Series) pour intégrer le WCT (World Championship Tour) dès 2007, devenant une icône du surf français. Les années 2000 marquent aussi l'avènement du surf féminin en France, avec une pratique qui s'intensifie et se professionnalise.

Le Surf Français au 21e Siècle : Vers l'Olympisme et au-delà

L'engagement social de la Fédération s'affirme. En 1997, la création de l’association « Surf Insertion » vise à assurer l’accessibilité, l’insertion professionnelle, l’éducation et la formation des jeunes et des quartiers sensibles, ainsi que dans les zones rurales d’Aquitaine et sur tout le territoire français, à travers la pratique des sports de glisse. Cette initiative est complétée par l'agrément, en janvier 2013, de l’association nationale Handi Surf, créée un mois plus tôt, par la Fédération Française de Surf, pour favoriser l'accès à la pratique pour les personnes en situation de handicap.

Le mercredi 20 août 2014, la Fédération Française de Surf fête ses 50 ans à la Côte des Basques, lieu symbolique où tout a commencé cinq décennies plus tôt. Du 18 au 26 octobre 2014, la Fédération organise ses championnats de France à Hossegor pour célébrer cet anniversaire, avec la participation de quelque 450 compétiteurs de la France entière et de l'outre-mer. Durant dix jours, les conditions exceptionnelles permettent de décerner les 25 titres des 7 disciplines, dans une ambiance de fête et de compétition. En 2014, la Fédération Française de Surf regroupe 15 061 licenciés, dont un tiers de féminines, répartis dans 164 clubs de l'Hexagone et d'outre-mer. Elle a par ailleurs délivré 55 000 licences loisirs en 2014, attestant de l'engouement populaire pour le surf. En 2015, le nombre de licenciés grimpe à 77 000, la Fédération Française de Surf change de braquet, montrant une croissance remarquable.

Après 22 ans de combat acharné pour faire reconnaître le surf et l'intégrer au programme olympique, l’International Surfing Association (ISA) obtient l’accord du CIO. Le 3 août 2016, la 129e session du CIO, réunie à Rio de Janeiro, décide de l’inclusion de 5 nouveaux sports, dont le surf, pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Le surf rejoint ainsi enfin la grande famille de l’Olympisme, marquant une victoire historique pour toute la communauté.

En 2017, la Fédération Française de Surf organise les 30e championnats du monde des nations à Biarritz. Cet événement majeur, qui regroupe 47 pays, se tient à la Grande Plage du 20 au 28 mai. C'est une totale réussite, saluée par un plébiscite du public, des institutions et de Paris 2024, dont la compétition soutient la candidature à l'organisation des JO. Cerise sur le gâteau, l'équipe de France remporte le titre mondial des nations, un exploit mémorable. En 2018, Jean-Luc Arassus, président de la FFSurf, est élu au bureau directeur de l'International Surfing Association lors de l'assemblée générale élective de la fédération internationale le dimanche 16 septembre à Tahara, au Japon. Il s'agit du 3e Français à intégrer le board de l'ISA après Jacques Hèle et Francis Distinguin, preuve de l'influence française croissante. En 2020, Jacques Lajuncomme est élu président de la Fédération Française de Surf pour quatre ans, à l'issue de l'Assemblée Générale élective. Il sera réélu en 2024 pour quatre nouvelles années, en étant tête de liste de "Réussir Ensemble" qui s'adjuge 99,55% des voix lors de l'AG élective, un signe de confiance fort. Pour l'avenir, Cédric Leroy est nommé Directeur Technique National de la Fédération Française de Surf en 2025. Spécialiste du sport de haut niveau, il a précédemment travaillé à la Fédération Française de Voile, où il a occupé plusieurs postes clés, apportant son expertise à la fédération de surf.

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