L'excellence au sommet : La trajectoire de Maxime Grousset
Maxime Grousset se rapproche de la barre emblématique des 50 secondes sur 100 m papillon (50''11). Le Calédonien a signé une quatrième victoire lors de la soirée de clôture des Championnats de France jeudi à Montpellier - après le 50 mètres papillon, le 50 et le 100 m nage libre - avec le record de France à la clé - qu'il avait lui-même établi au Japon (2023) - et, surtout, la meilleure performance de l'année, à un peu plus d'un mois des Championnats du monde à Singapour (27 juillet-3 août). Grousset (26 ans) a devancé les nageurs de Marseille Clément Secchi - aussi qualifié pour les Mondiaux cet été (51''06) et « super content » de faire son meilleur temps « le jour-J » - ainsi que Michel Arkhangelsky (51''24).
« J'ai bien pris plaisir, savoure Maxime Grousset. C'est très très bien. Il va falloir que j'améliore certaines choses même si j'ai quasiment fait la course parfaite, je pense. L'objectif ce sera 49'' la prochaine fois. J'en ai encore sous le pied sur le premier 50 m. Il va falloir gérer (aux Mondiaux) la récupération, et bien manger, bien dormir, bien s'hydrater. La compétition peut durer deux semaines, ça ne me posera pas de problème. » Avant ça, Maxime Grousset a prévu un « petit break » avant de se replonger dans un travail intensif, histoire de « mettre un petit coup de boost pour s'affûter comme il faut ».
L'exigence de la polyvalence et les nuances de la compétition
Cyrielle Duhamel, qui avait commencé idéalement sa semaine en assurant les minima du 200 m quatre nages, a fait le « carton plein » dans la spécialité en achevant la compétition avec une qualif' sur le 400 4 nages (4'38''38). « J'ai fait une très bonne compétition, même ma meilleure, se réjouit la nageuse de Béthune. Des semaines comme ça, c'est long et difficile. Je vais pouvoir enfin me poser un peu. » Avant la grosse échéance estivale, et un objectif à la hauteur de l'enjeu : « J'aimerais bien rentrer en finale à Singapour. »
C'est avec un triplé que Yoann Nodye-Brouard a, lui, terminé les Championnats, mais son titre sur 50 m dos ce jeudi (24''62) - devant Lysander Oman (24''75) et Mewen Tomac (25''13) - ne s'est pas assorti d'un billet pour les Mondiaux… pour un centième seulement. « C'est cool d'avoir ces trois médailles (50, 100 et 200 dos), glisse-t-il quand même. J'ai encore des choses à améliorer, mais j'ai progressé, notamment dans les coulées. C'est un bilan très, très positif. » Béryl Gastaldello s'est adjugé l'or sur 50 m (24''49) et une place pour les Championnats du monde, comme sa dauphine Analia Pigrée (24''64), qui se sent « affûtée » après sa « première qualification internationale en crawl ». « C'est une grande satisfaction, avoue la vice-championne du monde du 50 m papillon en petit bassin. C'est un bonheur de valider mon deuxième ticket. C'est dommage, j'avais dans un coin de la tête le record de France. »
L'art et la natation : Le regard de Maxime Taffanel
Maxime Taffanel est invité vendredi 7 juin au sein de la « Quotidienne de Prémices » émission spéciale de 18:00 à 19:00 animée par les étudiants. Nageur de haut niveau avant d’être comédien, Maxime Taffanel raconte l’histoire de Larie, un adolescent féru de natation. Il nage et questionne « la glisse », l’entraînement et ses violences, la compétition et l’étrangeté de ses rituels, sa quête de sensations, d’intensité et de vertiges.
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Maxime Taffanel a lui-même éprouvé la natation de haut niveau, la quête effrénée de la performance sportive, les courses, les défaites, les remises en question. Il a été cet homme-poisson, aux entraînements quotidiens, à l’inlassable recherche de la glisse optimale. Larie, son double scénique, rêve d’être un grand champion. Le jeune comédien du Collectif Colette - issu de l’école de la Comédie Française - donne corps à la musicalité de la nage et à un univers aquatique étonnant composé de personnages burlesques, monstrueux ou imprévisibles. La performance scénique de Cent mètres papillon suit le courant des sensations d’une performance aquatique. Une performance-témoignage qui nous invite à naviguer dans le sillage du nageur.
L'élite handisport : Une répétition générale vers les sommets
Du 9 au 15 septembre, l’équipe de France de natation handisport s’est frottée à l’élite mondiale à Londres. Une répétition générale pour les Bleus à un an des Jeux Paralympiques de Tokyo du 25 août au 6 septembre 2020. L’avant-dernière journée des championnats du monde de Londres, disputé dans le bassin olympique et paralympiques des Jeux de 2012 a permis au clan tricolore de décrocher une 9e médaille. Sami El Gueddari et son staff avaient dit, avant le début des épreuves mondiales de Londres, que gagner 9 médailles serait vraiment une performance de choix.
Laurent Chardard (S6) 2e de sa série sur 50 m papillon en 31″46 (nouveau record d’Europe). Le Réunionnais a confirmé en remportant la médaille d’argent en 31″41 et améliorant par la même occasion son record d’Europe, à 9 centièmes du Chinois Wang Jingang, champion du monde et 2 centièmes devant le Colombien Crispin Corzo. « C’est une belle médaille. Pour la première fois de la semaine, il a amélioré son temps en finale. Il a montré ce dont il est capable. Au regard de son vécu en natation, assez récent, ces championnats du monde ouvrent des perspectives prometteuses pour l’avenir. Il lui faudra continuer à redoubler d’efforts parce que la concurrence au plus haut niveau, elle, n’attend pas. »
Alex Portal (SM 13), 3e de sa série sur 100 m papillon (en 59″96), termine 6e de la finale (en 58″79). Le Biélorusse Ihar Boki s’est imposé en 53″95. « Il a fait une belle course. Il savait que pour aller chercher le podium, il devrait tenter et donner tout ce qui lui restait à donner au terme de cette semaine où il a décroché une médaille d’argent et une autre de bronze. Sur ce 100 m papillon, une médaille passait par un coup d’éclat. Il a sans doute payé sa longue saison au cours de laquelle il cumule les compétitions FFN et FFH. »
La résilience et l'adaptation dans le bassin international
Claire Supiot (S8) a pris la 3e place de sa série sur 200 m 4 nages, en 2’53″33. L’Angevine (2’51″44) se classe 6e de la finale, remportée par la Britannique Brock Whiston en 2’35″50. « Claire, déjà deux médailles de bronze en poche, a fait cette course pour clôturer ces championnats du monde, sans avoir de réelles chances de podium. Néanmoins, elle améliore encore son temps personnel et une nouvelle fois abaisse son temps entre le matin et l’après-midi. En matière de progression, Claire signe des championnats stratosphériques à 51 ans et demi. »
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David Smétanine (S4), 7e en série du 200 m NL en 3’15″50, a pris la même place en finale en 3’17″07. Le titre mondial est revenu au Russe Roman Zhdanov en 2’53″06. « Il a été dans la lignée de sa semaine… en difficulté. En recherche de bonnes sensations et de solutions pour performer. Il lui faudra trouver les évolutions à apporter à son projet pour redevenir performant. » Ugo Didier (S9) 3e de sa série sur 200 m 4 Nages en 2’21″65, a finalement pris la 4e place de la finale en 2’19″81. Le champion du monde 2019 est Russe et s’appelle Andrei Kalina, sacré en 2’16″67. « Il a connu une matinée difficile, payant son 400 m nage libre d’hier (3e). Il ne savait pas trop à quoi s’attendre pour la finale mais Ugo est un combattant, un nageur qui aime les challenges et la compétition. Alors, il a encore fait une belle finale, abaissant son record personnel de près de 3 secondes. »
Anaëlle Roulet (S10) 3e de sa série en 1’11″01 sur 100 m dos, a dû se contenter de la 5e place en finale (1’12”12). C’est la Néerlandaise Lisa Krüger qui s’est imposée en 1’09″22. « Anaëlle a signé une belle série, bien maîtrisée, ce matin. » Florent Marais (S10), lui, a terminé 4e de sa finale directe en 1’01″12, sur 100 m dos. « C’est une nouvelle meilleure performance française. Il est forcément un peu déçu car il aurait aimé, lui aussi, ramener une médaille. Mais il peut être content de lui parce qu’il a bien mis en place ce qu’il a travaillé tout au long de la saison à Antibes, avec Régis Gautier. Il n’a que 19 ans et en classe 10 la maturité est plus tardive. »
La confirmation et l'esprit d'équipe : Journées décisives
Après deux jours sans médailles, les Bleus, comme l’avait espéré le DS Sami El Gueddari, n’ont pas lésiné ce vendredi dans le bassin des Jeux de Londres 2012. Alex Portal décroche l’argent. Claire Supiot, Ugo Didier et Laurent Chardard, eux, terminent en bronze. Cocorico ! Alex Portal (S13) s’est paré d’argent sur le 200 m 4 nages ce vendredi (2’12’’14, soit un temps amélioré de 3 secondes). Il n’a été devancé que par le Biélorusse Ihar Boki, en or avec un chrono de 2’05’’04. Mais il a aussi devancé l’Ukrainien Kyrylo Garashchenko, 3e à 10 centièmes seulement du Tricolore.
Ugo Didier (S9) finit en bronze avec un chrono de 4’17″53 sur le 400 m NL. Il est à un rien de l’Australien Brenden Hall, 2e en 4’17″44 et très près aussi du nouveau champion du monde, l’Espagnol Jacobo Garrido Brun sacré en 4’17″17. Son record personnel sur cette course était à 4’26″06 avant ce rendez-vous anglais. L’Italien Federico Morlacchi, lui, échoue au pied du podium en 4’17″86. « Cette finale a permis à l’équipe de très bien entrer dans les finales de cette journée que l’on avait annoncée décisive. Elle a aussi conforté les bonnes séries du matin qui avaient annoncé la couleur, » décrypte l’entraineur de l’équipe de France Guillaume Domingo, une nouvelle fois ravi de voir six des sept nageurs engagés sur la journée amélioré leur marque personnelle.
Claire Supiot (S8) avec un chrono de 30″54 se classe 3e de la finale, derrière sa rivale la plus coriace, l’Anglaise Alice Tai (29″55), à nouveau championne du monde, et la Brésilienne Cécilia Jeronimo de Araujo, 2e avec un chrono à 30″45. « Elle est dans la lignée de ce qu’elle a fait durant ce championnat du monde. Très concentrée et très centrée sur sa perf. Cette médaille de bronze, sa deuxième depuis le début des épreuves londoniennes, est une source de satisfaction. »
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Laurent Chardard (S6) décroche une belle médaille de bronze pleine de promesse, après la disqualification du nageur chinois en finale. Le Français qui a nagé la finale en 30″74 a été devancé par le Colombien Nelson Crispin Corzo, champion du monde en 29″19, devant l’Italien Antonio Fantin (29″92). « C’est la bonne surprise et c’est une belle médaille. C’est une performance encourageante qui doit l’encourager à gagner en continuité et en constance à l’entraînement tout au long de la prochaine saison, ce sera la clef pour rivaliser pour la médailles d’or, » explique Sami El Gueddari. « Il a encore éprouvé des difficultés pour enchaîner l’après-midi puisque son temps fut meilleur le matin. »
Florent Marais (S10) termine 6e de la finale remportée par l’Ukrainien Maksym Krypak (54″83). Il abaisse encore son temps (59″48). « Il est un peu déçu mais son entraîneur Régis Gauthier et le staff sommes très contents de lui. Il peut s’appuyer sur ce qu’il a fait depuis le début de ces championnats du monde pour aborder avec envie et confiance le 100 m dos, samedi, sa course de prédilection. »
La persévérance dans le sillage de l'excellence
En S4, David Smétanine termine à la 5e place de la finale du 50 m NL (41″41). L’or est revenu au Néo-Zélandais Cameron Leslie. En série, le champion paralympique 2008 avait nagé en 41″98. « Ça reste une 5e place mondiale. David a perdu beaucoup de poids et remis pas mal de choses en place dans sa préparation. Il est encore en quête de sensations et repères pour revenir au niveau des podiums internationaux. Il va lui falloir trouver les clés désormais pour pouvoir à nouveau rivaliser avec les meilleurs de sa classe. »
Lors du 4e jour des championnats du monde, Claire Supiot et Jade Le Bris (S8) ont respectivement terminé 4e et 8e du 400 m NL. Tous les trois ont encore signé de nouveaux records de France et amélioré leur marque personnelle. Il n’y a pas de regret à avoir. C’est le grand enseignement de ce 4e jour de compétition à Londres. Claire Supiot en série à 5’02″59, a su trouver le bon dosage pour cacher un peu son jeu tout en mettant l’engagement indispensable pour prendre des repères dans l’optique d’une finale où les quatre favorites attendues se retrouvaient. Au terme d’une finale riche en émotion et rebondissement, l’Angevine n’a rien lâcher et se sera battue jusqu’au bout pour boucler la distance en 4’52″07. Pas suffisant pour monter sur le podium de cette course remportée par Alice Tai (4’49″01).
« Il n’y a pas de regret à avoir. Claire a fait sa course et le spectacle entre ces quatre nageuses fut à la hauteur de l’évènement. Les deux enseignements forts sont les suivants : Claire va au regard de sa performance du jour réellement pouvoir lutter à l’avenir pour le titre sur les grandes échéances internationales. Et avec Maxime Baudry, son entraîneur, ils ont trouvé les clés pour être prêt le jour J et performer lors des grands rendez-vous (moins 5 secondes sur son record personnel, troisième Record de France déjà lors de ces championnats du monde), » commente Guillaume Domingo.
Analyse des spécialités et progression technique
Claire Supiot (S8), médaillée de bronze sur le 100 m NL lundi, a terminé 5e du 100 m papillon, remporté par l’Anglaise Alice Tai ; « Claire a fait un bon temps le matin (1’16’’98). Elle a ressenti une petite gêne sur les jambes, développe Sami El Gueddari, le directeur sportif de la natation française handisport. Un travail spécifique pour activer ses jambes a été mis en place lors de l’échauffement de l’après midi. » L’Angevine a couru la finale en 1’16’’01 et donc établi un nouveau record de France. « On savait la concurrence très forte mais cette 5e place mondiale, avec ce chrono, est un supplément de confiance pour Claire, dont le handicap, malgré le plaisir qu’elle prend en papillon, ne lui permet pas de rivaliser pour le moment avec les leaders de l’épreuve. Chaque profil de handicap a ses spécialités. »
Florent Marais 8e en série du 400 m NL, en 4’26’’57, a livré une très belle finale. « Entrer au jour 3 n’était pas simple. Ce matin, il était partagé entre la volonté d’assurer sa qualification pour la finale et celle de lâcher un peu les chevaux, explique Sami El Gueddari. Florent rongeait son frein. » Le Granvillais, pour qui cette course n’est pas sa spécialité, a enfin pu goûter aux plaisirs d’un championnat du monde… Et d’une finale. « Florent signe lui aussi un nouveau record de France et améliore sa marque personnelle de plus de 4 secondes, se réjouit Sami El Gueddari. C’est vraiment une bonne entrée en lice. C’est très bien pour sa confiance. Cela valide son travail de la saison. »
Héritage historique et dynamique de la nage papillon
Revivez la formidable bataille pour l’or entre les Américains Mark Spitz et Doug Russell lors de la première finale olympique du 100m papillon à Mexico en 1968. Ce lundi 21 octobre 1968, les 4500 spectateurs de la piscine Francisco Marquez de Mexico assistent à un duel titanesque en finale du 100m papillon entre deux américains : à la ligne 1, le grand favori, Mark Spitz, recordman du monde sur la distance en 55.6 depuis les sélections nationales à Long Beach deux mois plus tôt. Il est âgé de 18 ans, arbore déjà une moustache appelée à devenir légendaire, et s’annonce parmi les plus grands phénomènes de la natation mondiale.
L’adolescent californien est venu aux Jeux Olympiques dans la capitale mexicaine « pour remporter six médailles d’or », mais il a commencé le 19 octobre par prendre la médaille de bronze du 100m nage libre remporté par l’Australien Mike Wenden. A la ligne 2, pour cette toute première finale olympique du 100m papillon, il y a Doug Russell, 22 ans. Ce dernier, spécialiste du 4 nages, n’a encore jamais encore devancé Spitz sur la distance. Dès le départ, les deux nageurs se battent en tête. Spitz vire le premier en 26.1. Les spectateurs se lèvent. Dans la deuxième longueur, l’explication se poursuit à coups de bras rageurs. Sur les 20 derniers mètres, Russell prend un léger avantage qu’il conserve jusqu’au mur pour l’emporter en 55.9, nouveau record olympique. Spitz s’adjuge la médaille d’argent en 56.4. A la ligne 4, Ross Wales vient prendre le bronze en 57.2 pour assurer un triplé américain.
Finalement, Mark Spitz remporte par la suite deux médailles d’or à Mexico, avec les relais 4x100m et 4x200m nage libre, tandis que Russell s’impose avec la formation américaine du 4x100m 4 nages en troisième relayeur et en papillon. Pour Mark Spitz, ce n’est bien sûr qu’un début.
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